• Une ville toute en poésie.

    Villa des Lilas_Paris 19ème.

     

    Nous sommes dans le fameux secteur pavillonnaire de la Mouzaïa, un quartier qui vous fait instantanément penser que vous avez quitté Paris tant cette hauteur parisienne a l'exacte allure d'un calme quartier de province. Ici, les habitations hétéroclites sont desservies par de petites ruelles pavées nommées Villa.

    Une Villa, située sur le côté pair de la rue de la Mouzaïa, mérite une attention particulière, c'est la Villa des Lilas. Son calme, sa jolie enfilade de pavillons, ses petits jardins et son allée fleurie permettent l'évasion absolue !

    Mais si on est attentif, on remarque que les maisons situées en bordure de la rue Mouzaïa sont sensiblement plus grandes que celles situées au centre des Villas et révèlent par quelques détails, la gentrification très avancée du quartier où, depuis une vingtaine d’années, les "classes populaires" ont progressivement disparu en raison de l’augmentation des prix de l'immobilier. On constate aussi que les nouveaux propriétaires ont réalisé quelques aménagements pour apprivoiser les lieux à leur propre mode de vie, et ont de ce fait modifié un peu l’homogénéité initiale de la Villa.

    Plus loin, avant le 59 de la rue de la Mouzaïa, on trouve l'un des trop rares commerces du quartier: le restaurant-concerts associatif : "Les petits joueurs".

    Villa des Lilas, il n'y a aucune inquiétude à se faire face au développement tentaculaire des villes qui finissent par engloutir leurs habitants. Ici on reste dans une cité à l'échelle humaine, dans une ville tout en poésie qui permettrait même de faire sienne cette citation d'Alain Robbe-Grillet: "Le réel est toujours plus étrange, plus beau, plus irréaliste que cette image conventionnelle et sans surprise qu’on cherche à nous imposer."


    >> La Mouzaïa sur Parisperdu

     

     


    votre commentaire
  • Sans cesse ce lieu m'attire …

    En regardant cette image, lorsque l'on n'a jamais visité l'endroit, celui-ci peut sembler terriblement banal. Juste un escalier qui passe sous un immeuble au standing quelconque, et débouche sur une avenue. La belle affaire ! Alors pourquoi tout comme moi, des centaines, peut-être même des milliers de personnes viennent chaque année photographier ce lieu ?

    C'est qu'ici, précisément en cet endroit, l'un des plus grands photographes du siècle dernier a figé sur la pellicule une scène à la fois insolite, vivante et poétique. Le cliché s'intitule "Avenue Simon Bolivar et rue Lauzin" et le photographe n'est autre que Willy Ronis.

    Est-ce pour cela que sans cesse ce lieu m'attire … ? Oui sans doute. Mais il faut bien reconnaître que l'endroit n'a pas été choisi au hasard par le photographe. Tout le prédestinait à s'y arrêter : d'abord le trou béant sous cet immeuble qui aspire le regard tout autant qu'il l'inspire, puis l'escalier qui ordonne les plans dans l'espace et enfin la lumière de l'échappée visuelle: la lumière libérée par l'avenue.

    Alors bien sûr, en haut de l'escalier, on attend que, dans le champ, entre quelque chose d'aussi insolite, d'aussi vivant que sur le cliché de Ronis. Mais l'attente ne donne en général que de maigres résultats, car comme je le disais dans un précédent billet : "N'est pas Willy Ronis qui veut ... !". Mais qu'importe, je reviendrai bientôt, car c'est vrai, … sans cesse ce lieu m'attire.


    >> N 'est pas Willy Ronis qui veut ... !

     


    6 commentaires
  •  

    Le projet "PARIS SMART CITY 2050" : relookage de la rue de Rivoli 75001 Paris

     

    Alors qu'Anne Hidalgo a lancé le projet "Réinventer Paris", que d'autres traitent Paris de "Ville Musée" et que certains envisagent d'ériger 5 à 6 nouvelles tours dans la capitale, on peut légitimement se poser la question: mais où va Paris … ?

    Personnellement, j'ai un peu de mal à accepter l'argument ultra-éculé de "ville-musée" ... car en quoi est-ce un problème d'avoir un patrimoine riche et d'être ainsi qualifiée de "ville-musée" ?

    Le problème se poserait plutôt si l'on constatait que Paris était devenu une ville morte. Mais ville musée et ville morte sont deux choses différentes... Et, si quelque chose a "muséifié" Paris ce n'est pas parce qu'on aurait refusé la construction de gratte-ciels de verre et béton qui singeraient Shanghai ou Dubaï. La "muséification" de Paris vient plutôt du fait qu'on y a quasiment tué toute activité artisanale et industrielle et qu'après en avoir chassé les ouvriers, on est en train d'en chasser les classes moyennes.

    Il est patent de constater que l'architecture actuelle ne parle plus le même langage que celle qui a été accumulée dans la capitale depuis des siècles ... et c'est malheureux. Les nouvelles générations d'architectes se gargarisent de leur rupture avec l'architecture traditionnelle et, confinés dans leur égo, ventent les immeubles de grande hauteur. Or les tours à Paris sont un non-sens et surtout pas une modernité pour une ville plutôt horizontale et déjà très dense. De surcroît les tours sont un contre-sens écologique ... et "réinventer Paris" sur ce schéma en érigeant des constructions finalement esthétiquement médiocres serait une mascarade. Et quand certains envisagent de construire d'autres tours à Montparnasse, on cauchemarde.

    Il en va de même avec l'aménagement des grandes places parisiennes car on voit bien aujourd'hui les problèmes que pose la nouvelle place de la République. Créer ces grandes esplanades génère des difficultés pour la sécurité et l’ordre public. La place de République est devenue incontrôlable et les architectes et les urbanistes ont une grosse responsabilité face à l’utilisation des réseaux sociaux qui permettent d'y organiser des rassemblements en cinq ou dix minutes.

    Alors oui, plus que jamais, où va Paris … ?


    >> PARIS SMART CITY 2050, en savoir plus

    >> Place de la République

     

     


    4 commentaires
  •  

    Le Fort Dugommier, situé sur les hauteurs de Collioure, est à l’honneur … à Paris.


    Les Catalans de Paris qui passeront devant  les grilles du Jardin du Luxembourg, reconnaîtront le Fort Dugommier de Collioure, dans lequel l’artiste roussillonnais le plus connu à Paris, Marc-André 2 Figuères, a installé une fondation du patrimoine. Le projet de sa Fondation est la rénovation du Fort, et ce chantier vient d'être nommé "projet remarquable des Pyrénées-Orientales" par la Fondation Nationale du Patrimoine. Il faut savoir qu'il n'y a qu'un seul projet remarquable par département …

    Une rétrospective, en 80 panneaux qui célèbre les 20 ans de la Fondation du patrimoine, est en accès libre, du 17 septembre 2016 au 15 janvier 2017, Rue de Médicis – 75006 Paris


    >> Le Fort Dugommier

    >> La Fondation du patrimoine

    >> #FDP20ans

     


    votre commentaire
  •  

    Aubervilliers, 1947_Photo © Louis Stettner

     

    Le photographe de légende Louis Stettner est mort le 13 octobre, il venait d'avoir 93 ans. C'était un monument de la photographie. Une légende telle que le métier de photographe sait en façonner. Un voyageur de l'âme et du regard, un capteur d'émotions sensuelles et fabuleuses, un esthète dont l'écriture photographique savait rendre évident aux yeux de tous ce que lui seul voyait.

    Cet humaniste américain a immortalisé le pont de Brooklyn, les rues de Paris, les modes de vie des années 70… Il adorait la France, qu'il avait découverte après la guerre. Brassaï et Boubat étaient ses amis.

    Ses célèbres photographies des banlieues parisiennes étaient empreintes de douceur et d'humour. Et, pour sa dernière exposition: "Louis Stettner. Ici ailleurs", au centre Georges Pompidou cet été, il avait révélé ses derniers travaux réalisés dans les Alpilles car la France était vraiment son pays de cœur.

    Aux États-Unis, il descendait photographier les gens dans le métro, arpentait la Ve Avenue pour saisir les postures des passants, enregistrait les signes des changements sociaux.
    En 1990, il s'installe définitivement en France avec son épouse, à Saint-Ouen dans la banlieue parisienne où il continuera à prendre des photographies. Récemment il disait: "Avoir dû rester dans les frontières du réalisme a constitué une limitation, que j'ai ressentie comme une contribution à la puissance de mes images. La nature même de la photographie vous force à produire quelque chose de bien plus expressif que la peinture ou la sculpture ne pourraient le faire. Vous devez travailler en prise avec la vie réelle".

    Nous garderons de lui ses images, celles d'un certain regard. D'une certaine compréhension du monde. Celles d'un certain bonheur aussi …


    >> Louis Stettner, site officiel.

    >> "Louis Stettner, Ici ailleurs", Exposition Centre Pompidou, Paris Galerie de photographies, septembre 2016.

    >> La photo humaniste sur Parisperdu.

     


    votre commentaire