Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
Exprimez-vous:
@ Contact
Cette création est protégée
par Creative Commons. ![]()
Toutes les photos sont de l'auteur:
© Pierre Barreteau
sauf mention particulière.
Vignette d'accueil:
Photo André Kertész
© Claude Even
Autre blog:
pertiNantes
Depuis le 14-11-2005 :
1504780 visiteurs
Depuis le début du mois :
106110 visiteurs
Billets :
306 billets
Carrefour des rues des Envierges, des Couronnes, de la Mare et des Cascades (1997)
Dans les années 50, pendant une dizaine d'années, j'ai habité au 31 de la rue des Envierges. A l'époque les gens disaient que cet immeuble - tout en longueur - était un ancien couvent ! En effet, n'était-il pas adossé aux locaux d'une communauté qui avait compté jusqu'à une centaine de nones et dont l'entrée se trouvait rue de la Mare ? De surcroît, le portail du passage situé entre le 29 et 31, n'appartenait-il pas à ces religieuses?
Il se disait même que ce couvent était là, bien avant la création du quartier et qu'il aurait par la suite donné son nom à la rue, qui a l'époque se serait appelée LA RUE DES CENT VIERGES !....
C'était plausible ... mais pas prouvé. Etait-ce une pure invention ou une légende reposant sur un fond de vérité historique ... ? Mystère, mais en tout cas, moi je croyais assez à cette histoire...
Il faut dire que l'expression "Cent vierges" a bien souvent été porteuse d'inspirations plus ou moins délirantes.
Ainsi, à Carrion de los Conde, dans la province espagnole de Leon, on évoque la légende des Cent vierges qui devaient être livrées aux Maures en vertu d'un traité avec le Calife de Cordoue. Elles furent sauvées, après intervention de la Vierge Marie, par quatre taureaux furieux qui firent s'enfuir les Arabes.
Aujourd'hui encore, une certaine lecture du Coran, peut porter à penser que Dieu dédommagerait le martyr qui sacrifie sa vie pour sa foi, en lui accordant 70 (ou 72 ?) vierges, pour épouses, et pour son bonheur éternel !
Et enfin, pour terminer sur une note plus légère et plus réaliste, signalons que Charles Lecocq, un contemporain d'Offenbach, est le compositeur inspiré d'une opérette intitulée ... "Les Cent Vierges".
Vous voyez que je ne suis pas le seul à être intéressé par ce thème fantasmatique de cette multitude de vierges !
>> "Les Cent Vierges" de Charles Lecocq ...
>> Y a-t-il 70 vierges qui attendent les terroristes-martyrs au "paradis d'Allah"?
Publié par barreteau à 10:48:25 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (3) | Permaliens
A Belleville, le haut de la rue des Envierges - avec son panorama unique sur Paris - a de tout temps attiré les réalisateurs de films.
En 1950, j'y ai vu tourné plusieurs scènes du "Château de verre", un film de René Clément avec Jean Marais et Michelle Morgan. J'ai aussi assisté au tournage d'une séquence d'un film dont je me souviens plus du titre ... Kirk Douglas y jouait un soldat de l'armée américaine libérant Paris.
Dans le passage Botha, j'ai été époustouflé par des ouvriers du "septième art" qui ont transformé, en moins d'une heure, une cordonnerie en menuiserie : rien n'y manquait, établi, outils, copeaux, ... le décor de la devanture fut posé d'un seul morceau.
C'est là aussi, que j'ai pu voir, de très près, Serge Reggiani et Simone Signoret "en costume 1900" pour une scène de "Casque d'or". Pour ce film mythique, nous, les gamins du quartier, avons joué "à chat" et ... nous étions même ... payés pour cela !
Et c'est dans cet immeuble d'angle, au dernier étage, que fut tourné - 1959 - une séquence du film d'Henri Verneuil "Le Grand Chef", avec Fernandel et Gino Cervi en kidnappeurs d'un petit diable. Tout en haut de ce longiligne immeuble, depuis la toute dernière fenêtre, on voyait, dans l'immeuble d'en face, la boutique du marchand de vin Letourneau chez qui on allait chercher le gros rouge "à la tireuse", en se servant soi-même ...
Mr Letourneau faisait également "bar", et c'est-là qu'un jour, Raymond Pellegrin offrit un café au jeune homme que j'étais alors...
>> "Le Grand Chef", un film d'Henri Verneuil
>> Raymond Pellegrin : un acteur français qui effectua une grande partie de sa carrière en Italie.
Publié par barreteau à 16:16:18 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (2) | Permaliens
Madame Polet, était une concierge plutôt autoritaire ... elle sortait de sa loge à chaque fois que quelqu'un entrait dans l'immeuble : c'était systématique!
Un jour, en rentrant de l'école, Madame Polet me dit: "Tiens, voilà une lettre pour ta mère!". Et, comme j'attaque "la grimpette" pour le troisième étage, elle me lance : "Merci !!" Je rétorque : "Merci". Et j'entends alors : "Merci qui ?... Merci mon chien ?"
Je ne comprenais pas très bien ce que son chien, un roquet pelé et puant, venait faire dans l'histoire ... mais ne voulant pas la contrarier, et, alors que j'atteins déjà le deuxième étage, je lui crie ..." Merci mon chien !"
Heureusement que j'étais déjà loin car j'aurais certainement eu droit à des coups de balai.
Publié par barreteau à 09:24:43 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (2) | Permaliens
Souvenez-vous : Jean Ro. a déjà rencontré ce « clown triste » dans le métro. Aujourd'hui, il poursuit la narration de la vie de son proche voisin.
"Un copain de classe m'apprit que son frère connaissait bien Fernand Reynaud. Il allait régulièrement chez le fantaisiste qui ainsi testait de nouveaux sketchs. C'est par ce canal que j'ai su que Fernand Reynaud, mort de trac, ne pouvait entrer sur scène quand étant légèrement pompette...
Cela n'avait pas d'incidence fâcheuse jusqu'au jour où il s'acheta sa première voiture. Car Fernand, devenu une vedette, ne prenait plus le métro ... il avait une voiture !
Pour en finir avec les explications - qu'il devait fournir à son entourage - sur les bosses qui apparaissaient fréquemment sur son automobile, Fernand décida d'en acheter une deuxième : identique à la première, sa sœur-jumelle ... Ainsi, quand l'une était au garage en réparation, il roulait avec l'autre.
Une seule fois j'ai vu les deux voitures garées l'une derrière l'autre dans la rue Piat... Deux superbes Chevrolet "Bel Air" blanches dont peu de gens savait à qui elles appartenaient. Car, bien qu'ayant débuté à la télévision dans l'émission "36 Chandelles" de Jean Nohain, Fernand n'était guère connu des gens de notre quartier, dont la majorité ne possédait pas encore de téléviseurs ...seuls quelques gens aisés, et certains commerçants avaient accès à cette innovation.
Fernand vivra dans ce quartier du haut-Belleville jusqu'a son mariage, et il ne serait pas étonnant que ce soit chez "Pompom", le crémier du coin qu'il eut l'idée de son célèbre sketch " Les œufs cassés et les pas cassés" ...
Publié par barreteau à 09:21:47 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (2) | Permaliens
Quand je l'ai vu pour la première fois, c'était près d'un café, à l'heure de l'apéro.
Il allait chercher son breuvage matinal chez " Pompom" un diminutif donné, par les gens du coin, au crémier italien du quartier. Tout comme son voisin Letourneau qui vendait son vin à la tireuse, "Pompom" vendait son lait à la louche.
La seconde fois que je l'ai vu, c'était un soir, très tard, dans le couloir de la station de métro Pyrénées où j'étais venu raccompagner ma copine du moment. Il m'est apparu à l'instant précis où j'embrassais une dernière fois ma dulcinée, avant qu'elle n'attrape le dernier métro.
Il avait encore son même manteau noisette et sur la tête un drôle de "galure", un chapeau ridicule, genre madrilène. Nous nous sommes regardés. Son visage portait encore des traces de maquillage et avait quelque chose de pathétique... un clown triste!
Je regardai s'éloigner un homme fourbu par sa soirée de travail au cabaret, un artiste au début de sa carrière ... Je regardais rentrer chez lui, dans ses habits de scène, ... Fernand Raynaud.
>> Cet anonyme emprunte un escalier également ... anonyme. L'escalier qui relie la rue de l'Ermitage à la rue des Cascades était à l'époque seulement répertorié "voie U/20", jusqu'à ce qu'il prenne, en 1994, le nom de ... Rue Fernand Raynaud.
Publié par barreteau à 10:17:42 dans Jean Ro. un gamin de Paris ... | Commentaires (1) | Permaliens
Parisperdu recommandé par:

blogs à part

![]()
Une sélection "Photo" de la





Vous avez dit ...