• L’Esprit de Paris

     Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, par © Brassaï, 1933

     

    Léon-Paul Fargue se qualifiait lui-même de "Piéton de Paris". C'était, il y a bien longtemps, dans un temps où Paris se nommait encore la Ville-Lumière. C'était dans une époque allant de 1934 à 1947.  

    Et aujourd'hui, les Éditions du Sandre publient le tome I de ses œuvres complètes : "L’Esprit de Paris", une immense somme rassemblant l’intégrale de ses chroniques parisiennes : 700 pages de descriptions légères ou détaillées du Paris de cette époque.

    "Je parle, je marche, je me souviens, c’est un tout." disait-il.
     
    Dans Paris, avec son regard furtif, son verbe étincelant mêlé à un jargon précis, Fargue voit tout, et devine le reste..."Il n’est bon spleen que de Paris" ajoutait encore Fargue, paraphrasant Baudelaire et Villon.
    Ce premier volume de l'œuvre de Léon-Paul Fargue est un outil puissant et poétique pour arpenter un Paris disparu. Aussi si, comme moi, vous aimez vous lamenter sur Paris défiguré, Paris pollué, Paris déserté, cet ouvrage monumental va vous régaler.

     

    >> Léon-Paul Fargue : "L'Esprit de Paris", Édition intégrale des chroniques parisiennes.

    >> Léon-Paul Fargue déjà sur Parisperdu.

     

     


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  • Pierre Jahan, un photographe à la marge …

    Petites filles à Montmartre © Pierre Jahan -1938

     

    Photographe à la marge de tous les courants, mais rappelant parfois Brassaï ou Man Ray,
    Pierre Jahan se distingue par une production extrêmement variée qui oscille entre production personnelle et travaux commerciaux parmi lesquels de nombreux reportages sur le Paris des années 40 à 60.

    Il a produit aussi avec succès des photos et des collages publicitaires avec une certaine touche surréaliste. D'ailleurs, à ce sujet, il disait : "Le surréalisme... tire grand parti de l'équivoque et se prête à nombre de transpositions. Aussi je pense que le photographe a aussi le droit d'utiliser ses clichés comme un matériau susceptible d'engendrer le Rêve".

    Au cours de sa longue carrière, il a côtoyé les plus grands photographes de son époque. En 1936, Pierre Jahan rejoint Emmanuel Sougez dans l'aventure du Rectangle, un groupe de praticiens notoires, organisé pour assurer, en même temps que des productions de premier ordre, la défense et la diffusion de la photographie.

    A la même époque, il commence à exposer avec François Kollar, Henri Cartier-Bresson, Man Ray ... Puis en 1950, il rejoint le Groupe des XV aux côtés notamment de Robert Doisneau, Willy Ronis, René-Jacques. Il s'intitulait alors "illustrateur" ce qui impliquait un rapport étroit au texte, au livre, à la commande, et une certaine modestie. Il faisait partie d'une génération de photographes professionnels qui considéraient leur pratique comme un art du plaisir, de la liberté, de la disponibilité.

    Installé à Paris depuis 1933 où il s'est éteint le 21 février 2003, Pierre Jahan avait 93 ans.


    >> Pierre Jahan, un témoin du XXe siècle.

     >> Le Groupe "Rectangle".

    >> Le Groupe des XV.

     

     


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  • Les enfants du 209 rue Saint-Maur.

     Entrée du 209 rue Saint-Maur _Paris 10e

     

    C’est l’histoire extraordinaire d’un immeuble ordinaire. Un immeuble choisi au hasard par la réalisatrice Ruth Zylberman, un immeuble dont elle ne savait rien.
    Pendant plusieurs années, elle a enquêté pour retrouver les anciens locataires du 209, rue Saint-Maur dans le 10ème arrondissement de Paris, et reconstituer l’histoire de cette communauté humaine pendant l’Occupation.

    Chassés d'Allemagne ou ayant fui les pogroms d'Europe centrale, un tiers des habitants de cet immeuble du 10e arrondissement est de confession juive. Mais après que Vichy ne recense les juifs, après la rafle du Vel d'Hiv' de juillet 1942 et les déportations vers Auschwitz, combien allait-on, aujourd'hui, retrouver d'enfants du 209 rue Saint-Maur ?

    Ruth Zylberman a cherché partout et a fini par retrouver des survivants à Paris, en banlieue, en province, dans le monde entier. Elle les a filmés, ainsi que les habitants de l’immeuble aujourd’hui, pour redonner vie à ces histoires oubliées.

    Cela donne un récit, entre Perec et Modiano, un film qui allie rigueur historique et créativité visuelle. Un film magnifique et émouvant, à voir absolument

     

    >> Voir le film.

     

     

     


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  • Le savoir-faire des bottiers de Belleville est toujours vivant !

    "L'Atelier Maurice Arnoult" Association AMA. Crédit photo : @atelier_ama

     

    Déjà 10 ans que Maurice Arnoult, maître bottier à Belleville, nous a quitté. Il avait alors 102 ans et avait démarré dans ce métier à l'âge de 14 ans. Autant dire qu'il en avait accumulé du savoir-faire !

    Avant son grand départ, Maurice - dans son atelier du 83, rue de Belleville - avait pris soin, pendant vingt ans, de transmettre bénévolement son savoir-faire à une foule d’apprenti(e)s venu(e)s des quatre coins du monde.
    Et, dès 2005, l'association "L’Atelier de Maurice Arnoult" (AMA) va encadrer ce travail de transmission et elle continue encore aujourd'hui à garder vivante la mémoire de l’artisan-maître -bottier .

    Depuis le décès de Maurice, c’est désormais Michel Boudoux, un autre maître-bottier, qui a la responsabilité de former les élèves de l'AMA à la fabrication de la "chaussure femme, sur mesure".
    D'autres artisans-bottiers ont rejoint l'association en tant que maîtres bénévoles, ainsi aujourd'hui Jacques Aslanian et Léon Mesrobian s'attachent eux-aussi à faire perdurer ces savoir-faire artisanaux.

    Là où il est, Maurice Arnoult peut bien être satisfait de la relève ….


    >> L'association AMA « l'Atelier Maurice Arnoult », site officiel

    >> Maurice Arnoult, déjà sur Parisperdu.

    >> Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

    >> Michel Boudoux, maître-bottier.


     


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  • Les quartiers "chauds" de Paris intra-muros.

    Métro Porte de la Chapelle, Paris 18e : le quartier est classé "sensible problématique".

     

    Comme toutes les capitales et les grandes métropoles, Paris peut être une ville à double visage. Il est des quartiers calmes, chics où l'on se sent en sécurité mais il y a aussi des quartiers sensibles où règnent la délinquance, les dealers, voire … les armes.

    Le Ministère de la Ville a établi, pour Paris intra-muros, une liste des quartiers dits "sensibles".
    Mais cette sensibilité est graduelle car elle comporte 4 niveaux : les quartiers de "Non-droit", ceux dit : "Très sensibles", les quartiers "Très difficiles" et enfin les quartiers "Problématiques".

    En voici la liste "officielle", puisqu'elle émane du dit Ministère :

    • QUARTIERS SENSIBLES DE NON-DROIT (QSN)

    Ce sont des quartiers où règnent les bandes et la délinquance avec des faits de violences urbaines, des fusillades ou des règlements de comptes et des trafics en tout genre.
    A Paris, deux quartiers font ainsi partie des quartiers les "plus chauds de France" et sont considérées comme des zones de non droit.

    Il s'agit de :

    - La Goutte d’Or (Barbès), Paris 18e

    - Flandre : (Cambrai-Curial-Riquet-Stalingrad), Paris 19e

    • QUARTIERS SENSIBLES TRÈS DIFFICILES (QSTD)

    Dans ces quartiers, des faits de délinquance de toute sortes se produisent régulièrement.
    Ces quartiers étaient souvent, précédemment des zones de non-droit.
    Il s'agit de :

    - Quartiers Sud du 13 arrondissement

    - Place des Fêtes, Paris 19e

    - Belleville-Amandiers, Paris 20e

    - Saint-Blaise, Paris 20e

    • QUARTIERS SENSIBLES DIFFICILES (QSD)

    Ici, les faits de délinquance sont assez réguliers, le trafic de drogue et toutes sortes de trafics sont omniprésents, on note aussi des nuits de violences urbaines suite à une petite tension.
    Sont concernés :

    - La Porte de Vanves, Paris 14e

    - La Porte de Saint Ouen, Paris 17e

    - La Porte de Clignancourt, Paris 18e

    - Danube, Paris 19e

    - La Porte de Bagnolet, Paris 20e

     

    • QUARTIERS SENSIBLES PROBLEMATIQUES (QSP)

    La petite délinquance y est plus ou moins régulière, pouvant exploser à certains moments, mais généralement ces quartiers sont calmes et ne font parler d’eux que de temps à autre. Ils posent quelques soucis à la ville mais ne sont pas considérés comme « chauds ».
    Il s'agit de :

    -La Grange aux Belles, Paris 10e

    - La  Roquette, Paris 11e

    - La Passerelle, Paris 12e

    -Le Moulin de la Vierge, 156-Cité de l’Eure-Porte de Châtillon, Paris 14e

    - Rue des Périchaux, Paris 15e  

    - La Porte d’Asnières, Paris 17e :

    - La Porte de la Chapelle, Paris 18e :

    - La Porte d’Aubervilliers, Paris 18e  

    - Jaurès, Paris 19e

    - Ourcq, Rue Petit, Avenue de Laumière, Paris 19e

    - Le 140 rue de Ménilmontant, Paris 20e

     

    Il n'y a donc pas que certaines banlieues qui posent des problèmes de sécurité, Paris a aussi ses quartiers "chauds" …

     

    >> Stalingrad.

    >> La double vie de la Place de Stalingrad.

     

     


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