Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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La photo de ville dit que quelque chose, quelque part "a été". Car la photographie a à voir avec la mémoire, avec la perte, avec la disparition.
Photographier la ville, en étant contraint par les possibilités de recul en fonction de l'architecture, de l'urbanisme et des circulations, c'est d'abord choisir la "bonne distance" pour obtenir le cadrage souhaité mais aussi, le point de vue désiré.
Espaces à découvrir, espaces à conquérir, à construire aussi, lieux de l'évidence et du doute, lieux fragiles qu'évoque Georges Perec avec une pertinence rare dans les dernières pages d'Espèces d'espaces ou quand il aborde la notion de mémoire avec ses "Lieux stables".
Certains textes ouvrent une correspondance entre photographie et littérature. Des pages de Georges Perec bien sûr, mais aussi de Marcel Proust, et de bien d'autres auteurs ... dialoguent pleinement avec elle.
Des auteurs contemporains comme Annie Ernaux, Anne-Marie Garat, ou François Maspero, à la suite d'André Breton, composent certaines de leurs œuvres comme un dialogue entre la photographie et le texte.
Sans nécessairement publier de photographies dans le texte, d'autres auteurs lui donnent une place importante. C'est le cas pour plusieurs textes de Georges Perec - à nouveau. Car pour Perec, le texte et l'image se nourrissent réciproquement l'un de l'autre. Il construit des récits ou des protocoles à plusieurs voix qui se croisent, se mêlent, s'opposent pour produire du sens constamment renouvelé. On peut sur ce thème, lire les extraits de "Je me souviens" et de "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" qui montrent, qu'à quelques décennies de distance, les textes de Perec font pleinement écho aux photographies d'Eugène Atget.
De tous temps, des philosophes, des peintres, des auteurs, des cinéastes et des photographes, bien sûr, ont fait de l'image de Paris, de la promenade, de l'errance, de l'itinéraire urbain, de la curiosité pour les rues parisiennes et les endroits insolites, du souvenir pour des lieux disparus ou appelés à disparaître, la matrice de leur œuvre.
Parisperdu veut se reconnaître de cette filiation.
>> Même endroit, vu par Eugène Atget...
>> Voir aussi : Paris vu par Parisperdu
>> "Tentative d'épuisement d'un lieu parisien" un film de
Jean-Christian Riff, d'après le texte de Georges Perec.
>> Démolition, reconstruction, la ville en chantier ...
Publié par barreteau à 09:06:08 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) | Permaliens
06-03-2008 10:38
De jean alain Sujet:
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