• C'est Aimé Speleers  qui nous envoie d'Anvers - où il vit aujourd'hui - cette photo montrant la Villa des Tulipes en 1953. Son père,
    Marcel, est né ici, dans cette impasse déjà visitée par Parisperdu.

    La famille Giraud, à l'époque propriétaire du Café Hôtel Restaurant que l'on voit ici, prend la pose devant son établissement car, en 1953, on ne voit pas encore beaucoup de photographes ... Aussi ne faut-il pas manquer cette occasion de se « faire tirer le portrait » ...


    >> La villa aujourd'hui. Même détail sur la gauche des deux photos : le bosselage, en partie haute du bâtiment !

    >> La Villa des Tulipes ... déjà sur Parisperdu

    >> La Villa des Tulipes ... déjà sur Parisperdu

     

     


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  • En remontant la rue Poulbot, on entend tout d'abord, un air de musique ... un air tzigane plutôt joyeux et entrainant, ... quelque chose qui rappelle la musique de « Gadjo Dilo »... Mais on ne voit rien.

    Puis en continuant, la rue marque un coude à droite, et au fond le mur rouge sombre du restaurant « Le Consulat » barre alors totalement la perspective. La musique se fait de plus en plus présente ... mais on ne voit toujours rien ...

    Pourtant, maintenant aucun doute, c'est bien un air d'accordéon et parfois aussi une voie féminine que l'on perçoit de plus en plus sûrement. Mais d'où cela vient-il ? ... Qui joue et ... qui chante ... ?

    Finalement elle est là, mais on la devine à peine, minuscule, assise au ras du pavé, avec son accordéon miniature sur les genoux ... Une petite rom de 5 ou 6 ans, pas plus, s'applique à jouer les airs qu'elle a toujours entendus. Pas de sébile, pas de main demandant la moindre pièce ... Juste une présence s'imposant plus par sa musique que par sa frêle silhouette ...

    Ariana, la petite rom, jouera à cet endroit une bonne partie de l'après-midi ... Aujourd'hui, la rue Poulbot portait bien son nom !


    >>
    Francisque Poulbot, dessinateur humoriste, représentait les enfants des rues de Paris.

    >> Roms, Gitans, Tziganes, Manouches, Sintés, Kalés, ... les exclus de l'Europe.

    >> Ce que jouait Ariana, rappelait la musique de « Gadjo Dilo » ...

     

     


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  • Nous sommes en 1994, mais les murs de la rue de l'Evangile portent encore la preuve du rude combat que se livrèrent - deux ans plus tôt - les centrales syndicales pour la victoire aux élections prud'homales. Pour la première fois, la CGT jusqu'alors majoritaire, risquait de voir sa suprématie contestée par la CFDT, sa grande rivale.

    Dans ce bastion ouvrier du 18ème arrondissement, près des ateliers de la SNCF, il s'agit alors de convaincre les derniers hésitants et de rameuter les abstentionnistes potentiels. Et, rue de l'Evangile, le premier en action fut la CFDT qui badigeonna le mur d'un large slogan : "CFDT : 9. déc. Votez.". Dans la nuit précédant le scrutin, la fresque fut détournée en : "9. déc. Votez. CGT.". On peut deviner les traces du début original de la phrase sur la gauche de la photo ...!

    Finalement, malgré un recul de 3%, la CGT confirma sa place de première organisation syndicale en France. La disposition des forces resta stable en dépit d'un taux d'abstention record. Louis Viannet - alors secrétaire général de la CGT - lança un appel à "l'unité d'action" pour "un vaste et puissant mouvement revendicatif" ... et pendant ce temps, Pierre Bérégovoy - ce premier ministre au nom à consonance vaguement soviétique -était confronté aux tensions internationales sur le franc ...
    Allions-nous vers une dévaluation ?



    >> Les élections prud'homales du 9 décembre 1992, vues par « l'Huma »...



     


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  • La croix de l'Évangile est la dernière des nombreuses croix de carrefour qui furent posées à Paris à l'intersection des chemins.

    La rue de l'Évangile fascina les romanciers par son étrangeté.
    Jules Romain la décrivit dans « Les Hommes de bonne volonté » et Alexandre Arnoux dans « Rue de l'Évangile ».

    Mais c'est Marcel Aymé (Derrière Martin, 1938) qui dépeint le mieux ce lieu étrange : « Fiché sur le trottoir ... , il regardait, par delà le carrefour, un endroit souvent désert, la rue de l'Évangile qui fuyait entre deux hauts murs aveugles bordant, à droite la tranchée des chemins de fer de l'Est et, à gauche, le vaste quartier des gazomètres dont les hauts et monstrueux caissons semblaient surplomber et écraser la chaussée ... à quelque cents mètres ... elle s'infléchissait un peu ... et semblait se poursuivre sans fin entre ses deux murs unis et se perdre en elle-même. Dans la lumière grise et fumeuse du matin, elle apparaissait comme un chemin abstrait, comme le départ d'un infini maussade ou d'un couloir désolé aboutissant à d'autres paradis ».

    Depuis beaucoup de changements ont modifié radicalement l'aspect de cette rue. Le gaz naturel a rendu caduques les gazomètres - qui stockaient du gaz de houille - et ils furent détruits en 1978, puis remplacés par la zone d'activités et d'entreprises CAP18. Demain, le projet de la future gare « RER Évangile » et de son interconnexion avec le tramway des Maréchaux devraient changer encore plus profondément le secteur.

    Les jours du dernier calvaire de Paris sont sans doute comptés ... 


     


    >> Ce calvaire - reconstruit en studio - a servi de cadre au film de Marcel Carné " Les portes de la nuit". Voir le décor du film créé par le génial Alexandre Trauner.

     

     

     


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  • C'est un coin perdu du 18ème ... la rue du Ruisseau enjambe le chemin de fer de ceinture et conduit à la villa des Tulipes, nommée jadis impasse Malassis.

    Des becs de gaz à l'ancienne éclairent cette voie protégée, bordée de pavillons individuels sans grand standing.

    Au numéro 8, on trouvait un bar des plus ordinaires.

    Mehdi, le patron passait le plus clair de son temps à lire le journal dans l'attente d'hypothétiques clients. Son établissement possédait pourtant une particularité que lui auraient enviée des établissements bien plus prestigieux dans Paris : une double entrée ...  Le bar de Mehdi s'ouvrait en effet sur la villa des Tulipes et sur une autre villa parallèle : la villa Lécuyer ...

    C'est tout près d'ici, à deux pas  de la porte de Clignancourt que Joseph Joffo passa son enfance.


    >> Retrouvez l'auteur d' « Un sac de billes ».

     


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