• Sente à Bigot

    Le fond de la Sente à Bigot - 75019 Paris

     

    Nous sommes à l'exacte limite du "9-3" et du 19ème arrondissement de Paris. Et, à cet endroit précis, une drôle d'impasse débouche sur le boulevard, c'est la sente à Bigot

    A son entrée, le long de l'immeuble de logements sociaux Adoma, une quinzaine d'africains ont étalés chaises, fauteuils et petits mobiliers récupérés alentours et plus ou moins convenablement retapés. Tout est à vendre pour des prix oscillant de 2 à 15 euros.

    Au fond de la sente, un bâtiment pseudo-futuriste, c'est le centre de maintenance de la RATP. Avec sa multitude d'ouvertures rondes et son toit-hélice, il étonne et surtout contraste fortement avec l'environnement plutôt glauque du secteur.
    Et, avec sa proue en béton, il ressemble à un navire prêt à affronter l'océan de rails qui s'étale à ses pieds.

    La sente à Bigot n'est décidément pas une adresse ordinaire ….

     

    >> Le centre de maintenance RATP du site La Villette, 8 Sente à Bigot, XIXe arrondissement de Paris

     

     

     


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  • Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy


    Montreuil - 1947 © coll. Fondation Robert Ardouvin / Ina Bandy

     

     Ida Gurevitsch naît en 1903 à Tallin dans une Estonie alors province russe. Au début des années 1920, Ida séjourne à Moscou, elle y rencontre Nicolas Neumann, un photographe hongrois. Ils se marient et quittent l’U.R.S.S. en 1925. Nicolas Neumann, alias Nicolas Bandy, apprend les ficelles du métier à celle qui deviendra Ina Bandy et gardera ce pseudonyme même après leur divorce.

    Puis elle traverse l’Europe, en séjournant en Allemagne avant de venir s’installer définitivement en France au début des années 1930.

    À Paris, elle se lie avec l’agence photographique "Alliance Photo" fondée par René Zuber et où collaborent Denise Bellon, Robert Capa et quelques autres photographes, tous alors inconnus.

    Dans les années qui précèdent la guerre, Ina vit dans le XVe arrondissement de Paris, et par la suite, malgré les persécutions nazies des familles juives, elle choisit de rester en France, se cachant sous son pseudonyme.

    Après-guerre, elle s’installe à l’hôtel de la Paix, 29 quai d’Anjou sur l’île Saint-Louis. Elle y habitera jusqu’à sa mort. Elle y occupe une petite chambre avec vue sur la Seine et dispose d’un petit local au rez-de-chaussée qui lui sert d’atelier. Elle réalise toutes les opérations elle-même, allant jusqu’à faire ses tirages de grand format sur le sol de sa cuisine. L’hôtel, outre le fait qu’il est très bon marché, abrite quelques autres "gentils farfelus" : Michel Tournier, Georges de Caunes, Pierre Boulez, Gilles Deleuze, Jesús Rafael Soto ou la comtesse de la Falaise.
    Ina Bandy réalise alors des reportages photographiques pour des magazines tels que ELLE, Médecine de France et Art News ou des journaux parisiens. Elle photographie, ainsi, entre autres, des personnalités des arts et de la culture : Giacometti, Calder ou Chagall et bien d’autres. Elle réalise aussi des reportages en noir et blanc, mais aussi en couleur, sur la vie quotidienne et plus particulièrement celle des gens modestes. Pour autant, ses sujets de prédilection seront les enfants. Elle en fera des milliers de photographies dont l’esprit situe son œuvre au côté des photographes humanistes comme Robert Doisneau, Willly Ronis et Sabine Weiss.

    Femme menue, d’aspect chétif, elle se sera battue toute sa vie pour sa survie… Son attitude solitaire et discrète explique en partie le manque de renseignements dont nous disposons aujourd’hui sur son œuvre et sa vie.

    Elle meurt en février 1973, presque oubliée et son fond photographique est dispersé.

    Aujourd’hui, sa famille, notamment Antoine Gurewitch, son petit-neveu, avec l’aide d’historiens et de personnes qui l’ont connue, effectue des recherches sur son histoire personnelle et son œuvre photographique encore trop méconnue.

     

    >> Une exposition marque le retour d’Ina Bandy sur la scène photographique.
     

    >> Autoportrait Paris © coll. Fondation Robert Ardouvin / Ina Bandy

     


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  • "6 mètres avant Paris"… il en reste très peu !

    Jonction du boulevard Félix Faure à Aubervilliers et du Boulevard de la Commanderie Paris 19ème.
    Photo © : Aspered

     

    Eustache Kossakowski réalise, au Printemps 1971, une série de 159 photos qu'il intitule "6 mètres avant Paris". Le regard attiré par les panneaux indiquant la limite administrative de Paris, Kossakowski décide de les photographier tous, absolument tous. Peu importe qu'ils soient en tôle ou en ciment, l'essentiel pour lui, est qu'ils portent le nom de la capitale.

    Lors de mon billet consacré à cette série de Kossakowski, je disais : "Aujourd'hui, refaire cet exercice est totalement impossible. A quelques très rares exceptions près, les panneaux "Paris" ont tous disparu des portes d'entrée de la capitale : comme pour mieux signifier que Paris déborde maintenant sur les banlieues ... à moins que ce ne soit l'inverse ... !

    Et pourtant ... sur Instagram, j'ai récemment découvert une démarche similaire. Aspered, l'auteur-photographe nous dit : "Sans d'abord connaître le travail de Kossakowski, je me suis moi aussi lancé dans l'idée de photographier ces panneaux qui entourent Paris. Mais il n'en reste plus beaucoup. Et, en 2017 ça devient une véritable chasse au trésor, car je n'en ai trouvé qu'une petite quarantaine ... 38 exactement !"

    Merci à l'auteur de ce remake, désormais passablement "écourté" …

     

    >> Le travail d'Eustache KOSSAKOWSKI sur Parisperdu

    >> Ici, c'est Paris ...

    >> "6 mètres avant Paris", récemment au MAC VAL

     


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  •  Boulevard Auguste Blanqui. Paris (XIIIème arr.), début des années 1950.

     

    Edith Gérin est née en 1910 en Lorraine, près de Thionville. Elle passe son enfance et sa jeunesse à Paris, dans le 18e arrondissement, boulevard Ornano. Ce n’est que vers 37 ans qu’elle commence à s’adonner à la photographie. Habitant à l’époque sur la rive droite de la Seine, elle photographie surtout le fleuve et les quais avec des ambiances de brume matinale ou des scènes de rue du centre de Paris.

    Plus tard, ayant déménagé sur la rive gauche, à la limite des 13e et 14e arrondissements, elle promène alors son appareil entre le Quartier latin et le sud de capitale, alors en pleine mutation. Elle a ainsi immortalisé les quartiers Glacière-Arago-Gobelins avant les grandes rénovations des années 1960.

    Ne cherchant pas à faire œuvre de témoignage, elle s’est surtout attachée aux ambiances, aux éclairages, aux reflets sur les pavés mouillés ... La présence de personnages demeure pour elle anecdotique, souvent sous formes de silhouettes plutôt que comme objet d’étude.
    Bien qu'aujourd'hui classée parmi les photographes humanistes, elle s’est toujours défendue d’avoir voulu faire de la photographie humaniste, sa sensibilité l’orientant essentiellement vers des atmosphères insolites ou poétiques.

    Ses œuvres ont été publiées dans les revues spécialisées des années 60 : "Photo ciné revue", "Noir et blanc" … ou "Point de vue images du monde" qui consacrait à l’époque sa double page centrale à la photographie.

    Durant ses années d’activité professionnelle, elle n’a pu voyager qu’en France et en Europe, mais une fois à la retraite, elle entreprend des expéditions plus lointaines. Elle en rapporte de nombreuses photographies encore peu connues.
    De même, ce n’est que dans les années 1980 qu’elle sort un grand nombre de photos de ses tiroirs et commence à exploiter plus méthodiquement ses clichés du Paris ancien.

     Dans les années 1990, certaines de ses photographies ont été présentées lors d’expositions sur la photographie humaniste et ont illustré plusieurs livres : "Paris perdu" (1991), "Je me souviens du 13e arrondissement" (1995), "Paris des photographes" et "Les Parisiens " (1996). Elle a également fait partie des huit photographes représentant la photographie humaniste à l’occasion des rencontres d’Arles en 1993 et 1994.

    Edith Gérin nous a quitté en 1997, elle avait 87 ans.

     

    >> Aujourd'hui Edith Gérin se vend très bien …

     

     


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  • Vive la nostalgie !

    Rue de Belleville _Paris 20ème


    Dans ces quartiers excentrés de Paris, faute de volonté réelle au plus haut niveau, le passé disparaît progressivement. Ainsi c'est tout un pan de Belleville qui n'existe plus désormais que dans certaines mémoires.

    Toutefois, en se promenant dans les rues pentues du 20ème arrondissement, on ressent, aujourd'hui encore, un sentiment étrange : tout n'a pas disparu ! Le côté "à part", celui d'un Paris différent du reste de la capitale est encore là dans quelques recoins protégés de Belleville et de Ménilmontant.  Mais ce ressenti est une chose intime, différent du spectaculaire, aussi est-il est difficile à transcrire.

    Alors, malgré tous les bouleversements qu'a connu le secteur, on se rend bien compte que ce Paris n'est pas près de disparaître... Et c'est tant mieux !

    Alors, vive la nostalgie ! Vive les dinosaures ! Et bienvenue dans le monde réel.


    >> La nostalgie refait surface quand le présent n'est pas à la hauteur du passé.

    >> Parisperdu et la nostalgie.

     

     

     

     


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