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parisperdu

un certain regard sur Paris

Voyage à Belleville (1/6) | 19 octobre 2014

 La partie haute de la rue de Belleville et la vue sur la Tour Eiffel (Mars 2014)

Voyager est un art pluriel. Chacun conçoit le voyage avec ses propres attentes, ses propres rêves, ses propres images. Mais voyager ne veut pas forcement dire aller au bout du monde. La découverte, le partage, les rencontres peuvent se trouver à deux pas de chez vous, pour peu que vous soyez curieux, sans à priori et avide de découvrir un monde qui vous change de votre quotidien.

Si vous êtes de ceux-là, alors le voyage à Belleville est fait pour vous.

Mais ce n'est pas à un "voyage organisé" que nous vous convions, car pour bien capter les multiples visages de ce coin de Paris, une longue pérégrination en solitaire vous sera nécessaire. Aussi, votre voyage va explorer 5 différentes facettes de ce quartier singulier de la capitale.

Alors, bienvenue à Belleville.

Dans un premier temps, avant de partir "sur le terrain" quelques mots sur l'Histoire du quartier seront utiles pour mieux le connaître et donc mieux le comprendre.

Accroché au flanc d’une colline qui domine Paris, Belleville n’a jamais perdu son identité populaire. Commune indépendante jusqu’en 1860, elle attire alors les parisiens sous les treilles et entre les vignes de ses guinguettes.

Les grands travaux d'Haussmann qui, sous le Second-Empire, transforment le centre de Paris, ne l'atteignent pas et bon nombre d’artisans et d’ouvriers, chassés du cœur de la capitale, s’installent alors à Belleville.

A cheval sur les 10è, 11è, 19è et 20è arrondissements, le quartier connaît alors une très forte urbanisation. Elle se prolongera jusqu'au début de la première guerre mondiale.

Dès les années vingt, Belleville accueille différentes vagues d’immigration qui viennent trouver refuge en France. Ces arrivées de populations diverses n'ont depuis lors jamais réellement cessé et ont donné au quartier ce visage cosmopolite qui le caractérise aujourd’hui.

Les richesses ethnique et culturelle de Belleville se découvrent certes au fil des trottoirs mais le quartier préserve encore bien des secrets derrière les portes des immeubles aussi, ne faut-il pas hésiter à les pousser … si les digicodes le veulent bien … !.

Belleville est un patchwork à forte identité et étonnamment vivant. Ici, tout et tous se mélangent : les histoires des hommes comme les décors du quartier.
C'est un Paris dépaysant, populaire et chamarré qui bouillonne ici.

Et, aujourd'hui encore, faire le voyage à Belleville reste une expérience à la hauteur de celle qu'entreprenaient dans les années 50, des photographes humanistes comme Doisneau, Izis ou Willy Ronis … Tous venaient immortaliser le Paris populaire du 20ème siècle qui s’exprimait alors pleinement ici.

Nous vous souhaitons "bonne route et bon voyage" …

(A suivre …)


>> Voir aussi : le Petit miracle de Belleville.

 


Publié par barreteau à 18:08:18 dans 75020 | Commentaires (2) |

Paris se barricade ... | 15 octobre 2014

 Une impasse sécurisée de la villa Faucheur - Paris 20ème - octobre 2005

Grilles, clôtures, portails automatiques... dans les vingt dernières années, les "communautés emmurées", comme disent les Québécois, sont devenues un élément constitutif de l'habitat parisien. Ces résidences clôturées laminent l'image d'une ville qui se veut "championne  du vivre ensemble", un label que nous servent régulièrement les politiques locaux.

Si le phénomène touche toute la France, la capitale arrive en seconde position juste derrière Marseille qui détient le record national de l'habitat barricadé. Mais Paris progresse et la tendance au cloisonnement en enclaves résidentielles fermées, est massive. Elle touche tous les types de logements - ancien, récent, individuel, collectif, luxueux ou très modeste - et tous les arrondissements de la ville. D'ailleurs aucun promoteur immobilier ne s'aventure, désormais, à proposer aux acheteurs un projet neuf sans l'étiquette "sécurisée", un euphémisme car en fait il s'agit d'accès totalement contrôlés et de frontières solidement bouclées.

Et pourquoi croyez-vous que les copropriétaires demandent la fermeture de leurs résidences, de leurs villas, de leurs impasses … ? Pour la sécurité, bien sûr car avec des portails automatiques, il est plus difficile de voler une voiture ou de cambrioler une maison. Mais le sentiment d'insécurité, réel ou supposé, est le déclencheur de bien d'autres demandes. Et les causes de fermeture dépassent largement la problématique de la sécurité. Car au final, ce qui est aussi recherché, c'est la volonté d'entre-soi ...

Et, plus on se rapproche des grandes cités HLM, notamment dans les quartiers nord, plus le malaise est patent … et plus on se renferme sur soi-même.
Vous avez dit mixité sociale … ?


>> Voir aussi : "La villa Faucheur".

>> Digicode, tu n'es pas mon ami …

>> Bref entretien, rue Miguel Hidalgo.

 

 

Publié par barreteau à 09:29:57 dans 75020 | Commentaires (2) |

Errance dans un Paris intemporel. | 10 octobre 2014

Cité Durmar, 154 rue Oberkampf, Paris 11(Juillet 2012)

Certains de mes fidèles lecteurs me demandent: "Faut-il avoir connu ce Paris perdu pour bien vous lire" ?
Certes non, mais ceux qui partagent les mêmes souvenirs et la même expérience du temps perdu retrouveront plus aisément certains itinéraires et mots de passe, même si souvent le Paris que j'évoque est devenu intemporel voire totalement imaginaire …


Mêlant passé et présent, la ville m'apparaît comme un espace horizontal où les strates temporelles se superposent. Ainsi, les références à l’Histoire sont brouillées, car elles se mélangent aux impressions que la ville exerce sur moi.


Car
la ville représente en effet pour moi  un espace un peu irréel où je pars en quête de "je ne sais quoi", traversant les rues, les avenues ou les arrondissements, ou rêvant dans un parc, un square, un café. Arpentant la ville, dans ses dédales, dans ses moindres interstices, je cherche alors à dégager le passé de l’oubli.

Cette errance, cette promenade à travers la ville et dans ma mémoire est un prétexte, souvent mince, pour reconstituer un certain passé et les fragiles fragments qui le composent.

Comme Patrick Modiano, je peux dire que le Paris où j'ai vécu et que j'arpente dans ce blog n'existe plus. Et je suis en parfaite résonnance avec Modiano lorsqu'il dit: "Je n'écris que pour retrouver ce Paris. Ce n'est pas de la nostalgie, je ne regrette pas du tout ce qui était avant. C'est simplement que j'ai fait de Paris ma ville intérieure, une cité onirique, intemporelle où les époques se superposent et où s'incarne ce que Nietzsche appelait «l'éternel retour.» Il m'est très difficile maintenant de la quitter. C'est ce qui me donne si souvent l'impression, que je n'aime pas, de me répéter, de tourner en rond".

Et puis, s'échapper de son quotidien pour déambuler dans la ville comme le ferait un fugueur ne serait-elle pas la seule manière de bien connaître une ville, ses frontières et ses détails, invisibles à l'œil nu?
C'est comme ça, du moins, que j'ai découvert ce Paris perdu. Prenant sur mon temps de travail, le volant en quelque sorte à mon employeur, j'avais l'impression de dériver au fil de promenades interdites, de vivre de grandes aventures qui n'étaient pas "autorisées", d'être confronté au contexte social de certains quartiers qui m'effrayaient, c'était même parfois un choc violent.

C'est tout cela que j'exprime dans ce blog et, peut-être ne m'en suis-je jamais remis de cette errance-là et de cette aventure-là …

 

>> Patrick Modiano vient de recevoir le Prix Nobel de Littérature… une récompense pour son "art de la mémoire".

>> Paris, de Paul Valéry à Patrick Modiano ...

 

Publié par barreteau à 11:34:17 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

Robert Giraud, prince de la nuit d'un Paris disparu. | 05 octobre 2014

Dans un bistrot de la rue Mouffetard, Robert Giraud (à gauche) en  discussion avec le clochard Pierrot la lune. © blog d'Olivier Bailly.

Est-ce que Parisperdu pouvait ignorer l'homme que fut Robert Giraud: écrivain, journaliste, poète, lexicologue … et, à sa façon, expert d'un Paris disparu ?

En parcourant le formidable blog d’Olivier Bailly, la réponse fut claire et nette : je me devais d'en parler.

Robert Giraud, disparu en 1997 fut un drôle de passager de la nuit, fréquentant assidûment les meilleurs bistrots de la capitale, pas forcément les plus rutilants, mais sûrement les plus chaleureux. Des enseignes aujourd'hui disparues ou pire, dévoyées par la "branchitude" …
Seul le bar "le Vin des rues", baptisé ainsi en hommage à son livre le plus fameux, est encore là pour entretenir sa mémoire.

Robert (Bob) Giraud a toujours vécu librement parmi le peuple parisien. Il arpentait ce Paris d'hier, un Paris "fragile", un monde en train de mourir dont il poursuivait les fantômes : clochards, filles de joie ou petites gens au grand cœur… mais il entrainait aussi avec lui les "monuments" que sont Jacques Prévert et Robert Doisneau pour lesquels il a été un peu comme les "traffichini" de Naples, ceux qui vous ouvrent les portes... Il les conduisait auprès du petit peuple des nuits de Paris qu'il connaissait, mieux que quiconque et qu'il comprenait mieux que beaucoup car Robert Giraud avait, lui aussi, connu la misère.

Dans ce Paris méconnu, ce Paris à la marge, il mène des enquêtes pour "Détective" ou "L’Intransigeant". Il en sortira aussi un livre, "Le Peuple des berges", qui prend aujourd’hui une valeur particulière tant il raconte un monde qui n'existe plus. Un monde que l’on qualifiait alors de pittoresque, que l’on photographiait comme si la misère pouvait être décorative. Les portraits qu’il en ramène sont ceux d’un autre temps et d’une autre société, celle des bas-fonds où règnent les verres de gros rouge … le vin, sérum de vérité, qui délie bien des langues.
Il nous raconte alors les histoires d’un Paris perdu, d’un Paris insolite sur le ton d’une simple conversation et avec le langage des rues mal éclairées.

Merci Monsieur Bob et merci aussi à Olivier Bailly de nous faire revivre ces tableaux uniques de la Grande comédie humaine.


>> Pour en savoir plus, allez sur le blog d’Olivier Bailly consacré à Robert Giraud, alias l'ami Bob, alias le copain de Doisneau, alias le camarade de Prévert …

>> Le bistrot "Au vin des rues" 21, rue Boulard _75014 Paris.

 

 

Publié par barreteau à 15:51:01 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

177 avenue de Flandre. | 29 septembre 2014

177 avenue de Flandre Paris 19ème (juin 1997)

Le 177 de l'avenue de Flandre n'est pas une adresse banale. A ce numéro, on trouve un portail accolé au viaduc de La Villette sur lequel s'allonge la Petite Ceinture. Passé le portail, on débouche sur une allée plutôt campagnarde. Et là, chaque arche du viaduc est occupée par de singuliers locataires … On ne peut pas vraiment parler de bureaux même si la majorité des alcôves abritent des petites entreprises qui ont élu domicile dans ce lieu improbable.

L'arche N° 6 du viaduc abrite la "World Lines Transport & Services", une raison sociale que l'on s'attendrait plutôt trouver à New-York, sur la South Street Seaport au 69ème étage de la 180 Maiden Lane Tower ou bien encore à Hong-Kong au 74 ème étage du HarbourSide sur Austin Road …. mais en aucun cas au fond d'une impasse crasseuse du 19ème arrondissement de Paris !

Pour donner le change, la "World Lines Transport & Services", a placé, bien en vue sur l'avenue de Flandre un panneau qui pourrait rassurer l'éventuel client égaré dans le secteur.
Sur ce panneau, on peut lire:

"Afrique Antilles Asie Océan Indien Amérique Exotique"

"Fret Aérien Maritime"

"Transit Douanes"

Voilà qui ferait sérieux si le dessin au centre du panneau, ne venait pas tout gâcher. Jugez plutôt, on y découvre un homme en slip neutralisant du pied un boa (à moins que ce ne soit un python ?). Et de surcroît, ce sauvage n'a pas de tête, car sur son cou se dresse une ramification de 5 branches (les 5 continents peut-être ?). Et pour ajouter au baroque, on a figuré à côté de lui, un outil à l'allure plutôt martiale …

Aujourd'hui, tout ce folklore a disparu, et il n'y a plus rien au 177 avenue de Flandre, sauf … une Sanisette et une Station Vélib.

On n'ira pas bien loin avec ces "engins" alors qu'ici la "World Lines" vous offrait le monde entier !

 

>> Le 177 avenue de Flandre, aujourd'hui ...

>> De l'autre côté du viaduc de La Villette … là aussi ce n'est pas banal !

 


Publié par barreteau à 09:15:15 dans 75019 | Commentaires (2) |

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Pourquoi Parisperdu ... ?

ParisPerdu aurait pu s'appeler ParisVolé car s'il est désormais souvent impossible de porter "ce certain regard" sur l'Est de Paris , c'est que ce Paris a été dérobé par toutes les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini


  
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