• L'icône des bus parisiens.

    Le 85 à la station Porte Dorée 75012_ juillet 1995

    Il incarne l’autobus parisien par excellence. C'est le fameux Renault TN. Pendant 40 ans, de 1931 à 1971 il sillonna les rues et les avenues de Paris avec sa face avant en "nez de cochon", sa livrée vert et crème, mais aussi sa fameuse plate-forme arrière. Durant cette période, il apparaîtra également dans un nombre incalculable de films et de documentaires. Aujourd'hui, la régie parisienne a conservé dans ses ateliers une petite dizaine de ces bus historiques auxquels elle fait régulièrement prendre l’air, en particulier durant les journées du Patrimoine.

    Il faut dire que ce costaud, ce gros bahut avait de quoi impressionner avec son énorme volant, ses flèches rouges lumineuses, ancêtres de nos feux clignotants, et son coup de klaxon tonitruant … Puissant, capable de transporter une cinquantaine de voyageurs sans compter ceux massés sur sa plateforme arrière, il va définitivement enterrer le tramway qui disparaîtra de la capitale en 1937.

    Sa marque de fabrique, c'est la plate-forme arrière, à la fois entrée, sortie et balcon du bus parisien. Grâce à elle, les plus hardis descendent et montent en marche, mais elle offre aussi un lieu d’observation agréable sur la ville.

    Sur cette terrasse, le receveur règne en maître. Sur sa poitrine flotte la "moulinette", la petite machine qui oblitère les tickets des voyageurs en émettant un petit bruit sec.

    Lorsque tout le monde est à bord, il actionne avec autorité la chaînette qui déclenche une clochette au son mat. C'est, pour le machiniste, le signal du départ. Toute une époque …

     

    >> A une certaine époque, même une vache embarquait sur la plate forme ...

    >> Ah la vache ... (suite) 


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  • La photo de rue en péril ?

    Rue du Retrait © Le Hodja - Blogatou

    En conformité avec la loi, tout est flouté : la personne au DAB, sa main retirant l'argent, la caméra de surveillance et la plaque minéralogique de la voiture !… Ouf! On ne risque plus rien rue du Retrait! (Paris XXe). 

    La Commission européenne s'est récemment penchée sur la réforme de la directive du droit d’auteur (aussi nommée par ses opposants: "Loi sur la liberté de panorama"). Et,au parlement européen, l'amendement 421 a été longuement débattu. Selon ce texte, les photographes, dans le cas d'une utilisation commerciale, ne peuvent exploiter et partager leurs images sur les réseaux sociaux qu'avec l'autorisation des titulaires des droits des œuvres, principalement architecturales. Ce qui revient à dire que nous ne pourrons plus rien photographier. La photo de rue est en danger, du moins en Europe. Henri Cartier-Bresson, Robert Doisneau et Willy Ronis doivent se retourner dans leur tombe. Le monde devient fou.

    Le résultat de ce texte apporte plus de confusion que d'éclaircissements, aussi le directeur éditorial de l'agence Magnum Photos, Clément Saccomani, portant défenseur du droit d'auteur, doute du signal qu'envoie la Commission juridique à l'heure "où tout le monde a dans sa poche un Smartphone qui peut faire des photos". Car de surcroît, en France, il y a déjà beaucoup de restrictions sur la création.

    En effet, au droit d'auteur, que les photographes doivent donc respecter, s'ajoute le droit à l'image. Ce dernier stipule que, sans autorisation des personnes photographiées, le photographe s'expose à des poursuites judiciaires en cas de publication de ses photos.

    Par conséquent, en raison des risques de procès, il devient maintenant très compliqué de faire de la photo de rue. Dans l'action, il n'est pas toujours évident de demander à chaque personne photographiée, de remplir un formulaire d'autorisation d'utilisation de l'image.

    Symptôme des obstacles rencontrés sur le terrain, Clément Saccomani, a rappelé lors de la dernière exposition "Paris Magnum", que dès les années 90, on a moins d'images de scènes de rue, et donc, par rapport aux périodes précédentes, on a beaucoup moins de personnes photographiées dans la rue.

    Alors désormais, avant de prendre votre photo et surtout, avant de la mettre en ligne, veuillez regarder le code civil !

    Google dans "Street View" utilise déjà depuis longtemps des algorithmes de "floutage", mais voir du flou en permanence, n'est ni très esthétique ni très bon pour la rétine …

    On va voir ce que dit la jurisprudence… car il y a une chance pour que la différence entre le "non commercial" et le "non lucratif" d’une part, puis entre la "réalisation" et la "diffusion" d’autre part, permette de multiples échappatoires. Alors attendons les jurisprudences …


    >> La photo humaniste a-t-elle un avenir ?

    >> Exemple de formulaire d'autorisation d'utilisation d'image.

     

     

     


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  • "Réinventer Paris", qu'elle disait …

     Le projet "réinventer Paris"_Infographie Le Figaro

     

    Madame la maire de Paris, veut "Réinventer Paris" … rien que ça ! Vu les premières opérations réalisées par Madame Hidalgo, on peut craindre le pire. J'en veux pour témoin le réaménagement de la Place de la République que la maire érige en  "emblème de la reconquête de l’espace public" ! En fait il s'agit plutôt d'un massacre. Cette place a en effet été transformée en un espace à la fois laid, sale et dégradé auquel on ajoutera la ridicule transformation de la statue et de son très beau socle en "monument à Charlie" constamment tagué et vandalisé. Et la Mairie ne fait toujours rien pour remettre le lieu en état.

    Mais le pire est peut-être à venir avec le projet "23 chantiers pour réinventer Paris" que la Mairie s'est donné pour objectif de mener à bien, d'ici la fin de son mandat, en 2020.

    Sur un nouveau site Internet dédié à ce projet, la mairie de Paris présente donc les 23 sites proposés pour être réinvestis, réinventés. L'Hôtel de Coulanges (IVe), l'ancien conservatoire (XIIIe), la Gare Masséna (XIIIe), les Bains-Douches Castagnary (XVe), la sous-station Voltaire (XIe)... font partie du lot. Il y a également des terrains nus ou des friches industrielles dans le quartier de Clichy-Batignolles (XVIIe) ou le Triangle Éole-Évangile (XIXe). Au total, ce ne sont pas moins de 150.000 mètres carrés constructibles qui sont mis à disposition sur ces territoires appartenant à la Ville ou à des bailleurs sociaux ou encore à des sociétés d'économie mixte.

    L'appel à projets qui a été lancé débouchera prochainement sur la sélection des consortiums les plus sérieux et, finalement, un jury international sélectionnera les lauréats en mai prochain. Tout cela nous rappelle la méthode Delanoë pour la Canopée des Halles qui constituera, après le trou des années 70, le gouffre financier des années 2010 … Il y a malheureusement fort à parier que les mêmes causes produiront les mêmes effets …


    >> Réinventer Paris, le site officiel .

    >> Non Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë.

     

     

     


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  • Ou comment le saccage a été subventionné.

    L'assassinat de Baltard (1971) © Jean-Claude Gautrand

     

    Sous les pioches d'Haussmann c'est tout un pan de Paris, celui de Balzac et d'Eugène Sue, qui va disparaître. Est-ce regrettable ? Peut-être moins que le saccage des dernières décades qui a défiguré Paris et qui sévit encore...

    Car après Haussmann, le massacre reprend dans les années 50-60. Et Georges Pillement dans son ouvrage "Paris poubelle" nous le décrit en détail, montrant comment le saccage a été subventionné… Ecoutons-le : "Il ne se passe pas de mois sans qu'on démolisse dans Paris plusieurs maisons anciennes qui donnent à la capitale son charme et son pittoresque. Car les spéculateurs ne voient qu'un terrain bien situé et qui sera d'un bon rapport lorsque la demeure ancienne sera démolie et qu'on aura élevé sur son emplacement un immeuble d'habitation qu'on vendra par appartement. Ces promoteurs ont d'excellents amis dans les administrations, qui leur facilitent les autorisations et leur versent les subventions qui leur permettront de mener à bien leur saccage."

    On n'a que trop démoli dans Paris, il faudrait désormais que toutes les constructions anciennes qui ont jusqu'ici échappé au massacre soient enfin préservées si l'on veut garder quelque chose de l'atmosphère qu'on y respirait il n'y a pas encore si longtemps. Mais bien des rues l'ont déjà totalement perdue.


    >> Paris Poubelle.

    >> A lire: "Paris poubelle", de Georges Pillement, chez Jean-Jacques Pauvert. Ou comment le saccage a été subventionné.

    >> Marville et son Paris perdu.

     


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  • Chuuuttt !!!

    Chuuuttt!!! - Jef Aérosol - Place Stravinsky (Paris 4ème arrondissement)

     

    Depuis bientôt 35 ans, Jef Aérosol égrène ses pochoirs ou ses collages dans les endroits les plus inattendus de nos villes. En amenant l'art dans la rue, à la portée de tous, il donne l'occasion à chacun de voir différemment son environnement quotidien.

    Pour Chuuuttt !!!, fresque réalisée avec l'aide de la ville de Paris, sur ce mur de 25 mètres de haut, il a pensé à un regard, avec une pointe de malice. Ce portrait, c'est le sien, qui, sur cette place entre Beaubourg, l'Ircam et l'église voisine, n'enjoint pas la foule à se taire mais plutôt à écouter la ville, la musique urbaine, à tendre l'oreille vers la vie, à écarquiller les yeux pour rencontrer et découvrir l'autre.

    Et puis, il ya cette petite flèche, la fameuse flèche rouge de Jef Aérosol, une figure récurrente dans son œuvre et qui s'est peu à peu installée comme une seconde signature. La flèche participe à l'organisation graphique du tableau. Elle indique aussi un sens au spectateur. Un sens, donc à la fois une direction vers où porter son regard et une signification à chercher dans l'œuvre … ou en soi-même.

     

    >> "Urban street", l'art urbain sur Parisperdu

     

     

     


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