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    Place de la République, voilà une place qui, par les temps qui courent, ne laisse pas indifférent. Est-ce encore une place publique ou est-elle devenue exclusivement un rendez-vous politique ? Telle est la question du moment.

    Traditionnel point de ralliement des manifestations, Cgt en tête, Unef pas loin derrière, … c'est à "Répu", sous la colossale statue en bronze de Marianne, que démarrent symboliquement les cortèges.

    Jusqu'en 2012, l'esplanade certes très animée ne voyait, en dehors des grandes "manifs", qu'une activité réduite aux brocantes et aux vide-greniers organisés surtout le week-end.

    Son réaménagement en 2013, n'a pas eu que des avantages quand on pense, par exemple au massacre des fontaines des Dauphins, mais il a permis d'ouvrir la place aux piétons, aux familles, aux enfants et, sur ce plan là, c’est un succès.

    Mais le grandiose projet de la Mairie de Paris connaît aussi quelques ratés.

    C'est tout d'abord le Café "Monde et Médias" qui reste fermé depuis maintenant longtemps, suite à un incendie ... Du mobilier urbain, du miroir d’eau, de "L’R de jeux" et de la ludothèque à ciel ouvert, que reste-t-il ? Pas grand-chose ... Quant aux nouveaux arbres plantés pour "végétaliser" la place, ils résistent, mais restent diablement chétifs.

    Et surtout, depuis les attentats de 2015, la fonction de la place semble avoir radicalement changé. Elle est devenue un symbole, une sorte de sanctuaire, un mémorial, un lieu de recueillement et d’expression.

    Avec parfois de fâcheuses conséquences, ainsi la statue de la République et son socle de pierre calcaire qui pourtant avaient été nettoyés à neuf, ont dû subir des couches superposées de messages, de graffs, et de nombreuses dégradations malveillantes. Ce nouvel espace est devenu "la place parisienne" de référence de la contestation mais aussi un nouveau défouloir, un exutoire, ...
    On ne lui en demandait pas tant !

    Et, fin mars 2016, le point d'orgue n'est sans doute pas loin d'être atteint. La place de la République devient le "siège social", l'établissement principal du mouvement "Nuit debout".

    Ici, chaque soir on refait le monde, la parole est libre et les contestations vont tout azimut …
    La République est un symbole, mais ne deviendrait-elle pas aussi un prétexte ? Car les effets secondaires que sont les débordements, les désordres et les dégradations installent le doute sur la crédibilité de mouvement … Nuit debout va-t-il devenir Ennui assis … ?

     

    >> La République en danger ...

     


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  • "Fluctuat nec mergitur"

    Lavatronic, 3 Rue de la Fontaine au Roi Paris 11ème _novembre 2015

     

    En face de "Casa Nostra", le restaurant de la rue de la Fontaine au Roi qui fut l'une
    des cibles des attentats du 13 novembre à Paris, la laverie Lavatronic a reçu cette balle perdue ...
    "Fluctuat nec mergitur" ?… Oui Paris est battu par les flots, mais ne sombre pas.


    >> La laverie Lavatronic, par temps de paix …

    >> Rue de la Fontaine au Roi, déjà sur Parisperdu

     

     

     

     


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  •  Hôtel de la Paix – 4 rue Louis Bonnet – Paris 11ème (janvier 2009)

    Dans le 11éme arrondissement, la rue Louis Bonnet a toujours été une rue très commerçante.

    Dans les années 80, un bon nombre d'établissements de la communauté chinoise, en majorité des restaurants, s'implantent ici. Ceux-ci remplacent des commerces tenus jusqu'alors par la communauté juive, un changement caractéristique de l'évolution de Belleville. Et c'est ainsi que disparaîtra, entre-autres, la célèbre charcuterie delicatessen Goldenberg avec ses spécialités d'Europe centrale.

    Toutefois, jusqu'au tournant de l'an 2000, la physionomie de la rue change peu et elle conserve alors pratiquement les mêmes immeubles depuis plus d'un siècle.

    Mais aujourd'hui la rue présente un tout autre visage et, ce sont les petits hôtels qui font les frais de la restructuration du secteur. C'est ainsi qu'au bas de la rue, au N°4, on vient d'assister à la destruction de l'hôtel de la Paix.

    Fermé suite à un incendie qui s'était déclaré dans ses étages supérieurs, l'Hôtel de la Paix a été muré pendant de longues années pour empêcher les squatters de l'occuper. C'est là qu'avait été tourné une séquence du film "Bourne Identity", où l'on voit Bourne et Marie se cacher dans ce petit hôtel de la rue Louis Bonnet.

    Cette rue qui peut de prime abord sembler plutôt paisible a connu pas mal d'évènements plus ou moins dramatiques: plusieurs incendies dans un périmètre restreint, des bagarres de rue intercommunautaires entre Juifs et Arabes et de nombreux règlements de compte dont certains avec mort d'hommes …

    Non décidément, rue Louis Bonnet, ce n'est pas vraiment la Paix !


    >> The Bourne Identity, (ou La Mémoire dans la peau), un film réalisé par Doug Liman et sorti en salles en 2002 avec Matt Damon dans le rôle principal.(capture d'écran)

    >> Demande de démolition du 2-4 rue Louis Bonnet.

    >> La guerre à l'Hôtel de la Paix.



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  • La rue Saint-Sabin a gardé son atmosphère provinciale avec de nombreuses échoppes d'artisans et divers magasins de petits commerçants, mais pour combien de temps ? Car toutes et tous ferment désormais les uns après les autres.

    Au 58 de cette rue, une autre voie prend naissance. A ce croisement, se dresse une immense façade aveugle avec pour tout élément décoratif une plaque de rue parisienne ou l'on peut lire : "Allée verte, anciennement rue verte".
    Non loin de là,  il y a aussi la rue du Chemin Vert  … et pas très loin non plus la célèbre Coulée verte … décidément ce coin du 11ème arrondissement semble avoir trouvé sa couleur !

    Puis l'Allée Verte coupera la rue Nicolas Appert, le génial inventeur de la boîte de conserve, avant de déboucher dans le boulevard Richard Lenoir et même s'il n'y a aucune verdure dans l'Allée Verte … cette allée est généralement bien calme avec sa halte-garderie, sa maison de retraite … son club de tennis de table …

    Mais à deux pas de là, ce calme a été fracassé le 7 janvier dernier lors de l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo par des terroristes extrémistes …


    >> "Je suis CHARLIE"

    >> La coulée verte: "Pour un urbanisme retardataire".

     


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  • Terrain vague de l'impasse Truillot _ Paris 11ème (2008).

    Depuis des siècles Paris a été fait d'enceintes que l'on détruit, d'ajouts, de substitutions … de rues ou d'avenues que l'on perce, de jardins ou de parcs que l'on crée.

    Tous ces bouleversements ont toutefois été conduits dans une certaine continuité jusqu'aux années 1960 où l'on a saigné à blanc les quartiers Italie et  place des Fêtes, brisant par là-même le processus qui avait jusque-là permis à la ville de grandir, de rajeunir et de se transformer sans que ses habitants se posent trop de questions.

    Par ces opérations, on venait de casser le modèle haussmannien, qui consistait à prolonger la ville en s'alignant sur les gabarits existants. Etait-ce un bien ? Etait-ce un mal ?

    Bien sûr on ne demande pas d'arrêter de construire, mais on ne peut que remarquer que désormais deux limites sont atteintes: celle de ce long périphérique qui fige et arrête la ville, mais aussi celle de ces jardins, de ces vignes, de ces champs que Paris a vu disparaître pas à pas, jours après jours, depuis des siècles et dont les dernières cours, les dernières voies ferrées, les rares derniers terrains vagues sont tout ce qu'il nous reste …

    Alors aujourd'hui, ce que nous demandons simplement, c'est de gracier ce vide.


    >> Voir sur Parisperdu "Pour un urbanisme retardataire".

    >> Démolitions, reconstructions, la ville en chantier.

     



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