• A l'ombre des géants coréens …

    A la porte de la Chapelle, au plus près du périph', là où les géants coréens de l'électronique Samsung et LG s'affrontent avec de colossales enseignes lumineuses portées au pinacle des tours d'habitations, il est un bâtiment en déshérence, tout en longueur, adossé aux voies ferrées.

    Le bâtiment à l'abandon est celui d'une PME française, aussi, peut-on y voir une illustration frappante de la mondialisation galopante avec la petite entreprise au ras du sol et les multinationales au plus haut dans le ciel.

    Jusque dans les années 1996, ce long bâtiment abrite la manutention de l'activité transport et messagerie des établissements Edouard Dubois & fils. Cette année-là, l'entreprise déménage dans de nouveaux locaux Gennevilliers où une plate-forme multimodale, dotée d'équipements d'avant-garde, est installée. L'entreprise familiale vient de changer de dimension et le site de la porte de la Chapelle n'abrite plus alors que les services administratifs, jusqu'à sa fermeture définitive, en 2009.

    En une génération, d'Edouard Dubois, à Patrick Dubois, son nouveau P-DG, l'ambitieux groupe familial est passé du diable à la chaîne automatisée ultramoderne …

    Aujourd'hui, dans une conjoncture difficile pour les transporteurs routiers, Dubois affiche une santé de fer (20 millions d'euros de résultat net), et les années noires de 1993 et 1994 semblent bien loin pour ce groupe qui est à l'origine de la création en France de la DPD (Direct Parcel Distribution), une spécialité de la "logistique du mono-colis", activité qui connaît chaque jour un développement grandissant grâce à la progression vertigineuse des achats sur internet.

    Alors, à l'ombre des géants coréens, la PME française connaît une croissance heureuse !


    >> Dans la même veine: "Odoul et les lofteurs"

    >> Ça déménage à Charonne . . .

     

     


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  •  Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (2/2)

    Au Café des deux Moulins, 15 Rue Lepic, 75018 Paris

     

    Un peu plus bas que le Marché de la Butte, rue Lepic, le Café des deux Moulins, où Amélie était serveuse, ne désemplit pas non plus. Depuis la sortie du film, le bistrot a changé plusieurs fois de propriétaires, sa façade a été repeinte en rose, le tabac supprimé, mais le décor intérieur style "années cinquante" est resté inchangé.

    Si quelques habitués continuent à venir prendre le matin leur café et lire leur journal sur le zinc, ce sont surtout les touristes qui peuplent la salle. Pourtant, une clientèle "plus française" serait souhaitable pour justement "garder l’esprit du film".

    Mais les touristes continuent à affluer de partout, d’Europe, des États-Unis, d’Amérique latine… Et aussi, de plus en plus, d’Asie : Chine, Taïwan et surtout Japon. Parfois, ils entrent juste pour prendre des photos, mais la plupart s’assoient pour commander la "crème brûlée" dont Amélie aimait faire craquer la croûte. Aujourd'hui, elle est servie comme dans le film dans un petit plat ovale. L’hiver il peut s'en vendre entre 200 et 250 par jour ! 

    Les Japonais, sont les premiers fans du film. Ils réservent, par agences, des tables entières. Et leurs réactions sont impressionnantes ! Ils arrivent ébahis, poussent des petits cris, prennent des photos de leurs crèmes brûlées qu’ils tapotent avec leur petite cuillère, avec une jouissance étonnante. On sent que ce film leur procure une grande émotion. Paris est toujours pour eux la ville des amoureux.  

    Aujourd'hui, le cœur de Montmartre bat toujours au rythme de sa petite fée. Si on ne demande plus tous les dix mètres aux habitants du quartier où se situent l’épicerie et le café d’Amélie, c’est parce qu’ils figurent désormais dans tous les guides. Il existe même une application pour smartphone : "Le Montmartre d’Amélie Poulain".

    Depuis toujours, la butte Montmartre a été le lieu de tournages de nombreux films, de Truffaut à Woody Allen, mais aucun n’a fait porter à ce point le regard du monde entier sur elle. Et aucun n’a réussi une telle alchimie entre son héroïne et son décor.

    Le film de Jeunet nous livre une vision de Montmartre largement mythifiée, mais dont on trouve encore des éléments : les vieux Montmartrois cultivent cet "esprit de village", les jeunes "bobos" qui s’y installent aussi. Et si des hordes de Parisiens et de touristes, se sont précipitées dès la sortie du film à l’épicerie Collignon et au Café des deux Moulins, c’est pour retrouver les traces encore présentes, de ce Paris dont ils rêvaient. Et qu’ils recherchent encore…


    >>  Où l'on retrouve Amélie Poulain.

    >> Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

     


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  • Le fabuleux destin des commerces de Montmartre (1/2)

    Le Marché de la Butte 56 Rue des Trois Frères, 75018 Paris

    Niché sur le flanc de la Butte, au coin de la rue des Trois-Frères, le marché de la Butte a conservé son enseigne de fiction "Maison Collignon", apposée au-dessus de son vrai nom "Chez Abdel". Il a gardé aussi les paniers en osier, les bocaux de bonbons, les fleurs en plastique et les nains de jardin, imaginés par les décorateurs du film. 

    Et les touristes qui s’y arrêtent toutes les dix minutes, s’extasient dans toutes les langues en reconnaissant "l’épicerie d’Amélie" !

    En braquant ses caméras sur cette épicerie, située près de chez lui, Jean-Pierre Jeunet ne savait sans doute pas qu’il allait bouleverser la vie de cette famille marocaine, qui avait ouvert ce commerce en 1973. Car Abdel se dit toujours étonné que tant de monde continue à défiler chez lui. Ils prennent une canette, une pomme, des petits bonbons, histoire d’acheter quelque chose ici. D’autres passent en voiture en criant : "Collignon, tête d’oignon".  

    Aujourd'hui, cette épicerie montmartroise, devenue célèbre dans le monde entier, assume désormais sa double identité : celle de "l’Arabe du coin", ancré dans le quartier depuis près de quarante ans et qui continue à vendre à une clientèle d’habitués du shampooing ou des cacahuètes. Et celle de l'épicerie imaginaire où travaillait Lucien (Jamel Debbouzze), le protégé d’Amélie.

    Finalement, les deux s’emmêlent un peu dans l’esprit d’Abdel, aussi conclut-il avec modestie: "On fait comme dans le film, on continue à avoir des clients fidèles, à livrer à domicile aux personnes âgées ou aux vieux peintres" …

     

    >> Où l'on retrouve Amélie Poulain.


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  • La ville vue de dos.

    Rue Ordener, Paris 18ème _juin 2014

     

    Lorsque l'on regarde la quatrième de couverture d'un livre, on découvre peu de choses de son contenu … Et, alors que la première de couverture fait souvent l'objet d'une présentation soignée voire aguichante, le livre vu de dos présente la plupart du temps un aspect banal, un peu vide … avec au mieux, un bref résumé de l'ouvrage.

    Pour la ville, il en va de même … Il est des endroits où elle a décidé de nous tourner le dos, de nous cacher ce qu'elle a de plus riche, de plus beau en son sein … et elle ne nous montre alors que d'immenses pans d'immeubles aveugles, ternes, sans âme.

    La perspective de la rue Ordener, vue du pont qui enjambe le large faisceau des voies de la gare du Nord, est un exemple parfait de "la ville vue de dos".

     

    >> "Ground Control", du rêve à la réalité …

     


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  • "Ground Control", du rêve à la réalité …

    Le Ground Control a pris ses quartiers à La Chapelle (Paris XVIIIe) jusqu'au 15 octobre 2015.

     

    L'an dernier le bar éphémère "Ground Control" avait ouvert sous la Cité de la mode et du design dans le 13ème. Cette année, c'est le 26 ter rue Ordener dans le 18ème qui accueille ce concept hybride où se donne rendez-vous un public dit "décalé", underground, hypster et bobo en version postindustrielle.

    Le mur de la rue Ordener totalement "graffé" et dont on ne voit pas la fin débouche sur une palissade grillagée et un portail surmonté de l'inscription Ground Control. Il vous faudra descendre un escalier pour avoir accès à un autre monde : l'ancien dépôt SNCF de la Chapelle, traversé de rails dans tous les sens. Ici, dans un passé pas si lointain, les trains et les locomotives venaient se faire réparer dans des ateliers centenaires aux volumes vertigineux.

    Les anciennes voies de chemin de fer sont maintenant encombrées de sièges et de transats où l'on sirote des pintes. Aussi improbable que cela puisse paraître, on joue à la pétanque et au mölkky (jeu de quilles finlandais) entre les rails. La musique est forte mais curieusement n'incite pas à danser.

    Un préau - aménagé avec du mobilier d'école rétro et de lampions de fête foraine - propose un atelier où l'on fabrique des bijoux, un "nail truck", des tatouages éphémères, un brocanteur où l'on chine des vinyles et une boutique de vêtements. Il y a aussi un coin restauration, où l'on peut manger des burgers, des hot-dogs ou encore des pizzas et des pâtes. On y sert aussi des planches de charcuterie.

    Plus loin, c'est un simili-coin de campagne qui a été aménagé avec un poulailler et un potager d'agriculture urbaine, bio évidemment !

    Mais, avec en point de mire une forêt de caténaires et de pylônes de lignes à haute tension, au bout d'un moment, à cette adresse tout de même très excentrée, on ne sait plus très bien où l'on est. Et c'est là que l'intitulé du lieu nous revient en écho: Ground Control ne se réfère-t-il pas à Ground Control to Major Tom, de David Bowie? Où l'on apprend que "Major Tom" est un surnom pour la cocaïne qui permet de perdre le contrôle de son corps et de ses sens …

    Mais, en fixant l'arrière plan du site, vous êtes subitement ramené au monde réel lorsque passent RER, Thalys et autres TER …

     

     >> L'entrée du "Ground Control" au 26 ter rue Ordener Paris 18ème.

    >> Ground Control, Site officiel.

    >> "Ground control to Major Tom" de David Bowie.


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