• Les deux facettes de la Place de Stalingrad - Paris 19e arrondissement.
    (Photomontage: © Pierre Barreteau)


    Le projet de la nouvelle Place de Stalingrad fut dès le départ étroitement liés au programme d’aménagement du bassin de la Villette. Il devait aussi poursuivre le grand projet urbain de Ledoux (et surtout de Girard), sans prétendre toutefois à une reconstitution littérale.
    La Place, retravaillée par l'architecte Bernard Huet a été livrée au public en 1989.
    Quelques 20 ans après, quel est le résultat pratique obtenu ?

    Sa fréquentation diurne/nocturne fait penser à Mr. Jekyll et Dr. Hyde, la place ayant une double vie : respectable le jour, mais interlope la nuit. Ainsi, arrivé au terme de sa rénovation, la place de Stalingrad doit encore régler ses problèmes de drogues ...

    Un temps chassés en banlieue, les dealers de "crack" vendent à nouveau à Stalingrad. L'endroit précis est connu sous le nom de "camp des arcades", un petit camp retranché sous les arcades du bout de la place avec, comme rempart protecteur, des barrières de chantier de la ville de Paris. Sur ce spot, se tiennent en permanence une trentaine de zonards tellement accros qu’ils achètent et ­fument leur drogue en plein air. Les rares passants détournent le regard, tandis que défilent des dizaines d’autres clients venus s'approvisionner ici.

    Le problème devrait être résorbé en quelques mois avec le nouveau plan "Crack Stalingrad". Déjà, la police et les brigades anti-criminalité (Bac) font des raids réguliers le soir, et la voirie passe pour nettoyer. Mais les policiers n’embarquent presque personne, car les dealers ont leurs réseaux de guetteurs et, sur la place, les groupes se reforment moins d’une heure après les descentes de police.

    Les riverains pensent que l'ouverture de la Rotonde, transformée en restaurant haut de gamme, va contribuer à faire partir les "crackers".
    Sans doute, … mais ils trouveront un autre endroit, plus loin. Peut-être même seulement à une centaine de mètres …et la place de Stalingrad continuera à mener sa drôle de double vie.



    >> Déjà sur Parisperdu: "Stalingrad".

     


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  • La place des Fêtes,  juin 2008 -  Paris 19ème


    Les hautes tours de la Place des Fêtes, esthétiquement très médiocres, délivrent un paradoxe: même "reconstruit" le quartier conserve un caractère villageois et des qualités certaines de convivialité … que n'ont généralement pas les espaces situés au pied des tours ou des barres d'habitation.

    C'est qu'ici, à la différence des quartiers à problèmes de la banlieue Nord, par exemple, la population de la Place des Fêtes n’a, elle, pas de problèmes sociaux importants ; ses tours ont une superbe vue sur Paris et elles sont bien reliées au centre ; le quartier est parfaitement équipé ; et l’ambiance y est forcément beaucoup plus légère.

    Mais ce résultat, qui est d’abord le fait  des habitants eux-mêmes, n’existerait sans doute pas si ceux-ci ne pratiquaient pas, à l’intérieur de leurs tours, une convivialité certaine et somme toute assez rare dans ce type d’habitat.
    Alors, du fait de cette convivialité, l’opposition initiale entre "les gens des tours" et les anciens habitants du quartier s’est rapidement estompée. Et s’il y a bien un repérage des "tours des riches" par les riverains vivant en HLM près de la Place des Fêtes, ce n’est pas la forme architecturale qui le permet — toutes sont plutôt laides — mais la fréquentation de leurs habitants dans l’espace public.

    Au final, la vie dans les tours offre, outre l’avantage de ne plus les voir du dehors, maints avantages fonctionnels … Et le discours entièrement négatif sur la Place rénovée a toujours été le fait de non-riverains de la Place.

    Un petit tour Place des Fêtes est pour le non-résident une expérience à double détente : passé le premier "choc visuel", l'agrément du lieu vient peu à peu à vous … au fil des rencontre avec ses habitants.

     

    >> La place des Fêtes, déjà sur Parisperdu

    >> Voir aussi : "Ce n'est pas vraiment la fête ... !"

    >> La Place des Fêtes : quelle place ? Quelles fêtes ? (1/2)
     

     

     


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  • La place des Fêtes,  novembre 2009 -  Paris 19ème

    En 1974, peu après son élection, Giscard d’Estaing attaque la politique des grands ensembles, en déclarant:"On a construit ou laissé construire des ensembles d’inspiration collectiviste, monotones et démesurés, qui ont sécrété la violence et la solitude. Rétablir la communication sociale interrompue par le gigantisme et l’anonymat sera une tâche majeure de notre société ".

    Les trente années qui suivirent donneront largement raison à Giscard d’Estaing, du moins concernant les "grands ensembles" en général.
    Mais, Place des Fêtes, au pied de tours de 26 étages, il semble bien finalement avoir eu tort, tant le démarrage fut difficile. Quand ces tours furent construites vers 1975, on hurla à l’assassinat d’un quartier et d’une culture populaire … et les tours, maudites, restèrent vides pendant trois ans.

    Mais aujourd’hui, la Place des Fêtes apparaît à ses habitants, comme un lieu qui se prête à la vie de village et l’image qu’en renvoient ses habitants est bien différente de celle à laquelle pourrait s’attendre le flâneur égaré au milieu des tours et des barres de béton.

    Place des Fêtes, on promène son chien, on rencontre des amis, on s'arrête deux minutes pour discuter avec l’un ou avec l’autre, tant il est rare que l'on traverse la Place sans rencontrer quelqu’un de connaissance.

    Il n'est pas sûr qu’il y ait beaucoup de places dans Paris comme celle-là. Ici, on a gardé le côté populaire du 19ème, un arrondissement qui a toujours été comme cela, avec des gens qui respirent la simplicité et le naturel.

    Et ceci est d’autant plus remarquable que de l’avis général il n’y a pas à cet endroit de "vraies fêtes", ni d’ailleurs de "vraie Place" : tout le mérite du lieu tient à ce qu’il focalise la volonté de tous pour que le mythe de Belleville vive, sinon Belleville mourrait, et Belleville, on y tient …

    A suivre.

     

    >> Voir aussi : "Mon point central c'était la Place des Fêtes".

     

     


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  • Le hameau du Danube. Paris 19ème


    Vous qui empruntez la rue du Général Brunet, dans le 19ème, vous allez sans doute passer devant ce hameau sans même le remarquer. Ce hameau, c'est le hameau du Danube, organisé de façon symétrique autour d’une voie en Y, un rationalisme qui n’exclut pas le pittoresque.

    Il est composé de 28 maisons réalisées dans les années 20 : des maisons ouvrières toutes simples mais devenues très chics …

     

    Dans la capitale, la maison individuelle est un produit rare. Paris en compte environ 12.000, ce qui est peu pour une population intra-muros de 2,2 millions habitants.

    De surcroît, contrairement à Londres ou Amsterdam, les maisons parisiennes sont de style très divers: maisons ouvrières, villas, cités, ... un  habitat essentiellement localisé dans les arrondissements périphériques qui étaient, avant 1860 des communes extérieures à Paris et où une frénésie spéculative donna naissance à une multitude d'opérations de lotissements sur lesquels furent construites un grand nombre de maisons individuelles.

    Toujours est-il que ces maisons, plébiscitées à l'époque par les ouvriers qui mettaient un point d'honneur à devenir propriétaires, ne sont plus en 2011, acquises par des ouvriers !

     

    Rare et très tendance, la maison parisienne a toujours été onéreuse. Mais, depuis six ans, la valeur s'est surmultipliée et ces fameuses maisons ont facilement doublé de prix dès lors qu'elles présentent un petit lopin de verdure.

    Très peu sont encore dans leur "jus", avec la cave à charbon, le vasistas dans la toiture, l'appentis dans la cour arrière abritant une cuisine de fortune. Au gré des reventes, des travaux ont été réalisés et la plupart des maisons sont désormais aux normes du confort moderne.

     

    Au hameau du Danube, pas facile d'en dénicher une, les heureux propriétaires se séparant difficilement de leur petite perle. Et, dès qu'une occasion se présente, le bouche à oreille fonctionne … et l'affaire est réglée en 48 heures.


    >> La Mouzaïa: encore un village (1/2)

    >> Voir aussi sur Parisperdu: la Villa du Danube




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  • Villa Amalia, Paris 19ème.

     

    Dans le 19e arrondissement de Paris, juste au-dessus du Parc des Buttes-Chaumont, il est une rue au nom exotique: c'est la rue de Mouzaïa. Ce drôle de nom lui vient de la région de Blida en Algérie.

    Cette rue particulière dessert de part et d'autre toute une série d'allées en pente, flanquées de maisonnettes toutes d’allure modeste et sagement rangées dans un écrin de verdure. A quelques pas de là, menacent au loin les tours et les barres de l'écrasante Place des Fêtes, qui n'a plus la chance de mériter son nom.

     

    Au 32-34 rue de Mouzaïa s'ouvre la villa de Bellevue, c'est l’une des plus homogènes et des plus représentatives du quartier avec ses trente “maisons ouvrières” datant de 1890.

    Un peu plus loin, dans des rues parallèles : villa de Fontenay, villa Amalia, … on retrouve les mêmes maisons ouvrières, toutes construite quasiment à l’identique.

     

    Ces maisonnettes ont, en effet, une configuration commune : un jardin devant, une cour à l'arrière. Le profil pavillonnaire du lotissement est directement lié à la nature du sous-sol percé de nombreuses galeries et dont l’instabilité interdit la réalisation de grands immeubles … une chance qui en fait aujourd'hui sa singularité, son charme, et son paradoxe car le temps est désormais loin où le secteur était encore destiné aux plus défavorisés !

    C'est qu'en effet, la Mouzaïa est devenue à la mode et ses maisonnettes rares et très tendance, s'arrachent désormais à pris d'or.

    Alors "bobos de toutes" tendances, tous à la Mouzaïa !


    A suivre …

     


    >> Villa Emile Loubet, sur Parisperdu.

     

    >> Aussi sur Parisperdu: Du triangle Mouzaïa-David d'Angers-Compans à la butte Bergeyre.

     

     

     

     

     


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