• 10 ans … déjà !


    Le premier billet de Parisperdu intitulé "Villa du Danube" était posté le 14 Novembre 2005. Le blog fête donc aujourd'hui ses 10 ans !

    En 10 ans, Parisperdu a posté 750 billets et, si mes compteurs sont exacts, a reçu la bagatelle de 10 525 204 visiteurs pour près de 60 millions de pages vues. Sur cette décade, le blog m'a permis de tisser de nombreux liens avec des journalistes, des photographes et avec un nombre incalculable de bloggeurs et de lecteurs. Cela prend du temps mais donne aussi beaucoup de satisfactions.

    Et, après 10 ans d'existence, après l'apparition de Facebook et Twitter... si Parisperdu est toujours là, c'est bien sûr grâce à vous, qui êtes devenus au fil du temps, au fil des modes "mes followers" …

    Merci à tous, ensemble la route continue …


    >> 14 novembre 2005, le premier billet de Parisperdu …

     

     


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  • Samedi dernier, le beau temps est de la partie aussi me vient l'idée d'aller faire un tour au Père Lachaise … mais je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée car nous étions une soixantaine au rendez-vous donné par Bertrand Beyern à la sortie du métro !

    Et voilà que Bertrand, notre guide-conférencier, amène sa troupe pour une longue tournée dans les allées du cimetière.
    Le thème du jour était "l'humour noir" et il est vrai que l'on s'est bien marré au cimetière ! Car Bertrand est un "maître es-humour noir" et, au fil des allées et des tombes, les histoires petites et grandes défilent … toutes véridiques mêmes si parfois elles semblent peu vraisemblables. Alors à chaque fois, Bertrand sort de sa sacoche les documents qui accréditent son discours, car oui nous avons bien affaire à un professionnel de la nécrologie, à un expert du funéraire, à un "nécrosophe" comme il se définit lui-même… Non Bertrand n'est pas un débutant, d'ailleurs le lieu s'y prête-t-il ?

    Le "show" - car c'en est bien un auquel nous assistons - est lancé avec le Président Félix Faure et Marguerite Steinheil, sa "pompe funèbre", puis arrive Pierre Desproges et sa concession de deux mètres carrés, ou encore le monument funéraire d'une femme atteinte de gangrène qui a fait enterrer sa jambe un mois avant de passer de vie à trépas... puis c'est Jean-Louis Fournier qui nous parle de lui - il est encore bien vivant mais veuf de sa femme Sylvie - avec cette épitaphe improbable : "Finalement, nous ne regrettons pas d'être venus" , ou encore Jean-Louis Sacchet un pharmacien qui se construit actuellement son sépulcre égypto-parisien, et aussi la tombe de l'anonyme qui tient dans ses mains le visage de sa femme, avec pour seule inscription : "Ils furent émerveillés du beau voyage qui les mena jusqu'au bout de la vie", et pour laquelle Bertrand Beyern fit de longues recherches qui lui permettront de percer le mystère et de pouvoir enfin mettre un nom sur cette tombe qui n'en a pas …

    Mais, bien au-delà des informations qu'il nous donne, du rire ou des sourires qu'il nous arrache, Bertrand Beyern nous permet de voir différemment ce lieu, et surtout d'y capter une poésie certaine, de vives émotions et une philosophie de la vie dans un endroit pourtant peuplé uniquement de défunts …

    Vous l'avez compris, je vous recommande vivement cette balade parisienne, vous passerez un moment inoubliable !


    >> Bertrand Beyern, site officiel.

    >> Le cimetière du Père Lachaise sur Parisperdu.

     

     


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  •  Suite du voyage à Gordes: "Vincent aéromodéliste".

    "Vincent aéromodéliste" Gordes, 1952 © Willy Ronis

     

    Lors de mon récent voyage à Gordes, j'ai pu tout à loisir déambuler au plus près et tout autour de la maison de Willy Ronis (la "Maison Vieille"), aux endroits où précisément, entre 1948 et 1958, il a réalisé quelques uns de ses clichés mythiques.

    Et soudain, je me rends compte que je marche sur la terrasse où Willy avait demandé à son fils Vincent de lancer son modèle réduit d'avion afin que, de la fenêtre de la cuisine, il puisse saisir, en pleine lumière, son garçon dans l'action … c'était en 1952, Vincent avait 12 ans.

    Dans cette image intitulée "Vincent aéromodéliste", l’importance des ombres est primordiale. Willy Ronis disait d'ailleurs : " Ce n'est pas la lumière qui m'a inspiré, c'est ce qu'elle éclaire". Et en effet ici, Vincent émerge du clair-obscur de la terrasse, laissant au sol son ombre portée.

    Cette photo est tellement emblématique de l'œuvre de Willy Ronis qu'elle figure en couverture du Photo Poche n° 46. Dans cette prestigieuse collection, c'est le numéro qui lui est consacré.

    Impossible toutefois de ne pas saisir le caractère prémonitoire de cette photo, car Vincent son fils aimé, ou plutôt comme il le précisait: le fils de Marie-Anne, décédera en 1987, à 47 ans, dans un accident … de deltaplane.

    Marqué à jamais par la disparition de Vincent dans ces brutales circonstances, Ronis décide en 1994, (il a alors 84 ans !) - peut-être comme pour conjurer le sort - de faire son premier saut en parachute. Pour l'occasion, il n'omettra pas d'immortaliser la scène avec son Minox. Mais Willy, le perfectionniste, n'est pas pleinement satisfait du cliché, il recommencera début septembre 1995 et pour ce second saut, cette fois-là il avait emmené son "Horizon à balayage" afin d'élargir le champ couvert. Le résultat vous est donné ci-dessous ...

     

    A suivre, la fin du voyage à Gordes : "Et le chat aussi … "

     

    >> La terrasse de "Vincent aéromodéliste".

    >> La fenêtre de la cuisine de la "Maison Vieille" à Gordes.

    >> Couverture du Photo Poche n° 46 consacré à Willy Ronis.

    >> Willy Ronis parachutiste, autoportrait pris avec un "Horizon" à balayage (1995).

    >> Lire aussi : "En visite chez Le Nu Provençal".

     


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  • En visite chez "le nu provençal" …

    Le Nu Provencal, Gordes, 1949 © Willy Ronis

    On connaît ici mon admiration pour Willy Ronis et mon attachement à ses photos qui savent si bien décrire le Paris que j'aime, celui des petites gens et des quartiers populaires de Belleville et de Ménilmontant.

    Mais il est une autre partie de son œuvre que je méconnaissais et que je souhaitais explorer plus avant, il s'agit de ses photos réalisées en Provence et plus particulièrement dans les deux villages du Vaucluse où il résida successivement, à Gordes puis à l'Isle sur la Sorgue.

    A ce propos, Willy nous dit :"En juillet 1947, j'emmène à moto ma femme dans le Vaucluse. Le village de Gordes nous fascine et nous y trouverons l'année suivante une ruine, sans eau ni électricité, pour les vacances futures".

    Et, le mois dernier, je me suis rendu dans le Vaucluse et j'y ai retrouvé cette maison, en partie grâce à l'aide de la Mairie de Gordes que je remercie vivement. La ruine dont nous parle Ronis, justement appelée "Maison-Vieille", est aujourd'hui devenue une résidence secondaire de charme, appartenant depuis près de 30 ans à une famille étrangère qui … et c'en est presque comique, … ne connait rien de Ronis, ni de l'histoire de cette maison … ! Comique mais un peu décevant tout de même …

    Mais qu'importe, car pour moi l'émotion est bien là lorsque que je découvre le lieu exact où Willy Ronis réalisa plusieurs de ses images cultes. Ainsi, sur la façade principale, j'ai en face de moi la fenêtre de la chambre du premier étage qui est celle du "Nu Provençal". Puis, au rez-de-chaussée, la fenêtre de la cuisine-séjour qui servie de cadre au cliché intitulé "Vincent Aéromodéliste" et je retrouve même la petite fenêtre de l'entrée, avec sa barre de défense, qui est celle du "Chat derrière la vitre". C'est donc là, dans cette haute maison aux volets verts et aux pierres blanchies par la chaleur du midi, qu'ont été pris successivement dans les années 1949, 52 et 57, ces trois mythiques clichés.

    Voyons tout d'abord "Le Nu provençal". Incontestablement c'est la photo fétiche de Ronis, une photo mondialement connue, au sujet de laquelle il avait coutume de dire : "Le miracle existe. Je l'ai rencontré". Et c'est Philippe Sollers, dans l'ouvrage "Nues", qui en parle le mieux: "La composition est magistrale, elle dit la vraie joie de vivre dont notre époque est si tragiquement et piteusement dépourvue. Le miroir, la cuvette, le petit tapis, les craquelures du sol, voilà des cercles qui ne demandaient qu'à dialoguer. La fenêtre ouverte, le volet, le mortier, le pichet, la chaise se répondent dans la verticale (cette photo aurait ravi Cézanne). Tout vit, tout vibre doucement et veut être vu. Le corps nu est la résultante de cette magie matérielle. La lumière est là pour dire l'harmonie indestructible de l'ensemble (soleil sur les épaules, bénédiction du temps). On est tellement loin de l'imagerie exhibitionniste et grimaçante d'aujourd'hui qu'on se demande si ce conte de fées a pu exister.

    Ronis parle de miracle. Il a raison, c'en est un que seul celui qui en a vécu un semblable peut comprendre".

     

    A suivre, dans un prochain billet sur ce voyage à Gordes, un autre cliché culte: "Vincent aéromodéliste".

     

    >> Le Nu Provençal (les 3 autres prises sur la planche contact), Gordes, 1949

    >> La Maison de Willy Ronis à Gordes (1948-1958) dont trois fenêtres ont servi de cadre à trois photos mythiques.

    >> A lire aussi : "Sur la traces des domiciles parisiens de Willy Ronis".


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  • Le lieux retrouvés de Parisperdu.

    Lieux Retrouvés n°44, le 10 rue des Mûriers Paris 20ème

     

    Une composition supplémentaire dans l'album des Lieux retrouvés.

    Cette album montre des photographies où sont associées, mêlées ou superposées sur une même image deux vues d'un même lieu : l'une en couleur et l'autre en noir et blanc. Ce dédoublement, ou ce collage, puise sa raison d'être dans un questionnement lié à la mémoire. En effet, il ne s'agit pas de créer un document réel, mais plutôt de faire apparaître concomitamment plusieurs strates temporelles: celle du passé (l'image en noir et blanc) étant partiellement recouverte par celle du présent (l'image en couleurs). C'est ainsi une façon de s'interroger sur ce que pourrait être une photographie objective, en dressant le constat de l'impossibilité pour l'instantané photographique de décrire le réel tel qu'on le perçoit, c'est-à-dire avec une dimension spatio-temporelle supplémentaire : celle de la mémoire.


    >> L'album des Lieux retrouvés.


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