• La démolition urbaine n'est certes pas une invention contemporaine. L'on se souvient des destructions au cœur de la capitale dans la période haussmannienne. Aussi peut-on considérer que la destruction fait partie de l'histoire naturelle de la ville.

    Mais plus près de nous, pourquoi des démolitions massives affectent certains quartiers de Paris alors que d'autres sont épargnés ? On a pu penser, dès les années soixante que, pour des raisons, d'insalubrité notamment, les quartiers du nord et de l'est parisien étaient presque naturellement voués à la démolition. Mais l'argument n'est pas suffisant pour expliquer d'aussi vastes entreprises de démolition.

    S'agirait-il alors de procéder à une sorte de "sacrifice" spectaculaire de ces quartiers - symboles de la ségrégation - sur l'autel d'une cohésion sociale à reconstituer ? Ou bien s'agit-il de mettre fin à une concentration de populations défavorisées et problématiques du point de vue de l'image, de la sécurité et de la tranquillité publique ? Ou encore l'objectif est-il de libérer des espaces pour inventer un nouvel urbanisme et au-delà, d'une nouvelle urbanité ?

    En toutes hypothèses, pour les habitants de ces quartiers voués à la démolition, tout ceci va se payer au prix fort. Car pour eux, il ne sera  pas facile de passer par pertes et profits : leur mémoire des lieux, leurs incertitudes sur le devenir des sites détruits et leurs inquiétudes face à leur avenir, face à leur nouvelle vie ... probablement dans un "ailleurs" inconnu ...
    A suivre ...

     

    >> Voir aussi dans Parisperdu : "Une rage de destruction ..."


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  • A Belleville, Paris est multiculturel. Des asiatiques, des africains, des européens y côtoient juifs et autres arméniens ... Et il en est ainsi depuis des décennies dans une cohabitation plutôt harmonieuse.

    Ici, une classe de maternelle ou d'école primaire a fréquemment plus des deux tiers de ses élèves d'origine non-francophone ; mais en récréation - ou comme ici -  lors d'une fête dans la rue, ce n'est pas un problème ... car pour ces enfants de Belleville, la mixité crée beaucoup de valeurs positives : la rencontre, la découverte, le mouvement, la tolérance ...

    Dans la capitale, un tel mélange de couleurs et de valeurs ne peut être observé nulle part ailleurs ...




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    Des enfants du quartier devant l'ancien atelier de chaussures de Maurice Sevan, au 18 rue de Tourtille. Cette image, porte en elle-même l'histoire de Belleville : son passé et son avenir...

    Pour ceux qui aiment Paris et ses quartiers et ... celui de Belleville en particulier, "Jours tranquilles à Belleville" est un bouquin incontournable.
    L'auteur, Thierry Jonquet décrit avec précision l'évolution d'un quartier qu'il connait bien car il y vit depuis longtemps. Venu à Belleville un peu par hasard, guidé par les petites annonces immobilières, le narrateur du roman de Thierry Jonquet  raconte la lente décrépitude de son quartier. L'école cosmopolite fréquentée par son fils où règnent les inégalités. Les seringues qui traînent partout et qu'on commence à craindre. Le fossé entre les immeubles luxueux de la rue de la Villette et les HLM minables. Les tags, les clodos, les trafics petits et grands ... toutes ces réalités quotidiennes auxquelles les riverains s'habituent, mais qui les mènent à une méfiance réductrice ...
    Jonquet raconte son quartier tel qu'il est, explosif et violent, à mille lieues de l'exotisme poétique en noir et blanc à la Carné  ou de la folklorique tribu Malaussène de Daniel Pennac.
    Composé de tableaux vivants, ce récit dur et beau nous livre la réalité d'un quartier qui, par-delà la criminalité, est menacé par la peur et le repli sur soi. Il interroge aussi sur la société toute entière et ses évolutions possibles... Il donne des pistes de réflexion sur les autres et sur nous mêmes... tout est là, sous nos yeux, dans ce quartier de Paris à la fois si connu et si méconnu ...



    >> Jours tranquilles à Belleville, de Thierry Jonquet. 

     

    >> Mieux connaître Thierry Jonquet.

     


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  • C'est surtout dans le 20ème, à l'est de Paris  - dans les quartiers de  Belleville, de Ménilmontant, et de Charonne, pour ne citer que ceux-là - que s'en prennent les sociétés d'économies mixtes gérées avec une grande opacité par les maires d'arrondissements.
    Là, certaines rues ou certains îlots donnent l'impression de sortir de la guerre : ce sont des blocs entiers qui ont été rasés, comme s'ils avaient été bombardés!

    Comment expliquer cette rage de destruction, ce mépris des architectes d'aujourd'hui pour l'architecture du siècle passé ?
    En France, la "loi Malraux" sur les secteurs sauvegardés institutionnalise la protection des quartiers historiques. Mais cette loi a ses effets pervers: elle protège les "quartiers-musées" - le Marais, à Paris en est un exemple-type - et autorise la destruction des quartiers moins anciens, moins historiques, moins monumentaux.

    Un certain passé est protégé, mais ce passé s'arrête autour de 1850, et la France officielle manifeste un désintérêt total pour ce qui a été construit après : la Gare d'Orsay n'a été sauvée que de justesse, et les Halles de Baltard ont été détruites.

    Entre la stratégie de la "table rase" comme Paris l'a appliquée dans ces quartiers de l'Est parisien, et la politique de "sauvegarde historique", il n'y a rien... et les deux types d'action aboutissent au même résultat: on enlève les habitants qui habitaient là auparavant, et ceux qui viennent vivre dans les immeubles neufs ou restaurés ne sont pas les mêmes ...

    Pour contester une politique d'urbanisme destructeur, il faudrait un mouvement massif de gens qui s'engagent... Or le plus souvent, les gens ne réagissent que lorsqu'ils sont personnellement lésés mais alors ... ils sont peu nombreux et leur voix ne porte pas bien haut ...



    >> Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (1)
     

    >> Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (2)
     

    >> Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (3) 

    >> Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (4)
     

    >>
    Démolition des îlots : rue des Partants / rue Gasnier-Guy (5)




     


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  • La Cité du labyrinthe a longtemps été une succession de cours et, cette voie bien nommée, permettait alors -  effectivement après de nombreux détours - de passer de la rue de Ménilmontant à la rue des Panoyaux.

     Le quartier a connu une lourde rénovation, parfois puissamment contestée. De nouveaux immeubles ont été édifiés en remplacement de l'ancien habitat ouvrier. Aujourd'hui amputée, en partie détruite, élargie pour y faire accéder des voitures, la Cité du labyrinthe est devenue une vaste impasse sans grand caractère et surtout ... elle a perdu son insolite poésie urbaine.

    Car avant sa restructuration, l'étrangeté du lieu, le calme de ce long dédale ... attirait ici beaucoup d'artistes plasticiens. Des musiciens, des écrivains aussi ... y résidaient. Aujourd'hui, s
    eul "un noyau dur" subsiste encore, au N°19 : Les Ateliers de Ménilmontant, qui tentent de perpétuer l'identité originelle du quartier et restent la cheville ouvrière des journées Portes Ouvertes qui se déroulent ici, chaque année en octobre.

    A Paris, le promeneur qui prend parfois plaisir à se perdre dans le labyrinthe de la cité ne pouvait qu'être comblé dans ... la Cité du Labyrinthe.


    >> La cité aujourd'hui, en partie reconstruite ...
     

    >>
    Les Ateliers de Ménilmontant.
     

    >> Némo dans le Labyrinthe ...
     

    >> "Cité du Labyrinthe" par le musicien Laurent Coq 
     

     

     


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