• Belleville : "East side story " (1/4)

     

    Il y eut une époque où le quartier de Belleville avait pour le parisien à peu près la même réputation que celle que peut avoir aujourd’hui le Bronx pour les new-yorkais.
    Bien que fortement atténuée par une considérable mutation urbaine et sociale, cette image perdure encore quelque peu de nos jours.

    Il n’est pas indifférent dans le destin de ce quartier qu’il se situe sur une colline.
    Paris compte en effet une demi-douzaine de collines: la Butte-aux-Cailles, Montparnasse, Montmartre, Belleville et Ménilmontant, … collines dont l’abandon aux classes pauvres, laisse à penser qu'à l’époque d'Haussmann, les sites en hauteur n’étaient pas dignes du nouvel urbanisme.

    Sur ces collines, restées à l’état de villages, avec leurs vignes, leurs asperges, leur bétail et leurs volailles, … le mode de vie rurale continua de résister longtemps. Leurs habitants se retrouvaient "à la campagne à Paris", nom que porte encore d’ailleurs deux ou trois quartiers pavillonnaires, désormais minuscules.

    Cette résistance rurale évolua ensuite par les renforts qu’apportèrent à ces collines des laissés-pour-compte et des mécontents de tout acabit, ceux-ci atterrirent ici non seulement pour des raisons foncières (le prix modéré des loyers), mais aussi pour des motifs politiques, ou tout au moins par une attitude de désapprobation de la société mercantile qui se construisait en bas. La classe dangereuse ruminait ses mauvais coups sur ses hauteurs, "prête à fondre sur les beaux quartiers ".

    Les points géographiques élevés possèdent pourtant des atouts pratiques certains (grand air, luminosité, vastes panoramas, territoire facile à défendre), ainsi qu’une psychosociologie spécifique car leur exiguïté et la difficulté d’accès leur donnent un caractère quasi-insulaire où l'on cultive sa différence.

    Concernant Belleville, l’agrément du paysage, vu du belvédère, pourrait avoir été si déterminant dans le caractère du lieu qu’il serait à l’origine même de son nom, dérivé de Beauregard (le nom de la butte de la Place des Fêtes à l’origine), en passant par Bellevue (encore de nos jours le nom d’une rue près de cette Place).

    Cette histoire urbaine mouvementée pose quelques problèmes quant aux représentations des habitants de Belleville par rapport au centre de Paris. Il y a certainement une identité bellevilloise, mais Belleville appartient clairement dans les esprits à Paris intra muros. L’ex-village et ancien faubourg regarde d'ailleurs d’assez haut la nouvelle banlieue.

    "Belleville", ce terme qui englobe de plus en plus Ménilmontant comme un sous-quartier, possède à la fois la réalité urbaine d’un noyau dur évident (de la Place des Fêtes vers le sud, le long de la rue de Belleville, jusqu’aux alentours du boulevard du même nom, axe réunissant le Haut-Belleville et le Bas-Belleville), et des limites subjectives floues.

    Si les habitants de la Place des Fêtes prétendent couramment habiter Belleville, il en va encore de même des riverains de l’Est de la Place Stalingrad, de l’autre côté des Buttes-Chaumont, où des personnes estiment habiter Belleville "à sa limite avec Paris", expression étonnante qui montre que certains de ses habitants limitrophes tiennent à bien distinguer Belleville de Paris !

    A suivre …

     

     

    >> Voir aussi : "Dans la jungle de Belleville".

     

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  • Commentaires

    2
    Danielle
    Lundi 6 Juin 2011 à 09:08
    Belleville
    Moi aussi car je suis nee rue des solitaires en 1951
    1
    Sarah
    Samedi 4 Juin 2011 à 21:22
    J'aime (2)
    Sarah Kuster et Gérard Lavalette aiment ça
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