•  

    La couleur de Paris.

     

    "De ma lucarne, j'ai vue sur Paris et je regarde les dômes, les flèches, les coupoles, les tours, les cheminées d'usines, les toits, les siècles, le gris du zinc, de l'ardoise et des fumées ou des brouillards. Le gris est la teinte dominante, mais un gris nuancé, différencié à l'extrême."

    Extrait de "Tout sur le tout" d'Henri Calet

     

     

    >> Quand Henri Calet traînait dans les quartiers pourris de Paris.

     

     

     


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  • Un voyage de Rose.

     

    Rose Zehner, Usine Citroën, Paris, mars 1938 _ Photo : © Willy Ronis    

     

    En 1938, aux usines Citroën en grève, quai de Javel, Willy Ronis capte ce cliché d'une ouvrière haranguant ses camarades.

    Quarante ans plus tard, en 1978, Rose Zehner se reconnaît sur la photo, enfin publiée après un long oubli. Elle entre en contact et entreprend une relation épistolaire et téléphonique avec Ronis.

    En 1982, le cinéaste, Patrick Barberis rencontre Willy RONIS et lui demande s’il peut faire un reportage sur lui. Au cours de leur entrevue, Willy RONIS lui raconte ses retrouvailles avec Rose, qui, à cet instant précis, téléphone. Transporté par cette histoire, le cinéaste décide d’en faire un film.

    C’est ainsi qu’en 1982, quarante-quatre ans après cette photo, sera organisée et filmée la rencontre entre Willy RONIS et Rose Zehner, dans l’ancien bistrot que Rose a tenu après son licenciement de chez Citroën, et qui s’appelait autrefois "Où va-t-on ? Chez Lulu et Rosette", et devenu alors "Le Petit manoir", rue Saint-Charles (15e), non loin de l’usine Citroën Javel.
    Patrick Barberis en tirera le film émouvant "Un voyage de Rose", où la vieille dame – qui n’a rien perdu de sa verve ni de son humour – déroule son histoire et ses luttes.

    Mais pour ce film, impossible de tourner dans l'usine de Javel, elle a été rasée entre 1976 et 1984, pour laisser place à un vaste programme immobilier et à la création d’un parc de 13 hectares.

    Le réalisateur en est donc réduit à utiliser des images extraites de journaux télévisés tournées chez Citroën à Aulnay-sous-bois (93) opportunément également en grève, en cette année 1982.

    Quelques trente ans plus tard, l'usine d'Aulnay connaitra le même sort que celle de Javel, en mai 2015 les ateliers de montage sont entièrement démolis.

    Mais c'est une autre histoire que ne connaitra pas Rose. Elle nous avait déjà quittés en 1988…

     

    >> Voir le film " Un voyage de Rose", un Long métrage avec Willy Ronis, Guy Le Querrec, sous la direction de Patrick Barbéris (1982)

     

    >> Rose Zehner est sur Wikipédia !

    >> Ronis avait-il en mémoire cette autre image ... ? 

    >> Parisperdu et Willy Ronis

     


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  •  Station de Métro Jaurès (2013) / Rue d'Allemagne (1913) _Paris (19ème)

     

    C'était avant la guerre mondiale, la première, la Grande, celle de 14-18. Il y a cent ans donc, Paris avaient deux stations de métro faisant référence à notre voisin allemand : La station Rue d'Allemagne et la station Berlin.

    La station Rue d'Allemagne a été ouverte en 1903, soit quelques semaines après l'ouverture de la ligne ; pendant les premiers temps, les trains y passaient sans s'arrêter.
    Mais elle est débaptisée juste avant la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France le 3 août 1914. Le début de la Première Guerre mondiale succédant de quelques jours à l'assassinat de Jean Jaurès, un nom de remplacement fut vite trouvé. Ce sera la station Jaurès, un nom idoine pour une station desservant un arrondissement populaire (19e).

    Il en va de même pour la station Berlin, une station de la ligne 13, située à la limite des 8e et 9e arrondissements de Paris. Elle est ouverte en 1911. Au début de la Première Guerre mondiale, elle est fermée ; à sa réouverture en décembre de la même année, elle est, ainsi que la rue éponyme, débaptisée pour prendre le nom de la ville belge de Liège. Ce nom a été donné afin de célébrer la résistance héroïque de cette ville lors de l'attaque allemande en 1914.

    On notera à titre anecdotique que, pour la même raison, et à la même époque, le "café viennois" fut renommé "café liégeois" …


    >> Plan du Métro de Paris (1913)

     

     


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  • Peintre à Montmartre.

     

    Luka est un peintre montmartrois. Est-ce à dire qu'il a un chevalet sur la place du Tertre ?
    Non, absolument pas, car ce qu'il peint, ce sont les façades des galeries et autres commerces de la Butte !

    Luka est serbe, comme son compatriote Veličković qui - lui aussi - s'est fait une place dans la peinture, mais pour le coup … la vraie, pas celle du bâtiment ! Et il est, en effet, l'un des principaux artistes d'un mouvement apparu à la fin des années 60 : "la figuration narrative".

    Mais quoi qu'il en soit, Luka peut, sans détourner aucunement la vérité, dire qu'il est un peintre de Montmartre.


    >> Vladimir Veličković.


    >> Galerie-Montmartre, à l'intérieur ce n'est pas la même peinture …


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    Pata­chou…


    Henriette Ragon a grandi dans la capitale. Elle y exerce divers métiers : dactylo employée dans une usine pendant la guerre, puis marchande de chaussures, antiquaire, pâtissière …
    En 1948, elle ouvre à Montmartre, au 13, rue du Mont-Cenis,  un salon de thé qu'elle nomme "Chez Patachou",  puis elle y installe un restaurant où elle engage un accordéoniste pour faire de l'animation. Des clients trouvent qu'elle a une jolie voix et elle s'essaye avec succès à la chanson. Les journalistes parisiens la rebaptisent du nom de son cabaret : Patachou.

    Le cabaret devient rapidement un haut lieu de la nuit parisienne avec ces nombreuses cravates coupées qui décoraient l'établissement. Car en effet, Patachou coupait les cravates de ceux qui ne se tenaient pas bien !

    Jacques Brel chante pendant trois ans dans ce cabaret, Georges Brassens y débute, en janvier 1952. De nombreux autres artistes se sont produits chez Patachou, dont Édith Piaf, Charles Aznavour, Hugues Aufray, Michel Sardou, ainsi que Claude Nougaro.

    Au milieu des années 50, elle commence des tournées en France, puis dans le monde entier : au Palladium de Londres, au Waldorf Astoria et au Carnegie Hall de New York, dans toutes les grandes villes des États-Unis, ainsi qu'à Montréal mais aussi au Moyen-Orient et à Hong Kong. Au début des années 1970, elle parcourt le Japon et la Suède, où son registre "parigot gouailleur" fait merveille.

    Le cinéma et le théâtre font appel à elle, notamment Jean Renoir pour "French Cancan", en 1954, et Sacha Guitry. À partir des années 1980, Patachou se fait plus présente sur le petit écran, avec, la série "Orages d'été", ou dans le téléfilm "Pris au piège".

    Elle meurt le 30 avril 2015, à l'âge de 96 ans. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise


    >> Chez Patachou


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