•  

    Quand on a goûté aux balades parisiennes, on n'a surtout pas envie de s'arrêter. Les diamants ne sont-ils pas éternels … ?

    Dans "A la recherche du temps perdu", à la lecture de Sodome et Gomorrhe, Marcel Proust nous offre une vision d'un par(ad)is perdu … où s'y perdre est délicieux !

    Mais c'était au temps où la vie et les sentiments n'étaient pas encore formatés … car aujourd'hui, Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis. Le réveil risque d'être difficile !

     

    >> Les Editos de Parisperdu.

     

     


    votre commentaire
  • Entre Ourcq et Crimée.

    9 rue de l'Ourcq, côté cour … Paris 19ème (1999)

    On se désole de la dégradation de ce quartier populaire autrefois peuplé de retraités et de familles modestes. Mais surtout, au pied de ces petits immeubles sans charme, on constate qu'ici, la politique de la ville n'a pas donné les résultats escomptés.

    De manière très hypocrite tout le monde a dit, à partir de 2003, que la rénovation urbaine c’était génial, qu’on tenait là enfin un grand programme qui produirait des effets massifs sur le devenir des gens. En fait, on s’est occupé des murs, par la méthode quasi-généralisée de la destruction/reconstruction, mais on ne s'est pas occupé des gens.

    Auparavant, les gens de ces quartiers vivaient dans un habitat quasi-insalubre mais ça se passait très bien, maintenant l'habitat a été amélioré et tout va mal ! Je reconnais que c’est un peu simpliste, mais c’est un fait. On a investit massivement sur la forme urbaine…mais parallèlement le fond, c'est-à-dire la condition socio-économique des gens s'est beaucoup dégradée.

    Entre Ourcq et Crimée, les habitants sont désormais surtout des pauvres, des chômeurs, des jeunes à la dérive, des immigrés pas toujours en situation régulière … tous sont plus ou moins confrontés à la stigmatisation, à l’exclusion, à la discrimination, bref au rejet de notre société.

    Ce ne sont pas seulement les murs qu'il aurait fallu rénover mais c'est aussi les trajectoires de vie de leurs habitants qu'il fallait améliorer. Mais pour cela, le politique n'a pas de réponse …



    >> Au 9 rue de l'Ourcq, le coiffeur peigne la girafe !

     


    5 commentaires
  •  

    Vue du futur palais de justice de Paris  © RPBW

    Si tout va bien, s'il n'y a pas de retard dans les travaux, en juin 2017, il y aura un nouveau gratte-ciel à Paris: un édifice de 160 mètres de haut, 40 étages avec des jardins suspendus … Il s'agit du nouveau Palais de Justice (TGI) de Paris. Un projet au long cours, très controversé et qui a été "baladé" de site en site avant finalement d'atterrir dans le 17ème, aux Batignolles.

    Il sera le premier gratte-ciel à être construit dans la capitale depuis l'érection des tours du front de Seine, terminées en 1990. Le bâtiment sera composé de quatre ensembles de verres superposés offrant au total 120 000 m² et un hectare de jardins suspendus … Batignolles n'est pas loin de Babylone ! Mais contrairement à la merveille de l'Antiquité, le gratte-ciel, fut-il dessiné par l'architecte star Renzo Piano, ne risque pas de se voir classer dans un "Top 7" architectural, car des cubes de verre restent des cubes, peut importe comment ils sont agencés,… cela reste froid et laid. Et, après le jardin enterré de la BNF, on aura les jardins suspendus du TGI, mais là encore: bon courage à ceux qui pourraient vouloir en profiter...

    Au début du siècle précédent, on avait du mal à concevoir quelque chose de laid, il fallait que tout soit orné, travaillé, il suffit de voir la qualité qu'avaient les gares de l'époque (Orsay par exemple, ou même les gares de la Petite Ceinture). Maintenant, les architectes bobos nous pondent des trucs toujours plus moches, excentriques, inesthétiques, qui ne font que dénaturer un peu plus notre belle capitale.

    A Babylone, les jardins suspendus sont devenus l'une des sept merveilles du monde antique parce que leur construction faisait écho à une histoire: Nabuchodonosor voulait que le palais rappelle à son épouse, Amytis de Médie, les montagnes boisées de son pays natal.

    On peut douter qu'à Paris, le colosse des Batignolles dégagera autant de romantisme …

     

    >> Autre site étudié pour le TGI.

     

    >> Les jardins suspendus de Babylone.

     


    4 commentaires
  • Nous sommes en juin 2006 et je déambule dans le 13ème arrondissement. De l'horrible rocade qu'est l'avenue de France, j'aperçois sur la façade du complexe de cinémas qui jouxte la Grande Bibliothèque, une immense affiche portant la mention " Paris, je t’aime".

    Justement une séance va commencer, je ne connais rien de ce film mais j'entre … pour voir.

    Je dois dire, qu'aujourd'hui il ne me reste que peu de souvenirs de ce film qui, loin d'être un chef d'œuvre, est un drôle de film à sketches.

    Dans une suite de 18 courts-métrages, "Paris je t'aime" traite de l'amour éphémère. Chaque scénario se déroule dans l'un des 20 arrondissements que compte Paris. Les films consacrés aux 11ème et 15ème arrondissements ont été tournés mais n'ont pas été intégrés au montage final du film, d'où cette suite de seulement 18 courts-métrages. Pourquoi avoir éliminé les 11ème et 15ème arrondissements? Je n'en sais rien …

    Chacun des courts-métrages est filmé par un réalisateur ou une réalisatrice différents et joué par des acteurs et actrices qui n'apparaissent pas dans les autres parties du film.

    Chaque cinéaste a dû se soumettre à des contraintes sévères : respecter la durée du film (environ 5 minutes), s’occuper d’un seul arrondissement et le filmer en deux jours.

    Tout cela donne un puzzle assez confus qui ne met guère en valeur un arrondissement plutôt qu'un autre et parfois, même en connaissant bien Paris, on a l'impression … de ne pas y être !

    Paris je t'aime ? Oui, mais pas comme ça ….

     

     


    4 commentaires
  • Faut-il idéaliser le passé… ? (3/3) 

    Bidonville de Nanterre (1960) Photo © Jean Pottier 

     

    On regrette souvent un "paradis perdu" que l'on idéalise à force de ne plus l'avoir, de ne plus pouvoir le voir. Et l'on se dit "Oui vraiment c'était mieux avant". Encore faudrait-il clairement définir quand commence cet "avant". L'époque de nos grand-mères ? Mais déjà à cette époque, on regrettait l'avant ! Alors... encore avant ? Nous voyons bien alors que cela est absurde. Dire ''c'était mieux avant'' me semble vague, inconséquent, et être le résultat d'une nostalgie nuisible. Il faut savoir saisir pleinement le présent et ses opportunités, et en particulier les opportunités pour réintroduire des valeurs disparues mais qui toujours restent en puissance dans le présent lui-même. Il y a un devoir - non pas naïf, mais vital - d'embrasser le présent, sans pour autant rejeter l'héritage du passé et de l'Histoire. Si le passé est utile, ce n'est pas comme idéal d'un ancien état de fait supérieur, mais comme inspiration vers un mieux-être dans un effort continu, effort qui n'était pas plus facile avant nous que dans le monde d'aujourd'hui. Les défis et les carences du temps présent ne font pas la gloire d'un temps passé qui était tout aussi imparfait et tout aussi en quête d'autres horizons que le nôtre. 

    Idéaliser le passé est une erreur car cela nous empêche d'accéder à sa richesse et à ses leçons. Au final, cela peut même parasiter notre relation au présent ...

    "C'était mieux avant" : cette phrase fait partie aussi des choses pré-écrites qu'on aime bien ressortir en fin d'une conversation comme la conclusion à tous nos maux. Mais non ce n'était pas mieux avant, seulement on se rassure avec ce genre d'idée, mais à chaque époque suffit sa peine.

    Aujourd'hui on a le chômage,  la crise,  l'euro, la dette, Internet... mais hier ?

    La seule différence, la vraie différence, je l'admets bien volontiers, c'est qu'hier on rêvait encore.

    Alors, "mieux avant" ? Non, je ne le pense pas, mais l'être humain a la mémoire sélective et c'est le vieillissement qui fait regretter un "paradis perdu". Nous avons souvent le regret d'une période qui nous paraît maintenant heureuse et bonne, parce que nous étions protégés, ou aimés, ou insouciants, et peut-être aussi... jeunes.

    Chaque chose allait alors de soi. Quand on est enfant, on ne peut pas regretter ce que l'on n'a pas connu, on ne fait qu'en rêver. Quand on est adulte, on est dans l'action, on se crée un présent, en se souhaitant un meilleur futur. Ce n'est que le vieillissement, et l'amertume qui l'accompagne parfois, qui font regretter un "paradis perdu" - mais celui-ci a-t-il vraiment existé ? Ne regrette-t-on pas tout simplement le temps où l'on ne se posait pas cette question?  Donc, je la pose autrement, "mieux avant, mais avant quoi ?"

     Non, décidément ce n'était pas mieux avant !


    >> Nostalgie …

    >> Un passé idyllique ?

    >> Faut-il idéaliser le passé… ? (2/3)

     

     


    5 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires