• Le lieux retrouvés de Parisperdu.

    Lieux Retrouvés n°44, le 10 rue des Mûriers Paris 20ème

     

    Une composition supplémentaire dans l'album des Lieux retrouvés.

    Cette album montre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc. Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire. En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs). C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.


    >> L'album des Lieux retrouvés.


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  • La ville vue de dos.

    Rue Ordener, Paris 18ème _juin 2014

     

    Lorsque l'on regarde la quatrième de couverture d'un livre, on découvre peu de choses de son contenu … Et, alors que la première de couverture fait souvent l'objet d'une présentation soignée voire aguichante, le livre vu de dos présente la plupart du temps un aspect banal, un peu vide … avec au mieux, un bref résumé de l'ouvrage.

    Pour la ville, il en va de même … Il est des endroits où elle a décidé de nous tourner le dos, de nous cacher ce qu'elle a de plus riche, de plus beau en son sein … et elle ne nous montre alors que d'immenses pans d'immeubles aveugles, ternes, sans âme.

    La perspective de la rue Ordener, vue du pont qui enjambe le large faisceau des voies de la gare du Nord, est un exemple parfait de "la ville vue de dos".

     

    >> "Ground Control", du rêve à la réalité …

     


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  • Aux portes de Paris.

    Montreuil, aux portes de Paris _Photo ©: M. Lamoureux

     

    Philippe Vasset est un explorateur de banlieue. Sur les cartes de la région parisienne, il a repéré les zones laissées en blanc et les a visitées une à une. On devine ce qu'il a vu : des terrains vagues, des non-lieux, l'envers du décor, le refuge des rejetés de la société. Des poches de vide qui sont en même temps des trop-pleins de misère, de sordide, de violence …

    Ces choquantes horreurs sont toujours bonnes à montrer, à rappeler, alors que tout est fait pour nous les cacher.

    Mais Philippe Vasset ne nous inflige pas le "trip sociologique hard", le pensum lourd et cafardeux qu'on aurait pu craindre, genre "La misère du monde" vue par Bourdieu.

    Nous n'avons pas là une thèse, mais le compte-rendu d'une quête dont l'auteur ne connaît même pas le but. Systématique dans sa démarche et totalement floue dans ses objectifs. Avec une évidente fascination pour le néant et en même temps, de façon contradictoire, un goût pour le merveilleux.

    Pour qui sait voir, les déserts sont peuplés et les choses banales peuvent être passionnantes. Mine de rien, Philippe Vasset nous le prouve, et il nous égare sciemment pour mieux nous apprendre à nous retrouver.


    >> Voir aussi: L'envers du décor, le décor à l'envers.

    >> "Un livre blanc" de Philippe Vasset (chez Fayard).

     


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  • Villages abandonnés (suite)

    "Goussainville-Vieux Pays" - Val d'Oise

     

    Pendant des années je suis allé à l'autre bout de la France pour découvrir des villages abandonnés, dans l'Hérault, l'Aude, les Pyrénées Orientales … Mais cette année je n'ai pas eu à aller très loin pour en trouver un … à seulement une vingtaine de kilomètres de Paris !

    A deux pas des pistes de l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle, se trouve en effet le village quasi-abandonné de "Goussainville-Vieux Pays". Dès 1973, le village qui est dans l'axe de l'une des pistes de l'aéroport, est progressivement abandonné car ses habitants ne supportent plus le bruit incessant des atterrissages et décollages des avions. La ville déplace alors son centre de quelques kilomètres et l'on assiste à un vaste mouvement de population vers ces nouveaux quartiers situés entre deux gares du RER D.

    La plupart des maisons du Vieux Pays sont alors rachetées aux habitants qui le souhaitent par Aéroports de Paris (ADP). Elles sont ensuite murées, puis le temps fait son œuvre … Aujourd'hui, toutes apparaissent dégradées avec des toitures souvent effondrées, l'église elle-même, classée monument historique, est dans un état préoccupant.

    Mais quelques irréductibles, refuseront de partir et y vivent encore aujourd'hui: un agriculteur, un menuisier, une petite entreprise industrielle, un libraire ou encore un garagiste ...

    Finalement en 2009, le Vieux Pays sera racheté à ADP par la ville de Goussainville, pour un euro symbolique. Après de nombreuses années de discussions et de projets inaboutis, le vieux village de Goussainville - dit Vieux-Pays - serait sur le point de renaître tout en se métamorphosant. Mais encore aujourd'hui, le cœur historique de Goussainville, resté à l'écart de la ville moderne, est devenu en quarante ans un village fantôme … un village aux rues trop vides et au ciel trop plein.


    >> Les villages abandonnés de "Parisperdu"

    >> Un village aux rues trop vides et au ciel trop plein.

     


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  • Loin, très loin il y avait la ville … 

    Rue des Envierges Paris 20ème (mai 2005)

    A l’intersection de la rue des Envierges et de la rue Piat se trouve une place qui forme une sorte d’esplanade baptisée récemment, et fort à propos, “Belvédère Willy Ronis”. Là, vous découvrez une vue magnifique sur Paris, un peu comme celle que l'on a du haut de la butte Montmartre, côté esplanade du Sacré Cœur. Sauf qu'ici, à contrario, le lieu n'est pas touristique, ce qui ajoute beaucoup à son authenticité et à son charme.

    De ce "balcon" sur la capitale, un grandiose panorama s'étend à vos pieds, du quartier de Bercy jusqu'au parc André-Citroën. C'est un endroit magique, lumineux, plein d’énergie dominatrice ...

    Et l'on ne peut s'empêcher alors d'avoir le même sentiment que celui qu'Amélie Nothomb nous délivre dans "Stupeur et tremblements" : "Loin, très loin il y avait la ville … si loin que je doutais de n'y avoir jamais mis les pieds".

     

    >> Balade hors des sentiers battus ... (2/3)

    >> Paris n'est pas un musée.

    >> Willy Ronis définitivement lié à Belleville …

     

     


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