• 17 rue Miguel Hidalgo -Paris 19ème

    Sortant du métro Danube, j'emprunte la rue Miguel Hidalgo, le nom me dit quelque chose, ne s'agit-il pas de ce footballeur français devenu entraîneur national dans les années 70 ?
    Non, celui-là se prénommait Michel, alors que ce Miguel est un obscur général mexicain …

    Je veux prendre la première impasse qui semble s'offrir à moi, sur ma droite: la villa Maurice-Rollinat. Une espèce de vigile m'en interdit l'accès. Il porte une boucle d'oreille et à la ceinture, d'autres accessoires plus inquiétants.

    La conclusion de notre entretien, plutôt brusque, est que "c'est privé", un point c'est tout. Je l'assommerais bien sans scrupule au milieu de la chaussée déserte mais c'est lui qui détient les muscles et une matraque en caoutchouc.

    Le mieux est de passer son chemin. Je poursuis donc ma route à la recherche de lieux plus apaisés. Au 17, de la rue Miguel Hidalgo, une petite plaque émaillée signale que: "Les boîtes aux lettres du 17 rue Miguel Hidalgo se trouvent 2 villa Laforgue, après le pilier d'angle". Allons-y pour la villa Jules Laforgue. Elle semble en effet bien accueillante, avec son poteau de travers et ses frondaisons désordonnées. Et là, l'entrée est autorisée au public …


    >>  "C'est privé" !

     


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  • Sous le pont de chemin de fer de la petite ceinture, vers la rue du Docteur Paul Brousse -Paris 17ème (Juin 1996)


    John est contrebassiste de jazz. C'est un musicien de talent, membre de l'ABCDF, l'Association des Bassistes et Contrebassistes De France.
    Il s'est déjà produit avec de grands artistes comme Daniel Humair, Enrico Rava, Angelo Debarre, Thomas Enhco ou encore Perrine Mansuy…

    Lorsqu'il n'est pas en tournée pour des concerts, il va presque tous les jours rue de la Jonquière, au Conservatoire Claude Debussy, répéter avec d'autres musiciens, parfois même sur des répertoires éloignés de son univers Jazzy. Mozart, Strauss, Tchaïkovski sont alors ses favoris.

    Puis il rentre chez lui à pied, son instrument sur le dos, invariablement par le même chemin. Il passe alors sous le pont de chemin de fer de la petite ceinture, et s'engouffre dans la rue du Docteur Paul Brousse pour attendre son domicile, cité Marie.

    La cité Marie est une impasse isolée, ses petits pavillons sont coincés entre des rangées de hauts immeubles. Si vous passez par là un soir, ne soyez pas étonné si vous entendez quelques sonorités en basses fréquences. C'est John qui répète ses gammes ou plus vraisemblablement qui s'est lancé dans une longue "impro". Et, je ne serais pas surpris que vous restiez là un bon moment tant la musique de John couvre harmonieusement le fond sonore des boulevards des Maréchaux pourtant tout proches … 
    Alors, tout comme moi, vous aurez approché la musique de John par un chemin détourné !


    >> Cité Marie - Paris 17ème.

     


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    En ballade dernièrement dans le joli village audois de Gruissan, je découvre, dans une niche face à l'église, ce buste du chevalier Jean-François de La Barre.
    Un peu comme à Montmartre donc, où une statue en pied du dit Chevalier jouxte la basilique du Sacré Cœur.

    Rappelons-nous qui était le chevalier de La Barre ?

    Le 1er juillet 1766, ce jeune aristocrate de 19 ans a le poing coupé et la langue arrachée avant d'être décapité et finalement jeté au bûcher.
    Vous allez me demander quels crimes odieux avait-il donc commis ?

    Eh bien, il n'aurait pas retiré son chapeau au passage d'une procession, et aurait aussi vandalisé un crucifix… On comprend alors que ce personnage soit devenu, pour les tenants de la laïcité, un symbole de l’intolérance religieuse.

    A Gruissan, c'est en 1931 qu'un comité de libres penseurs place, en l'honneur de Jean-François de La Barre, face à l'église, ce buste que je viens de découvrir.
    Si le monument de Gruissan ne manque pas de rappeler celui de Paris, il en existe un troisième, érigé en 1907 à Abbeville, sur la place-même où  le jeune homme fût supplicié.


    >> En savoir plus sur le chevalier de La Barre.

    >> ... aller encore plus loin.

    >> Le Chevalier de la Barre à Montmartre.

     


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  • Willy Ronis dans son appartement de la rue de Lagny, Paris 20ème (Février 2008)

    C'est un modeste appartement encombré de livres, de photos bien sûr, et aussi d’émouvantes aquarelles de Marie-Anne, son épouse disparue.
    C'est le domicile parisien de Willy Ronis.

    Du bureau collé à la baie vitrée, Willy Ronis domine le square Sarah Bernhardt, dans le quartier populaire de Ménilmontant. De temps à autre, résonnent des cris d’enfants. Ce sont les arrières-petits-fils des gamins de Belleville et de Ménilmontant, qu'il a immortalisés dans les terrains vagues ou sous les réverbères d’escaliers pentus, dans ce Paris en noir et blanc dont il a su si bien capturé l’âme frondeuse et la poésie urbaine.

    C’est là, avec son inaltérable bonne humeur que Ronis, charmant  vieillard au regard bleu, me reçoit pour un échange à bâtons rompus.
    Willy adore remonter le temps, en sortant, au hasard, des photos de ses réserves.
    Il se souvient de chacune des quelques 300.000 photos prises au cours de sa longue carrière. Il a toujours, pour chacune d'elles, une précision à donner, un infime détail à révéler, une anecdote à formuler.

    A l'époque de cette rencontre, il a déjà rangé son Pentax depuis 5 ans. Sans regrets, car sa vie de photographe aura quand même duré 75 ans !

    Je voulais avoir son avis d'expert sur le photo-blog Parisperdu que j'avais alors démarré depuis deux ans. Le déplacement était obligatoire, car par écrit,  il m'avait annoncé: "Je regrette fort de ne pouvoir répondre à votre blog, n'étant pas informatisé …".

    Ce jour là, nous n'avons pratiquement pas parlé du blog, très peu de technique …
    Il y avait beaucoup mieux à faire: nous avons parlé de notre passion commune, de notre attachement au secteur Nord-est de Paris, nous avons échangé des adresses, parlé des rues, des quartiers, des évolutions de la ville, du monde...

    Ce jour-là, quand Willy Ronis me dit : "Je n'allais jamais dans les beaux quartiers. Ce qui m'intéressait, c'étaient les scènes populaires", je comprends que si Paris était son principal territoire photographique, c'est un regard très particulier qu'il a voulu porter sur cette ville.

    Belleville et Ménilmontant étaient à l'époque des lieux en dehors des préoccupations, des lieux de dureté sociale, et le fait de déplacer son regard, d'aller là-bas était déjà en soi, une transgression. Car aller photographier Belleville ou Ménilmontant en 1951, 52, ou 53 c'est comme, aujourd'hui, poser son regard sur La Courneuve ou Montfermeil.

    Alors, ce jour-là, j'ai décidé que le regard de Parisperdu mettrait plus en avant les petites choses et les petites gens, que le faste et les grandes réalisations de notre capitale.


    >> Sur le banc avec Willy Ronis.

    >> Au téléphone: "Willy Ronis vous salue …"

     

     


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  • Le passage Vandrezanne - Paris 13e (2006)

    Prévert disait que c'est toujours dans les quartiers les plus pauvres que les noms de rues sont les plus beaux : rue des Cinq-diamants, Passage de la Main d'or, rue de la Goutte d'or, rue du Dessous-des-berges, rue de la Butte-aux-Cailles ...
    La "Butte aux Cailles", voilà en effet un joli nom pour cet endroit un peu retiré du 13ème arrondissement.

    Une butte ? Oui, il y en a bien une ... qu'escaladent quelques rues et escaliers.
    Mais des cailles ? Non il n'y en a pas. D'ailleurs il n'y en a peut-être bien jamais eu, car le nom du lieu ne ferait pas référence aux oiseaux mais à un certain Pierre Caille qui fit l'acquisition, en 1543, de cette modeste éminence, au pied de laquelle coule la Bièvre.

    Dans les années 1900, la ville de Paris mène d'importants travaux pour enterrer la Bièvre, et la butte prend progressivement son apparence actuelle.

    Aujourd'hui encore, le village du siècle dernier a peu changé. Et, en plein cœur de Paris, on peut découvrir un lieu incroyable qui doit sa particularité, aux carrières sous-terraines de calcaire qui empêchent définitivement la construction de bâtiments lourds.

    En 1900, Eugène Atget, en exploration par ici, avait photographié le passage Vandrezanne.
    Ce passage a été depuis métamorphosé. Mais c'est sans doute pour rappeler qu'Atget venait souvent poser sa chambre noire par ici, qu'au bout de la rue, des escaliers portent aujourd'hui son nom.



    >> Entrée du passage Vandrezanne sur la Butte-aux-Cailles en 1900. Photo d'Eugène Atget.



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