• Le sentiment des rues.

    Le Mondain Hotel, rue de La Chapelle Paris 18ème _Photo© René-Jacques

     

    Dans son dernier ouvrage "Le sentiment des rues", Joël Cornuault se souvient de la vie de quartier, à Paris, au lendemain de la seconde guerre. De la vie qui fut celle de son enfance et de son adolescence, à La Chapelle, dans le 18e arrondissement. Ainsi remonte-t-il, en promeneur rétrospectif, aux sources de sa jeunesse populaire dans la compagnie fraternelle des meilleurs auteurs, comme lui arpenteurs des rues, en nourrissant sa flânerie de souvenirs proches ou lointains, d'images persistantes bien que floues, et d'une toponymie sans âge.

    Ce livre, où rien n'est écrit qui n'ait été personnellement senti et pensé, est donc bien plus qu'une simple continuation du genre de la promenade parisienne. Ces pages, où la tendresse et l'humour font bon ménage, ne permettent jamais au regret de s'insinuer en nous ou à l'aigreur de nous envahir. Elles font de rues sans légende, des rues amies et d'un pauvre faubourg le territoire d'une rêverie ardente.

    A découvrir absolument …


    >> Au col de la Chapelle, Joël Cornuault déjà sur Parisperdu

    >> Le livre est ici …

     


    votre commentaire
  • Trois semaines sans voir Paris …

    Non, il ne s'agit pas de la couverture de l'un de ces "Classiques Hachette" qui ont jalonné nos années de collège. Souvenez-vous: Racine, Boileau, la Bruyère … et bien d'autres fleurons de la Littérature française (avec un L majuscule).

    Pourtant si la gravure est "raccord" avec celles de nos fascicules scolaires, c'est que Jean Moreau de Séchelles, le personnage représenté ici, est un contemporain de nos grands écrivains. Contrôleur général des finances de Louis XV, il donna son nom aux îles Seychelles.

    Mais contrairement à lui, qui n'a jamais mis les pieds sur cet archipel de l'océan indien, j'y retourne - une fois encore - pour un "break salutaire".

    Trois semaines sans voir Paris … déconnecté de tout …vous croyez que cela va être long ? … Peut-être.

    Alors je vous dis à bientôt, aux alentours du 24 avril, sur Parisperdu bien sûr ou plutôt … sur Paris retrouvé !

     

    >> "Ne guettez pas le facteur, la carte postale de vacances est ici …"

     

     


    1 commentaire
  • Rue Ulysse Trélat.

    C’était la seule rue de Paris sans aucune numérotation car aucune habitation ne la bordait.
    Elle partait de la rue du Chevaleret et montait sur le pont de Tolbiac. Mais, au milieu des années 90, elle a été rayée de la carte, en même temps que le célébrissime viaduc de Tolbiac.

    On peut toutefois la retrouver dans des BD dont l'histoire se déroule dans le 13ème arrondissement, tels "Brouillard sur le pont de Tolbiac" de Tardi, ou plus récemment "Le cahier bleu" de Juillard.
    Dans ce dernier album, Planche 46, case 5 : rue Ulysse Trélat, Victor (l'un des personnages principaux) passe près des arches surplombant la rue du Chevaleret, mais le cadrage choisi par Juillard est devenu impossible à reproduire aujourd'hui car la rue Ulysse Trélat n'existe plus.

    Mais si la rue a effectivement bel et bien disparu, on trouve aujourd'hui dans ce secteur du 13e arrondissement de Paris, un square Ulysse Trélat, … comme si la Ville avait eu quelques remords d'avoir supprimé la rue éponyme.


    >> Le cadrage choisi par Juillard.


    >> Juillard, 13 ème Paris

    >> Le cahier bleu / Juillard.


    1 commentaire
  • Quelques fois, j'ai simplement envie d’être ici …

    Place et rue du Calvaire _ Paris 18ème

    Découvrir Paris à ses pieds est toujours un spectacle grandiose et émouvant.
    Mais pour cela il faut prendre de la hauteur et se rendre soit sur des "spots" hyper touristiques: le 3ème étage de la Tour Eiffel, les tours de Notre-Dame, le parvis du Sacré Cœur … ou alors en des lieux plus confidentiels: le haut du parc de Belleville; judicieusement rebaptisé récemment "Esplanade Willy Ronis" ou encore la discrète butte Bergeyre.

    Mais, le lieu exact où les toits de Paris paraissent s’étendre à l’infini, c'est bien lorsque vous êtes sur la butte Montmartre. Car c'est une simple affaire de triangulation: la latitude, la longitude et l'élévation sont ici idéales et la vue est alors tout simplement extraordinaire. Il y a toutefois un inconvénient notoire: l’endroit est très souvent bondé. Alors, pour profiter au maximum de la vue, il faut s'éloigner un peu du parvis du Sacré Cœur et atteindre la rue du Calvaire.
     
    Là, assis sur les marches du petit escalier, au petit matin ou en fin de journée, uniquement aux heures creuses, j'ai quelques fois simplement envie d’être ici …

     

    >> Le haut du parc de Belleville.

    >> Le belvédère Willy Ronis.

    >> La butte Bergeyre sur Parisperdu.


    votre commentaire
  • Léo Malet aimait-il le 13e arrondissement ?

    Jacques Tardi et Léo Mallet sur le pont de Tolbiac (Photo © Saldi)

     

    Léo Malet est pour certains "l'inventeur" du roman noir français, avec un personnage central dans ses romans, le détective Nestor Burma.

    Nestor Burma apparaît dès 1943 lorsque Léo Malet publie "120, rue de la Gare", mettant en scène - pour la première fois - son célèbre détective privé. Le succès du roman, est immédiat, d'ailleurs Mallet dira: "Les dix mille exemplaires de mon bouquin sont partis dans la semaine".

    En 1954, toujours avec  le personnage de Nestor Burma, il commence la série des "Nouveaux Mystères de Paris", dont chaque énigme a pour décor un arrondissement de la capitale. Seulement quinze arrondissements de Paris formeront le décor de ces Nouveaux Mystères, dont le 13ème avec "Brouillard au pont de Tolbiac" publié en 1956 qui se détache indéniablement de cette série et devient très vite le roman central de son œuvre.


    "Brouillard au pont de Tolbiac" fourmille d'anecdotes autobiographiques, pas toujours à l'avantage du 13ème arrondissement. Car il faut bien comprendre que Léo Malet avait la dent dure envers cet arrondissement où il y avait très mal vécu.
    Ainsi dans ce roman, il fait dire à Nestor Burma : "C’est un sale quartier, un foutu coin. Il ressemble aux autres, comme ça, et il a bien changé depuis mon temps, on dirait que ça s’est amélioré, mais c’est son climat. Pas partout, mais dans certaines rues, certains endroits, on y respire un sale air … Ça pue trop la misère, la merde et le malheur...".

    Ou encore, il réitère : "C’était un sale quartier. Il collait à mes semelles comme la glu aux pattes de l’oiseau. Il était écrit que je l’arpenterais toujours en quête de quelque chose, d’un morceau de pain, d’un abri, d’un peu d’amour. Je le sillonnais … peut-être simplement pour régler un vieux compte avec ce quartier".

    Plus loin, il ajoute même: "Le 13ème arrondissement fourmille de rues aux noms charmants et pittoresques, en général mensongers. Rue des Cinq-Diamants, il n’y a pas de diamants ; rue du Château-des-Rentiers, il y a surtout l’asile Nicolas-Flamel ; rue des Terres-au-Curé, je n’ai pas vu de prêtre ; et rue Croulebarbe, ne siège pas l’Académie Française. Quant à la ruelle des Reculettes... hum... et celle de l’Espérance...".

    Comme il l’écrivait dans ses "Propos badins" préfaçant la bande dessinée de Jacques Tardi, Léo Malet avait cru écrire un roman à charge contre le 13e arrondissement, mais finalement, il en est devenu le défenseur, appuyé en cela par Tardi, un des grands maîtres de la bande dessinée, qui en adaptant "Brouillard au pont de Tolbiac" nous fait revivre le 13e tel qu’il se présentait dans les années 50.

    Et aujourd'hui, sans faire de nostalgie excessive (car, bien sûr, les taudis insalubres ont été démolis et le "progrès" a fait partout son apparition, et c'est tant mieux !), on peut toutefois souligner que la froideur de certains quartiers rénovés peut nous faire regretter la gouaille des marchands de rues et la quasi-disparition des petits commerces qui ont laissé la place aux banques et autres agences immobilières.

    Mais où es-tu mon 13ème ?


    >> C'était comment avant ?

     

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires