• Quand je l'ai vu pour la première fois, c'était près d'un café, à l'heure de l'apéro.

    Il sortait du 30 de la rue Piat, bizarrement coiffé, et vêtu d'un pardessus trop grand, couleur noisette, qui n'arrivait pas à dissimuler le bas d'un pyjama à larges bandes grises et blanches. Il était chaussé de charentaises usagées et, dans cet accoutrement, portait à la main une boite à lait en aluminium.
    Il allait chercher son breuvage matinal chez " Pompom" un diminutif donné, par les gens du coin, au crémier italien du quartier. Tout comme son voisin Letourneau qui vendait son vin à la tireuse, "Pompom" vendait son lait à la louche.

    La seconde fois que je l'ai vu, c'était un soir, très tard, dans le couloir de la station de métro Pyrénées où j'étais venu raccompagner ma copine du moment. Il m'est apparu à l'instant précis où j'embrassais une dernière fois ma dulcinée, avant qu'elle n'attrape le dernier métro.

    Il avait encore son même manteau noisette et sur la tête un drôle de "galure", un chapeau ridicule, genre madrilène. Nous nous sommes regardés. Son visage portait encore des traces de maquillage et avait quelque chose de pathétique... un clown triste!
     
    Je regardai s'éloigner un homme fourbu par sa soirée de travail au cabaret, un artiste au début de sa carrière ... Je regardais rentrer chez lui, dans ses habits de scène, ... Fernand Raynaud.



    >> Cet anonyme emprunte un escalier également ... anonyme. L'escalier qui relie la rue de l'Ermitage à la rue des Cascades était à l'époque seulement répertorié "voie U/20",  jusqu'à ce qu'il prenne, en 1994, le nom de ... Rue Fernand Raynaud.

     


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  • Ce devait être en 1946. Ce jour-là, je jouais, avec deux camarades, dans les terrains vagues, derrière le passage Botha dans le 20ème, quand un homme est arrivé un appareil photo au cou.


    Nous avions fabriqué une cabane avec un vieux lit -cage et divers objets et matériaux qui jonchaient le sol de ce terrain devenu - après la libération - une véritable décharge publique.

    "Elle est superbe votre cabane les enfants. Ce serait bien aussi, que vous allumiez un feu !... "Nous dit cet homme. Il nous aida et proposa ensuite de faire une photo... et même ... qu'elle serait, le lendemain, dans un journal nommé "CE SOIR". "Faites semblant de souffler sur le feu ... Oui ! Comme ça...". Clic-clac ... encore une ... Clic-clac.

    Nous allâmes conter l'histoire à nos parents...On allait être dans le journal !... Nos parents, poussés par une petite pointe d'orgueil, crurent bon d'en parler autour d'eux  ... la nouvelle se répandit dans toute la rue des Envierges et chacun de vouloir - le lendemain -  acheter le fameux journal.

    En effet, la photo était bien là! ... mais ... un article l'accompagnait ! Il y était question des petits miséreux de Belleville que leurs parents ne pouvaient pas envoyer en vacances ... à la campagne ou à la mer !
    Trop pauvres pour cela, ils nous laissaient jouer dans les détritus tout l'été !...

    Nos parents furent un peu la risée du "village" mais se consolèrent assez vite en déclarant : "Bof ! ... heureusement on ne vous reconnait pas trop sur la photo" !

     

     



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  • Jean Ro. , un gamin de Paris

     


    Je m'appelle Jean Ro. Je suis né au 19 de la rue des Envierges dans le 20ème arrondissement. A 6 ans, sous l'occupation allemande, je suis allé à l'école de la rue Levert et j'y suis resté jusqu'au CEP à 14 ans.

    A l'époque, mon passe temps favori était le dessin et la peinture, et je souhaitais en faire mon métier. Ma mère qui me voyait déjà en baver sur la place du Tertre, en décida autrement, et à contre cœur, elle m'envoya dans une école de dessin industriel !

    Je m'y suis ennuyé pendant 6 mois ... Juste le temps de sauver les apparences ... avant d'être renvoyé pour avoir - durant la classe - dessiné des femmes nues ...

    Après de multiples péripéties, je suis devenu décorateur, j'étais alors marié et avais 23 ans. J'en ai aujourd'hui 71, et passe maintenant ma retraite dans l'ouest de la France. Je pense aller finir mes jours près de mes enfants, à Regensbourg en Bavière.

    Voila un raccourci de ma vie.

     

    >> Aujourd'hui, j'ai choisi le PhotoBlog Parisperdu pour pouvoir vous en dire plus sur l'histoire de mes 20 premières années de gamin de Paris. 

    Retrouvez-moi régulièrement ici ...

     


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