• Dans "Playtime", le film de Jacques Tati sorti en 1967, on découvre un Paris futuriste fait d'immeubles de verre et d'acier, froids et impersonnels.

    Avenue de France, dans la bien-nommée ZAC(cage) de Paris-Rive Gauche, la fiction de Tati est aujourd'hui devenue réalité.

     Ici, la ville est à la fois touchante et terrifiante. Le long de buildings très graphiques, des sortes de funambules déambulent … perdus dans ces grands espaces. Et cette présence humaine fantomatique a du mal à animer la sinistre avenue.

    A l'intérieur des immeubles on s'attend à rencontrer les mêmes "open-space" que ceux vus dans "Playtime", où des employés, jouets de la démesure et du grotesque, sont concentrés sur des plateaux sans âme.

    De retour à l'extérieur, on guette une autre silhouette, celle du longiligne Tati …
    On ne serait pas surpris en effet de l'apercevoir ici, avec son pas hésitant, sa mimique interloquée, et surtout se demandant pourquoi diable l'on a voulu à tout prix copier le décor de son film …


    >> En savoir plus sur Playtime, le film de Jacques Tati.

    >> La silhouette longiligne de Tati …

    >> J'aurais aimé que ce monde me parle ...


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  • Avenue de France Paris 13ème (mai 2000)

    Ce milieu urbain et son architecture nouvelle sont, au final, bien décevants.

    Ici, les habitants sont noyés dans un maelström de bâtiments sans âme, et où ils finissent par disparaître, … tout un symbole de la déshumanisation de la société.

    Pourtant chaque angle de rue se réserve le droit de nous livrer une nouvelle pièce de la mosaïque qui compose ce tentaculaire espace à vivre. Mais la monotonie des façades de verre et de béton se répètent à l'infini et laisse peu de place à l'humain.


    Le Japon connaît depuis longtemps cette problématique de l'individu nié par la mégapole, que l'on désigne là-bas par l'expression "Omote tu ora" et que l'on peut traduire approximativement par : "Je ne veux pas que tu partes, ... que tu disparaisses". 

    Reste donc sur les clichés, une ville neuve, propre, futuriste, mais une ville presque désertifiée où l'individu, fondu dans une urbanité abstraite, a fini par disparaître, et pourtant "Omote tu ora"


    >> "J'aurais aimé que ce monde me parle ..."

     

     

     


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  •  La Tour Paris 13, 5 rue Fulton, Paris 13e 

    Cette tour des années 60, défraîchie et vide de ses occupants, sera entièrement détruite début novembre 2013. Mais avant cela, et pendant sept mois, elle aura été investie par plus de 100 graffeurs, venus du monde entier et sélectionnés pour réaliser une première dans l'univers du "Street Art": réaliser en intérieur ce qu'ils font généralement en extérieur …

    Car de l'extérieur, en dehors d'un immense graffiti orange et noir, de 20 mètres de haut sur la façade, rien ne transparaît de tout ce qui a été réalisé à l'intérieur.

    Spécialisée dans le graffiti, la galerie parisienne Itinérance est à l'origine de ce défi artistique aussi fou qu'éphémère.

    Tout le mois d'octobre, le public pourra visiter cette œuvre d'art temporaire, avant sa destruction.

    Les visites sont gratuites et il n'y a rien à vendre …


    >> Le site officiel du projet "La Tour Paris13".

    >> Graffeur, ... est-ce un métier ?

     

     


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  • Le buffet de la gare de Paris-Austerlitz était en sursis depuis vingt ans. Les associations de quartier ont bataillé pour le sauver en tentant de faire échouer le projet de démolition de la Sémapa (Société d'économie mixte d'aménagement de Paris-Rive-Gauche) et de la SNCF.
    En vain.

    Son arrêt de mort était déjà signé depuis cinq ans, et aujourd'hui, on a démoli un bâtiment qui était un lieu de convivialité, pour créer une esplanade surplombant une cour livrée aux taxis.

    Le restaurant Le Grenadier (en hommage à la bataille d'Austerlitz), situé au premier étage a donc été démoli, ainsi que la buvette du rez-de-chaussée. En attendant l'arrivée du TGV (sans doute pas avant 2020), il n'y a plus actuellement aucun vrai restaurant dans la gare !

    Bien sûr le maire du 13ème arrondissement, par ailleurs président de la Sémapa, aura beau affirmer que "le buffet de la gare n'avait pas de valeur patrimoniale".
    A voir.

    Mais pour l'aménageur, le buffet avait surtout l'énorme inconvénient de barrer le débouché de l'avenue Pierre-Mendès-France qui désormais pourra affirmer plus encore son statut de quasi-autoroute urbaine.

    Quant à la SNCF, elle démontre ici encore qu'elle n'a aucune vision urbaine. Son seul objectif est de faire circuler les trains et d'installer un centre commercial dans les étages supérieurs de la gare.

    Il est en effet regrettable d'avoir choisi un projet qui détruit cette partie de la gare, un lieu fortement chargé d'histoires et d'émotions. Des murs pleins de souvenirs: ceux des séparations, des retrouvailles, de la joie des départs en vacances, de rencontres devant une tasse de café …

    Et l'on ne me fera pas croire qu'il n'était pas possible d'élaborer un projet conciliant le neuf et l'ancien ... comme on le fait tout naturellement dans les métropoles anglo-saxonnes.

    Mais décidément à Paris, massacrer le néo-classique à la française pour faire du fonctionnel plutôt moche est devenu très tendance !



    >> La vaine lutte des associations de quartier.

    >> La page Facebook de "La gare d'Austerlitz en mutation".

     

     

     


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  • Le Marinier _ 53 quai Panhard & Levassor Paris 13ème (1997) 

    Avant la restructuration brutale du quartier Paris Rive Gauche, il y avait sur la totalité de la  longueur du quai Panhard & Levassor toute une vie de petits labeurs, coincée entre la Seine et les voies de chemin de fer.

    Le populo, les mariniers, les dockers se mêlaient aux livreurs de la Sernam dans les nombreux bistrots qui faisaient face au fleuve. Souvent ils avaient des noms en rapport avec les activités portuaires du lieu: le bar de la Marine, le Marinier, le Navy …

    Tous ont disparu quand la spéculation immobilière a décidé d'investir dans le quartier - ou plutôt d'investir le quartier. Tous ont été rasés pour faire place nette aux froids immeubles de verre et de béton qui désormais accueillent de nouvelles enseignes qui ne font plus rêver : Mezzo di Pasta, Sushi Massena, Bio Art …

    Le midi, ce n'est pas le populo qui se presse au comptoir de ces modernes bistrots, mis à part quelques rares étudiants de Paris Diderot, ce sont surtout des cadres de Bercy et de la BNP ParisBas. La carte est un brin prétentieuse, les prix plutôt délirants.

    Et l'on ne peut qu'être triste en songeant qu'il y avait là des resto-bars "cradingues", mais tout à fait authentiques. Bourguignon le lundi, Parmentier le mardi, Blanquette de veau le mercredi, Couscous le jeudi, Brandade le vendredi … c'était immuable, et à des prix en francs qui n'ont plus cours aujourd'hui (ni les prix, ni les francs !) … pichet de côte du Rhône compris …
    Feu "le Mariner " vous souhaite un bon appétit !


    >> Voir aussi : "Au bar de la Marine".

    >> "The place to see before you die".

     


     


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