• A Belleville, une pellicule de sauvée, ce sont des souvenirs de sauvés ….

    Image extraite de "Rue des Cascades", un film de Maurice Delbez

     

    "Rue des Cascades", connu aussi sous le titre ''Un Gosse de la Butte", est un film de Maurice Delbez tourné à Belleville-Ménilmontant en 1964. A sa sortie en salles, le film n'a aucun succès et tombe vite dans l'oubli. Mais, il y a quelques mois, Celluloïd Angels, une plateforme participative, spécialisée dans les films du patrimoine, lance une campagne pour la restauration de la pellicule. Aujourd'hui Celluloïd Angels a réussi son pari, les fonds ont été réunis et le film est en cours de restauration.

    N'hésitez pas à aller découvrir ce film, lors de sa prochaine sortie, car il a un triple intérêt.
    Tout d'abord Maurice Delbez nous livre une photographie qui flirte souvent avec les clichés de Doisneau ou de Ronis. Les enfants de Belleville qui dévalent la rue des Cascades sont si proches de ceux captés par nos deux grands photographes humanistes.

    Ensuite, "Rue des Cascades, est l’un des rares films des années 60 à évoquer la mixité dans un quartier où les vagues migratoires n’ont cessé de se succéder, donnant à Belleville son identité et sa force. Mais ce film était très en avance sur son époque (c'est l'histoire d'une mère blanche qui refait sa vie avec un jeune noir de vingt ans son cadet) et il faut sans doute y voir là une des causes de son insuccès lors de sa sortie en décembre 1964.

    Et enfin, ce film dégage une poésie diffuse qui met en relief le charme unique et fragile de ce monde d’avant les coulées de béton, d'avant le tout automobile, d'avant les médias omniprésents ... un monde où les gens de Belleville étaient spontanément solidaires et bien différents de la foule solitaire du Paris de nos jours.


    >> Celluloïd Angels, site officiel

    >> Extrait du film.

    >> Belleville sur Parisperdu

     

     

     

     


    votre commentaire
  • La SNCF prête ses friches aux artistes (3/3): Chapelle Charbon.

    Chapelle Charbon _ Porte de la Chapelle (Paris 18ème)

     

    A la Porte de la Chapelle, entre les immeubles flambant neufs du quartier Rosa-Parks et les terrains vagues de la porte d’Aubervilliers, dans un quartier en pleine reconversion, l'ancien bâtiment Chapelle Charbon de la SNCF est une friche d'un autre âge, du temps où les locomotives à vapeur avaient ici leur stock de "carburant solide".

    Le minerai noir a déserté le lieu depuis longtemps … et ce dernier est désormais occupé par … les petits trains touristiques de Montmartre qui stationnent ici, constamment bichonnés par leurs conducteurs.

    Tout autour, le contraste est saisissant tant la modernité règne désormais dans le secteur: le siège de Veolia affiche ses grandes baies vitrées et le centre commercial Le Millénaire longe l'allée Guy Debord ... Décidément, ici c'est un peu c'est la "Société du spectacle" comme l'a décrit le célèbre situationniste. Les nouveaux habitants cherchent de vieux troquets qui se font de plus en plus rares, seul le Relai d’Aubrac est encore debout avec ses entrecôtes d’un autre-temps.

    Les Roms se déplacent de trottoir en terre-plein au gré des expulsions et d’improbables promenades se dessinent, tel ce sentier qui parcourt une forêt de troncs coupés !

    Mais "Chapelle Charbon" revit de nouveau depuis que le Collectif MU, locataire de l’ancienne Gare des Mines a investit les lieux. Avec le soutient de la réalisatrice sonore Jeanne Robet et de l’artiste Rodolphe Alexis, MU a installé ici un parcours audio, une déambulation sonore de part et d’autre du périphérique avec une trentaine de capsules sonores géo localisées: une expérience originale. A voir et aussi à entendre … avec en bande son arrière le vacarme du périph' qui inonde tout le secteur de ses décibels !


    >> La SNCF prête ses friches aux artistes (2/3)

    > La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)



    votre commentaire
  • La SNCF prête ses friches aux artistes (2/3)

    Station – Gare des Mines (Paris 18e)

     

    En lisière du périphérique, la gare des Mines est une ancienne gare à charbon devenue … discothèque Africaine dans les années 2000 ! Mais aujourd'hui, ce bâtiment désaffecté de 400 m2, près de la porte d'Aubervilliers et coincé entre le périphérique et des studios de cinéma, connaît  une nouvelle vie. En effet, dans le cadre des "Sites Artistiques Temporaires", une démarche initiée par SNCF Immobilier, l'ancienne gare est devenue un lieu laboratoire du Collectif MU consacré aux scènes artistiques émergentes.

    L'ancienne gare rebaptisée "Station-Gare des Mines" a déjà ouvert 6 mois l'an dernier et une deuxième saison va débuter très prochainement autour de la musique, d'un jardin et de la mémoire retrouvée. Avec "La Station", lauréat pour 6 nouveau mois de l'ancienne gare des Mines, le collectif parisien "Garage Mu" d'Olivier Le Gal, installé depuis 10 ans dans le XVIIIe, va de nouveau pouvoir donner libre cours à ses idées.

    Avec ses artistes "multiformes", la friche ferroviaire sera un lieu ouvert à tous les types de publics. En journée il y aura des ateliers de cuisine créative, de jardinage, de création d'instruments, de recyclage design. Et surtout "un projet sur la mémoire des quartiers environnants". Aux Mines, le Garage Mu compte enfin développer "des parcours sonores, avec des outils technologiques innovants", et pour cela va nouer un partenariat avec la radio associative étudiante Radio Campus Paris.

    A suivre …


    >> Concert à la "Station-Gare des Mines"

    >> Le collectif parisien "Garage Mu".

    > La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)

     


    votre commentaire
  • La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)

    HALLE DUBOIS 72 boulevard Ney, Paris 18ème arrondissement

     

    Ce sont des lieux parisiens en friches que la filiale "Immobilier" de la SNCF, chargée de valoriser les biens du groupe, prête à des artistes, pour quelques heures ou quelques mois. Les candidats retenus peuvent alors laisser libre cours à leurs projets de création, en faisant vivre des sites jusqu'alors délaissés.

    La récente expérience de "Ground Control" — un ancien atelier de maintenance de la rue Ordener, transformé durant 4 mois en bar éphémère, en lieu d'art et de concerts — a convaincu "SNCF Immobilier" qu'il y avait un sillon à creuser, et une manière très innovante d'optimiser d'anciens sites ferroviaires qui, pour certains, feront l'objet de projets urbains à l'horizon de 5, voire 10 ans… Alors, en attendant cette échéance autant en faire des lieux culturels temporaires et ainsi les faire vivre durant cette longue période d'attente.

    L'appel à projets a d'ailleurs suscité un engouement hors du commun, avec 81 dossiers déposés et au final, 14 projets retenus. Ce sont des projets de spectacles vivants, de performances à thèmes, de la restauration, des expos d'arts plastiques, des expérimentations sonores … et souvent tout cela mélangé ...

    Mais n'y a-t-il pas une sorte de contrat léonin de la part de la SNCF ? Car oui elle prête ses sites aux artistes mais c'est à eux de remettre en état ces lieux abandonnés. Pas d'électricité et, la plupart du temps, tout à refaire aux frais des artistes, et si la SNCF a soudain besoin de ces ateliers, alors oust… tout le monde dehors.

     

    A suivre …

     

    >> Ground Control

    >> SNCF: Les Sites Artistiques Temporaires.

     

     


    votre commentaire
  •  

     Retour rue de la Cloche.
    La rue de la Cloche en cours de démolition_ Paris 20ème _Photo © Aviv Itzhaky

     

    Face à la place Martin Nadaud, entre la rue de la Bidassoa et la rue Sorbier, sur un petit promontoire, se dressait-là un quartier singulier. Dans les années 80, le secteur était plutôt glauque... mais sa situation sur cette petite éminence, le faisait apparaître comme un ilot émergeant de l'océan parisien. Le coin avait un charme indéfinissable ... du moins pour le promeneur, mais certainement pas pour y vivre!

    Pourtant dans ce petit périmètre, la vie s'organisait autour de trois rues pavées: il y avait-là des maisons, des habitants, des artisans .... La rue de la Cloche était la rue principale, mais l'on trouvait aussi deux autres rues: la rue de la Voulzie, et la rue Westermann. Aujourd'hui ces trois rues ont disparu et toutes les constructions ont été rasées pour faire place nette à un square.

    Car "La Ville" a jugé que cet îlot urbain était devenu inhabitable, au vu de la vétusté du bâti et du fait de l'instabilité du sous-sol. Il est vrai que cet emplacement se trouve juste à la verticale du tunnel de Charonne du chemin de fer de la ligne de Petite Ceinture. Alors une fois les trois rues condamnées, l'ensemble a finalement été démoli, et le terrain libéré a été laissé en friche pendant des années.

    Bien sûr ce n'était pas l'âge d'or, ici, rue de la Cloche. Les habitations étaient plus que modestes, mais en ces temps de crise du logement, elles auraient pu être réhabilitées et le sous-sol aurait facilement pu être stabilisé par des injections de béton. Mais on a préféré tout raser et créer ce square, le Square du Docteur Grancher.
    Est-ce le bon choix ? Pas certain, car si je ne suis pas contre un nouvel espace vert ... on doit convenir qu'ici on n'en manquait pas, à deux pas du Père-Lachaise: le plus grand espace vert de la Capitale ...


    >> La rue de la Cloche sur parisperdu.

    >> Le Square du Docteur Grancher

     

     


    1 commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires