• Maurice dans son atelier du 19 rue des Orteaux, en Mai 1995.

     

    Maurice Caner était un personnage attachant. Ses yeux, le jour de notre rencontre, avaient bien du mal à fixer l'objectif, dans la lumière qui cascadait à travers la semi-pénombre de son atelier. Peut-être avaient-ils, au fil des années, trop longuement fixés cet ouvrage qui fatigue le regard ? Ou bien s'étaient-ils usés par l'application qu'exige le métier de tapissier ?

    A 70 ans, il faut bien que la vie vous ait marqué quelque part …

     

    Fatigué ou pas, son regard brillait de malice, coulait sur ces joues roses où s'éparpillaient des poils de barbe mal rasée. Il avait la mèche un peu folle, le tablier fatigué de se tenir à son cou, le pull qui dégoulinait comme le pourpoint d'un noble de la capitale. Oui ! Maurice était probablement dans sa simplicité joyeuse, l'un des derniers seigneurs du quartier, lui qui était né là, dans ce coin du 20ème, bien loin des beaux quartiers qu'il ne fréquentait guère.

     

    A l'époque, difficile de faire plus perdu que cette rue des Orteaux. Pourtant le coin était plein de mouvements, de vrombissements ... Plus d'une trentaine d'artisans se faisaient face de chaque côté de la rue : des tapissiers, des serruriers, des cordonniers, des encadreurs-doreurs …. Toute une agitation, toute une vie de labeurs pour permettre la vie des humains.

     

    Que de silence aujourd'hui dans la rue des Orteaux, où l'odeur des travaux sur le bois ou le métal a disparu. Pourtant, avant de continuer notre ballade, il est peut-être important d'errer un moment dans cette rue pour croiser, à l'occasion, l'un de ses vieux habitants qui garde encore le souvenir de plusieurs générations d'artisans du quartier. On pourrait échanger quelques mots et emporter ensuite avec soi, un peu de cette existence qui donne à comprendre tout un Paris disparu …

     

     

    >> Maurice, dernier tapissier de Charonne ...

     

     


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  • © Campagne d'affichage de RESF (Réseau Education Sans Frontières) - mai 2009.

     

    Dans les quartiers Nord, dans l'Est parisien, que ce soit à Barbès ou à Belleville, chaque ballade va vous faire croiser une foule d'immigrés ... Beaucoup sont des gens valeureux sans qui notre société ne fonctionnerait pas. Ils travaillent dans le BTP, la restauration, … ou gardent nos enfants. Ils sont partie intégrante de notre société … Seul hic de taille, … ils sont sans papiers !

    Ils occupent souvent des tâches que la plupart d'entre nous se refusent d'effectuer. Parfois ils vivent des conditions de travail insupportables, et c'est justement pour cela que des "boîtes" sans scrupules emploient ces immigrés clandestins, prêts à tout pour s'installer ici.

    Mais cette misère doit-elle, par une compassion somme toute naturelle, nous pousser, nous entraîner à régulariser aveuglément ces malheureux ?
    Comment casser ce trafic d'êtres humains ? Comment appliquer nos lois et préserver les acquis sociaux des salariés "avec papiers" ?

    Les "sans-papelards" posent beaucoup de questions à notre société ... et les réponses ne viennent pas vite !


    >> En savoir plus: "Campagne jeunes majeurs de RESF"



     

     


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    La rue de Belleville est l’une des rues les plus animées de Paris. Et pourtant, dans beaucoup de ses cours intérieures, règne un calme surprenant.

    Ainsi, au 140 de la rue, vous pénétrez dans cette ancienne cité ouvrière construite en forme de U. Les murs de cette cité sont les derniers et fragiles témoignages d'une civilisation emportée par le vent du changement, car plus bas, rue de Belleville, les modernes façades, lisses et monotones, partout règnent en maître …

    Souvent je me surprends à observer le renouveau de ce quartier comme Monsieur Hulot contemple la Modernité : d'un œil amusé … mais circonspect.


    >> Voir aussi sur Parisperdu : "Habitat populaire à Ménilmontant".

     


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  • Rue Westermann  Paris 20ème – (1996)

    Que reste-t-il de l'habitat populaire de Ménilmontant ?
    Dépassé, archaïque, moribond, l'habitat populaire de Ménilmontant vit depuis des décennies, la chronique d’une mort annoncée.
    Le jeu de go continu, c'est la tactique de l'encerclement qui prévaut ici …

    L'Est parisien a déjà bien changé mais va encore beaucoup évoluer.
    Pour autant, va-t-on y vivre mieux ? Tout dépend pour qui !

    Paris devient une ville plus petite-bourgeoise, moins populaire. L’arrivée de nouvelles populations dans le Nord et l’Est a modifié la physionomie urbaine. Ces nouveaux résidents, qui travaillent dans la pub, la mode, les médias ou le design, ont assez d’impact sur leur environnement pour l’ajuster à leur mode de vie. Aussi, inéluctablement, on va vers une homogénéisation des habitats et des habitants.

    L’amélioration du cadre de vie rend Paris plus attrayant et c'est tant mieux. Mais cela entraîne une augmentation forte de la demande de logements (due aussi aux difficultés de transports "centre-banlieue") avec son corollaire automatique : des prix de l’immobilier en très fortes hausses dans les quartiers autrefois les moins prisés.

    Oui, la qualité de vie à Paris est bonne… à condition d’y travailler, et d’avoir les moyens de s'y loger...

     

    >> Voir aussi "Parc zoologique de Ménilmontant". Pour que l'habitat populaire de Ménilmontant ne devienne pas le dodo de l’île Maurice.


    >> Pour aller plus loin, lire : "Sociologie de Paris", de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, éditions La Découverte.

     

     

     

     

     

     


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  • Terrain d'aventures des Petits Pierrots, au 15 rue des Vignoles Paris 20ème (juin 1997)

     

    Dans les interstices de la ville, sur les terrains laissés vacants à la suite de démolitions, les petits Pierrots s'ébattent joyeusement.

    L'association "Les Petits Pierrots" -  installée dans le 20e arrondissement - a pour objectif de proposer aux adolescents et aux enfants du quartier de la Réunion des activités pour qu’ils sortent de leur hall d’immeuble. Dans ce secteur de l'Est parisien, les Petits Pierrots s'occupent de jeunes dont personne ne veut s'occuper.

    Au départ, en 1988, l'association a créé des "terrains d'aventures" où les jeunes peuvent se réunir librement. Un terrain d'aventures, c'est un terrain vague converti en aire de jeu et de découverte, aménagée par et pour les enfants.

    Mais le terrain d’aventures ne résiste pas à la pression immobilière, il déménage au gré des constructions nouvelles qui s'édifient sur les sites occupés provisoirement par les Petits Pierrots : rue des Amandiers, rue des Vignoles, rue de Fontarabie … puis plus rien depuis 2008 : plus de terrain … plus d'aventures !

    Reste aujourd'hui un espace d’accueil et de loisirs, dans un local d’une cinquantaine de mètres carrés en sous-sol, au 33 rue de la Réunion, où les jeunes peuvent se retrouver autour de jeux de société et de jeux vidéos, peindre, ou préparer des spectacles pour les parents …

    Mais depuis plus d’un an, l’association ne peut plus payer son loyer et les Petits Pierrots, après 22 ans d’activité, sont menacés d’expulsion. Sans local, l’association n’aura plus qu’à fermer ses portes.

    Toutefois l’association devrait pouvoir conserver son local de la rue de la Réunion après avoir trouvé in extremis un accord avec la mairie du 20e qui a ainsi voulu signifier l’importance qu’elle accorde aux Petits Pierrots dans le quartier de la Réunion.

    La mairie du 20ème pourrait même envisager de verser une aide à l’association pour solutionner définitivement ses problèmes de financement.

    Les Petits Pierrots ne sont pas encore sauvés, mais même au clair de la lune … leur horizon s'éclaircit bigrement …


    >> Le blog des Petits Pierrots.



     


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