• "Ground Control", du rêve à la réalité …

    Le Ground Control a pris ses quartiers à La Chapelle (Paris XVIIIe) jusqu'au 15 octobre 2015.

     

    L'an dernier le bar éphémère "Ground Control" avait ouvert sous la Cité de la mode et du design dans le 13ème. Cette année, c'est le 26 ter rue Ordener dans le 18ème qui accueille ce concept hybride où se donne rendez-vous un public dit "décalé", underground, hypster et bobo en version postindustrielle.

    Le mur de la rue Ordener totalement "graffé" et dont on ne voit pas la fin débouche sur une palissade grillagée et un portail surmonté de l'inscription Ground Control. Il vous faudra descendre un escalier pour avoir accès à un autre monde : l'ancien dépôt SNCF de la Chapelle, traversé de rails dans tous les sens. Ici, dans un passé pas si lointain, les trains et les locomotives venaient se faire réparer dans des ateliers centenaires aux volumes vertigineux.

    Les anciennes voies de chemin de fer sont maintenant encombrées de sièges et de transats où l'on sirote des pintes. Aussi improbable que cela puisse paraître, on joue à la pétanque et au mölkky (jeu de quilles finlandais) entre les rails. La musique est forte mais curieusement n'incite pas à danser.

    Un préau - aménagé avec du mobilier d'école rétro et de lampions de fête foraine - propose un atelier où l'on fabrique des bijoux, un "nail truck", des tatouages éphémères, un brocanteur où l'on chine des vinyles et une boutique de vêtements. Il y a aussi un coin restauration, où l'on peut manger des burgers, des hot-dogs ou encore des pizzas et des pâtes. On y sert aussi des planches de charcuterie.

    Plus loin, c'est un simili-coin de campagne qui a été aménagé avec un poulailler et un potager d'agriculture urbaine, bio évidemment !

    Mais, avec en point de mire une forêt de caténaires et de pylônes de lignes à haute tension, au bout d'un moment, à cette adresse tout de même très excentrée, on ne sait plus très bien où l'on est. Et c'est là que l'intitulé du lieu nous revient en écho: Ground Control ne se réfère-t-il pas à Ground Control to Major Tom, de David Bowie? Où l'on apprend que "Major Tom" est un surnom pour la cocaïne qui permet de perdre le contrôle de son corps et de ses sens …

    Mais, en fixant l'arrière plan du site, vous êtes subitement ramené au monde réel lorsque passent RER, Thalys et autres TER …

     

     >> L'entrée du "Ground Control" au 26 ter rue Ordener Paris 18ème.

    >> Ground Control, Site officiel.

    >> "Ground control to Major Tom" de David Bowie.


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  • Au col de la Chapelle
    Ateliers ferroviaires de la rue Pajol, 75018_Paris (juin 1994)

     

    Géographiquement parlant, un col est un passage étroit entre deux montagnes, et il permet la communication entre deux versants.

    A Paris, entre le mont Martre et les Buttes Chaumont, se trouve le col de la Chapelle. Depuis toujours, ce passage a été une voie de communication majeure entre le Nord et la capitale. Dans cette coulée, on fit passer les tranchées des trains des Gares du Nord et de l'Est, les débouchés des routes Nationales 1, 2 et 3 … et aussi le Canal St Martin.

    "Au col de la Chapelle" est également le nom de l'essai que Joël Cornuault vient de publier. Il nous y relate son enfance et son adolescence dans le dix-huitième arrondissement de Paris et plus particulièrement ses errances dans ce quartier de La Chapelle.

    Je ne résiste pas à vous livrer un des extraits parmi les nombreux passages qui bien souvent se trouvent en parfaite résonance avec Parisperdu :
    " La vie sociale n'étant plus en mesure de se régénérer de son propre mouvement, le capital familial n'étant plus à la hauteur des investissements nécessaires, toujours plus élevés, le conseil municipal du dix-huitième se promet d'entrer en action à l'emplacement des anciennes rotondes à locomotives et des secteurs de triage. Un de ses énormes combinats culturels, dont le Centre Beaubourg a fourni la matrice et qui la voit se reproduire en divers endroits où des "restructurations" sont déclarées nécessaires, va se dresser en lieu et place des ateliers et des quais de transbordement de la rue Pajol. Cet implant sera géré par la mairie de Paris depuis ses bureaux des bords de Seine - depuis la lune, autant dire."

    Avec Joël Cornuault, au-delà de l'évocation d'un Paris populaire et ouvrier, aujourd'hui disparu, nous sommes invités à la flânerie urbaine, à l'errance quotidienne, à atteindre ce qu'il appelle le "sentiment des rues". Désormais aux côtés de Follain, de Fargue, d'Hardellet, de Réda et d'Aragon … il faudra ajouter un autre piéton de Paris: Joël Cornuault.


    >> "Au col de la Chapelle" de Joël Cornuault, aux Editions Isolato.

    >> La ZAC Pajol, sur Parisperdu.

    >> La halle Pajol aujourd'hui …

     

     

     


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  • Quand les murages font rage ….
    Passage Ramey Paris 18ème (octobre 2009)

     

    Ce matin, parti à la découverte du 18ème, sous tous ses angles et coutures et aussi toutes ses cultures, je m'engouffre dans le passage Ramey. C'est un lieu insolite qui se parcourt parfois en plein air, mais vous fait aussi parfois vous engager comme dans un tunnel. Vers son milieu, je tombe sur ce murage avec cette inscription singulière d'un passe-muraille du quartier qui déclare fièrement : "Been through it !"

    Et moi aussi, j'aurais pu lui répondre: "I've been through it", car oui "J'ai déjà vécu cela" dans le 20ème arrondissement du côté de la Réunion où les murages ont longtemps fait rage …

    Tout cela sonne comme un hommage au Passe-muraille, la plus fameuse nouvelle de Marcel Aymé, où se croisent réalité et fiction. Mais rappelons que le personnage de Dutilleul, doté du pouvoir de traverser les murs s’y trouve finalement enserré dans la pierre, prisonnier du dernier mur qu’il tente de traverser. Aussi, passage Ramey, je passe tranquillement mon chemin …


    >> Passage Ramey, comme dans un tunnel …

    >> Been through it…

     

     

     


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  • Passage Ruelle.

    Le long des voies ferrées, une curieuse bâtisse (1997)

    On se croirait presque à Harlem ou dans les bas-fonds de Bangkok … Le passage Ruelle débouche sur la Cité de la Chapelle dont la longue palissade cache tant bien que mal le faisceau de voies ferrées qui s'échoue à la gare du Nord. Le secteur n'est pas très reluisant. C'est le genre d'endroit où l'on comprend tout de suite qu'il ne soit guère conseillé de s'y aventurer la nuit.

    Avant de rejoindre la Cité de la Chapelle, le passage Ruelle fait un coude et c'est précisément dans ce coude que je découvre cette étrange bâtisse.

    Derrière un grand portail métallique surmonté d'un enroulement de barbelés, le haut bâtiment de briques a encore fière allure, mais rien n'indique sa fonction ni son propriétaire.

    Pour comprendre ce qu'abrite ce lieu inaccessible, il faudra faire le tour du bloc d'habitations et atteindre la rue Jean-François Lépine. Là, c'est la directrice du collège Marx Dormoy qui saura me renseigner: il s'agit de l'annexe de son établissement …


    >> Un hôtel qui se veut "branché" dans ce quartier peu accueillant …

     

    >> Le passage Ruelle dans le " Guide de survie en pays bobo".

     

     


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  • Paris sera-t-il toujours Paris ?
    La Maison Rose, 2 rue de l’Abreuvoir – 75018 Paris

    Je garde le souvenir du Paris de mon enfance, avec ses artisans, ses jardins et ses cours intérieurs que l'on pouvait visiter librement, ses réseaux de caves aussi, qui nous permettaient de traverser tout un arrondissement et de faire d'étranges découvertes. A cette époque, il y avait encore de nombreux petits métiers qui faisaient du lien … tous ont aujourd'hui disparu. Qui fait du lien aujourd'hui à Paris ? Les associations sont là pour ça me direz-vous ? Laissez-moi rire, la plupart sont politiquement instrumentalisées à coup de subventions essentiellement destinées au "renvoi d'ascenseur" électoral !

    Maintenant, Paris n'a plus d’âme ! Paris est devenue une ville étouffante, épuisante et dans laquelle on perd même  l'envie de la découverte et du rapport humain car toute entreprise est devenue une mission commando! J'en suis fatigué d'avance...

    Et je ne parle pas des sommes énormes qu'il faut débourser pour être locataire ou propriétaire à Paris intra-muros …. Ce qui fait qu'y vivre, même dans le 20ème, devient de plus en plus un luxe … Comment peut-on encore parler de quartier populaire quand le 20 mètre carré est en moyenne à plus de 800 euros? La gentrification est partout. Alors la plupart de ceux qui travaillent à Paris doivent habiter en banlieue et font des heures de trajet qui chaque jour s'ajoutent à leurs heures de travail. Bonjour la qualité de la vie !

    Suite à l'exode forcé de ses habitants, Paris devient de plus en plus une ville musée, une ville de commerces, d'agences et de bureaux.

    Paris change comme toutes les villes, mais hélas sans originalité, on ne sait plus construire autre chose que des tours de verre et d'acier, des cubes ou des parallélépipèdes …

    Alors si Paris ressemble de plus en plus à toutes les capitales, comment Paris pourrait-il être toujours Paris ?


    >> Paris, est-elle la plus belle ville du monde ?

    >> "Paris, n’est plus Paris"

     

     


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