• Pont de la rue Arthur Rozier - 75019 Paris (Juillet 1997) 

    C'est un lieu comme seul l'Est Parisien sait nous en montrer: un jeu de dénivelés qui donne aux rues une configuration toute particulière, avec ici au niveau inférieur la rue de Crimée et en surplomb, la rue Arthur Rozier.

    Vue du pont qui enjambe la rue de Crimée vous pouviez découvrir il y a encore peu de temps, en enfilade, les ateliers des petites industries qui ont fleuri ici jusque dans les années 70.


    Le travail du métal était la spécialité du coin: étameurs, zingueurs, décolleteurs … étaient alors ici les métiers les plus répandus.

    Aujourd'hui le secteur a été sévèrement restructuré: exit les ateliers … et, à la place on a édifié des immeubles, beaucoup d'immeubles … qui ont complètement anéanti l'ambiance villageoise du quartier.

    Il faut dire que l'appétence des bobos pour les abords du Parc des Buttes Chaumont, a fortement stimulé la demande de logements dans ce coin du 19ème.

    Ainsi, au 21 de la rue de Crimée, à deux pas des stations de métro Botzaris et Place des Fêtes, "Les Patios Parisiens" forment un ensemble de trois immeubles à l'architecture résolument contemporaine. Ils accueillent une cinquantaine d'appartements organisés autour de patios intérieurs ... c’est l’argument exotique qui fait vendre ! Mais les lois sur l'investissement locatif, y ont dicté leurs règles, … le programme est vendu "à partir de 6800 euro le m2", soit aux alentours de 800.000 € pour un T4.

    Les décolleteurs, les zingueurs et autres ouvriers de l'usine d'emporte pièce "Pelletier et Jaminet" ont depuis longtemps quitté les lieux, … de toute façon, à ce "tarif", ils n'auraient pas pu s'y loger!


    >> Kaufman et Broad annonce le programme qui occupera le "dernier carré" …

    >> Le fabriquant d'emporte pièce PELLETIER & JAMINET s'est délocalisé … dans l'Orne.

     



    1 commentaire
  • A Paris, le bassin de la Villette était l'un des lieux préférés de Jacques Prévert. 
    Dès 1932, il y entraine Brassaï qui est toujours à la recherche d'insolites clichés de Paris la nuit.

    Brassaï écrit à ce sujet: "Je passai aussi quelques nuits dans les parages du bassin de la Villette avec Jacques Prévert, où nous jouissions de cette "beauté dans le sinistre", comme il aimait appeler le plaisir que suscitaient en nous ces quais désolés, ces rues désertes, ce quartier déshérité, hérissé de grues, parsemé d'entrepôts et de docks".

    Quatre ans plus tard, en 1936, Prévert est de nouveau dans les parages, au côté de Carné, pour le tournage du premier film issu de leur collaboration: "Jenny". Plusieurs scènes de ce film sont tournées là, en décor naturel, tout autour du bassin de la Villette et du canal de l’Ourcq.
    Plus tard, on retrouvera les mêmes lieux filmés au naturel ou en décors reconstitués par Trauner, dans "Les Portes de la Nuit".
     
    Ce secteur de Paris sera toujours très présent dans les films de Carné, et ses héros déambuleront souvent près du pont de la rue de l’Évangile et de son calvaire, au pied des gazomètres, ou sur le pont-levant de la rue de Crimée ou encore le long du canal de l'Ourcq avec sa baraque sur laquelle il est écrit : "Secours aux noyés"!

    Toute une époque … que l'on visualise exclusivement en noir et blanc, bien sûr !

     

    >> Le bassin de La Villette vu par Brassaï (1932)

    >> Jacques Prévert, photographié par Doisneau au Pont de la rue de Crimée (1955)

     



    3 commentaires
  • Rue Emile Desvaux - Paris 19ème.

    Tout près de la place des Fêtes, juste au dessus, il est un petit quartier de maisons basses regroupées sur deux ou trois rues qui rompt avec le gigantisme bétonnée de la Place.

    Ces rues offrent une grande variété de constructions. On a bâti ici sans aucun souci de respecter les normes esthétiques ou les traditions locales. Le caprice personnel s'y est donné libre cours, quoique restreint par le manque d'espace, la limitation des ressources ou de sa propre imagination. Ces trois contraintes ont eu pourtant des résultats positifs. Combinées, celles-ci engendrent une sorte de non-style qui trouve sa cohérence dans une rupture continuelle des formes, du ton.
    Ici l'on improvise, mais chacun sur son thème et sans écouter le voisin.
    On comprend que j'adore cette petite cacophonie, et je voudrais dire pourquoi.

    C'est d'abord parce qu'elle est tout le contraire de ce qui progressivement l'élimine et la remplace: l'autre non-style d'une architecture de l'efficace et du profit, qui loin de manquer de moyens comme les petits entrepreneurs individualistes, consacre tous ceux dont elle dispose à rationnaliser, à maximiser le profit.

    Il se peut bien que la fantaisie timide des besogneux procède du hasard et débouche sur des maladresses. Néanmoins ces erreurs et ces insuccès détiennent sur l'imagination un pouvoir qu'exercent à l'envers - en l'étouffant- les monotones compositions rentables et rationnelles.

    L'étriqué, l'inabouti, le mal foutu laissent flotter dans l'air le possible qu'ils ont rêvé mais raté ou seulement indiqué de manière fortuite. Ces maisons souvent sans prétention gardent la trace d'une vie provinciale repliée, populaire, même un peu pauvre par endroits, du moins en apparence.
    Enfin j'aime leur humilité, ça et là démentie par un accès de prétention qui confine parfois au sublime …


    >> Tout près de là, l'horrible Place des Fêtes …

     


    1 commentaire
  • Rue de la Grenade, Paris 19ème arrondissement

    C'est en plein cœur de Saint-Germain des Prés que se trouve la rue la plus chère de Paris. Rue de Fürstenberg, les prix de l’immobilier pointent - en effet- à plus de 21.000 euros/m2.
    Mais où faut-il aller pour trouver la rue la moins chère de Paris ?

    Pour cela, il faut aller chercher de l'autre côté du périph'.
    De l'autre côté du périph' ? Mais sommes-nous encore à Paris ? Car l'on pense toujours que le périph' constitue la frontière de la capitale, pourtant … ce n'est pas vrai.
    Ainsi aux alentours de la Porte de Pantin, le territoire parisien déborde le périphérique de quelque 200 mètres, ce qui est tout à fait exceptionnel.

    Dans ce secteur Est de la capitale, de l'autre côté du périph' donc … c'est encore Paris. Et c'est là, dans cette partie "transfrontalière" du 19ème arrondissement, qu'est située la rue la moins chère de Paris: la rue de la Grenade, avec un prix moyen de l'immobilier à 4.712 euros/m2.

    Quatre fois et demie moins chère que pour la rue de Fürstenberg !
    Mais il est vrai que l'environnement est bien différent …


    >> Rue de Fürstenberg, un tout autre environnement …

    >> Le "top-100" des rues les plus, et les moins chères de Paris.

      

     


    1 commentaire
  • 17 rue Miguel Hidalgo -Paris 19ème

    Sortant du métro Danube, j'emprunte la rue Miguel Hidalgo, le nom me dit quelque chose, ne s'agit-il pas de ce footballeur français devenu entraîneur national dans les années 70 ?
    Non, celui-là se prénommait Michel, alors que ce Miguel est un obscur général mexicain …

    Je veux prendre la première impasse qui semble s'offrir à moi, sur ma droite: la villa Maurice-Rollinat. Une espèce de vigile m'en interdit l'accès. Il porte une boucle d'oreille et à la ceinture, d'autres accessoires plus inquiétants.

    La conclusion de notre entretien, plutôt brusque, est que "c'est privé", un point c'est tout. Je l'assommerais bien sans scrupule au milieu de la chaussée déserte mais c'est lui qui détient les muscles et une matraque en caoutchouc.

    Le mieux est de passer son chemin. Je poursuis donc ma route à la recherche de lieux plus apaisés. Au 17, de la rue Miguel Hidalgo, une petite plaque émaillée signale que: "Les boîtes aux lettres du 17 rue Miguel Hidalgo se trouvent 2 villa Laforgue, après le pilier d'angle". Allons-y pour la villa Jules Laforgue. Elle semble en effet bien accueillante, avec son poteau de travers et ses frondaisons désordonnées. Et là, l'entrée est autorisée au public …


    >>  "C'est privé" !

     


    3 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique