• A l'angle de la rue de la Marne et de la rue de Thionville, la chaufferie de la CPCU est mise à terre.
    En arrière-plan, le bar des Barreaux verts attend d'être fixé sur son sort … (Septembre 2011 _75019 Paris)


    Dans le quartier de l'Ourcq, au 13 de la rue de Thionville exactement, il y avait un endroit que j'adorais ...
    un petit bar bien sympathique, niché à la pointe d'un triangle d'immeubles bas.

    Les fenêtres de l'établissement étaient pourvues de grilles de défense peintes en vert, aussi le propriétaire n'aura pas eu à chercher longtemps un nom pour son bar : ce sera les "Barreaux Verts".

    Mais dernièrement, le quartier du canal de l'Ourcq a connu de profonds réaménagements aussi lorsque je m'y suis rendu récemment, je n'ai plus reconnu grand-chose: la chaufferie de la CPCU-Villette a été rasée, les petits immeubles ont été remplacés par un bâti beaucoup plus conséquent … aussi, plus je m'approche de la rue de Thionville, plus je crains de ne plus retrouver mon petit bar de quartier.

    Lorsque je débouche sur la rue de l'Ourcq,  je peux esquisser un sourire, car de loin … je reconnais la façade de briques du bar des Barreaux verts.
    Mais, ma joie sera de courte durée car en m'approchant je lis: "Café Mama Kin" …


    Mama Kin … ? Cet établissement n'a plus rien à voir avec le petit rade que j'ai connu.
    Ici, on donne maintenant dans le pub atypique avec masques africains, peintures ethniques sur les murs... bières belges et cocktails péruviens … ! Le soir c'est concert, DJ à gogo, et beaucoup de bruit dans la rue.
    On a compris que ce n'est pas ma tasse de thé …

    Dans le quartier de l'Ourcq, les souvenirs - tout comme les feuilles mortes - disparaissent à la pelle … mécanique !

    Des miens, il ne reste plus rien.
    Aux fenêtres du bar, même "le vert" des barreaux a disparu …
    Ils ont été repeints en bleu … !


    >> Lire aussi sur Parisperdu: "La chaufferie de La Villette et sa grande cheminée".




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  • Pont de la rue Arthur Rozier - 75019 Paris (Juillet 1997) 

    C'est un lieu comme seul l'Est Parisien sait nous en montrer: un jeu de dénivelés qui donne aux rues une configuration toute particulière, avec ici au niveau inférieur la rue de Crimée et en surplomb, la rue Arthur Rozier.

    Vue du pont qui enjambe la rue de Crimée vous pouviez découvrir il y a encore peu de temps, en enfilade, les ateliers des petites industries qui ont fleuri ici jusque dans les années 70.


    Le travail du métal était la spécialité du coin: étameurs, zingueurs, décolleteurs … étaient alors ici les métiers les plus répandus.

    Aujourd'hui le secteur a été sévèrement restructuré: exit les ateliers … et, à la place on a édifié des immeubles, beaucoup d'immeubles … qui ont complètement anéanti l'ambiance villageoise du quartier.

    Il faut dire que l'appétence des bobos pour les abords du Parc des Buttes Chaumont, a fortement stimulé la demande de logements dans ce coin du 19ème.

    Ainsi, au 21 de la rue de Crimée, à deux pas des stations de métro Botzaris et Place des Fêtes, "Les Patios Parisiens" forment un ensemble de trois immeubles à l'architecture résolument contemporaine. Ils accueillent une cinquantaine d'appartements organisés autour de patios intérieurs ... c’est l’argument exotique qui fait vendre ! Mais les lois sur l'investissement locatif, y ont dicté leurs règles, … le programme est vendu "à partir de 6800 euro le m2", soit aux alentours de 800.000 € pour un T4.

    Les décolleteurs, les zingueurs et autres ouvriers de l'usine d'emporte pièce "Pelletier et Jaminet" ont depuis longtemps quitté les lieux, … de toute façon, à ce "tarif", ils n'auraient pas pu s'y loger!


    >> Kaufman et Broad annonce le programme qui occupera le "dernier carré" …

    >> Le fabriquant d'emporte pièce PELLETIER & JAMINET s'est délocalisé … dans l'Orne.

     



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  • A Paris, le bassin de la Villette était l'un des lieux préférés de Jacques Prévert. 
    Dès 1932, il y entraine Brassaï qui est toujours à la recherche d'insolites clichés de Paris la nuit.

    Brassaï écrit à ce sujet: "Je passai aussi quelques nuits dans les parages du bassin de la Villette avec Jacques Prévert, où nous jouissions de cette "beauté dans le sinistre", comme il aimait appeler le plaisir que suscitaient en nous ces quais désolés, ces rues désertes, ce quartier déshérité, hérissé de grues, parsemé d'entrepôts et de docks".

    Quatre ans plus tard, en 1936, Prévert est de nouveau dans les parages, au côté de Carné, pour le tournage du premier film issu de leur collaboration: "Jenny". Plusieurs scènes de ce film sont tournées là, en décor naturel, tout autour du bassin de la Villette et du canal de l’Ourcq.
    Plus tard, on retrouvera les mêmes lieux filmés au naturel ou en décors reconstitués par Trauner, dans "Les Portes de la Nuit".
     
    Ce secteur de Paris sera toujours très présent dans les films de Carné, et ses héros déambuleront souvent près du pont de la rue de l’Évangile et de son calvaire, au pied des gazomètres, ou sur le pont-levant de la rue de Crimée ou encore le long du canal de l'Ourcq avec sa baraque sur laquelle il est écrit : "Secours aux noyés"!

    Toute une époque … que l'on visualise exclusivement en noir et blanc, bien sûr !

     

    >> Le bassin de La Villette vu par Brassaï (1932)

    >> Jacques Prévert, photographié par Doisneau au Pont de la rue de Crimée (1955)

     



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  • Rue Emile Desvaux - Paris 19ème.

    Tout près de la place des Fêtes, juste au dessus, il est un petit quartier de maisons basses regroupées sur deux ou trois rues qui rompt avec le gigantisme bétonnée de la Place.

    Ces rues offrent une grande variété de constructions. On a bâti ici sans aucun souci de respecter les normes esthétiques ou les traditions locales. Le caprice personnel s'y est donné libre cours, quoique restreint par le manque d'espace, la limitation des ressources ou de sa propre imagination. Ces trois contraintes ont eu pourtant des résultats positifs. Combinées, celles-ci engendrent une sorte de non-style qui trouve sa cohérence dans une rupture continuelle des formes, du ton.
    Ici l'on improvise, mais chacun sur son thème et sans écouter le voisin.
    On comprend que j'adore cette petite cacophonie, et je voudrais dire pourquoi.

    C'est d'abord parce qu'elle est tout le contraire de ce qui progressivement l'élimine et la remplace: l'autre non-style d'une architecture de l'efficace et du profit, qui loin de manquer de moyens comme les petits entrepreneurs individualistes, consacre tous ceux dont elle dispose à rationnaliser, à maximiser le profit.

    Il se peut bien que la fantaisie timide des besogneux procède du hasard et débouche sur des maladresses. Néanmoins ces erreurs et ces insuccès détiennent sur l'imagination un pouvoir qu'exercent à l'envers - en l'étouffant- les monotones compositions rentables et rationnelles.

    L'étriqué, l'inabouti, le mal foutu laissent flotter dans l'air le possible qu'ils ont rêvé mais raté ou seulement indiqué de manière fortuite. Ces maisons souvent sans prétention gardent la trace d'une vie provinciale repliée, populaire, même un peu pauvre par endroits, du moins en apparence.
    Enfin j'aime leur humilité, ça et là démentie par un accès de prétention qui confine parfois au sublime …


    >> Tout près de là, l'horrible Place des Fêtes …

     


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  • Rue de la Grenade, Paris 19ème arrondissement

    C'est en plein cœur de Saint-Germain des Prés que se trouve la rue la plus chère de Paris. Rue de Fürstenberg, les prix de l’immobilier pointent - en effet- à plus de 21.000 euros/m2.
    Mais où faut-il aller pour trouver la rue la moins chère de Paris ?

    Pour cela, il faut aller chercher de l'autre côté du périph'.
    De l'autre côté du périph' ? Mais sommes-nous encore à Paris ? Car l'on pense toujours que le périph' constitue la frontière de la capitale, pourtant … ce n'est pas vrai.
    Ainsi aux alentours de la Porte de Pantin, le territoire parisien déborde le périphérique de quelque 200 mètres, ce qui est tout à fait exceptionnel.

    Dans ce secteur Est de la capitale, de l'autre côté du périph' donc … c'est encore Paris. Et c'est là, dans cette partie "transfrontalière" du 19ème arrondissement, qu'est située la rue la moins chère de Paris: la rue de la Grenade, avec un prix moyen de l'immobilier à 4.712 euros/m2.

    Quatre fois et demie moins chère que pour la rue de Fürstenberg !
    Mais il est vrai que l'environnement est bien différent …


    >> Rue de Fürstenberg, un tout autre environnement …

    >> Le "top-100" des rues les plus, et les moins chères de Paris.

      

     


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