• Immeubles délabrés,  rue de la Mare - Paris 20ème (mai 1997)


    Il y a dix ans, un recensement dénombrait 998 habitations à risque dans la capitale, autant de logements présentant un danger pour leurs occupants. Un sinistre inventaire, quartier par quartier, rue par rue, adresse par adresse. Un document qui reflète la face sombre de la Ville lumière.

    Ce catalogue de la misère, dressé en 2002, comprend deux catégories de logements: les dégradés et les insalubres.
    Les premiers, au nombre de 386 immeubles vétustes, ont été examinés, expertisés par l'OAHD (Office d'amélioration de l'habitat dégradé). Aujourd'hui, la quasi-totalité d'entre-eux ont connus, après des travaux de première urgence, des opérations de rénovation et, pour ceux-ci, le résultat de l'action menée est satisfaisant.

    Il n'en va pas été de même pour la seconde catégorie, celle des immeubles les plus délabrés, souvent insalubres. Ceux-là ont été confiés à la Société immobilière d'économie mixte de la ville de Paris (Siemp), une émanation de la municipalité, qui a vite été embouteillée par les quelques 600 dossiers, essentiellement situés dans le quart nord-est de la capitale. Fin 2011, seulement près de la moitié de ces "taudis" avait été réhabilités.
    Mais plus de 300 autres restent en souffrance car beaucoup d'appartements n'appartiennent pas à la Siemp; certains sont entre les mains de propriétaires privés, qui n'ont pas toujours les moyens d'entreprendre la restauration nécessaire, voire la refusent. Dans ce cas, la ville peut recourir à une procédure de rachat ou d'expropriation mais ces actions sont longues et n'aboutissent pas toujours.

    Quoiqu'il en soit, la municipalité actuelle s'est engagée à "traiter" l'ensemble de ces immeubles d'ici à la fin de la mandature.

    Rendez-vous donc en 2014 …


    >> A la limite de l'irréel …

    >> Marchand de sommeil.

     


    1 commentaire
  • Passage Boudin - Paris 20ème (Juin 1996).


    C'est un passage discret comme il en existe beaucoup dans Paris et plus particulièrement dans  cet arrondissement de la capitale, numériquement le dernier mais le premier dans le cœur de Parisperdu.

    Le passage Boudin figure dans le "Belleville-Ménilmontant" de Willy Ronis, très précisément en 32ème position de la liste des rues où furent prises les photographies qui composent cet ouvrage.

    Oh bien sûr cette photo ne fait pas partie des plus célèbres, ni des mieux "léchées" parmi les 88 images du mythique livre de Ronis. Mais on reconnaît, là-encore, la patte de Willy: son sens de la mise en perspective des différents plans de l'image et du choix de l'heure de la prise de vue pour tirer le meilleur parti des ombres. L'ombre de la cheminée sur le mur concave de gauche illustre à merveille ce dernier point.

    Le passage a peu changé depuis l'époque de la "photo N° 32", aussi quelque 40 ans plus tard, je n'ai eu aucune difficulté à retrouver l'endroit exact. Les pavés sont inchangés, les murs presque les mêmes …
    Bien sûr, je n'ai pas retrouvé la ménagère qui tire son caddie. Mais à sa place, en ce milieu d'après-midi, un homme revient de ses courses. Il rentre chez lui d'un pas soutenu. Pourtant, ce jeudi-là, il avait du temps pour son shopping puisque sur son sac il est écrit: "NOCTURNES tous les JEUDIS: 22 heures".

    Ainsi coule doucement la vie dans l'intemporel Passage Boudin ….


    >> Willy Ronis était déjà passé par là …

     

     





    3 commentaires
  • "Le jardin nomade" (Photo du haut) et "Le jardin du Ruisseau" (Photo du bas)

    Avoir son jardin à Paris ? C'est un luxe que certains peuvent toucher du doigt depuis le lancement des "jardins partagés".
    Du nord au sud de la capitale, il y a aujourd'hui, 66 jardins partagés, mais pour ceux-ci, rien n'est jamais définitif car souvent, ils doivent déménager au fil des restructurations immobilières des quartiers …
    Alors le jardin partagé, ne serait-il pas plutôt un " jardin nomade" ?

    C'est ce qu'a dû penser Roselyne Domange, la responsable d'un tel jardin, rue Charles Delescluze dans le 11ème arrondissement, à deux pas de la place de la Bastille. Car c'est le nom qu'elle a choisi pour son jardin.

    Le "Jardin nomade" de Roselyne, compte près de 300 membres. Tous viennent ici pour mettre les mains dans la terre, juste pour le plaisir. Ils doivent dans un premier temps se contenter de parcelles communes, puis quand ils ont fait leurs preuves, ils peuvent obtenir un espace individuel, en totale liberté de jardinage, … mais attention : un mètre carré seulement, pas plus !

    Plus au nord, il est un autre jardin partagé qui semble insensible au nomadisme: c'est "le jardin du Ruisseau". Car ici, tant que la voie ferrée de la petite ceinture ne sera pas remise en service, le jardin pourra se sédentariser.
    A côté de la gare Ornano, tout près de la Porte de Clignancourt, le jardin  s'étale sur 500 mètres de quais, et s'agrippe aux talus abrupts de l'ancienne voie ferrée.

    L'association "Les Amis des Jardins du Ruisseau" gère le lieu en poursuivant une double action : pédagogique pour un public enfant et associative avec les adultes.
    Le Jardin du Ruisseau qui a été, à Paris, l'un des précurseurs des "jardins partagés" accueille fruits, légumes, fleurs et même … un apiculteur qui y vend son miel !

    Et, comme le concluait le Candide de Voltaire, "il faut cultiver notre jardin"… même à Paris.


    >> "Le jardin nomade", en savoir plus.

    >> Visiter "Le jardin du Ruisseau".

    >> Carte interactive des jardins partagés parisiens.

    >> Aussi sur Parisperdu: "Plus belle la ville …"

     

     

      


    1 commentaire
  • Déchiffrage des cryptogrammes de Jussieu. Montage Photo: © Gérard Sainsaulieu


    Il ya bientôt 3 ans, le 25 novembre 2009, nous lancions, ici même, un appel pour le déchiffrage des cryptogrammes qui "ornent" les tours de Jussieu.

    C'est la mairie de Paris qui, dans ses archives, avait la réponse et c'est Gérard Sainsaulieu, un fidèle de Parisperdu qui a pu - avec le concours d'Anne Hidalgo, excusez du peu - décrypter les fameux cryptogrammes de Jussieu .

    Nous étions sur la bonne voie : "On assassine à Paris …" mais la transcription totale demandait encore beaucoup d'efforts.
    La voici donc :

    ON

    ASSASSINE

    A PARIS

    EN 1 AN

    PLUS

    DE 150

    ASSASSINATS

    RACISTES.

    HALTE

    AUX CRIMES

    RACISTES ET

    FACISTES.

    POUR BRISER

    LE SILENCE

    TOUS DANS

    LA RUE

    LE 25/2

    METRO

    CHARONNE

    18 H 30


    Voilà donc une énigme résolue grâce aux fidèles de Parisperdu. Merci à eux.


    >> Voir aussi: Cryptogrammes à Jussieu.

     

     


    1 commentaire
  • 29,  rue André Gide - 75015 Paris (Juin 2010)

    Rue André Gide, dans le 15ème arrondissement, vous ne pouviez manquer ce grand panneau publicitaire. C'est en effet, une image "format XXL" des Présidents américains du mont Rushmore … qui,  il y a peu encore, s'étalait-là.

    Il faut reconnaître que voilà une compagnie bien incongrue pour l'écrivain français, récipiendaire du prix Nobel de littérature en 1947. Car Gide, qui a toujours assumé son homosexualité, se trouve ainsi confronté à la fine fleur du puritanisme américain.
    George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt ou Abraham Lincoln (de gauche à droite sur la photo) n'étaient en effet pas connus pour apprécier particulièrement les "gays" !

    Est-ce pour cette raison que le publicitaire leur fait à chacun tenir une rose à la bouche … ?
    Pas si sûr.
    "Nom d'un bourbon" aurait dit le capitaine Haddock.
    "Four roses, I presume" ?


    >> Plus sur André Gide …



    2 commentaires



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires