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    En haut de la rue Piat, face à l'une des plus belles vue sur la capitale, les petits commerces ont fermé, les artisants ne sont plus là, tout cela n'existe plus ...

    Mais il reste ce portrait étonnant d'un monde disparu, d'un bonheur vécu comme en sursis ...

    Rien de ce qui est singulier ne devrait disparaître ...


    >> Voir aussi : "Je me souviens du 20e arrondissement" par Clément LÉPIDIS.

     

     

     


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    Belleville a toujours été un quartier multi ethnique et aussi, jusque dans les années 70, un quartier ouvrier ... avec ses usines et ses ateliers.

    Aujourd'hui, les bobos envahissent Belleville et changent profondement la nature du quartier : ils privatisent ses ruelles lépreuses et les transforment en courettes, protégées par des portes cochères équipées de digicode, bien à l'écart des rues bruyantes du quartier. Ainsi les bobos auront un cadre de vie qui leur ressemble ... et ils vont vite se retrouver entre eux, car le marché de l'immobilier va rapidement faire le tri ... Ils pourront alors vivre et communiquer exclusivement avec leurs congénères ... pas question d'adresser la parole aux jeunes des HLM voisines ...

    Certes, les bobos inscrivent leurs enfants dans la maternelle du coin classée en zone d'éducation prioritaire, mais à partir du collège, ils usent et abusent des dérogations pour échapper à la mixité sociale qu'ils défendent pourtant avec ardeur dans leur discours.

    Mais pourquoi donc les bobos cherchent-ils à vivre dans ces quartiers populaires de l'Est parisien ?
    Tous vous le diront : "c'est parce que c'est cool, parce qu'on peut y rencontrer les vrais gens, vivre parmi eux, et ainsi se sentir peuple et avoir du plaisir". Car, c'est bien connu, le peuple a la vie comme plaisir ... il n'a même que cela ... puisqu'il n'a pas la richesse ...
    Et cette "vraie" vie  dans la ville, les bobos viennent la chercher ici ... puisqu'ils ne la trouvent pas dans les beaux quartiers.

    Les bobos aimeraient donc le peuple mais cet amour étouffe le peuple, le tue ... Les gens de Belleville qui étaient propriétaires de leur petit appartement, devant la monté vertigineuse des prix, le vendent en se disant : "Je vais avoir plus grand ailleurs ...",  mais ailleurs, ce n'est souvent plus dans la ville ... mais dans ces banlieues ... dont les bobos ont horreur.

    On assiste alors à l'embourgeoisement ou "gentrification" du quartier. La "gentrification", c'est la captation de la ville par ceux qui peuvent se l'offrir ... et c'est vraisemblablement l'avenir des grandes métropoles européennes. Paris va-t-il finir comme Londres : une ville où le prix moyen du M2 est supérieur à 10 000 Euros, avec des caméras partout pour débusquer le moindre délit et ... un péage urbain pour les voitures ... ?

    Oui, la ville est bien la valeur suprême ... et Paris devient "intouchable" !
    Ainsi se fait et se défait la ville ... elle chasse les plus pauvres et dorlote les riches.


    >>  Les bobos vus et chantés par Renaud
     

     

     


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  • Démolir, c'est changer l'image de la ville ... Mais dans les quartiers de l'est parisien, c'est aussi en transformer toute la silhouette ... avec la disparition de ces petits immeubles modestes qui dessinaient un paysage urbain si paisible.


    Démolir, c'est aussi gérer le temps : quel délai peut paraître acceptable entre décision et réalisation, entre démolition et reconstruction, entre perception du passé et réalité nouvelle ?

    Mais démolir, c'est surtout changer l'environnement quotidien des habitants qui restent, et ainsi porter atteinte à la représentation qu'ils se font d'eux-mêmes et de leurs proches, à travers ce qui était leur habitat.

    Enfin démolir, c'est effacer les traces de leur enfance, de leurs souvenirs ... Et tout cela n'est pas rien.

    A suivre ...



    >> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies ... (2/4)

     

     


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  • Aujourd'hui à Belleville, des groupes de touristes visitent le quartier ... comme ils visiteraient un musée ou un parc d'attraction. Pourtant Belleville, n'a ni Sacré-Cœur, ni Moulin Rouge à exhiber, seulement un entrelacs de ruelles, négligées par Haussmann, et où 80 nationalités cohabitent
    .
    Il faut dire que depuis l'arrivée de nouveaux habitants, Belleville est devenu une sorte de Boboland ! 

    Mais qui sont ces nouveaux arrivants qui transforment Belleville aussi profondément ?
    Ce sont les "Bobo" ("Bo" comme bourgeois, "bo" comme bohème) : une catégorie socioprofessionnelle urbaine, aisée, et progressiste, qui délaisse les quartiers bourgeois pour s'installer dans les quartiers populaires, et ... comme Belleville est "le quartier populaire-type" de Paris, les bobos l'ont pris d'assaut !

    Certains îlots anciennement vétustes, de Belleville et de Ménilmontant, ont déjà été réhabilités par les bobos. Ces transformations produisent un effet de mode et renvoient l'image d'un quartier "branché" ... et surtout entraînent une forte montée des prix du foncier ... empêchant les habitants plus modestes d'y rester. De surcroît, malgré leur désir de "se sentir peuple", les bobos ont plutôt tendance à vivre entre eux, formant une tribu très codifiée qui rejette la population originelle du quartier.

    Alors, va-t-on finalement vers à un découpage tripartite de l'espace : une ville réservée aux plus favorisés, des banlieues abandonnées aux "minorités visibles" et des zones pavillonnaires pour classes moyennes ... ?
    Et comme ces trois univers se replient naturellement sur eux-mêmes, ces nouvelles fractures urbaines, deviennent le reflet des fractures de notre société.

    Alors Bienvenue à Boboland ! ...


    >> Belleville se visite le dimanche ... 

     

     


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    La démolition de quartiers entiers de l'est parisien a pu être perçue tantôt comme une solution radicale face à l'obsolescence du bâti ou parfois plutôt comme une action positive de recomposition sociale ...  ou peut-être même ... les deux à la fois. Le vocabulaire de la politique de la ville montre d'ailleurs ces basculements. Selon les périodes, les notions de quartiers, de zones, de ghettos seront mises en avant ou au contraire l'insistance portera sur l'insalubrité et l'hygiène urbaine...

    Mais pour concevoir un quartier rénové, faut-il nécessairement penser "démolition" ?
    Ne faudrait-il pas laisser une place aux œuvres architecturales des années 50 à 90 ? Sans exiger vouloir tout conserver, il conviendrait de garder des traces, des fragments, une trame des éléments de cette époque ... mais cela a rarement été fait car ce point de vue est difficile à défendre face à l'implacable logique économique des investisseurs et des aménageurs.

    Et les habitants ? Bien sûr ils existent dans les statistiques sociales et dans les analyses des urbanistes, mais ils semblent peu présents dans les choix liés aux démolitions. Certes ils sont pris en compte quand ils sont encore occupants d'un immeuble qui va être détruit, mais qui les prend en compte - en amont - dans le processus de décision ?
    Il n'est jamais tenu compte des images qu'ils ont de leur immeuble, de leur quartier et de l'importance que ces images peuvent avoir dans la représentation qu'ils se font d'eux-mêmes. Cette absence de considération conduit alors à une incompréhension de l'attitude des habitants et de leurs réactions organisées - parfois avec une réelle violence - contre ces destructions.
     
    Les populations qui habitent ces quartiers voués à la démolition peuvent-ils en sortir gagnants ? Vu le nombre de questions non résolues - en particulier celles liées au relogement des habitants - il est sérieusement permis d'en douter... A suivre ...

     

     


     

    >> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies ... (1/4)

      


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