• Ville défigurée, Paris déchetterie... le saccage de Paris

     

    Des internautes, suivis par des personnalités politiques, dénoncent un «enlaidissement» de la capitale. Des milliers de photos dénonçant la saleté de Paris ont été publiées récemment par des internautes sur Twitter via le mot-dièse #saccageparis .
    La Mairie regrette un travestissement de la réalité, tout en admettant un problème.

    Pourtant quand je vois sur la place de la Madeleine les toilettes "Art nouveau", protégées monuments historiques, livrées aux vandales et aux squatters, je comprends que le patrimoine et la beauté de Paris sont vraiment les dernières choses qui comptent pour son premier magistrat.

    Or cette politique qui dure depuis des années à Paris, cet enlaidissement est une honte. Les Parisiens sont en colère mais pas seulement eux. C'est la France entière qui l'est car Paris, c'est le patrimoine de tous les Français !

     

    >> La ville lumière a perdu beaucoup de son éclat ...

    >> Paris ne s'est pas fait en un jour, il ne doit pas être défait en un mandat !

    >> Prolifération des rats à Paris.

     

     


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  • Willy Ronis ou la preuve par 9 : La Provence (7_10)

    Signes (Var), 1947
    © Willy Ronis_Médiathèque de l'architecture et du patrimoine,

    En 1948, Ronis avait acheté une maison en ruine à Gordes ("la Maison-Vieille"),  rue de la Calade, puis en 1958 une autre maison (le "Moulin"), toute proche la première, rue de la Fontaine-Basse.

    Au début, Gordes sera le village de la résidence secondaire, utilisée seulement à la belle saison, entre deux allers-retours vers Paris.

    Mais à Paris, les commandes se font rares car durant toute cette période Ronis n'est pas reconnu à sa juste valeur et sombre dans l’oubli. Il dira d'ailleurs: "Les rédactions pensaient que j'avais tout plaqué, elles ne m'appelaient plus. J'ai alors sérieusement songé à quitter le métier. J'étais une espèce de maniaque inadapté."

    Alors il s'installe à plein temps à Gordes, dans sa maison de la rue de la Fontaine-Basse, un ancien moulin en ruines, qu'il avait d'abord acquis pour servir de garage à la "Maison-Vieille". Il va alors restaurer de fond en comble le "Moulin" qui a toujours sa roue à aubes et, en 1969, "Maison-Vieille" sera vendue.

    Pour se régénérer, Ronis va se lancer dans l’enseignement à temps partiel avec des cours hebdomadaires aux Beaux-arts d'Avignon, à la Faculté des Lettres d'Aix en Provence, à la Faculté des Sciences Saint-Charles à Marseille et il prendra aussi la direction d'un stage à la Maison des Jeunes à Arles.
    Mais Gordes, éloigné des grands axes de circulation, ne rend pas facile tous ces déplacements alors, en 1972, il s’installe à L'Isle-sur-la-Sorgue. Il y restera 10 ans. Puis en 1982, il retourne à Paris, car vivre loin de la capitale pour un photographe est suicidaire, surtout pour quelqu’un qui travaille sur le réel immédiat. De surcroît Marie-Anne est frappée par la maladie d'Alzheimer.

    Dans le Vaucluse, comme à Paris, Ronis savait s’émerveiller des "cadeaux du hasard", des petites choses que d’autres auraient négligées et avec lesquelles il tirera de magnifiques images.  Car pour Ronis tous ces petits évènements ont une étincelle de vie : "Dans une vie, tout se ramène à une petite constellation de chose", nous dira-t-il.
    Même si dans ces évènements il y a souvent une accumulation de douleurs: la mort, en 1987, dans un accident de deltaplane de son fils aimé Vincent, puis la mort de Marie-Anne sa femme en 1991, et de tant d’amis proches … devenus des visages enfuis.

     

    En 1948, c'est une de ses photos les plus célèbres : "Marie-Anne (Lansiaux),Gordes". Une série de quatre clichés de sa femme pris après la sieste lors de sa toilette. Rebaptisé "Le nu provençal" ce cliché, publié par l'agence Rapho, connaît tout de suite un important succès. Ce nu par Willy Ronis a souvent été comparé aux nus des peintures de Bonnard.

    En 1980, sur les conseils de Pierre-Jean Amar qu'il avait rencontré à L'Isle-sur-la-Sorgue et aussi de Guy Le Querrec et de Claude Nori, Ronis publie sa première monographie "Sur le fil du hasard" aux Éditions Contrejour. Cet ouvrage recevra le prix Nadar et l’encouragera à revenir sur le devant de la scène avec de nouveaux projets.

     

    >> Bonnard et Ronis

     

     


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  • Willy Ronis ou la preuve par 9 : Paris (6_10)

    Les amoureux de la Bastille, Paris, 1957.

    © Willy Ronis_Médiathèque de l'architecture et du patrimoine,

     

    Pour Willy Ronis, Paris est un lieu exceptionnel qu'il ne cessera, sa vie durant, d'observer avec un regard poétique et tendre, parfois teinté de mélancolie ou de nostalgie. Sur les traces de Balzac, de Prévert et d'Atget, il va collecter une succession de petits miracles que seul un regard attentif et disponible en permanence lui a permis de rapporter dans les mailles de son filet.
    A partir de 1937, armé d'un Rolleiflex 6x6, il sillonne la capitale, capte au jour le jour les multiples aspects de la rue, ainsi que les mouvements sociaux qui déjà se succèdent. Et après l'interruption due à l'Occupation, l'activité de Willy Ronis à Paris va repartir de plus belle. Il couvre le retour des prisonniers à la Gare de l'Est, les fêtes de la fin du conflit et toujours les paysages, les décors de la ville et son animation.

    1947, c'est le début de sa découverte et de son exploration des quartiers de Belleville et de Ménilmontant qui vont le marquer définitivement et dont il tirera un ouvrage admirable.

    Dans le même temps, Ronis multiplie les reportages à Paris et dans sa banlieue, photographiant les scènes pittoresques, les passants affairés, les amoureux, les quais de Seine, les bords de Marne, les Halles ou le Quartier latin et la vitalité retrouvée de sa jeunesse. Ces Photographies, à la fois si complémentaires et si différentes les unes des autres, dans le fond comme dans la forme, témoignent toutes d'un regard empli de tendresse, mais sans complaisance ni emphase. Ces images sensibles et aujourd'hui quasi intemporelles interrogent avec force la condition humaine.

    Merci Monsieur Ronis ...

     


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  • Willy Ronis ou la preuve par 9 : Le monde ouvrier (5_10)

     

    Le mineur silicosé © Willy Ronis-1951

     

    Au milieu des années 30, avec la montée du Front populaire, les mêmes idéaux rapprochent Ronis de Robert Capa et de David Seymour, photographes déjà célèbres.
    En 1938, il immortalise Rose Zehner, déléguée syndicale aux usines Citroën du quai de Javel haranguant ses collègues ouvrières lors des grèves de 1938 chez Citroën.
    En juillet 1940, Willy Ronis est catégorisé comme juif. Il part vivre dans le sud de la France. Il a mis la photographie de côté et exerce divers métiers : décorateur de studio, régisseur de théâtre …
    En 1946, il entre à l’Agence Rapho et rejoint les grands noms de la photographie de l'époque que sont les Brassaï, Doisneau, Ergy Landau. En 1945, il fait un reportage sur le retour des prisonniers. Il collabore alors aux revues Point de vue, Regards, L'Écran français, Le Monde illustré, Time ou Life. Il sera d'ailleurs le premier photographe français à travailler pour Life.

    Dans les années 50, Willy Ronis milite, au sein du Groupe des XV, pour que la photographie soit reconnue comme discipline artistique. À la fin des années 50, il exerce des activités d'enseignement auprès de l'EDHEC, de l'école d'Estienne et à Vaugirard.
    Sa période à l'agence Rapho sera contrariée par sa volonté d'indépendance : il refuse plusieurs contrats qui ne lui conviennent pas et quitte l'agence en 1955.

    On a alors pu dire que Willy Ronis, avec Robert Doisneau et Édouard Boubat, est l’un des photographes majeurs de cette école française de l’après-guerre qui a su concilier avec talent les valeurs humanistes et les exigences esthétiques du réalisme poétique. Il a cette particularité de traiter les sujets — y compris les sujets difficiles — avec une tendresse accompagnée d'une certaine joie de vivre. Les critiques qualifieront cette manière de photographier, de mièvre et sentimentaliste. En revanche, contrairement à Robert Doisneau, il travaille ses clichés sur l'instant : en une ou deux prises de vue, sans mise en scène, laissant une place importante au hasard.

    Il travaille beaucoup avec Life qui lui passe régulièrement commande pour ses reportages, deux clichés de cette époque donneront à Willy Ronis le respect de ses pairs mais seront aussi à l'origine de l'arrêt de sa collaboration avec le magazine américain. Il éprouve avec Life comme avec l'agence Rapho le déplaisir de voir son travail retouché afin de lui donner un autre sens que celui voulu originellement :

    • Ainsi, le portrait du mineur silicosé de 1951, devient dans les colonnes de Life « L’évangélisation du monde ouvrier est-elle possible ? ».
    • Plus tard, un cliché représentant des ouvriers en grève écoutant leur délégué syndical, verra le délégué syndical escamoté.

    Willy Ronis tentera de résister, mais Life ne lui passera plus de commande.
    En 1972, déçu, il arrête le photojournalisme et quitte Paris pour le Midi de la France : sa volonté d'exercer un droit de regard sur l'utilisation qui est faite de ses clichés lui vaut alors une traversée du désert d'une dizaine d'années.


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  • Willy Ronis ou la preuve par 9 : Autoportraits (4_10)

     Autoportrait dans le Studio Roness Boulevard Voltaire _Paris, 1935_ © Willy Ronis

     

    L’autoportrait est un jeu auquel Willy Ronis s’est souvent livré et, avec des approches toujours fort différentes.
    Véritable flash-back sur un demi‑siècle d’existence, cette série de photographies nous fait passer du jeune homme plutôt sophistiqué au vieux monsieur bien intégré dans la vie.

    En effet, ses premiers autoportraits sont des images assez apprêtées, soigneusement éclairées et mise en scène. On y lit clairement l’influence du studio photo paternel.

    Puis, le photographe s’éloigne de ce passé et profite de son travail et de ses rencontres pour réaliser des images plus vivantes.
    Déjà, le célèbre autoportrait aux deux flashes, en 1951, est plus réaliste et techniquement plus élaboré. Le regard s’approfondit, témoignant d’une tendance évidente à l’introspection, tout en s’efforçant d’intégrer la réalité qui l’entoure, comme l’illustrent les autoportraits vénitiens de 1981.
    Cette démarche trouve son aboutissement dans l’image quasi surréaliste captée à Paris, rue des Couronnes, en 1985, où le photographe se fond en un double reflet de lui-même, intégré dans le jeu des miroirs d’une vitrine de magasin. Ronis signe-là un chef d'œuvre de sophistication pour ce type d'exercice de style.

    Dix ans plus tard, en 1995, Ronis souhaite nous léguer un ultime autoportrait, mais il cherche un moyen original, il y parviendra en se photographiant lui-même lors d'un saut … en parachute.
    Il avait 85 ans !

     

     

    >> Autoportrait Rue des Couronnes, Paris 20e (1985)

    >> Willy Ronis parachutiste, autoportrait pris avec un "Horizon" à balayage (1995).

    >> Petit échantillon des autoportraits de Willy Ronis. 

     

     


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