• Rue  Piat, Paris 20ème.


    Chaque jour, Belleville devient un peu plus "bobo", les commerces de proximité ferment et laissent place à des cafés ou à des restaurants branchés qui, loin d'avoir une histoire, se donnent une image.

    Les rues du bas-Belleville ont perdu leurs charmes, les cafés et les bars que j'aimais fréquenter sont envahis par de jeunes bourgeois qui essaient de se donner un semblant de fibre populaire mais manifestent leur étonnement à la moindre bizarrerie, pourtant tout a fait banal pour un habitant originel.


    Les galeries d'art aussi envahissent le quartier, il paraît que Belleville est maintenant "à la pointe" de l'art contemporain. Les néo-galeristes viennent chercher ici "un décor" et, par pur snobisme intellectuel, pensent que s'entourer de pauvres,  de "vrais gens" comme ils disent, ça fait chic...
    Bourgeois et galeristes, cherchent à faire croire qu'ils viennent ici non pas parce que les loyers sont moins chers que dans le centre de Paris et parce que le quartier devient branché, mais parce que de "vraies gens" y vivent.
    Mais quels vrais gens ? Les gens du foyer Sonacotra de la rue de la Fontaine au Roi par exemple ont certainement les moyens de s'acheter de l'art contemporain... Quelle absurdité!
    Moi, je déteste cette expression "les vrais gens", ou alors les bobos sont de "faux gens"?


    Tous les quartiers populaires de Paris ont peu à peu disparu de la même manière, aidé par la politique de la ville qui envoie les pauvres en banlieue... où leur déportation crée les problèmes que l'on connait...
    Non Belleville n'est pas un décor, c'est un quartier qui a une histoire magnifique et qui vous apprend beaucoup  de choses pour peu que vous vous montriez un peu humble....
    Belleville est une ville qui a un charme incroyable pour celui qui connaît son Histoire faite de migrations, de résistance, de fierté ... autant de valeurs  qu'il ne faudrait pas perdre.

    Belleville est une jungle que bobos, galeristes et consorts veulent transformer en zoo.

    S'ils réussissent dans leur entreprise, il en sera fini de Belleville ... en tout cas, du Belleville que j'aime.

     

    >> Déjà sur Parisperdu : "Belleville, la belle ville des bobos"

     

     

     

     


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    Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.

    Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie. 

    Dans le sud de la France, après Perillos , un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; Parisperdu a visité Comes, un village abandonné qui gît au milieu d'un champ de ruines ... dans un paysage magnifique, face au Canigou ... 

    Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.

     

    Sans même un panneau pour signaler son existence, Comes est au bout de la piste, immobile, déchiré. C'est un village perdu qui dresse ses oripeaux au-dessus des prés usés. C'est un champ de pierres, une nudité balayée par les vents ...prosterné face au Canigou.

    Il aura fallu être attentif pour trouver le point de départ de la piste, au ras d'une borne sur laquelle a été griffonnée l'inscription "Comes Aplec", par ceux qui chaque année se réunissent ici pour un pèlerinage.

    De loin l'on distingue, en dessous de l'église, quelques voitures qui pourraient faire penser que le village a encore quelques habitants ou pour le moins quelques visiteurs ...
    Mais c'est un leurre, les "4L" ont été abandonnées-là depuis bien longtemps par des bergers repartis à pied avec leur troupeau, et laissant au village ces véhicules sans roues, aux capots bloqués par de grosses pierres. Encombrées de bidons et de matériels divers ... les "4L" servent de remises aux bergers qui reviendront plus tard ... Sur le chemin, gît aussi un antique camion chargé de sacs de laine, la dernière tonte qui n'en finit pas de pourrir ...

    Aujourd'hui, Comes repose définitivement sur sa butte, au milieu des prairies. Elles n'ont pas perdu le souvenir de la main de l'homme. L'herbe repousse à chaque printemps pour le plaisir des moutons. Un berger y réside, de temps à autre, dans la seule maison encore debout. Toutes les autres semblent porter les déchirements de ces années terribles, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte.
    Il ne restait plus que l'abandon pour survivre encore ... Ailleurs.

     


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  • A 700 kilomètres de Paris, j'ai retrouvé Belleville.

    Plus exactement le "Belleville café", un établissement au cœur de cette petite ville, un peu au milieu de nulle part ... comme dans le film "Bagdad café" ...

    Mais où sommes-nous exactement ... ?

    Cette photo donne la réponse !

     


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