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Parc de Belleville- juin 2004
Billet dédié à François Legendre
Le "gamin de Paris" est un article suivi !
De Gavroche aux chenapans immortalisés par Doisneau, en passant par les poulbots dont la réputation a dévalé les pentes de Montmartre, d'innombrables portraits d'enfants sont devenus les symboles d'un Paris populaire, gouailleur et frondeur...
Bien sûr, aujourd'hui, tout a changé, ... mais pour autant, la découverte et l'expérience de la ville par les générations successives de petits Parisiens empruntent des chemins qui se ressemblent. Les jeux au jardin public sont toujours aussi prisés, tout comme les sorties au zoo, au musée, les marrons ramassés à l'automne, le miracle fugitif de la neige, le sautillement à cloche-pied sur les bordures de trottoir...
Une enfance comme une autre : la nôtre, la vôtre ...
Marguerite Duras, a écrit dans "Des journées dans les arbres" : "Il reste toujours quelque chose de l'enfance, toujours ...".
Mais au fait, que reste-t-il ? Sans doute, le temps suspendu des rêves et des jeux ...
Publié par barreteau à 09:08:02 dans 75020 | Commentaires (3) | Permaliens
Quand il y a près de 25 ans, NEMO commençait à bomber ses pochoirs dans Paris, il disait alors pour définir son action: "Une ville sans graffitis serait comme une rivière sans poissons".
Ses personnages : un homme en noir, jouant avec une canne à pêche, un ballon ou un parapluie, et le petit NEMO (du "Little Nemo" de Winsor McCay), hantent alors les murs du 20ème. Ils apparaissent soudainement au détour d'une rue, sur un mur lépreux, sur une porte condamnée ou une fenêtre murée, créant une étonnante atmosphère de poésie et de rêve dans cet arrondissement continuellement massacré.
Bourré de talent, NEMO a un œil extraordinaire et détecte immédiatement le profit qu'il peut tirer d'un pan de mur, aussi la silhouette de son Homme Noir se répand rapidement partout sur Belleville et Ménilmontant, signalant toujours des immeubles condamnés. Némo a aussi travaillé avec Mesnager : son Homme Noir a alors rencontré le petit bonhomme blanc, une rencontre qui a provoqué de superbes créations !
Parmi tous les artistes travaillant sur les murs de Paris, il est le plus pur: il ne gagne pas d'argent avec ses œuvres, et il sait qu'elles disparaîtront irrémédiablement quand le dernier vieux mur tombera sous les coups des bulldozers...
Les réactions des passants sont parfois mitigées: un jour, NEMO faisait un pochoir dans une cour intérieure de la rue de Belleville quand une vieille femme l'a apostrophé en lui disant: "Vivement qu'ils rasent tout ça! J'en ai marre... et vous, avec vos dessins, vous allez nous faire durer les choses".
>> Némo réalisant la fresque de la rue des Plâtrières.
>> En savoir plus sur Némo ...
>> Némo, déjà dans Parisperdu (1)
>> Némo, déjà dans Parisperdu (2)
>> Némo et Mesnager : l'Homme Noir et le bonhomme blanc
Publié par barreteau à 09:55:53 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) | Permaliens
Ce sont "les gars du ballast", ils réparent, de jour comme de nuit, les voies sur toute l'emprise de la gare de l'Est. Habitent-ils Paris ? "Non, nous, on n'habite pas ici" - disent ces jeunes manœuvres - "on vit dans le 9-3".
Patrick, seul sur le quai qui surplombe les voies, est leur responsable. Il encadre cette équipe de 10 personnes. Patrick habite Le Bourget et viens ici par le RER dans lequel, il fait aussi monter son vélo ultramoderne "pour gagner du temps" dira-t-il. "Le matin, là- haut dans la gare, je croise des touristes ou des hommes d'affaires qui partent vers l'aéroport de Roissy. Sinon, tout le reste de la journée, ici, en bas sur le ballast, je ne vois que des agents d'entretien, des gardiens ou des intérimaires."
France d'en haut, France d'en bas ... à la Gare de l'Est, l'échelle sociale colle à la géographie des lieux...
Publié par barreteau à 09:27:55 dans Hommes et Métiers | Commentaires (2) | Permaliens
Pourquoi toutes ces démolitions dans les quartiers de l'Est et du Nord de la capitale ?
Quelle en est la véritable signification ?
Pour certains, démolir est sûrement le moyen le plus rapide pour transformer et surtout pour rentabiliser un site. Pour d'autres il n'est pas acceptable de démolir un patrimoine encore utile dans un contexte de crise profonde du logement. Pour d'autres encore, il n'y a pas de possibilité d'évolution sociale positive sans "projet urbain" ambitieux.
Mais quelque soit le point de vue adopté face aux démolitions, leurs conséquences sur la vie des habitants sont souvent traumatisantes et ce, d'autant plus que l'opération sera faite "à la hussarde".
Ainsi, dans ce quartier de Ménilmontant (20ème), la projection à long terme de la cohérence des opérations de démolition n'a pas été suffisamment étudiée ... et surtout, l'on ne s'est pas donné les moyens pour que les partenaires - élus et habitants - se retrouvent pour s'approprier les transformations urbaines réalisées - trop souvent - sans aucune concertation.
A méditer pour les opérations futures ...
>> Voir aussi dans Parisperdu: Démolition des murs ... démolition des vies ... (3/4)
Publié par barreteau à 10:45:01 dans 75020 | Commentaires (4) | Permaliens
En haut de
Mais il reste ce portrait étonnant d'un monde disparu, d'un bonheur vécu comme en sursis ...
Rien de ce qui est singulier ne devrait disparaître ...
>> Voir aussi : "Je me souviens du 20e arrondissement" par Clément LÉPIDIS
Publié par barreteau à 08:54:53 dans 75020 | Commentaires (4) | Permaliens
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