• Rue de la Cloche -Paris 20ème (1994)

    1948, Willy Ronis, en chasse photographique, parcourt ce secteur de Ménilmontant, rue de la Cloche. Il y surprend une jeune femme, en peignoir, qui entre dans son immeuble.

    1994, sur les pas du Maître, je déambule dans ces mêmes petites rues. Les pavés disjoints, et les immeubles lépreux, bien malades sont toujours là  … point de femme en peignoir mais une africaine en boubou regagne, elle aussi, son domicile.

    2010, de retour sur les lieux, je ne reconnais plus rien … tout est bouleversé …
    La butte dénudée qui est là, était pourtant autrefois occupée par des rues, des immeubles …
    A leurs places, seuls se dressent quelques arbres chétifs et des allées dessinent l'ébauche d'un jardin récemment créé …

    Une plaque indique: "Square du Docteur Grancher". La rue de La Cloche n'existe plus …
    Je suis arrivé trop tard au chevet du malade.


    >> "Rue de la Cloche, Ménilmontant, Paris, 1948" - Photo : ©Willy Ronis.
     

    >> La rue de la Cloche en 1994.

    >> Le Square du Docteur Joseph Grancher en 2010  -  (nouveau secteur Cloche-Bidassoa).

    >> La rue de la Cloche, déjà sur Parisperdu.



    3 commentaires


  • A 82 ans, Line Renaud vient de donner trois soirées de concerts à l'Olympia, une salle où elle chantait pour la première fois de sa carrière.

    Hier, c'était la dernière représentation, un triomphe !

    Et c'est également hier, au détour d'une petite rue, dans un quartier perdu, que je suis tombé nez à nez avec "ce chien dans la vitrine" …

     

    Bien sûr, "ce joli p'tit chien" n'est pas "jaune et blanc" comme le dit la chanson … mais comment, à cet instant, ne pas penser à cette grande dame du music-hall qui, en 1953, publiait son nouveau 78 tours avec "Le Chien Dans La Vitrine", une chanson écrite et composée par son mari Loulou Gasté.


    Une époque qui certes peut sembler bien lointaine … mais qui reste d'actualité, grâce à la vitalité et la jeunesse d'une octogénaire.

    Alors :

    " Combien pour ce chien dans la vitrine ? "

    " Eh bien c'est d'accord je le prends…"

     

     

     >> A 82 ans, Line Renaud découvre l'Olympia (Source : BFMTV)

     

     

     

     


    1 commentaire
  • Campement de Roms, Bidonville (2002- 2006) -  Boulevard Mac Donald - Paris 19ème

    Photo © Eric Garault /Picturetank.

     

     

    Le point de départ ne peut être plus concret : une carte IGN de Paris et de sa région. Sur la carte, des zones restent étrangement blanches, sont-ce des terrains à construire, des terrains  militaires … ?
    Lorsque vous allez sur place explorer les lieux, les "vides" de la carte n°2314 OT de l'IGN, vous comprenez alors que les cartes n'entretiennent que des rapports très lointains avec le réel !

    Souvent, derrière ces occultations suspectes, vous allez découvrir ce que nos villes modernes refoulent vers l'extérieur : une misère odieuse et anachronique, des bidonvilles cachés aux portes de la capitale, des espaces réservés aux sans domicile fixe et aux gens du voyage.
    Et, dans le Paris citadin, boulevard Mac Donald, ou Porte d'Aubervilliers, c'est l'envers de la ville, la ville à l'envers : tout ce que nos responsables politiques nous cachent.

     

    Ayant vu ce que dissimulait la carte de la région parisienne, on comprend comment, à Washington ou au Cap, on a pu mettre en vente des plans de la ville où, tout simplement, les quartiers pauvres ne sont pas représentés. Des plans de la ville où ne figure qu'un tiers de la ville…

     

    A l'heure où les métropoles voient leurs townships et leurs favelas broyés par l'abandon, à l'heure où Paris devient une ville-musée inaccessible; les campements du boulevard Mac Donald ou de la Porte d'Aubervilliers montrent le paradoxe de nos mégapoles : à l'époque du GPS et des caméras de surveillance, nous ne connaissons rien du monde ...



    >> Aller plus loin avec le "Livre blanc" de Philippe Vasset.

    >> Bidonvilles/Seine, par Eric Garault




     


    2 commentaires
  • Le Périph' / Porte Dauphine

    Paris est l’une des rares capitales, d’un pays majeur, d'une surface aussi petite et entièrement verrouillée par un périphérique visuellement très présent.

    Construit en 1973, le périphérique a remplacé les fortifications, communément appelées "fortifs" . Au-delà, il y avait " la zone".
    "La zone", c'était l'endroit où l'on était en dehors, en dehors de la ville, de la société, des lois, un endroit marginal et incertain, où l'habitat était précaire. 

     

    Mais, depuis que cet espace large de 400 mètres a été récupéré, dans les années 20 à 30, aucun pouvoir politique n'a jamais eu de plan d'aménagement cohérent, si bien qu'on a reconstitué sur l'espace des "fortifs" un "no man's land" entre ville et banlieue.


    Dans cet interstice, on a accumulé, pêle-mêle, constructions et  équipements, et l'on a ainsi constitué une barrière difficilement franchissable.

     

    Le "Grand Paris" tant annoncé, tant attendu donnera-t-il à la ville un peu d'air ?  
    Pas si sûr, car à l'arrivée, ces grands projets causent parfois de grandes déceptions …



    >> La "zone" d'Ivry il y a un siècle - 1913 (© Photo : Agence Rol)

    >> La construction du périphérique parisien. (Archives INA)

    >> Intra-muros. 

    >> Ici, Paris n'est plus le même …

    >> Espaces urbains à vocations indéfinies

    >> La vie sous le périph'




     


    1 commentaire
  • Rue René Descartes - Paris 5ème: L'arbre des rues  (Pierre Alechinsky et Yves Bonnefoy)

     

    Palimpseste, ce drôle de vocable signifie en grec ancien, "gratté de nouveau", et le mot désigne un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé, et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau.

     

    Par extension, on parle parfois de palimpseste pour un objet qui se construit par destruction et reconstruction successive, tout en gardant l'historique des traces anciennes. L'écrivain et essayiste Olivier Mongin étend la notion à la cité et parle de la "ville palimpseste" dans son ouvrage: " La Condition urbaine. La ville à l’heure de la mondialisation".

     

    Oui, Paris est une ville palimpseste où les métamorphoses de l’urbain sont quasi-permanentes.

    Le territoire de la capitale se construit, se détruit, se reconstruit et des traces palpables de l'ancien demeurent sur la nouvelle trame urbaine.


    >> Palimpseste, Wikipédia vous dit tout ...

     

     

     

     


    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires