• "Deux ou trois choses que je sais d'elle" : la vraie star c'est Paris …

      Crédit photo : Tamasa Diffusion

    À première vue, on pourrait penser que la star de ce film de Jean-Luc Godard, sorti en 1967, c’est Marina Vlady alias Juliette Janson, une épouse et mère ordinaire, vivant dans un grand ensemble de banlieue parisienne, récemment construit.

    Mais plus que Marina Vlady, la vraie star de "Deux ou trois choses que je sais d’elle", c’est Paris. Ou plutôt sa banlieue qui, en cette période prospère des Trente Glorieuses, est en pleine transformation. Aux portes de la capitale se construisent alors de grandes barres d’immeubles, afin d’accueillir des familles. Jean-Luc Godard observe ce phénomène d’urbanisation de l’Île-de-France avec un regard comparable à celui d’un sociologue. Le tournage du film se fait à la très moderne cité des 4000 à La Courneuve, qui à cette époque, représente une certaine révolution immobilière.

    Jean-Luc Godard signe un film où la fiction rencontre le documentaire et inversement. Mais surtout, le film est un condensé des différentes thématiques (idéologiques et esthétiques) de Jean-Luc Godard. Parmi les plus notables, citons celle sur l’impérialisme américain avec le discours sur la guerre du Viêt-Nam ou bien le jeu si particulier de ses comédiens.
    Mais c'est la bande annonce du film qui nous révèle ce que Godard entend par "ELLE".

     

    >> Voir la bande annonce du film.

    >> L'affiche du film.

    >> Jean-Luc Godard and Marina Vlady sur le tournage de "Deux ou trois choses que je sais d'elle" (1967) photo: © Giancarlo Botti



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  • Isabelle Huppert, meilleure actrice du siècle !

    Isabelle Huppert, Photo: ©Willy Ronis, 1994

     

    Le "New York Times" vient de classer Isabelle Huppert, meilleure actrice du XXIe siècle.
    La Française est en effet placée par le journal américain au deuxième rang du classement des 25 plus grands acteurs du siècle en cours. Mais comme c'est un homme qui occupe le premier rang (Samuel L. Jackson), le titre de meilleure actrice revient donc à Isabelle Huppert.

    Willy Ronis ne s'était pas trompé en 1994 lorsqu'il accepta de photographier l'actrice, car c'est la seule "star" qu'il aura photographiée.
    En effet, Willy qui ne fréquentait guère le monde du cinéma ou du show business, préférait se rendre dans les quartiers populaires pour y photographier de petites gens et ainsi continuer à assoir son rang de n°1  des photographes humanistes (selon mon classement personnel !).

     

    >> Willy Ronis et Parisperdu.

     


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  • Sabine Weiss, pour l'ensemble de son œuvre.

    Sabine Weiss, autoportrait en 1954 et portrait en octobre 2014.

     

    En 2019, Kering s’associe aux Rencontres d’Arles et lancent ensemble le prix Women in Motion qui vise à donner une plus grande visibilité aux femmes photographes.

    Cette année, malgré l'annulation de la 51e édition du festival l'été dernier, les Rencontres ont décidé de maintenir ce prix et de le décerner en novembre, mois traditionnellement dédié à la photographie.
    Et c'est Sabine Weiss, grande figure de la photographie humaniste, qui a remporté le prix Women in Motion 2020, décerné pour l'ensemble de sa carrière.

    C'est donc près de 80 ans de photographie qui sont récompensées. Car Sabine Weiss, 96 ans, toujours en activité, est l'une des plus éminentes représentantes, à côté d'Edouard Boubat, de Willy Ronis ou de Robert Doisneau, de ce que l'on a appelé la photographie humaniste française.
     Humaniste elle l'est à 100% car elle s'intéresse d'abord aux gens et porte toujours sur eux un regard empathique et bienveillant. Elle "shoote" des enfants, des vieillards, des amoureux, des clochards, des gitans, des lieux de culte toutes religions confondues, des familles chez elles, et à Paris, la rue de jour et de nuit, souvent autour de son domicile du 14ème arrondissement.

    "J’ai fait énormément de choses différentes, -dit-elle - des reportages sur des pays, de la mode, des personnalités, des usines, des voitures, des bébés, des morts, des vivants… Et des photographies pour moi, à mes temps perdus, dans la rue. Ce sont celles que je préfère, celles qui me touchent le plus, parce qu’elles représentent une époque qui n’existe plus. Une époque où les gens étaient plus simples et plus gentils qu'aujourd'hui."


    >> Sabine Weiss, déjà sur Parisperdu.

    >> Sabine Weiss et son regard compatissant.

    >> "Prix Women In Motion pour la photographie".

     

     

     

     

     

     


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  • Cyclo-chaos.

     Rue de Tilsitt _ Paris 8ème (2020)

     

    Après dix mois, la pandémie ne cesse de modifier nos vies.

    Ainsi à Paris, la Mairie a décidé, au nom de la santé, la multiplication de pistes cyclables provisoires, les désormais fameuses "coronapistes". Ces aménagements ont accéléré la transformation de la ville et de son espace public. Annoncées comme temporaires, les nouvelles pistes vont être pérennisées. Comme souvent, le provisoire s’installe dans la durée…
    Cela n’a pas manqué de frapper les amoureux de la capitale comme les amateurs d’harmonie et de calme. En premier lieu, l’espace public est devenu le lieu d’une sorte de guerre de tous contre tous, où le piéton de Paris a intérêt à ne pas être distrait par une belle façade ou des pensées vagabondes : une seconde d’inattention peut mettre sa vie en péril. Dans cette nouvelle confusion circulatoire, où voitures, bus, camions, motos, vélos, trottinettes roulent en tous sens…, le code de la route devient parfois secondaire et l'anarchie a vite fait de régner.

    Ce qui faisait l’élégance de la rue parisienne est défait et l’espace public, ce précieux bien commun, sans cesse banalisé dans un effacement progressif des lignes et des repères hérités de l’histoire parisienne.
    Les partisans de la modernité heureuse vont se réjouir de cette vie débordante et de l’effacement des anciens repères, mais, vous l'avez compris ce n'est pas ma tasse de thé …

     

    >> Triste capitale.

     

     


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  • L’Esprit de Paris

     Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, par © Brassaï, 1933

     

    Léon-Paul Fargue se qualifiait lui-même de "Piéton de Paris". C'était, il y a bien longtemps, dans un temps où Paris se nommait encore la Ville-Lumière. C'était dans une époque allant de 1934 à 1947.  

    Et aujourd'hui, les Éditions du Sandre publient le tome I de ses œuvres complètes : "L’Esprit de Paris", une immense somme rassemblant l’intégrale de ses chroniques parisiennes : 700 pages de descriptions légères ou détaillées du Paris de cette époque.

    "Je parle, je marche, je me souviens, c’est un tout." disait-il.
     
    Dans Paris, avec son regard furtif, son verbe étincelant mêlé à un jargon précis, Fargue voit tout, et devine le reste..."Il n’est bon spleen que de Paris" ajoutait encore Fargue, paraphrasant Baudelaire et Villon.
    Ce premier volume de l'œuvre de Léon-Paul Fargue est un outil puissant et poétique pour arpenter un Paris disparu. Aussi si, comme moi, vous aimez vous lamenter sur Paris défiguré, Paris pollué, Paris déserté, cet ouvrage monumental va vous régaler.

     

    >> Léon-Paul Fargue : "L'Esprit de Paris", Édition intégrale des chroniques parisiennes.

    >> Léon-Paul Fargue déjà sur Parisperdu.

     

     


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