• "Réinventer Paris", qu'elle disait …

     Le projet "réinventer Paris"_Infographie Le Figaro

     

    Madame la maire de Paris, veut "Réinventer Paris" … rien que ça ! Vu les premières opérations réalisées par Madame Hidalgo, on peut craindre le pire. J'en veux pour témoin le réaménagement de la Place de la République que la maire érige en  "emblème de la reconquête de l’espace public" ! En fait il s'agit plutôt d'un massacre. Cette place a en effet été transformée en un espace à la fois laid, sale et dégradé auquel on ajoutera la ridicule transformation de la statue et de son très beau socle en "monument à Charlie" constamment tagué et vandalisé. Et la Mairie ne fait toujours rien pour remettre le lieu en état.

    Mais le pire est peut-être à venir avec le projet "23 chantiers pour réinventer Paris" que la Mairie s'est donné pour objectif de mener à bien, d'ici la fin de son mandat, en 2020.

    Sur un nouveau site Internet dédié à ce projet, la mairie de Paris présente donc les 23 sites proposés pour être réinvestis, réinventés. L'Hôtel de Coulanges (IVe), l'ancien conservatoire (XIIIe), la Gare Masséna (XIIIe), les Bains-Douches Castagnary (XVe), la sous-station Voltaire (XIe)... font partie du lot. Il y a également des terrains nus ou des friches industrielles dans le quartier de Clichy-Batignolles (XVIIe) ou le Triangle Éole-Évangile (XIXe). Au total, ce ne sont pas moins de 150.000 mètres carrés constructibles qui sont mis à disposition sur ces territoires appartenant à la Ville ou à des bailleurs sociaux ou encore à des sociétés d'économie mixte.

    L'appel à projets qui a été lancé débouchera prochainement sur la sélection des consortiums les plus sérieux et, finalement, un jury international sélectionnera les lauréats en mai prochain. Tout cela nous rappelle la méthode Delanoë pour la Canopée des Halles qui constituera, après le trou des années 70, le gouffre financier des années 2010 … Il y a malheureusement fort à parier que les mêmes causes produiront les mêmes effets …


    >> Réinventer Paris, le site officiel .

    >> Non Paris ne vous dit pas merci, Monsieur Delanoë.

     

     

     


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  • Ou comment le saccage a été subventionné.

    L'assassinat de Baltard (1971) © Jean-Claude Gautrand

     

    Sous les pioches d'Haussmann c'est tout un pan de Paris, celui de Balzac et d'Eugène Sue, qui va disparaître. Est-ce regrettable ? Peut-être moins que le saccage des dernières décades qui a défiguré Paris et qui sévit encore...

    Car après Haussmann, le massacre reprend dans les années 50-60. Et Georges Pillement dans son ouvrage "Paris poubelle" nous le décrit en détail, montrant comment le saccage a été subventionné… Ecoutons-le : "Il ne se passe pas de mois sans qu'on démolisse dans Paris plusieurs maisons anciennes qui donnent à la capitale son charme et son pittoresque. Car les spéculateurs ne voient qu'un terrain bien situé et qui sera d'un bon rapport lorsque la demeure ancienne sera démolie et qu'on aura élevé sur son emplacement un immeuble d'habitation qu'on vendra par appartement. Ces promoteurs ont d'excellents amis dans les administrations, qui leur facilitent les autorisations et leur versent les subventions qui leur permettront de mener à bien leur saccage."

    On n'a que trop démoli dans Paris, il faudrait désormais que toutes les constructions anciennes qui ont jusqu'ici échappé au massacre soient enfin préservées si l'on veut garder quelque chose de l'atmosphère qu'on y respirait il n'y a pas encore si longtemps. Mais bien des rues l'ont déjà totalement perdue.


    >> Paris Poubelle.

    >> A lire: "Paris poubelle", de Georges Pillement, chez Jean-Jacques Pauvert. Ou comment le saccage a été subventionné.

    >> Marville et son Paris perdu.

     


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  • Chuuuttt !!!

    Chuuuttt!!! - Jef Aérosol - Place Stravinsky (Paris 4ème arrondissement)

     

    Depuis bientôt 35 ans, Jef Aérosol égrène ses pochoirs ou ses collages dans les endroits les plus inattendus de nos villes. En amenant l'art dans la rue, à la portée de tous, il donne l'occasion à chacun de voir différemment son environnement quotidien.

    Pour Chuuuttt !!!, fresque réalisée avec l'aide de la ville de Paris, sur ce mur de 25 mètres de haut, il a pensé à un regard, avec une pointe de malice. Ce portrait, c'est le sien, qui, sur cette place entre Beaubourg, l'Ircam et l'église voisine, n'enjoint pas la foule à se taire mais plutôt à écouter la ville, la musique urbaine, à tendre l'oreille vers la vie, à écarquiller les yeux pour rencontrer et découvrir l'autre.

    Et puis, il ya cette petite flèche, la fameuse flèche rouge de Jef Aérosol, une figure récurrente dans son œuvre et qui s'est peu à peu installée comme une seconde signature. La flèche participe à l'organisation graphique du tableau. Elle indique aussi un sens au spectateur. Un sens, donc à la fois une direction vers où porter son regard et une signification à chercher dans l'œuvre … ou en soi-même.

     

    >> "Urban street", l'art urbain sur Parisperdu

     

     

     


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  • Silhouettes parisiennes.
    Rue des Meuniers/Square du Massif Central _Paris 12ème (1996)


    En photographie, le plus important n'est pas la marque de votre boitier ou le prix de vos objectifs… le plus important c'est la lumière … et la façon dont vous allez la capturer. Willy Ronis avait coutume de dire: "Ce n'est pas l'appareil qui fait la photo, c'est le photographe".

    N’oubliez pas l'étymologie : photographier c’est "écrire avec la lumière" et, si vous avez compris cela, vous savez qu'il est essentiel d’apprendre à bien gérer cette lumière pour obtenir le meilleur résultat possible sur vos images.

    Et qui dit lumière dit aussi forcément "ombres". L’ombre est liée à l’obscurité et aux éléments "cachés", rien de mieux donc pour ajouter un petit effet mystérieux à votre image en tentant de faire deviner un élément ou de faire naître une atmosphère. Vous pouvez aussi choisir la silhouette pour présenter le sujet de votre photo sous un autre angle, c'est alors l’ombre qui devient votre sujet principal... et ainsi, en jouant avec l’ombre et la lumière, vous allez sublimer le réel, transformer les corps en silhouettes anonymes.

    Cet effet de silhouette donne souvent de la force aux images : il s’en dégage une ambiance particulière. L’image est à la fois simple (le sujet est noir sur un arrière-plan clair), et forte car elle raconte une histoire. Comme en ce jour d'été à la sortie d'un passage couvert sous la Petite Ceinture, quelque part dans le 12ème arrondissement …

     

    >> Ecrire avec la lumière.

     

     


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  • Où est-il donc mon Paris ?

    Montmartre, 1936

    Avant Piaf il y eut  Fréhel… Symbole française de la chanson réaliste du début du 20ème siècle, Fréhel est une interprète renommée pour son talent et sa personnalité … autant que pour ses excès.

    Mais la chanson réaliste, c'est quoi ? C'est un genre musical popularisé pendant l’entre-deux guerres et ses interprètes seront presque essentiellement des femmes. Il est caractérisé par des chansons à texte traitant de sujets dramatiques et empreints d’une noirceur certaine, souvent inspirés par le quotidien des quartiers populaires de Paris. Ces chansons avaient le grand mérite de s’intéresser de près à la misère et au quotidien des petites gens.

    Chanson nostalgique s’il en est une, "Où est-il donc ?" nous parle déjà des transformations des quartiers populaires de Paris.

    Mais Montmartre semble disparaître,

    Car déjà de saison en saison,

    Des Abbesses à la Place du Tertre,

    On démolit nos vieilles maisons.

    Sur les terrains vagues de la butte,

    De grandes banques naîtront bientôt,

    Où ferez-vous alors vos culbutes,

    Vous, les pauvres gosses à Poulbot ?

    En regrettant le temps jadis,

    Nous chanterons, pensant à Salis,

    Montmartre ton " De Profundis ! "

     

    Dans "Où est-il donc ?", c’est toute l’histoire de la chanson française – et pas seulement celle de Montmartre – qui défile devant nos yeux, comme dans un vieux film en noir et blanc.

    Et, lorsqu'on entend la voix de Fréhel, au timbre chaud et puissant, on ressent comme un frisson tellement elle est présente … et unique.


    >> Ecouter Fréhel.

     


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