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    Dans ses billets intitulés "Démolition des murs ... démolition des vies", Parisperdu a montré comment la volonté de certains avait eu raison de quartiers entiers de Paris.

    Parfois cette "rage de destruction" n'est pas le fait des hommes mais celui d'un tragique destin qui s'acharne sur certains lieux de vie. 

    Dans le sud de la France, après Perillos , un village perdu des Corbières, après Celles un village ruiné et dévitalisé au terme d'une longue épopée; Parisperdu a visité Comes, un village abandonné qui gît au milieu d'un champ de ruines ... dans un paysage magnifique, face au Canigou ... 

    Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.

     

    Sans même un panneau pour signaler son existence, Comes est au bout de la piste, immobile, déchiré. C'est un village perdu qui dresse ses oripeaux au-dessus des prés usés. C'est un champ de pierres, une nudité balayée par les vents ...prosterné face au Canigou.

    Il aura fallu être attentif pour trouver le point de départ de la piste, au ras d'une borne sur laquelle a été griffonnée l'inscription "Comes Aplec", par ceux qui chaque année se réunissent ici pour un pèlerinage.

    De loin l'on distingue, en dessous de l'église, quelques voitures qui pourraient faire penser que le village a encore quelques habitants ou pour le moins quelques visiteurs ...
    Mais c'est un leurre, les "4L" ont été abandonnées-là depuis bien longtemps par des bergers repartis à pied avec leur troupeau, et laissant au village ces véhicules sans roues, aux capots bloqués par de grosses pierres. Encombrées de bidons et de matériels divers ... les "4L" servent de remises aux bergers qui reviendront plus tard ... Sur le chemin, gît aussi un antique camion chargé de sacs de laine, la dernière tonte qui n'en finit pas de pourrir ...

    Aujourd'hui, Comes repose définitivement sur sa butte, au milieu des prairies. Elles n'ont pas perdu le souvenir de la main de l'homme. L'herbe repousse à chaque printemps pour le plaisir des moutons. Un berger y réside, de temps à autre, dans la seule maison encore debout. Toutes les autres semblent porter les déchirements de ces années terribles, entre 1921 et 1926, quand la sécheresse eût raison, saison après saison, de chaque récolte.
    Il ne restait plus que l'abandon pour survivre encore ... Ailleurs.

     


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  • A 700 kilomètres de Paris, j'ai retrouvé Belleville.

    Plus exactement le "Belleville café", un établissement au cœur de cette petite ville, un peu au milieu de nulle part ... comme dans le film "Bagdad café" ...

    Mais où sommes-nous exactement ... ?

    Cette photo donne la réponse !

     


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  • Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), le hameau et la plage du Fourat.

     

    Les touristes viennent ici pour la "tranquillité", le "calme", l'arrière-pays vallonné et les plages. Sur la Côte Vermeille, cette petite bande de terre, qui doit son nom à la couleur de sa roche au soleil, vous pouvez passer de 1000 mètres d'altitude en montagne à 1000 mètres de profondeur sous la mer … et ici, on sait calculer exactement ce genre de dénivellations car c'est à Port-Vendres, grâce au savant local François Arago, que se situe le "point zéro" de la France, le point de référence pour le calcul de toutes les altitudes.


    A l'extérieur de la ville se trouve la baie de Paulilles, sur le site d'une ancienne usine de dynamite Nobel. Les baraquements et l'ancienne cheminée témoignent de son activité passée. Les lieux ont été transformés en musée et le site aménagé par le Conservatoire du Littoral est un véritable Eden. 
    Pourtant les Port-Vendrais aiment aller ailleurs. Les initiés vont jusqu'à la plage du Fourat. "Un lieu qui ne devrait pas exister",  dixit Jean Barrere, alias Ninou, "maire" autoproclamé du hameau qui s'y est construit. "La commune libre du Fourat", avec sa dizaine de maisons face à la méditerranée a un charme fou.


    Mais les habitants de Port-Vendres n'ont, en réalité, même pas à sortir de leur ville. En poussant leur chemin derrière la gare maritime, sur la route de la jetée, en face du port, ils connaissent l'emplacement de quelques plages secrètes, après l'anse des Tamarins, au pied de la redoute Béar qui surplombe la baie.
    À cause de l'activité maritime, il est interdit de s'y baigner. Mais ceux qui font le chemin, discrètement, bravent l'interdit, en toute tranquillité.


    En effet, ici l'on reste discret et l'on conserve l'esprit d'un village à l'abri du tourisme de masse, préservé du béton avec ses maisons couleur ocre.

    Ici, la vie tourne au ralenti …et comme le dit un proverbe catalan :
    "Si Axio es guerre, que may vuigui pau."
    "Si ça, c'est la guerre, que jamais ne vienne la paix" …



    >>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (1) 

    >>Port-Vendres, déjà sur Parisperdu (2) 


     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • "Passatges" - Port-Bou,  Juillet 2009



    En 1935, le philosophe allemand Walter Benjamin entreprend un ouvrage qu'il intitule: "Le Livre des passages" et où il tente d'analyser l'entrée dans la modernité à travers les vestiges du Paris du 19e siècle. Resté inachevé, l'ouvrage constitue la matrice intellectuelle des derniers écrits du philosophe allemand et inscrit sa pensée aux confluents de l’esthétique, de l’histoire, des études urbaines et de la sociologie de la culture.

     

    Dans cet ouvrage, l’apport principal de Walter Benjamin est sans doute d’avoir conçu la ville comme l’espace d’intelligibilité de la modernité. "Le Livre des passages" représente, en effet, une tentative sans précédent pour déchiffrer dans l’architecture parisienne du 19e siècle la préhistoire de la modernité. Walter Benjamin y développe une conception sémiotique de la ville. Celle-ci se donne à lire, un peu comme un livre. On trouve un héritage direct de cette approche dans l’ouvrage de Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes", qui place la question de la lisibilité au cœur de l’expérience moderne de Paris.

     

    Loin de Paris, c'est dans la petite ville catalane de Port-Bou, là où Walter Benjamin, tentant d’échapper au nazisme, s’est donné la mort le 26 septembre 1940, que s’élève, depuis 1994, une œuvre spatiale de Dani Karavan, en mémoire du grand penseur juif allemand. Cet hommage à Walter Benjamin, nommé du nom catalan "Passatges", fait directement référence à son ouvrage inachevé, "Le Livre des passages".

    Si vous le visitez, il ne faudra surtout pas vous arrêter au premier aspect, plutôt abrupt, du monument, car ce mémorial est avant tout une formidable machine à émouvoir et à penser.

    Tout comme l'est aussi l'œuvre littéraire de Walter Benjamin.


    >> Karlheinz Stierle, "La Capitale des signes".



     

     


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  • Hier, ce fut comme une apparition : une jeune fille, seule, un peu perdue au milieu du vieux château, à 728 mètres d'altitude, face à l'immensité de la plaine …

    Immédiatement cette image en appelait une autre et, en écho, me revenait l'image de "La fille de Bercy", elle aussi seule sur la terrasse surplombant le fleuve, face à la démesure de la Très Grande Bibliothèque …


    >> En écho, dans Parisperdu : "La fille de Bercy".

     

     

     

     

     


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