• André Kertész ... enfin chez lui !

    André Kertész, Place de la Concorde, Paris, 1928


    "Nous devons tous quelque chose à Kertész", disait Henri Cartier-Bresson.
    A voir l'impressionnante rétrospective du photographe hongrois organisée au Jeu de Paume, on ne peut qu'être d'accord avec l'hommage d'HCB.

    André Kertész (1894-1985) prétendait être un éternel amateur. Il a pratiqué tous les genres, n'a obéi à aucun dogme et ne s'est laissé enfermer dans aucune case.

    Devenu citoyen américain, il vivra à New-York près de cinquante ans en éternel exilé car  Kertész, Hongrois d'origine ayant vécu en France et aux États-Unis, ne maîtrisait ni le français, ni l'anglais. Mais André Kertész est resté parisien de cœur, et c'est à la France qu'il lègue ses négatifs et ses archives, en 1984.

    L'exposition qui suit un parcours chronologique avec les trois grandes étapes de sa vie et de sa carrière: la Hongrie, Paris et New York, veut donner, pour la première fois, une vision extensive et équilibrée de l'œuvre de Kertész, en apportant des éléments nouveaux et en rassemblant, pour la première fois aussi, un nombre important de tirages d'époque (les deux tiers des 300 photos présentées).

    C'est à Paris, qu'il devint, presque à son insu, l'initiateur du reportage photographique à partir de 1928. Il s'y distingue par une attitude photographique plus émotive qu'objective, préférant à l'enquête sociale une prospection visuelle dont la motivation est d'abord affaire de sentiment.

    C'est à propos de Kertész que Roland Barthes évoque la possibilité d'une "photographie pensive", une catégorie de photographie qui donne à penser, tout en s'appuyant sur une réalité détectée par le photographe. C'est cette faculté d'évocation de l'inconnu, et de renouvellement de la sensation intérieure produite par une image qui fait, pour une part, l'originalité de Kertész qui précisait : "On a dit que mes photos semblent plutôt sortir d'un rêve que de la réalité. Il y a une association inexplicable entre moi et ce que je vois".
    Pour André Kertész, tout est là.

    Kertész est aujourd'hui, 25 ans après sa disparition, un photographe reconnu internationalement, dont chacun a en tête quelques images marquantes, mais il n'a pas encore trouvé la place qu'il mérite si l'on considère ses apports personnels au langage photographique du vingtième siècle.
    L'exposition présentée jusqu'au 6 février 2011 au Jeu de Paume, vise à réparer cette injustice.

    André Kertész est enfin chez lui ... à Paris.



    >> André Kertész à l'affiche.

     

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  • Commentaires

    2
    Mardi 16 Novembre 2010 à 18:41
    J'y vais
    J'y vais de même!
    1
    Alain
    Lundi 8 Novembre 2010 à 15:20
    J'y cours
    J'y cours, vous m'avez vachement donné envie ...
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