• Graffitis anti-bobos – Paris 19ème arrondissement (2012)

    Les sociologues et philosophes de tous bords se sont récemment intéressés au couple antinomique des "petits blancs" et des "bobos".

    Alain Finkielkraut a tiré le premier en évoquant le "Français de souche", un terme si controversé que d'autres lui préfèrent celui de "petit blanc".

    Le petit blanc est celui qui n'a pas les moyens de quitter les quartiers populaires très métissés et qui souffre de ce métissage alors que le bobo peut vivre dans ces quartiers, même s'il a souvent des stratégies d'évitement face aux situations les plus critiques.

     A la différence du petit blanc, le bobo peut donc choisir où il va habiter. Il aime bien la culture populaire, l'altérité et les mélanges. Les bobos ont inventé le covoiturage, les jardins partagés et ils ont poussé les maires de grandes villes à aménager celles-ci autrement.

    Et même s'il n'a pas beaucoup d'argent, il peut aller habiter dans des quartiers où il y a une importante mixité, … mais il n'ira jamais habiter dans une cité du 9.3 !

    Dans son livre, "Paris sans le peuple", la sociologue Anne Clerval refuse d'employer le terme bobo qu'elle considère comme un "mot piège" préférant celui de gentrificateurs.

    "La mixité sociale souvent lue comme un mélange culturel, est très valorisée par les gentrificateurs même s'ils la pratiquent peu dans les faits" explique-t-elle.
     
    Derrière une apparence d'ouverture, la "boboïtude" ne serait-elle pas en fait le nouveau visage de la classe dominante?


    >> Autres exemples de graffitis anti-bobos.

    >> Guide de survie en pays bobo.

     



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  • Parc de Belleville, juin 2012

    En 1992, dix ans après la mort de son ami Georges Perec, le cinéaste Robert Bober réalise "En remontant la Rue Vilin", merveilleux film sur la mémoire et ses failles, sur la perte et la transmission, sur ce qu'est "vivre sur les traces du passé".

    A Belleville, à cette époque, il ne reste plus grand chose de cette rue où Perec a vécu avec ses parents, avant guerre, au numéro 24. Déclaré insalubre, le quartier a été démoli, de nouveaux immeubles ont été construits et, en 1988, un parc y a été implanté. Avec ses 45 000 m2, ses pelouses ouvertes au public, sa vigne, ses arbres et ses fleurs, ses jeux pour les enfants, et aussi une vue splendide sur Paris, le parc de Belleville est un des lieux magiques de la capitale, et les habitants du quartier, toutes nationalités, couleurs et religions mélangées, s’y croisent en bonne intelligence.

    Aujourd'hui, c'est un autre film sur le quartier qui éveille notre attention: "Le monde en un jardin" de la réalisatrice Frédérique Pressmann.

    Cette réalisatrice va passer quatre saisons dans ce jardin où elle filme et enregistre les bruits, les voix, les musiques, les rencontres, dont celle avec Gérard, qui est le jardinier en chef de ce magnifique espace.
    Elle nous donne à voir la couleur du ciel, à entendre le passage du vent dans les arbres, et à percer l’âme de ce lieu suspendu où ville et nature coexistent paisiblement.



    >> Frédérique Pressmann: "Autour du parc de Belleville et de son jardinier".
     

     

    >> Le parc de Belleville, déjà sur Parisperdu.

     

     

     

     


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  • Le film "Le Ballon Rouge" a été tourné en 1956, dans les quartiers de Belleville et de Ménilmontant. On y découvre les aventures d'un jeune garçon (Pascal, joué par le propre fils du réalisateur du film: Albert Lamorisse).

    Au début du film, le petit garçon trouve un gros ballon rouge accroché à un réverbère. Commence alors une histoire d'amitié avec ce ballon qui suit de lui-même le petit garçon dans les rues du quartier. La jalousie d'une bande de garçons de son âge, va mener ce film vers une fin à la fois tragique et magique.

    Mais, lorsque l'on visionne aujourd'hui "Le Ballon Rouge", on mesure l'étendue des bouleversements qu'ont connus ces quartiers. Le Belleville et le Ménilmontant du film ne coïncide en effet plus guère avec la topographie actuelle.

    Essayons toutefois de suivre le parcours du jeune Pascal.
    Il semble clair qu'il habite rue du Transvaal et qu'il descend par la rue Vilin pour aller prendre à Ménilmontant-Pyrénées "le 96", un autobus Renault TN6 à plate-forme. Difficile par contre de comprendre où il va à l'école ?

    Si l'on reconnaît bien la passerelle-belvédère de la rue Piat où passe le facteur, par contre où situer la poursuite dans le passage ? Se déroule-t-elle Passage Notre Dame de la Croix ? Pas sûr car ce peut aussi être le passage Vilin, le passage Ronce ou bien encore le passage Julien Lacroix ...

    La fin du film se passe dans ce terrain vague que l'on appelait la zone, dans le haut de la rue des Couronnes, probablement là où se trouve aujourd'hui le parc de Belleville.

    Les lieux ont tellement changé depuis les années 50 que nous avons aujourd'hui beaucoup de difficultés à situer l'endroit exact des tournages sur un territoire qui pourtant n'est pas très étendu.

    Seule la boulangerie où le petit Pascal s'achète un gâteau est toujours là, au coin de la rue des Envierges et de la rue du Transvaal.

    Vous pouvez essayer de faire vous-même l'exercice qui consiste tout d'abord à visionner le film (le lien You tube est ci-dessous) puis à essayer de retrouver les lieux de tournage, en vous rendant dans ce secteur du 20ème arrondissement … à la poursuite du Ballon Rouge …

    Mais si tout comme moi, vous ne reconnaissez plus grand-chose sur place, alors rendez-vous au second lien ci-dessous … car là, vous avez toutes les réponses !


    >> Visionner le "Ballon rouge" d'Albert Lamorisse.

     

    >> "Furore", cette revue néerlandaise a réussi à reconstituer tout le parcours du tournage !

     

     


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  • La Forge, 23 rue Ramponeau Paris 20ème

    Cette ancienne usine de clefs, de plus de 1000 m2, était désaffectée depuis longtemps, quand, un matin d'octobre 91, en l'absence de permis de démolir, des ouvriers ont commencé à démonter la toiture... En moins d'une heure, une dizaine d'artistes ont occupé le lieu et ont ainsi stoppé sa démolition.

    Très vite, le squat de la Forge s'y est installé.

    Les artistes, groupés en une association: "La Forge de Belleville" - soutenus par la Bellevilleuse (sans qui 70 % du Bas-Belleville serait aujourd'hui démoli) - ont obtenu en 1997 que la Ville de Paris officialise et contractualise cette occupation par une convention temporaire de mise à disposition.
    C'est bien la première fois qu'un squat d'artistes obtient un bail!

    En contrepartie de loyers aux conditions très avantageuses, l'association s'engageait à développer un projet artistique et culturel cohérent, totalement ouvert sur le quartier, et à assurer une rotation régulière des artistes accueillis dans l'usine.

    Mais au printemps 2005, la Ville décide de résilier la convention concernant l'occupation de l'usine, et lance un appel à projets pour désigner le nouvel occupant du site.
    Il s'en suivra une longue bataille juridique entre l'association "la Forge de Belleville" et la Mairie de Paris. 

    Régulièrement de nouveaux appels d'offre sont lancés mais n'aboutissent pas suite aux contestations et recours des diverses parties, si bien qu'en 2008,  la "Forge de Belleville" occupe toujours les lieux.

    Une énième bataille juridique va finir par chasser le collectif d'artistes pour confier le site à l'association "Traces" qui ne restera en place que peu de temps.
    Et, en 2012, la Ville intronise une nouvelle association gestionnaire: "Caserne Ephémère".

    "Caserne Éphémère" émane du "Point éphémère", le gestionnaire du lieu du même nom sur le Canal Saint-Martin, dans le 19e arrondissement. C'est un acteur historique de la culture underground parisienne des années 1980-90, élevé depuis au rang d’acteur quasi-institutionnel, de professionnel de la Culture et d'opérateur privé du marché de l’art.

    Et c'est bien là où le bât blesse car l'ambition de "Caserne Ephémère" pour la Forge est bel et bien d’en faire une résidence d’artistes exclusivement tournée vers la professionnalisation et le marché de l'art dans le nouveau monde de Belleville … celui des galeries d’arts et des concept-stores … à la mode.
    Finie donc  l’ouverture du lieu au public et finie l’animation culturelle entre les habitants de Belleville, les associations et les artistes du quartier.

    Depuis 1997, La Ville de Paris n’aura finalement jamais réussi mettre en valeur ce lieu, sauvé de la destruction par l’action collective des artistes et des habitants du quartier. Elle se sera montrée incapable de maintenir en vie le souffle créatif de cet espace unique et hautement emblématique de Belleville.

    Car une question de fond reste sans réponse : que veut-on finalement faire de ces lieux symboles, arrachés par des batailles d’habitants et d’artistes contre les promoteurs, une fois que la Mairie les rachète, consacrant ainsi leur valeur d’intérêt général ?
    Si le but est d’attirer par une programmation choisie une population plus aisée, ils deviennent alors le premier outil, avant même le logement, pour embourgeoiser le quartier.

    Et c'est ainsi que Belleville est progressivement mis aux normes de l’embourgeoisement parisien. Reste à voir si les Bellevillois qui se sont battus dans les années 90 pour sauver la vieille Forge ouvrière contre un promoteur et son projet de supermarché-parking, adhèreront au projet de la Ville qui va à l'encontre d'une certaine idée de la fraternité qui permet encore ce "vivre ensemble typiquement Bellevillois".


    >> Le site web du Collectif de "La Forge de Belleville" est encore en ligne … pour combien de temps ?

    >> Point éphémère/ Usines éphémères, site officiel.



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  • 39 rue du Château-d'Eau _ Paris 10ème.

    Dans le 10ème arrondissement, à proximité de la mairie, exactement au n°39 de la rue du Château-d'Eau, se trouve la plus petite maison de Paris.

    Un peu plus d'un mètre de large pour 5 mètres de haut, une boutique au rez-de-chaussée et une pièce pour vivre à l'étage, … voilà une bien étrange résidence !

    Autrefois, à cet emplacement, il y aurait eu un passage entre la rue du Château-d'Eau et la rue du Faubourg-Saint-Martin. Des querelles d'héritage au sujet de ce passage auraient conduit les propriétaires à le boucher par cette maison miniature …

    On ne sait pas si ces faits sont exacts, mais quoiqu'il en soit, le 39 de la rue du Château-d'Eau est désormais répertorié comme "la plus petite maison de Paris".

    A ce titre, elle est en compétition avec le 88 de la rue René Boulanger, également dans le 10ème arrondissement et aussi avec le 13 quai Voltaire où l’on signale "la plus étroite façade d’immeuble de Paris".

    Toutefois, en comparaison du 39 de la rue du Château-d'Eau, ces deux autres adresses semblent avoir d'immenses façades car chacune d'elles atteignent allègrement … les 2,50 m de large !

     

    >>  Le 88 de la rue René Boulanger _ Paris 10ème.

    >> Le 13 quai Voltaire _ Paris 7ème



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