Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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Mai 68 avait inventé un slogan : "Sous les pavés, la plage", 40 ans plus tard, on voudrait nous faire croire qu'en mettant du sable sur des pavés, on serait à la plage !
L'idée de départ est louable : "amener la plage à ceux qui ne peuvent se rendre près de la grande bleue durant l'été". Le résultat est déplorable : Paris Plage est un ersatz de plage sur bitume, coiffé d'ozone et de CO2, le long d'un lit de liquide grisâtre et, par endroit, nauséabond...
Non décidément, il y a quelque chose qui cloche dans cette opération.
Grisé par le succès du lancement de l'opération (en 2002), le maire de Paris ira même jusqu'à intenter un procès à la ville du Touquet, détentrice de l'appellation "Paris-Plage" depuis 1912 ... !
Ne manque pas de toupet le Bertrand ! Finalement, il sera débouté et pour s'en sortir, Paris sera contrainte d'ajouter un "s" à l'intitulé de sa manifestation qui est donc devenue depuis 2006 :"Paris Plages". Grotesque !
Et puis, voilà que depuis deux étés, le débat du string et du monokini se poursuit ... Un arrêté municipal interdit désormais les strings et seins-nus à Paris-Plages. Ceux (ou plus vraisemblablement "Celles") qui veulent faire prendre le soleil à leurs fesses ou à leurs seins sont passibles de 38 euros d'amende. On se croirait revenu dans les années 60, avec "Le Gendarme de Saint-Tropez" à Paris !
Sans compter qu'on ne peut s'empêcher de rapprocher deux images de Paris : l'enfilade des parasols bleus, en été ... l'enfilade des tentes rouges des SDF, en hiver... A chacun sa saison sur les bords de la Seine ou du Canal St Martin ...
Au final, le concept de Paris Plage(s) me semble tout aussi saugrenu que d'imaginer un Saint-Tropez-sur-Seine, ou de déambuler à Las Vegas, en gondole, sur les simili-canaux du" Venetian Resort Hotel-Casino", ou sur la piste de ski "indoor" du Snow-Park de Dubaï ... !
Soyons réaliste, Paris Plage(s) ne sera une opération réussie que le jour où l'on pourra se baigner dans la Seine, et ... sans prendre le risque d'en ressortir tout sale ou tout couvert de boutons ...
>> Paris-Plages : le site officiel.
>> Le "Toupet Paris-Plage".
>> Toiles bleues, toiles rouges : chaque saison à sa couleur.
Publié par barreteau à 09:20:29 dans Hommes et Métiers | Commentaires (10) | Permaliens
Grand Hôtel de Lyon, rue Jouye Rouve Paris 20e
Vu de la rue, le Grand Hôtel de Lyon fait "bien propre sur lui". A l'entrée, une plaque indique: " Chambres avec cabinet, confort moderne, prix modérés" ... De surcroît la marquise vitrée qui couronne, de son fer forgé, le hall d'entré apporte une note de bon standing.
Mais à l'intérieur, c'est une toute autre histoire ... les chambres sont dans un état déplorable, la modernité du confort laisse beaucoup à désirer et les prix n'ont rien de modérés ...
Finalement, une grande majorité des 889 hôtels meublés recensés dans la capitale sont dans la même situation, voire pire, que celle du Grand Hôtel de Lyon.
Alors, ces meublés douteux doivent-ils être fermés et remplacés par des résidences sociales ? Ou doivent-ils recevoir un coup de pouce financier pour se rénover ? La mairie de Paris a finalement choisi la deuxième option, en soulignant que la facilité d'accès est bien plus grande dans un hôtel privé que dans un hôtel social.
La Ville et l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat (Anah) vont donc subventionner (à hauteur de 1 million d'euros) quelque 80 hôteliers volontaires pour réhabiliter leurs établissements.
En contrepartie, l'hôtelier s'engage à plafonner le tarif de la moitié de ses chambres à 510 euros par mois, et à en réserver une partie pour une clientèle suivie par les services sociaux.
A Paris, "Garnis et meublés" vont-ils enfin se refaire une image honorable ?
>> Voir aussi : Garnis et meublés ... "Une chambre en ville". (2/3)
>> A lire aussi: "Une chambre en ville" par la sociologue Claire Lévy-Vroelant, éditions Créaphis.
>> Localisation des hôtels meublés parisiens. (PDF)
Publié par barreteau à 09:57:51 dans 75020 | Commentaires (1) | Permaliens
Juliette Binoche et Romain Duris dans "Paris", un film de Cédric Klapisch (2008).Pour son récent film, intitulé simplement "Paris", le réalisateur Cédric Klapisch a beaucoup tourné dans le quartier de Ménilmontant. On ne va pas, ici, faire la critique d'un film que certains trouveront génial et d'autres superficiel ...
Parisperdu s'intéressera plutôt à la topographie du lieu où vit Pierre, le personnage principal, joué par Romain Duris. Pierre habite dans un immeuble qui donne sur la place Martin Nadaud, avec une vue sur la vie, sur la ville et une autre sur la mort, sur le cimetière du Père-Lachaise. Dans l'attente d'une transplantation cardiaque, Pierre ne peut plus exercer son métier et dans l'angoisse d'un pronostic vital incertain, il passe ses journées sur le balcon de son appartement. Jetant un œil nouveau sur le ballet humain qui se joue là, en contrebas. Il assiste, passif, au manège de la vie, à l'écoute du cœur de Paris alors qu'il est en train de perdre le sien.
Cela nous vaut, des vues rapprochées sur les rues qui se trouvent dans la ligne de fuite du balcon : la rue Gasnier-Guy (tant visitée par Parisperdu) et la rue Robineau. Mais les rues en pente de Ménilmontant et la position de sentinelle du héros sur son balcon offrent aussi de larges perspectives sur toute la ville, des vues magnifiques faites de vastes panoramas sur le Père Lachaise et sur l'ouest parisien, avec l'inévitable tour Eiffel, ... qui semble si loin ...
Mais Paris, c'est tout à la fois: l'Est et l'Ouest, les petites rues ordinaires et les ensembles monumentaux, les gens simples et les nantis ...
Tout cela est dans le film, ... et dans un grand tourbillon, Paris est en perpétuel devenir, car comme le dit un professeur d'Histoire spécialisé sur Paris, et interprété dans le film par Fabrice Luchini : " ça toujours été comme ça dans Paris, c'est qu'elle fabrique en permanence de la modernité sur ce conflit entre le vieux et le moderne."
Le réalisateur Cédric Klapisch signe avec son film "Paris" le portrait éphémère d'une ville éternelle.
>> Le site web du film "Paris".
Publié par barreteau à 10:20:34 dans Hommes et Métiers | Commentaires (3) | Permaliens
Souvenez-vous : Jean Ro. a déjà rencontré ce « clown triste » dans le métro. Aujourd'hui, il poursuit la narration de la vie de son proche voisin.
"Un copain de classe m'apprit que son frère connaissait bien Fernand Reynaud. Il allait régulièrement chez le fantaisiste qui ainsi testait de nouveaux sketchs. C'est par ce canal que j'ai su que Fernand Reynaud, mort de trac, ne pouvait entrer sur scène quand étant légèrement pompette...
Cela n'avait pas d'incidence fâcheuse jusqu'au jour où il s'acheta sa première voiture. Car Fernand, devenu une vedette, ne prenait plus le métro ... il avait une voiture !
Pour en finir avec les explications - qu'il devait fournir à son entourage - sur les bosses qui apparaissaient fréquemment sur son automobile, Fernand décida d'en acheter une deuxième : identique à la première, sa sœur-jumelle ... Ainsi, quand l'une était au garage en réparation, il roulait avec l'autre.
Une seule fois j'ai vu les deux voitures garées l'une derrière l'autre dans la rue Piat... Deux superbes Chevrolet "Bel Air" blanches dont peu de gens savait à qui elles appartenaient. Car, bien qu'ayant débuté à la télévision dans l'émission "36 Chandelles" de Jean Nohain, Fernand n'était guère connu des gens de notre quartier, dont la majorité ne possédait pas encore de téléviseurs ...seuls quelques gens aisés, et certains commerçants avaient accès à cette innovation.
Fernand vivra dans ce quartier du haut-Belleville jusqu'a son mariage, et il ne serait pas étonnant que ce soit chez "Pompom", le crémier du coin qu'il eut l'idée de son célèbre sketch " Les œufs cassés et les pas cassés" ...
Publié par barreteau à 09:21:47 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (2) | Permaliens
Il est un peu plus de 8 heures et ... ce matin Manuel s'accorde un peu de repos. Le cirque qui l'emploi est arrivé ici, au Square de l'Amiral Bruix, cette nuit vers 3 heures. Manuel est-il artiste ? Il aurait aimé l'être. Mais malgré son prénom vaguement tzigane, Manuel est gadjé et un gadjé doit être disponible pour tout faire ... Ainsi, dans quelques minutes le montage du chapiteau va commencer ... et on l'attend déjà pour « donner la main ». Toute la journée, Manuel va trimer : un véritable homme-orchestre, mais en dehors de la lumière des projecteurs. Manuel c'est le cirque sans les paillettes, l'envers du spectacle ... aussi ces quelques minutes de repos et de rêverie, seul sur ce banc, dans la fraîcheur et la lumière du matin, sont un véritable délice...
Manuel travaille maintenant depuis près d'un an pour Joseph Bouglione. Il est « homme de peine » comme on dit dans le milieu du cirque. Car s'il y a des « filles de joie », il y a aussi ... des « hommes de peine ». Manuel sera, dans cette même journée tout à la fois garçon de piste, aide à la ménagerie pour nourrir les bêtes et changer leurs litières, vendeur de cacahuètes à l'entr'acte, préparateur des repas à la cantine pour la caravane... Il devra aussi monter le chapiteau, passer le balai, démonter le chapiteau, conduire le camion, placarder les affichettes... et bien d'autres menus travaux qui l'occuperont à temps plein.
Manuel travaille maintenant depuis près d'un an pour Joseph Bouglione. Il est « homme de peine » comme on dit dans le milieu du cirque. Car s'il y a des « filles de joie », il y a aussi ... des « hommes de peine ». Manuel sera, dans cette même journée tout à la fois garçon de piste, aide à la ménagerie pour nourrir les bêtes et changer leurs litières, vendeur de cacahuètes à l'entr'acte, préparateur des repas à la cantine pour la caravane... Il devra aussi monter le chapiteau, passer le balai, démonter le chapiteau, conduire le camion, placarder les affichettes... et bien d'autres menus travaux qui l'occuperont à temps plein.
Manuel travaille maintenant depuis près d'un an pour Joseph Bouglione. Il est « homme de peine » comme on dit dans le milieu du cirque. Car s'il y a des « filles de joie », il y a aussi ... des « hommes de peine ». Manuel sera, dans cette même journée tout à la fois garçon de piste, aide à la ménagerie pour nourrir les bêtes et changer leurs litières, vendeur de cacahuètes à l'entr'acte, préparateur des repas à la cantine pour la caravane... Il devra aussi monter le chapiteau, passer le balai, démonter le chapiteau, conduire le camion, placarder les affichettes... et bien d'autres menus travaux qui l'occuperont à temps plein.
Toute la journée, Manuel va trimer : un véritable homme-orchestre, mais en dehors de la lumière des projecteurs. Manuel c'est le cirque sans les paillettes, l'envers du spectacle ... aussi ces quelques minutes de repos et de rêverie, seul sur ce banc, dans la fraîcheur et la lumière du matin, sont un véritable délice...
>> Le Cirque Joseph Bouglione : la sixième génération ...
>> Le profond coup de blues des patrons de cirque ...
>> Izis, un maître de la photographie amoureux du Cirque ... Fasciné par le monde du cirque et des fêtes foraines, Izis publiera en 1965 : « Le Cirque d'Izis », un ouvrage préfacé par Jacques Prévert.
>> Autre cirque sur Parisperdu...
Publié par barreteau à 10:22:13 dans Portraits Incertains | Commentaires (2) | Permaliens
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