• 8bis rue de la Liberté 75019 Paris

    Rue de la Liberté, plusieurs portails se succèdent laissant deviner derrière eux la présence d'ateliers.
    Au 8bis, une enseigne confirme mon intuition, on peut y lire : " Menuiserie / Gilles Weber"

    Monsieur Weber est un artisan menuisier qui a créé ici sa société, il y a bientôt dix ans.
    Il travaille le bois mais aussi le PVC et, de ce modeste atelier, sortent régulièrement des éléments pour des cuisines intégrées, des portes, des fenêtres, des escaliers … et bien d'autres choses encore.

    Mais ce que l'on devine moins aisément, c'est que cet alsaco-lorrain n'a pas mis tous ses œufs dans le même panier car "au pays", il a gardé des attaches … parfois étonnantes, ainsi à Colmar, il est gérant d'un fast-food et à Metz, il est l'associé d'un débitant de tabacs.
    Ce qu'on appelle l'art de la diversification des activités …


    >> 6, 8, 8bis et 10 rue de la Liberté, Paris 19ème.



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  • On l'a souvent comparé à Léon-Paul Fargue, sans doute à cause de son côté "piéton de Paris". Avec sa carcasse imposante, ses rouflaquettes grises, ses vêtements d'un autre âge, il s'est composé une silhouette presque légendaire.

    A partir de chez lui, rue Marcadet, Yves Martin n'en finit pas de sillonner la capitale. Rue des Martyrs, rue de Provence, le pont des Arts, le long des canaux, d'une porte à l'autre, il va partout et guette, selon les heures, le plus humble détail de la ville. Ses déambulations seront la source de ses meilleurs recueils: "Le Partisan", "Le Marcheur", "Manèges des mélancolies" …

    Dans un poème du "Marcheur" dédié à Eugène Dabit, peintre et auteur de "L'Hôtel du Nord", il nous livre l'un de ses tableaux parisiens de prédilection:

    "Au château tremblant, canal de l'Ourcq-Saint-Martin,
    Trépignaient les mariniers sous les drapeaux de frites.
    Les moules sautaient dans des cuves rouges
    Avec des clins d'œil bleus".

    Les "Manèges des mélancolies" sont pleins de cafés, de brasseries, de troquets et de bistrots. "Printemps 1966" renferme en un seul poème la "bougnate du Nord-Sud", les harengs de chez Lipp, des "volcans de choucroute", des "vins irascibles", et les ombres de Tinan et de Toulet, deux piliers de bar salués en passant ...

    Fondateur en 1959, avec le metteur en scène Bertrand Tavernier, du Nickel-Odéon, un très haut lieu de la cinéphilie, Martin se consacre à la  réhabilitation de films crépusculaires, comme "Les Passagers de la nuit", définissant du même coup sa propre esthétique: "L'inquiétude est sœur de la poésie."

    Paris reste pour lui un réservoir infini d'images et de sensations, le long des rues, à la terrasse des cafés, sur les écrans de l'après-midi, ce marcheur-voyeur regarde intensément les passantes.  "Le Marcheur" fourmille de rencontres amoureuses, vite évanouies dans ce Paris où tout semble possible …


    >> Le Partisan, suivi du Marcheur, par Yves Martin. Editions La Table ronde.

    >> Manèges des mélancolies. Poésies inédites (1960-1990). Editions La Table ronde.

     


     


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  •  Hôtel de la Paix – 4 rue Louis Bonnet – Paris 11ème (janvier 2009)

    Dans le 11éme arrondissement, la rue Louis Bonnet a toujours été une rue très commerçante.

    Dans les années 80, un bon nombre d'établissements de la communauté chinoise, en majorité des restaurants, s'implantent ici. Ceux-ci remplacent des commerces tenus jusqu'alors par la communauté juive, un changement caractéristique de l'évolution de Belleville. Et c'est ainsi que disparaîtra, entre-autres, la célèbre charcuterie delicatessen Goldenberg avec ses spécialités d'Europe centrale.

    Toutefois, jusqu'au tournant de l'an 2000, la physionomie de la rue change peu et elle conserve alors pratiquement les mêmes immeubles depuis plus d'un siècle.

    Mais aujourd'hui la rue présente un tout autre visage et, ce sont les petits hôtels qui font les frais de la restructuration du secteur. C'est ainsi qu'au bas de la rue, au N°4, on vient d'assister à la destruction de l'hôtel de la Paix.

    Fermé suite à un incendie qui s'était déclaré dans ses étages supérieurs, l'Hôtel de la Paix a été muré pendant de longues années pour empêcher les squatters de l'occuper. C'est là qu'avait été tourné une séquence du film "Bourne Identity", où l'on voit Bourne et Marie se cacher dans ce petit hôtel de la rue Louis Bonnet.

    Cette rue qui peut de prime abord sembler plutôt paisible a connu pas mal d'évènements plus ou moins dramatiques: plusieurs incendies dans un périmètre restreint, des bagarres de rue intercommunautaires entre Juifs et Arabes et de nombreux règlements de compte dont certains avec mort d'hommes …

    Non décidément, rue Louis Bonnet, ce n'est pas vraiment la Paix !


    >> The Bourne Identity, (ou La Mémoire dans la peau), un film réalisé par Doug Liman et sorti en salles en 2002 avec Matt Damon dans le rôle principal.(capture d'écran)

    >> Demande de démolition du 2-4 rue Louis Bonnet.

    >> La guerre à l'Hôtel de la Paix.



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  • Boutique de souvenirs, rue de Steinkerque, au pied de la butte Montmartre _Paris (18e), juin 2012

    C'est la fin d'un monopole pour l'un des produits phares des boutiques de souvenirs de Paris.

    Depuis une quinzaine de jours, les célèbres slogans " I♥Paris " et " J'♥Paris ", qui ornent tee-shirts, sweat-shirts mais aussi porte-clés, tasses et autres bibelots, ne peuvent plus être considérés comme des marques.

    Dans leur arrêt du 6 janvier dernier, les juges de la Cour de Cassation rappellent que les slogans de ce type ont été popularisés dès 1977 par la création du logo " I♥New York " du célèbre graphiste américain Milton Glaser. Selon eux, la formule "véhicule un sentiment d'attachement à une ville particulière" que le touriste perçoit comme "un signe décoratif, dont il comprend le sens quelle que soit sa langue" et non pas "comme une marque".

    Ces slogans sont désormais dans le domaine public et tout le monde peut les reproduire sans risque.

    Paris est donc à tout le monde. Mais ça, Montesquieu le pensait déjà, il y a bien longtemps,  lorsqu'il écrivait : "La France est aux Français, Paris est à tout le monde".


    >> "I'm parisien, I love rien" sur Parisperdu.

     

     


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  • Vue prise de l'impasse de Bergame, vers l'impasse des Crins. Paris 20ème (juin 2012)

    Dans le 20ème arrondissement, entre la rue Planchat et la rue de Buzenval, on en trouve déjà 8, elles ont pour noms: Véran, Rolleboise, Casteggio, Poule, Crins, Bergame, des Souhaits et de la Confiance … ce sont les fameuses impasses du secteur Planchat, directement héritées du parcellaire de cet ancien quartier de maraîchage et de vignes.

    Un peu plus loin, entre la rue de la Réunion et la rue des Orteaux, ça recommence: à nouveau des impasses et des passages qui, cette fois-ci, donnent sur la rue des Vignoles. On trouve ici: Satan, Rançon, Savart, des Vignoles auxquels ont peut ajouter, donnant sur la rue des Haies, les passages Dieu et Dagorno, ainsi que les impasses Gros et St Paul … de quoi en perdre son latin certes, mais on peut aussi trouver un réel plaisir à s'enfoncer dans ces multiples interstices de la ville.

    Au début des années 2000, un vaste projet de réhabilitation de ce secteur a été entrepris car, il faut bien le dire, l'habitat dans ces impasses n'était pas très reluisant et même parfois "limite insalubre".

    Toutes les impasses n'ont pas été touchées, certaines sont encore "dans leur jus", comme à l'écart de la ville, à l'écart du temps …

    La restructuration la plus lourde a concerné trois impasses, celles des Crins, de Casteggio et des Souhaits. Elle a permis la réhabilitation de 11 logements et la construction de 88 logements neufs, 11 ateliers et 52 places de parking.

    Cette réalisation nommée "Eden Bio", par l'architecte en charge du projet, a certes densifié le secteur mais a heureusement respecté l'esprit du quartier en préservant ses passages et ses impasses. Les façades des nouvelles habitations alternent le bois, le métal et le végétal … Pour une fois que le béton n'a pas tout envahi, on ne va pas se plaindre !


    >> Parisperdu  pour les nuls (4/5): " De Planchat-Vignoles à la Place de Rungis"

    >> "Eden-Bio", le projet qui a réhabilité le secteur.


    >> 33 rue des Vignoles: l'impasse des anarchistes ...

     

     


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