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parisperdu

Un certain regard sur Paris

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Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".

Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.

La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.

Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...

"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant." 

Pier Paolo Pasolini


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Qui êtes-vous Monsieur Morris ? | 29 novembre 2009



La colonne Morris est un élément du mobilier urbain parisien, présent aussi dans beaucoup de grandes villes en France et ailleurs dans le monde. De forme cylindrique, elle sert de support à la promotion des spectacles et des films. Éclairée à la nuit tombée, souvent rotative, l'espace qu'elle abrite en son sein est parfois utilisé pour entreposer le matériel de nettoyage des rues, abriter des toilettes ou des téléphones publics.

Les colonnes Morris doivent leur nom à l'imprimeur Gabriel  Morris qui en a obtenu la concession à des fins publicitaires en 1868 auprès de l'inventeur, le Berlinois Ernst Litfass. Ce dernier les avait introduits à Berlin, dès 1854, afin de lutter contre l'affichage sauvage. Ainsi, dans tous les pays de langue allemande, on parle de Litfaßsäule, "colonne de Litfass".

La colonne est en fonte verte, sa toiture est composée d’une marquise hexagonale, décorée aux angles de six mufles de lions, le tout surmonté d’un dôme bombé, décoré d’écailles et d’une flèche ornée de feuilles d’acanthe. L'ensemble est d'une rare élégance et les colonnes Morris sont devenues des objets emblématiques de l'image de Paris, au même titre que les fontaines Wallace et les entrées de métro d'Hector Guimard.

En 2006, la décision du Maire de Paris, Bertrand Delanoë, de réduire leur nombre de 773 à 550, c'est-à-dire de détruire 223 "Morris", au prétexte de "désencombrer l'espace public" a fait naitre une vive polémique. La ville de Paris estime donc que ces colonnes prennent trop de place ! Trop de place ? Ça fait rire les Berlinois : dans la capitale Allemande, des Litfasssäulen, il y en a 3000 !

A Paris, diverses associations de défense s'inquiètent de l'éventuelle disparition à terme de la totalité des colonnes Morris, au profit de supports publicitaires plus rentables.

Les colonnes que l'on voit aujourd’hui dans les rues de Paris sont en effet produites et gérées par le géant du mobilier urbain, l'entreprise JC Decaux. Ce sont des versions contemporaines assez fidèles au modèle du mobilier ancien. Mais, poussé par une logique financière, la mairie de Paris vient de revoir le contrat qui la lie à JC Decaux et a fait passer sa redevance de 8 % à plus de 40 % du chiffre d'affaires publicitaire. Decaux doit donc "se refaire de la marge", en proposant une colonne moins couteuse en investissement et aussi en exploitation. Après l'analyse de la valeur d'une colonne, c'est  l'architecte Jean-Michel Wilmotte qui a été choisi pour "re-designer" le produit  

Redessinée ou pas,  les célèbres colonnes Morris ne sont pas prêtes de changer de patronyme …



>> "Ginette", première victime de la rentabilisation du mobilier urbain parisien.


>> Wilmotte redessine la colonne Morris.



 

Publié par barreteau à 09:36:42 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) |

Gazomètres. | 16 octobre 2009



Le terme "gazomètre" fut créé par William Murdoch, l'inventeur de l'éclairage au gaz, dans les années 1800. En dépit des objections de ses associés, qui lui expliquaient que son "gazo-mètre" ne mesurait rien, contrairement à ce que semblait indiquer son suffixe, le terme fut retenu et passa dans l'usage courant.

Pourtant, le terme de "réservoir à gaz" aurait été plus exact car ces immenses structures métalliques sont utilisées pour conserver le gaz sous une cloche, dont la hauteur varie en fonction de la quantité de gaz présente.

 

La révolution industrielle du 19ème siècle vit fleurir les gazomètres aux abords des villes.

A Paris, la plus forte concentration de ces réservoirs se trouvait à la périphérie Nord: de La Plaine, au Landy, en passant par La Villette et la rue de l'Evangile. On en dénombra jusqu'à 61 en 1907.
Ces "énormes cloches en fer boulonné" dont les plus grosses, hautes de 65 m, mesurent 75 m de diamètre, ont marqué durant plusieurs décennies le paysage industriel urbain. Les pulsations de leurs calottes bombées étaient le signe tangible du fonctionnement de l’usine à gaz. L’alternance levée-abaissement de leurs couvercles signalait le mouvement remplissage-émission et permettait de distinguer les variations diurne et nocturne de la distribution du gaz. A Paris, les gazomètres alimenteront plus de 40 000 réverbères, surtout abondants aux abords des bâtiments publics, des halles, des théâtres et … en y ajoutant les vitrines illuminées, ils vont faire de Paris, la fameuse "ville lumière".

 

Mais en 1951, on découvre, dans un petit village des Pyrénées du gaz naturel. Le méthane de Lacq arrivera à Paris juste dix ans plus tard, et cette arrivée sonnera le glas des gazomètres car le gaz naturel peut se stocker dans des poches souterraines.

Devenus inutiles, les gazomètres disparaissent peu à peu du paysage urbain, …
A Paris, tous seront démolis, le dernier en 1982.



>> Déjà sur Parisperdu : "Carrefour de l'Evangile".


>> Déjà sur Parisperdu : "Usine à Gaz !"


Publié par barreteau à 09:51:58 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) |

"Archi-respectueux" du passé ... | 12 avril 2009

La SUDAC, en mars 1996.

 

La restauration de la SUDAC (Société Urbaine de Distribution d’Air Comprimé…), dans le 13ème, est symptomatique d'une époque. Désormais, on s'attache enfin à garder les traces du passé, notamment celles du passé industriel, pourtant encore récemment jugé peu digne d'intérêt.

La transformation de la SUDAC en Ecole d'Architecture … est à ce titre exemplaire. L'identité de l'usine est préservée, des vestiges industriels sont conservés et enrichis. On y développe une architecture d'avenir, respectueuse du passé.

 

Et cette logique de recyclage préside aujourd'hui à de nombreuses autres réalisations. "On construit avec le passé" répète souvent l'architecte-urbaniste Alexandre Chemetoff. Le passé, n'est plus une contrainte, mais une ressource pour les nouveaux projets. Le patrimoine historique n'est plus détruit, comme ce fut trop souvent le cas (se souvenir des Halles de Baltard …), mais intégré dans la matière même de nouveaux espaces publics ou de nouveaux bâtiments.

 

La suite de l'histoire ?

Elle se construit chaque jour tout près de chez vous, un peu partout dans Paris … sur le thème en vogue du développement durable. Un exemple, le musée du quai Branly, un bâtiment qui intègre le bois sur ses façades, de la végétation aussi, pour dire qu'il est temps de revenir à des matériaux naturels et qu'il faut penser aussi à notre planète …

L'architecture raconte souvent les préoccupations de son temps.

 

 

>> L'école d'architecture de Val-de-Seine

 

>> Voir aussi sur Parisperdu :"Nouvelle vie en usines".

 

 

 

Publié par barreteau à 10:56:50 dans 75013 | Commentaires (2) |

Nouvelle vie en usines. | 23 février 2009


Les Grands Moulins de Paris - 13ème arrondissement -1997.


Il y a vingt ans, on démolissait sans réfléchir. Aujourd'hui, on a enfin pris conscience qu'il est important qu'il y ait dans les villes un continuum historique et physique, et les bâtiments industriels, les usines, les ateliers du XIXe et du XXe siècle sont devenus les supports décomplexés de projets novateurs. Paris respecte enfin son patrimoine industriel.

Les transformations architecturales fleurissent à Paris et tout autour : les Magasins Généraux dans le 13ème, les anciennes Pompes Funèbres de Paris, La Halle aux farines, les Grands Moulins de Pantin, la Sudac ...
Les usines oubliées et les entrepôts sinistres s'inventent des lettres de noblesse.

L'architecture contemporaine serait-elle devenue conservatrice au point de s'accrocher aux vieux murs de son patrimoine industriel ? Pas du tout, répondent urbanistes et architectes. "Toute l'histoire de l'architecture est une succession de transformations et de reconversions: les temples grecs ont été recyclés en églises; des couvents ont été reconvertis en filatures ou parfois en hôtels ..."
Et aujourd'hui, certains architectes ont su jouer astucieusement avec les vieux édifices comme s'ils étaient une matière première. Ils pensent aussi que leur démarche s'inscrit dans le droit fil du développement durable : reconvertir, c'est éviter de polluer et de gaspiller...

Mais il faut qu'il y ait une certaine adéquation entre la forme du bâtiment et sa nouvelle fonction. On ne peut pas tout faire dans tout. Et plus on procède à des changements de fond, plus c'est cher !
Alors, l'enveloppe du bâtiment est souvent dissociée de l'intérieur, comme c'est le cas pour le pôle universitaire Paris Diderot dédié aux Sciences, et installé dans l'ancienne Halle aux farines, dans le quartier des Grands Moulins de Paris, dans le 13ème. L'enveloppe de cette halle en béton armé, construite en 1950, a été conservée et les amphithéâtres ont été glissés à l'intérieur comme un "bateau dans une bouteille", les architectes ont seulement ajouté des verrières pour laisser passer la lumière zénithale, et réalisé une extension métallique légère pour accueillir le restau-U.
Une reconversion en douceur, en somme ...
On en redemande.



>> La Halle aux farines.

>> Voir aussi sur ParisPerdu : "Des étudiants dans la farine ... ?"

>> Voir aussi sur ParisPerdu : "Jean Nouvel conservera l'ancien ..."

>> Le 104, les anciennes Pompes Funèbres de Paris.



Publié par barreteau à 09:26:05 dans Hommes et Métiers | Commentaires (4) |

Ici l'on tue ... | 03 février 2009


Nous sommes tout près des abattoirs de La Villette, là où "on tranche le lard" comme le chante Jacques Dutronc ...
Ici, sur le quai de la Gironde, subsistent encore aujourd'hui quelques activités connexes, telle l'usine de "Cuirs et Peaux" Joseph Fischer ou les Etablissements Félix Gaucher, un marchand de charcuterie et de salaisons, en gros et demi-gros ...

A La Villette, sur l'un des murs de l'abattoir, on pouvait lire, sur une enseigne, cette dramatique sentence: "Ici l'on tue ...". Une évidence qui toutefois ne manquait pas de surprendre le promeneur, et l'incitait surtout à passer son chemin au plus vite.

Sur le site de La Villette, le mois de mars 1974 marque la fin d'une époque car on y tue le dernier bœuf.
En 1979, naît alors l'Etablissement Public du Parc de La Villette qui lance le grand projet de réhabilitation et d'aménagement des 55 hectares de friches industrielles, avec la mission de créer le premier parc culturel urbain.

Ce sera une réussite !



>> Des abattoirs ... au premier parc culturel urbain.

>> Démolition des abattoirs de La Villette, septembre 1977 -Photo© Jean-Luc Charuel 

 

 

 

Publié par barreteau à 09:34:56 dans 75019 | Commentaires (5) |

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