• Face à la place Martin Nadaud, entre la rue de la Bidassoa et la rue Sorbier, sur un petit promontoire,
    se dressait-là un quartier singulier. Dans ce petit périmètre, la vie s'organisait autour de trois anciennes rues pavées.

    C'est là, en cette fin d'après-midi ensoleillée, que Virginie  - qui ne quitte jamais sa robe de chambre - part, dans la rue de la Cloche, à la recherche de ses chats. Elle trouvera son chat jaune, courant après les pigeons, rue de la Voulzie, et son chat noir et blanc dans la pente de la rue Westermann.

    Aujourd'hui Virginie n'est plus là, ses chats non plus. Mais, plus surprenant encore ... plus aucune trace des rues de la Cloche, de la Voulzie, et de la rue Westermann. Le quartier n'existe plus !

    A sa place, on rencontre en haut d'un talus herbeux, un jardin tout récent: le square du Docteur Joseph Grancher, inauguré il y a tout juste un an.

    Ici, de ces habitants d'autrefois, il ne reste rien pour évoquer un lieu de vie où des gens se sont construits, aimés, ont échangé ... Leur souvenir est maintenant effacé de nos mémoires. Or, c'est pourtant à eux que le square voudrait rendre hommage.

    Mais ici, tout sonne faux : des lampadaires à l'ancienne ... aux bancs double en bois ... qui voudraient recréer un certain esprit "Vieux Paris" ... Le paysagiste qui a conçu le square est même allé jusqu'à installer "des haies d'osier croisé évoquant symboliquement les murs des maisons d'autrefois" ! (... sic "La Mairie de Paris").

    Tout cela "sent à plein nez" le décor, le carton-pâte ... Virginie n'oserait certainement plus y lâcher ses chats, ni sortir ici en robe de chambre ...

    Aujourd'hui, je reviens d'un lieu qui n'existe plus ...


    >> Le nouveau secteur Cloche-Bidassoa / Square du Dr. Joseph Grancher.

     

     


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  • Villa de l'Ermitage - Paris 20ème

    Dans les années 20, les voies privées (dénommées villa) - souvent en impasse et bordées de petites maisons individuelles - se généralisent dans Paris ... et aujourd'hui, ces villas parisiennes sont comme des "villages dans la ville".

    Bien au calme dans ces havres de paix, leurs habitants sont à la fois "dans la ville" et "hors de la ville". Loin de l'agitation d'un "monde motorisé", ils peuvent ainsi accéder à quelque chose qui n'a plus de prix dans nos métropoles modernes : le silence.

    Mais ne soyons pas sont dupes, toutes les villas ne se valent pas.
    Passer d'une villa du 16ème arrondissement à une villa du 19ème ou du 20ème, ce serait comme quitter un grand banquier pour aller à la rencontre d'un cadre sans fortune ...
    Car, en effet, les cadres moyens et les professions intellectuelles n'ont que les moyens d'une résidence dans les quartiers populaires de Paris ... Et s'ils veulent gouter à ces fameuses villas, ils devront "faire de nécessité vertu" et trouver un charme secret à une cohabitation inévitable au sein de ces arrondissements populaires.

    Pas étonnant que les bobos, grands chantres de la mixité sociale, se ruent sur les villas de l'Est parisien ...


    D'autres villas parisiennes dans Parisperdu:

    >> Villa Hardy - Paris 20ème

    >> Villa Riberolle - Paris 20ème

    >> Villa de l'Adour - Paris 19ème

    >> Villa du Danube - Paris 19ème

    >> Villa des Tulipes - Paris 18ème
     
     


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  • Rue Robineau Paris 20ème

    La pelleteuse a mordue à pleines dents dans ce bâtiment de la rue Robineau. Il ne reste plus maintenant que des pans de murs à la peinture écaillée et aux papiers peints en lambeaux ... Ce sont les derniers témoins des vies successives et désormais révolues des habitants de l'immeuble.
    Seules ces traces, accrochées aux murs, disent qu'il y a encore peu de temps des enfants dormaient, ici, dans cette chambre... ou de joyeuses tablées se réunissaient, là, dans cette salle à manger ...

    Et maintenant, l'on se trouve face à ce mur défraîchi, comme un archéologue sur un chantier de fouilles. Eventré, l'immeuble nous livre son vécu intime ... La vie des anciens occupants peut maintenant se lire à ciel ouvert. Même s'il ne s'agit que de traces, elles en disent beaucoup sur ce passé encore si proche d'un immeuble qui grouillait de vie.

    La rue Robineau a été totalement réhabilitée et un avenir différent l'attend désormais. De nouvelles vies se dérouleront maintenant ici, à tous les étages ... et les dernières traces de vies de l'ancien immeuble seront à jamais rayées de la mémoire collective ...



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  • Hauteurs de l'Est parisien: rue de Ménilmontant.

    Au départ, l'objectif du photo-blog Parisperdu semble simple :"Découvrir l'Est Parisien en suivant des itinéraires qui feront comprendre la ville dans toute sa diversité et permettront de partager un peu la vie des habitants de ces quartiers".

    Mais Paris est compliquée, diverse, "mosaïque", et mener à bien l'ambition de rendre intelligible un spectacle, une réalité confuse dans ses manifestations n'est pas chose aisée. Car c'est bien là le but final de Parisperdu : permettre au lecteur devenu piéton d'appréhender la réalité parisienne. Et atteindre Paris par la "face Est" n'est pas forcement la voie la plus facile ...
    Toutefois, cette sortie du lecteur sur le terrain est nécessaire pour s'imprégner de la ville, pour s'imprégner de la vie ... 

    Alors, Parisperdu, votre guide dans ce Paris de début de millénaire, dans ce Paris protéiforme, vous permettra de parcourir et de comprendre quartiers et espaces urbains. En les décrivant bien sûr, mais aussi en expliquant leur mutation, voire parfois en s'autorisant à en envisager le futur (qui peut être, pour Belleville par exemple, celui d'un radical bouleversement).

    Belleville, justement que nous sillonnerons de long en large, car comme pour nombre de Parisiens venus autrefois de province, puis d'Italie, d'Europe centrale, de Kabylie et aujourd'hui d'Afrique subsaharienne, c'est pour nous, le quartier emblématique de l'Est parisien.

    Le pari de Parisperdu ne sera gagné que si vous nous accompagnez sur le chemin ardu de la "face Est" ... aussi, merci pour votre fidélité.


    >> Une autre approche, celle des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.



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  • C'était au temps où le vocable "mobilier urbain" n'avait pas encore été inventé. On appelait alors ce type de construction : un refuge ou un îlot de sécurité ... Bref, il s'agissait d'un espace situé au milieu de la chaussée et où le quidam pouvait se mettre à l'abri de la circulation ... et là, il était en quelque sorte "rangé des voitures" ...

    Ces refuges comportaient toujours le même type de poteau de couleur blanche, éclairé la nuit, mais aucune autre matérialisation. Rien ... ni sur l'édicule, ni au sol et en particulier, pas de "zebra crossing" - comme disent nos voisins britanniques pour désigner les passages piétons - en référence à cet animal à rayures blanches et noires alternées ...

    Mais où sommes-nous exactement ?
    Sommes-nous ici "au milieu de nulle part", ... "in the middle of nowhere", comme le diraient à nouveau les britanniques ?

    Sommes-nous donc ici dans un lieu tout à fait banal ?
    Ou bien cet  étrange carrefour, à la croisée de rues le plus souvent désertes et au point le plus haut d'une petite sommité, n'est-il pas plutôt le point central de quelque chose d'assez extraordinaire, de quelque chose d'assez grandiose ?

    Peut-être même, serrions-nous là précisément - et sans le savoir - au centre du monde ? Tant la morphologie de ce rond-point peut faire penser à cette pierre circulaire près du temple du Ciel à Pékin, autour de laquelle les chinois se bousculent pour grimper ... sur le pivot central de l'univers !

    PHOTO : "Au milieu de nulle part" : Retour à la réalité parisienne ...  c'est-à-dire au croisement des rues : Pelleport, du Borrégo, des Pavillons et de la Duée. Paris 20ème.


     
    >> Tiantan (天坛) et le centre de l'Univers dans la Cosmogonie chinoise traditionnelle.

    >> Le point central de l'univers, au temple du Ciel à Pékin.

    >> Touristes sur le point central de l'univers, au temple du Ciel à Pékin.

     

     

     


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