Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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La cité "Piat-Faucheur-Envierges" dans le 20ème est ce qu'on appelle "un quartier difficile". Elle héberge environ
3000 habitants et l'essentiel des 82 nationalités recensées dans le quartier de Belleville. La cité a été classée en zone urbaine sensible (ZUS). Elle n'a pas bonne réputation dans le "quart Est" de Paris. On déconseille aux nouveaux arrivants de s'y installer. C'est une cité stigmatisée et "stigmatisante".
Les "jeunes" ne veulent surtout pas, disent-ils, "rouiller", "tenir les murs", se retrouver bloqués "dans le rien". Leur parcours scolaire est déjà un handicap, mais "on se bouge", jurent-ils. Ils parlent de "mener une vie normale". D'avoir quelque chose de concret: "un métier, quoi ... et aussi ... fonder une famille, comme tout le monde". "Mais on nous colle une étiquette, jeune d'ici égal glandeur, c'est pas bien !", proteste Farid, 24 ans. Lui et ses copains reconnaissent eux-mêmes qu'ils ont "une tête à faire peur" sous leurs capuches et leurs bonnets, les épaules rentrées et les mains dans les poches.
Alors quand on parle à Farid du tout récent plan "Espoir banlieue", il rétorque: "J'aimerais être optimiste, mais plusieurs plans sont déjà passés, et rien n'a changé. C'est quoi le problème des jeunes des cités ? En premier, c'est de trouver un travail. Je suis conscient que certains ne font pas d'efforts, mais pour les autres, il faut leur donner la chance d'aller au travail."
Plus surprenant, ce même discours "anti-glandouille" revient aussi chez ceux qui affirment volontiers, avec de lourds sous-entendus, qu'ils ne veulent pas se "lever à 5 heures du matin pour gagner 1 000 euros".
Farid ne cache pas que tous les moyens sont bons pour remédier à ce problème, ... si près des beaux et riches quartiers du centre ou de l'ouest parisien.
Et voilà comment il décrit sa "situation piège" : "On est dans une société parallèle, le temps ne passe pas, c'est insupportable. On est comme une secte. On n'a plus d'horaires, rien. Au bout d'un moment, ça devient une vie dangereuse. La porte est ouverte à tous les excès, à l'illégalité. Mais attention ... là j'explique, je ne légitime pas."
Finalement Farid n'a pas perdu espoir de tourner le dos à cette vie de petits arrangements : "Y'en a qui commencent à s'en sortir dans le bâtiment. Ils sont manœuvres, des trucs comme ça, ... mais ils ont un boulot, ... c'est déjà ça ..."
>> Ecouter Alain Souchon: "Je m'promène rue de Belleville ... c'est déjà ça ..."
>> Voir aussi sur Parisperdu: "Malaise à Belleville" (2/2).
>> Toujours sur Parisperdu: "Malaise à Belleville" (1/2)
Publié par barreteau à 09:43:17 dans Portraits Incertains | Commentaires (4) | Permaliens
Juliette Binoche et Romain Duris dans "Paris", un film de Cédric Klapisch (2008).Pour son récent film, intitulé simplement "Paris", le réalisateur Cédric Klapisch a beaucoup tourné dans le quartier de Ménilmontant. On ne va pas, ici, faire la critique d'un film que certains trouveront génial et d'autres superficiel ...
Parisperdu s'intéressera plutôt à la topographie du lieu où vit Pierre, le personnage principal, joué par Romain Duris. Pierre habite dans un immeuble qui donne sur la place Martin Nadaud, avec une vue sur la vie, sur la ville et une autre sur la mort, sur le cimetière du Père-Lachaise. Dans l'attente d'une transplantation cardiaque, Pierre ne peut plus exercer son métier et dans l'angoisse d'un pronostic vital incertain, il passe ses journées sur le balcon de son appartement. Jetant un œil nouveau sur le ballet humain qui se joue là, en contrebas. Il assiste, passif, au manège de la vie, à l'écoute du cœur de Paris alors qu'il est en train de perdre le sien.
Cela nous vaut, des vues rapprochées sur les rues qui se trouvent dans la ligne de fuite du balcon : la rue Gasnier-Guy (tant visitée par Parisperdu) et la rue Robineau. Mais les rues en pente de Ménilmontant et la position de sentinelle du héros sur son balcon offrent aussi de larges perspectives sur toute la ville, des vues magnifiques faites de vastes panoramas sur le Père Lachaise et sur l'ouest parisien, avec l'inévitable tour Eiffel, ... qui semble si loin ...
Mais Paris, c'est tout à la fois: l'Est et l'Ouest, les petites rues ordinaires et les ensembles monumentaux, les gens simples et les nantis ...
Tout cela est dans le film, ... et dans un grand tourbillon, Paris est en perpétuel devenir, car comme le dit un professeur d'Histoire spécialisé sur Paris, et interprété dans le film par Fabrice Luchini : " ça toujours été comme ça dans Paris, c'est qu'elle fabrique en permanence de la modernité sur ce conflit entre le vieux et le moderne."
Le réalisateur Cédric Klapisch signe avec son film "Paris" le portrait éphémère d'une ville éternelle.
>> Le site web du film "Paris".
Publié par barreteau à 10:20:34 dans Hommes et Métiers | Commentaires (3) | Permaliens
Rue du Mâconnais - Paris 12ème
Publié par barreteau à 20:08:18 dans 75012 | Commentaires (1) | Permaliens
Ce Break DS, stationné ici sur un trottoir de la rue Piat, était - en 1974 - la cible symbolique favorite de René Dumont, premier candidat écologiste à la présidentielle.
Entre deux meetings champêtres, René Dumont fait invariablement une promenade à bicyclette et répète inlassablement une formule restée fameuse: "La voiture, ça pue, ça pollue, ça rend con".
Aux présidentielle de 1974, il obtiendra 1.32% des voix.
>> Voir la campagne électorale pour les élections présidentielles du candidat écologiste René DUMONT, ... [Vidéo : source INA©]
Publié par barreteau à 11:33:16 dans Hommes et Métiers | Commentaires (1) | Permaliens
Créée il y a dix ans, dans une ancienne gare de la Petite Ceinture, la Flèche d'Or Café (qui tient son nom du rapide Paris-Calais) est loin de l'approche marketing d'un café classique. A ses débuts, l'ancienne gare de Charonne accueillait dreadlocks cradingues et scènes ouvertes calamiteuses, ... aujourd'hui la Flèche d'Or est une adresse où la faune branchée de la capitale aime à se montrer.
La Flèche d'Or, rue de Bagnolet dans le 20e arrondissement, est un lieu culturel dont la riche programmation et la convivialité en fait le centre "off" de l'étrange, de l'insolite, de l'Underground, de l'art alternatif...
La Flèche d'Or (la "Flèche" pour les initiés) accueille régulièrement des débats, des rencontres, des happenings de vidéastes... De jeunes groupes de musiciens y trouvent un espace pour s'y produire en concert. Bref, la Flèche d'Or fait partie de ces rares lieux dans Paris qui permettent une expression culturelle, sociale et politique totalement débridée.
Allez boire un verre ou mieux prendre un brunch au Flèche d'Or Café, un endroit frais au climat chaud et festif ... vous ne serez pas déçu tant son ambiance est unique.
Une adresse immanquable dans ce quartier de Charonne qui a su conserver son caractère populaire.
>> L'ancienne gare de Charonne
>> La Flèche d'or : le site
>> La Flèche d'or : le Blog
>> Rapport de Concert du 09/03/2006 (Obsküre©)
>> Video Show à la Flèche d'or : Testarossa autodrive/Kavinsky©
Publié par barreteau à 10:01:17 dans 75020 | Commentaires (3) | Permaliens
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