Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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C'est Aimé Speleers qui nous envoie d'Anvers - où il vit aujourd'hui - cette photo montrant la Villa des Tulipes en 1953. Son père, Marcel, est né ici, dans cette impasse déjà visitée par Parisperdu.
La famille Giraud, à l'époque propriétaire du Café Hôtel Restaurant que l'on voit ici, prend la pose devant son établissement car, en 1953, on ne voit pas encore beaucoup de photographes ... Aussi ne faut-il pas manquer cette occasion de se « faire tirer le portrait » ...
>> La Villa des Tulipes ... déjà sur Parisperdu
>> La Villa des Tulipes ... déjà sur Parisperdu
Publié par barreteau à 10:32:23 dans 75018 | Commentaires (1) | Permaliens
Quand je l'ai vu pour la première fois, c'était près d'un café, à l'heure de l'apéro.
Il allait chercher son breuvage matinal chez " Pompom" un diminutif donné, par les gens du coin, au crémier italien du quartier. Tout comme son voisin Letourneau qui vendait son vin à la tireuse, "Pompom" vendait son lait à la louche.
La seconde fois que je l'ai vu, c'était un soir, très tard, dans le couloir de la station de métro Pyrénées où j'étais venu raccompagner ma copine du moment. Il m'est apparu à l'instant précis où j'embrassais une dernière fois ma dulcinée, avant qu'elle n'attrape le dernier métro.
Il avait encore son même manteau noisette et sur la tête un drôle de "galure", un chapeau ridicule, genre madrilène. Nous nous sommes regardés. Son visage portait encore des traces de maquillage et avait quelque chose de pathétique... un clown triste!
Je regardai s'éloigner un homme fourbu par sa soirée de travail au cabaret, un artiste au début de sa carrière ... Je regardais rentrer chez lui, dans ses habits de scène, ... Fernand Raynaud.
>> Cet anonyme emprunte un escalier également ... anonyme. L'escalier qui relie la rue de l'Ermitage à la rue des Cascades était à l'époque seulement répertorié "voie U/20", jusqu'à ce qu'il prenne, en 1994, le nom de ... Rue Fernand Raynaud.
Publié par barreteau à 10:17:42 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (1) | Permaliens
A Montmartre, la place du Calvaire est un lieu singulier : pas de calvaire mais des murets, un seul banc et ... un point de vue unique sur la capitale.
Cette place minuscule est certainement la plus typique de la butte. Elle serait même presque intemporelle, s'il n'y avait aujourd'hui ... quelques tags.
C'est ici, loin du tumulte effréné de la Place du Tertre, que vous pouvez retrouver ce qu'était Montmartre, avant qu'il ne soit définitivement envahi par les touristes.
Assis en ce lieu secret, vous n'aurez plus envie de le quitter. C'est un endroit quasi magique, plein d'une douceur ouatée ... où l'on voudrait prolonger l'instant ... et lorsque vous devrez partir, ce sera en vous promettant de bientôt y revenir.
A Paris, ne cherchez plus l'introuvable... il est là !
>> Le regard de Willy Ronis © sur cette place, en 1960 ...
>> Les calvaires de Montmartre vus par Aget ©...
>> Place du calvaire ...la nuit, par Hervé Roulben ©
Publié par barreteau à 21:31:16 dans Sur les pas de ... | Commentaires (3) | Permaliens
Juliette habite dans le 19ème, et aujourd'hui, elle se rend à la journée d'information, à destination des chiens, organisée pour la première fois à Paris. L'opération s'intitule assez justement "Ma cité a du chien" ...
Mais qui est le premier responsable : le chien ou son maître ? Les chiens guides d'aveugle sont dressés à faire leurs besoins dans le caniveau alors, pourquoi pas Belle et Bianca? Il s'agit donc bien, pour Juliette, d'une question d'éducation...
Cet après-midi, des éducateurs canins vont expliquer à Juliette comment devenir une vraie "Cani-citoyenne". Belle et Bianca, sous l'autorité de leur maîtresse, devront apprendre à respecter l'environnement. Et cela passe par la responsabilisation de Juliette qui sera dorénavant informée donc prévenue, et ... éventuellement sanctionnée.
Mais, pour cette dernière extrémité, jusqu'où devra-t-on aller ? Jusqu'à demander le contrôle de l'ADN des crottes de chien ?
La question est sérieusement étudiée en Allemagne, par la ville de Dresde !
>> L'Adn contre les crottes de chiens
>> Chiens en ville : les collectivités territoriales se bougent... (PDF)
Publié par barreteau à 09:18:53 dans Portraits Incertains | Commentaires (3) | Permaliens
Ce devait être en 1946. Ce jour-là, je jouais, avec deux camarades, dans les terrains vagues, derrière le passage Botha dans le 20ème, quand un homme est arrivé un appareil photo au cou.
"Elle est superbe votre cabane les enfants. Ce serait bien aussi, que vous allumiez un feu !... "Nous dit cet homme. Il nous aida et proposa ensuite de faire une photo... et même ... qu'elle serait, le lendemain, dans un journal nommé "CE SOIR". "Faites semblant de souffler sur le feu ... Oui ! Comme ça...". Clic-clac ... encore une ... Clic-clac.
Nous allâmes conter l'histoire à nos parents...On allait être dans le journal !... Nos parents, poussés par une petite pointe d'orgueil, crurent bon d'en parler autour d'eux ... la nouvelle se répandit dans toute la rue des Envierges et chacun de vouloir - le lendemain - acheter le fameux journal.
En effet, la photo était bien là! ... mais ... un article l'accompagnait ! Il y était question des petits miséreux de Belleville que leurs parents ne pouvaient pas envoyer en vacances ... à la campagne ou à la mer !
Trop pauvres pour cela, ils nous laissaient jouer dans les détritus tout l'été !...
Nos parents furent un peu la risée du "village" mais se consolèrent assez vite en déclarant : "Bof ! ... heureusement on ne vous reconnait pas trop sur la photo" !
Publié par barreteau à 19:40:56 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (1) | Permaliens
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