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parisperdu

un certain regard sur Paris

Sur le quai de la gare d'Austerlitz, la naissance d'une idylle ... | 30 août 2014



Elle a l'air d'une jeune fille à qui on donnerait le bon Dieu sans confession; cela tient sans doute à sa blondeur diaphane. Seules les sandales de saison corrigent cette impression de trop grande sagesse. Lui ressemble à ces hipsters qu'on a vus éclore ces derniers temps : lunettes à grosse monture noire, barbe fournie, sweat à capuche, bermuda en Jean et chaussures montantes. Ils appartiennent à deux mondes qui n'ont presque rien en commun, mais l'été, parfois, favorise les rencontres improbables. Car les gestes de tendresse parlent pour eux : ces deux-là sont "ensemble" comme on dit, quand on n'ose pas dire "amoureux".

Ce qui frappe, c'est leur léger tremblement, comme s'ils se sentaient menacés. L'explication arrive au bout de quelques minutes: elle doit le quitter, elle a un train à prendre.

Il voudrait la retenir. La kidnapper peut-être, dans un élan romantique. Lui proposer de ne pas se quitter, pas déjà; ils ont l'âge pour ce genre de "folie". Elle repousse tristement sa tentative : "Tu sais bien que ce n'est pas possible". Elle va rejoindre ses parents, elle n'a que 17 ans. On est très sérieux quand on a 17 ans.

Alors il l'accompagne sur le quai pour l'étreindre une dernière fois. Ils échangent à l'oreille une promesse qu'on n'entend pas, mais qu'on devine. Et puis elle monte, il la salue d'un baiser depuis le quai. Le train part. Quelques secondes plus tard, un SMS arrive. Je ne peux pas lire par-dessus l'épaule du jeune homme, mais là encore on devine l'échange : "Tu me manques déjà". II répondra : "Toi aussi".

 

>> Voir aussi sur Parisperdu : "La photo humaniste a-t-elle un avenir? "

 


Publié par barreteau à 09:55:10 dans Portraits Incertains | Commentaires (3) |

Corbère de Dalt. | 25 août 2014

Corbère de Dalt_rue principale

Dans sa série de  billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies" , Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.
Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie.
Dans le sud de la France, après Périllos, un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; après Comes un village abandonné suite aux terribles périodes de sécheresse des années 20; après Flassa, un autre village abandonné qui gît, posé sur la pente ... dans un paysage magnifique... après En qui a connu un abandon progressif; et aussi après le village de Roupidère… un village oublié puis récemment redécouvert, Parisperdu a visité Corbère de Dalt, un village ruiné au pied de son château superbement restauré.
Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.


Sur la colline  abrupte, seul le château a survécu. Il est là superbe, altier … mais il ne protège plus que des fantômes, des pans de murs sombres et fragiles, offerts à la broussaille et aux chênes verts … Ceux-là ont dévoré une grande partie du village déserté par ses habitants. Quel appétit !
Et désormais, il n'y a plus âme qui vive dans le village de Corbère de Dalt (Corbère du haut), l'ancienne rue principale serpente le long de vestiges mais reste définitivement vide.

Une cinquantaine de maisons aux façades en cayroux, aux ouvertures en plein cintre et aux placards ouverts dans les murs…  tiennent pourtant encore plus ou moins debout et parmi elles, quelques hautes  bâtisses ont encore fière allure. Elles sont plus hautes que larges puisque leur largeur se limite souvent à une seule pièce. Ainsi, elles s’étagent mieux sur la forte pente et s’agglutinent plus aisément en bordure de la rue.

Mais partout les ronces et la garrigue forment un épais tapis et les arbres qui ont poussé dans les cuisines et les chambres des habitations ruinées, ont aujourd'hui pris  la place des anciens habitants …

Il aura fallu à peine une centaine d'années pour venir à bout de Corbère de Dalt, encore habité au début du XXème siècle. Car le pays devenu tranquille, à quoi bon rester sur cette colline sévère. Les hommes sont alors descendus vers les "cortals" - les étables - un peu plus bas dans la plaine. Ils se sont rapprochés des bêtes, de l'eau, et des autres hommes … alors là-bas, tout en bas, un nouveau Corbère, sans Dalt, a vu le jour.


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> Autres vues du village ruiné.

>> Vue de Corbère de Dalt, vers 1900-1905.

 

 

Publié par barreteau à 11:04:43 dans Paris > Extrème Sud | Commentaires (1) |

Eglises parisiennes en péril. | 20 juillet 2014

L'église Saint-Germain-de-Charonne Paris 20ème (juin 2006)

On ne dénombre pas moins de 96 églises dans la capitale et plus de la moitié d'entre-elles nécessite d'urgence des travaux de restauration de grande ampleur.

Les chantiers les plus urgents concernent des édifices emblématiques de Paris, comme Saint-Augustin (8ème) – œuvre de Victor Baltard, l'architecte des Halles –, qui commence à perdre ses statues surplombant le grand portail. Les églises de la Madeleine, Saint-Eustache, Saint-Sulpice, Notre-Dame de Lorette, Saint-Séverin… souffrent d'un manque d'étanchéité de leur toiture, les peintures sont dégradées, des étais ont été posés comme des filets de protection autour des sculptures qui se délitent.

L'exemple de l'église Saint-Philippe du Roule dans le prestigieux 8ème arrondissement, est éloquent. Un énorme échafaudage avec un toit en bardages a été installé pour empêcher la pluie de tomber à l'intérieur. Une structure temporaire qui a coûté 700.000 euros, sans que soient prévus à ce jour des travaux de toiture. Des rustines, voilà aujourd'hui la politique de protection des édifices cultuels !

Plus grave encore, d'autres souffrent dans leur structure même, comme Saint-Germain-de-Charonne (20e), actuellement fermée pendant les travaux qui viennent de démarrer et qui devraient durer plus de deux ans.

Construite à flanc de colline sur un sol argileux, l'église présente en effet depuis sa construction au XIIe siècle une instabilité chronique. Une série de travaux a déjà été effectuée par le passé : ainsi, au XIXe siècle, des arcs-boutants sont venus renforcer sa façade sud.

Mais ce n'est pas suffisant, aussi aujourd'hui, ce sont de lourds travaux de reprise en sous-œuvre qui vont être entrepris pour consolider l'assise des fondations. Le cimetière et le trottoir qui la longent sont également fermés au public.

La situation des églises de la capitale est pour certaines alarmante, et de nombreux travaux devraient être entrepris avant que les dégâts ne soient irréversibles.
Et pour les associations qui se préoccupent de ce patrimoine, il faudrait aujourd'hui que la Mairie, propriétaire de 80% des églises parisiennes, consacre au moins le double du budget actuel pour empêcher le pire, et le pire c'est une église qui tombe.

Pour la capitale la plus touristique au monde, où les églises, avec leurs trésors et œuvres d'art, tiennent bonne place dans les sites visités, ces dégradations sont parfaitement indignes.

 

 

 

Publié par barreteau à 09:46:26 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) |

Autour du "Ballon rouge". | 14 juillet 2014


Le film d'Albert Lamorisse : "Le Ballon Rouge" a été tourné en 1956, dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant.

Ces photos montrent comment Ronis a inspiré Lamorissse pour certains plans de son film. Et aussi comment Lamorisse - à son tour - inspirera Doisneau.

En effet, on retrouve le vitrier de la rue Laurence Savart (photo de Willy Ronis) dans la rue Piat (pour un plan du film d'Albert Lamorisse). Et l'on est au même endroit de la petite ceinture pour le "Ballon rouge" et pour la "Passerelle à vapeur" de Robert Doisneau !

Mais qu'y a-t-il d'étonnant dans ces similitudes ?  
Rien, car Lamorisse, Doisneau et Ronis se connaissaient tous les trois et chacun connaissait le travail de l'autre.
Lamorisse a en effet commencé comme assistant photographe de François Tuefferd, qui n'est autre que le cofondateur avec André Garban, en 1946, du Groupe des XV auquel appartenaient également Willy Ronis et Robert Doisneau.

Le monde est petit … surtout à Belleville et à fortiori dans les années 50 …


>> Le "Ballon rouge", déjà sur Parisperdu.

>> Le "Groupe des XV"

>> "Qu'est devenu le ballon rouge?", un hommage à Albert Lamorisse.


Publié par barreteau à 09:53:44 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

Paris demande à être gracié ... | 09 juillet 2014

Terrain vague de l'impasse Truillot _ Paris 11ème (2008).

Depuis des siècles Paris a été fait d'enceintes que l'on détruit, d'ajouts, de substitutions … de rues ou d'avenues que l'on perce, de jardins ou de parcs que l'on crée.

Tous ces bouleversements ont toutefois été conduits dans une certaine continuité jusqu'aux années 1960 où l'on a saigné à blanc les quartiers Italie et  place des Fêtes, brisant par là-même le processus qui avait jusque-là permis à la ville de grandir, de rajeunir et de se transformer sans que ses habitants se posent trop de questions.

Par ces opérations, on venait de casser le modèle haussmannien, qui consistait à prolonger la ville en s'alignant sur les gabarits existants. Etait-ce un bien ? Etait-ce un mal ?

Bien sûr on ne demande pas d'arrêter de construire, mais on ne peut que remarquer que désormais deux limites sont atteintes: celle de ce long périphérique qui fige et arrête la ville, mais aussi celle de ces jardins, de ces vignes, de ces champs que Paris a vu disparaître pas à pas, jours après jours, depuis des siècles et dont les dernières cours, les dernières voies ferrées, les rares derniers terrains vagues sont tout ce qu'il nous reste …

Alors aujourd'hui, ce que nous demandons simplement, c'est de gracier ce vide.


>> Voir sur Parisperdu "Pour un urbanisme retardataire".

>> Démolitions, reconstructions, la ville en chantier.

 


Publié par barreteau à 12:00:40 dans 75011 | Commentaires (1) |

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Pourquoi Parisperdu ... ?

ParisPerdu aurait pu s'appeler ParisVolé car s'il est désormais souvent impossible de porter "ce certain regard" sur l'Est de Paris , c'est que ce Paris a été dérobé par toutes les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée. La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.


Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini


  
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