• Remise de la guillotine, 60 rue de la Folie-Regnault, Paris 11e (Août 1901) par Emmanuel Marie Pottier.


    Si Eugène Atget est considéré comme le pionnier de la photographie urbaine, il ne faut pas occulter toute une partie de ces artisans qui ont produit une iconographie importante sur le patrimoine de la capitale. On peut citer alors les photographes qui - à partir de 1898 - ont officié à la "Commission du Vieux Paris": Ferdinand Roux, Jean Barry, Henri Godefroy, les frères Berthaud, Albert Brichaut… L’engouement est alors tel que cette institution organise des concours entre 1903 et 1907, obtenant un certain succès.

    En marge de ces évènements, il existe aussi des opérateurs conscients du potentiel de ce patrimoine urbain. Emmanuel Marie Pottier, en est un bon exemple. Fils de cafetier, il débute sa carrière comme boulanger et voyage à travers la France et l’Espagne jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ce n’est qu'en 1898 qu’il s’installe définitivement à Paris et qu'il y commence ses reportages photographiques.

    Ses thèmes, que ce soit le vieux Paris ou les motifs décoratifs, sont similaires à ceux d'Atget. Pottier publie ses œuvres en cartes postales avec la mention "Collection du Vieux Paris Pittoresque & Artistique", à l’heure où la carte postale est en plein essor.

    Aujourd'hui, ce parfait inconnu se trouve projeté dans la lumière, à l'occasion de l'exposition  "Eugène Atget, Paris" qui vient d'ouvrir au musée Carnavalet. Au tournant des années 1900, tout comme le grand Atget, Pottier, lui aussi, explore les rues de Paris.
    L'exposition en cours montre combien il a maîtrisé son sujet. Aussi la présentation de ses clichés à côté de ceux du maître Atget n'a rien d'une usurpation …

    Le parfait inconnu devrait l'être un peu moins d'ici quelque temps car l'exposition "Eugène Atget, Paris" va se déplacer dans les mois à venir: Madrid, Rotterdam, Sydney … sont au programme.

    A découvrir absolument, pour tous les amoureux de Paris et de la photo à l'ancienne …

     

     

    >> "Eugène Atget, Paris",  au Musée Carnavalet : du 25 avril au 29 juillet 2012.

    >> Atget, sur Parisperdu.





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  •  Tour du Bois le Prêtre _75017 Paris (mars 2010)

    Au 5, boulevard du Bois le Prêtre, dans la partie populaire du 17e, coincé entre le boulevard périphérique et le cimetière des Batignolles, s'élevait il y a encore peu une tour HLM laide et vétuste.

    Le bâtiment date des années 1960, une époque où l'on construisait "à la pelle" ces grands ensembles qui ont aujourd'hui très mal vieilli. Pour vous donner une idée de l'ambiance des lieux, sachez que les habitants du quartier l'appelaient "l'immeuble Alcatraz!". Tout semblait indiquer que tôt ou tard, la tour serait promise à la démolition.

    Eh bien non, car la mairie de Paris a réussi le pari inédit de réhabiliter cette tour en agrandissant les appartements, … et pour un coût deux fois moins élevé que s'il avait fallu démolir pour reconstruire.

    Et aujourd'hui, au 5, boulevard du Bois le Prêtre se dresse un immeuble blanc de 50 m de haut ceint de grands balcons transparents, qui semble avoir été construit hier.

    Les habitants qui ont été associés aux plans, sont restés dans l'immeuble lors des travaux, car ils ont - chacun à leur tour -occupé des appartements relais pendant que les leurs étaient rénovés.

    La tour "relookée" selon ce processus est présentée par les architectes comme une première mondiale. Voilà une opération comme on aimerait en voir beaucoup dans Paris, où trop souvent on assiste à des démolitions d'immeubles réputés plus où moins vétustes avec en corollaire la déportation de leurs habitants … hors de Paris.


    >> Présentation du projet par l'équipe d'architectes 


    >> La tour du 5, boulevard du Bois le Prêtre: AVANT/APRES.


    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies ..".

     


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  • Terrain Vague près de la rue Vilin, 1970 F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART


    Dans les années 70, François-Xavier Bouchart est l'un des seuls, avec Henri Guérard, à quadriller systématiquement Belleville pour prendre des photographies de l'ensemble du quartier, et en particulier de certaines rues et passages aujourd'hui disparus : le passage des Faucheux, le passage Kuzner, la rue Vincent …

    Ses photographies montrent des façades d'habitations, d'anciens commerces, des enfants du quartier, des terrains vagues après les destructions d'immeubles... Les bulldozers et les immeubles éventrés, ont aussi, au travers du viseur de son appareil photo,  retenu son attention.

    Son travail propose un regard personnel sur ce quartier populaire si bien mis en images par Willy Ronis, dans les années 50, alors que Belleville et Ménilmontant étaient encore intacts.
    François-Xavier Bouchart a voulu photographier ces mêmes lieux en phase de mutation urbaine, économique et sociale. Il voulait aussi poursuivre cet inventaire que menait également à cette époque Georges Perec pour son documentaire "En remontant la rue Vilin", et fixer dans le bromure d'argent, les restes de ce Paris populaire qui alors disparaissait.


    >> Impasse du 34 rue Henri Chevreau, 1973 par F. X. Bouchart, © Nadine BEAUTHEAC-BOUCHART

    >> Le passage Kuzner Paris 20ème © Willy Ronis

    >> Belleville'70 par Jean-Louis Penel.

    >> Le livre collectif "Belleville-Belleville", aux Editions Créaphis, (1994), consacre un chapitre à François-Xavier Bouchart, avec 7 de ses photos. L'ouvrage lui est dédié.

     

     


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    L'un des derniers bougnats de Paris aura sans douté été ce café-charbon-mazout du 6 rue Emile Lepeu, dans le 11e arrondissement. Il resta en activité jusqu'en 2004 et, même si à cette date peu de gens utilisaient encore le charbon, il disposait pourtant de son ''chantier'', c'est-à-dire de son tas de charbon dans l'arrière boutique et servait en salle aussi biens des tasses de petit noir que des ballons de petits blancs …

    Aujourd'hui, l'âme du vieux bougnat  a été partiellement préservée. Et même s'il a été quelque peu remis au goût du jour, l'établissement a conservé un certain charme, avec son comptoir en formica rouge des années 60. Mais on est passé du charbon naturel à l'un de ses radio-isotopes car la façade affiche désormais : "Carbone 14" !

    Dans le quartier, outre ce bougnat, on trouve encore quelques rares bistrots "d'époque" qui reflètent un Paris convivial et authentique.
    C'est un Paris ni tout à fait d'hier, ni tout à fait d'aujourd'hui, qui continue à exister… un Paris presqu'éternel.

     

     >> Le café-charbon, au temps d'Odette Escalier.

    >> "Le Carbone 14".

    >> ... avec son comptoir en formica rouge des années 60.

     

     


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  • Au 37 bis de la rue de Montreuil, dans le 11ème, la cour de l'Industrie, créée au milieu des années 1800, témoigne aujourd'hui encore du passé artisanal de l'arrondissement.

    Il y a là une cinquantaine d'ateliers pour moitié des artisans, pour l'autre des artistes. Longtemps menacés d'expropriation ceux-ci se sont très tôt constitués en un groupe de pression. Et, avec l'appui de la mairie de Paris et d'associations diverses, à coup de pétitions et d'actions, les occupants vont finalement pouvoir rester dans l'un des derniers vestiges du patrimoine artisanal du quartier.

    Car aujourd'hui, la démolition de l'ensemble n'est plus à l'ordre du jour et le lieu parait définitivement sauvé. Rachetée par la mairie de Paris qui y commence des travaux de rénovation, la cour de l'Industrie restera en activité et ne sera donc ni "loftisée" ni "boboïsée".

    Les doreurs-laqueurs, les sculpteurs-ornemanistes et … autres artisans à l'ancienne vont pouvoir continuer à travailler sereinement dans le dernier îlot d'ateliers dans Paris.

    Preuve est faite que, même face aux promoteurs aux dents longues, la lutte et la solidarité paient …



    >> Le 37bis, site officiel.

     

     


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