• Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

    “Brouillard au Pont de Tolbiac”, dessin de Jacques Tardi (1982).

     

    C'est une longue histoire qui a connu son épilogue au cours de l'année 2017. Le viaduc de Tolbiac, cher au détective Nestor Burma, décrit par Léo Malet, filmé par Jean-Pierre Melville et dessiné par Jacques Tardi a été "recyclé" en février 2017.

    L'affaire débute en février 96, quand la Semapa, chargée de l'opération "Seine-Rive Gauche", commence le démantèlement du viaduc. A l'époque, explication alors toute poétique de la Semapa, : "Il y avait incompatibilité de l'ouvrage existant avec le parti pris architectural de la ZAC". Un "parti pris" qui consistera à déverser sous forme de dalle un vaste tapis de béton pour recouvrir l'ensemble des voies ferrées surplombées par le viaduc.
    Mais sa condamnation n'a provoqué ni l'émotion ni la mobilisation qui avaient par exemple sauvé de la casse l'hôtel du Nord. Car en effet, les aménageurs, échaudés par la contestation que suscite l'ensemble de leur ZAC, ont pris soin de ménager le "symbole" : le pont ne sera pas détruit, mais démonté. Une nuance qui permet à la Semapa de balayer les critiques et d'assurer que le pont sera un jour remonté. "Sa réinstallation sera d'autant plus emblématique qu'elle se fera à proximité de son implantation première et dans un délai rapide pour que sa mémoire ne s'efface pas", affirme alors sans coup férir la directrice générale de la Semapa.

    La carcasse du viaduc ­est donc démontée, en trois morceaux, ripée en dehors du site ferroviaire­ et entreposée dans la petite gare d'Auneau, dans l'Eure-et-Loir !

    Il faut bien dire que les aménageurs du XIIIe ont démontré une méconnaissance totale du patrimoine populaire de ce secteur. L'histoire du pont colle pourtant à celle de l'arrondissement. Construit en 1895 pour remplacer une passerelle en bois, il a été bâti à l'image du petit peuple de ces quartiers : pas beau, mais solide et utile.

    Bien sûr, le pont ne sera jamais réinstallé. Comme la fameuse rue Watt, sacrifiée elle aussi sur l'autel de la ZAC, c'est encore un lieu identitaire fort du Paris populaire qui passe à la trappe.

    Fin 2016, la Semapa passe un appel d'offre pour un "marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Auneau (28)".
    Courant 2017, les quelques 600 tonnes de l'ouvrage partent pour un site sidérurgique dont la destination exacte a été gardée confidentielle.
    Que voulait-on cacher ? Que craignait-on vraiment ? L'annonce de sa "valorisation" ne pouvait plus alors émouvoir personne … sauf peut-être quelques cheminots à la retraite …

     

    >> La saga du viaduc de Tolbiac sur Parisperdu : 

    -  Le viaduc de Tolbiac.

    - Le viaduc de Tolbiac (Suite) ....

    - Viaduc de Tolbiac, où es-tu ?

    >> "Marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Aneau (28)" passé par la Semapa.


    >> La Semapa reconstruira le viaduc !

     


    votre commentaire
  •  

     Signal éthique …

     

    "Par les chemins antidérapants" dit la signalétique … et l'information est plus qu'utile car les abords de la Très Grande Bibliothèque (TGB) peuvent se révéler, par temps de pluie, aussi glissants que la surface d'une patinoire. Ces terrasses revêtues d’un plancher en ipé ont été, dès leur mise en service, du plus bel effet, tant ce bois exotique apportait une touche de douceur face à tout le béton de la ZAC Paris Rive Gauche. Mais très vite les chutes de piétons sont devenues innombrables et ont provoqué la fermeture provisoire de certaines zones du parvis. Désormais, le platelage a été incrusté de bandes de résine antidérapantes destinées à éviter chutes et glissades, mais le signal éthique ou si l'on préfère la signalétique s'impose toujours et prévient : "Attention aux dérapages"

     

    Autres billets sur la TGB:

    >> Ici s'arrête le monde …

    >> Le jardin interdit.

     


    votre commentaire
  • Rue Ulysse Trélat.

    C’était la seule rue de Paris sans aucune numérotation car aucune habitation ne la bordait.
    Elle partait de la rue du Chevaleret et montait sur le pont de Tolbiac. Mais, au milieu des années 90, elle a été rayée de la carte, en même temps que le célébrissime viaduc de Tolbiac.

    On peut toutefois la retrouver dans des BD dont l'histoire se déroule dans le 13ème arrondissement, tels "Brouillard sur le pont de Tolbiac" de Tardi, ou plus récemment "Le cahier bleu" de Juillard.
    Dans ce dernier album, Planche 46, case 5 : rue Ulysse Trélat, Victor (l'un des personnages principaux) passe près des arches surplombant la rue du Chevaleret, mais le cadrage choisi par Juillard est devenu impossible à reproduire aujourd'hui car la rue Ulysse Trélat n'existe plus.

    Mais si la rue a effectivement bel et bien disparu, on trouve aujourd'hui dans ce secteur du 13e arrondissement de Paris, un square Ulysse Trélat, … comme si la Ville avait eu quelques remords d'avoir supprimé la rue éponyme.


    >> Le cadrage choisi par Juillard.


    >> Juillard, 13 ème Paris

    >> Le cahier bleu / Juillard.


    1 commentaire
  • Rue du Loiret_ Paris 13ème

     

    La rue du Loiret a été ainsi nommée en raison de son voisinage avec le chemin de fer qui desservait ce département. Elle a été profondément restructurée par les lourds travaux entrepris dans la zone car elle est située dans un secteur qui a beaucoup souffert de la vague effrénée de modernité de la déferlante ZAC Paris Rive Gauche…

    Sous le crayon de Tardi, Nestor Burma, le détective créé par Léo Mallet, parcourt souvent la rue du Loiret. Et, sur l'une de ses planches, le bâtiment que l’on voit au fond est une ancienne gare de la petite ceinture: la station Masséna. Depuis maintenant longtemps, elle a perdu son caractère unique de terminus de campagne, dans son impasse, sous ses arbres qui autrefois cachaient sa passerelle de correspondance et ses quais un peu aériens.

    Tout près, c'est une rue que sa nullité même avait fini par rendre célèbre. Il y a encore une vingtaine d'années, avec ses tabliers de ponts qui recouvrent et obscurcissent presque la moitié de son parcours, la rue Watt dégageait une atmosphère unique, à la fois sinistre mais attachante. Elle est aujourd'hui méconnaissable car devenue une sorte de long tunnel bétonné sans aucune âme.

    Un peu plus loin, rescapée de la démolition systématique du secteur, l'usine de la Compagnie Parisienne de l'Air Comprimé a fière allure, avec sa haute cheminée et son hall vitré, elle tient encore la dragée haute aux blocs vitrés des bureaux neufs qui maintenant la cerne de toute part.

    Décidément, les balades dans le 13ème réservent beaucoup de surprises…


    >> La Station Masséna sur Parisperdu.

    >> La rue Watt sur Parisperdu.

    >> L'usine de la Compagnie Parisienne de l'Air Comprimé, toujours sur Parisperdu.

     

     

     


    votre commentaire
  •   Pas de fumée sans feu …

     

    Ces deux cheminées qui crachent d'imposants panaches de fumée, sont celles de l’usine d’incinération des déchets ménagers d’Ivry-Paris 13. Depuis le début des années 70, elles font partie du paysage du sud parisien. Mais l'usine sera bientôt obsolète et, même si la date de sa fermeture à été repoussée à 2023, une concertation sur son avenir est d'ores et déjà en cours.

    Si son incinérateur est l’un des plus grands d’Europe, l’incinération ne sert pas seulement à éliminer les déchets, elle dégage de la chaleur qui est récupérée et sert notamment à chauffer des bâtiments et des logements.

    C'est le dimensionnement de la future usine qui pose aujourd'hui problème, et nourri le débat entre les partisans et les opposants au projet de reconstruction. Certains, comme le Syctom (Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères), jugent la capacité prévue réaliste et permettant une continuité du service public de traitement des déchets. D’autres en revanche, comme le collectif 3R (réduire, réutiliser, recycler) estiment qu’il faudrait davantage agir sur la réduction des déchets à la source et en conséquence prévoir un site plus faiblement dimensionné. Certains opposants vont même jusqu’à remettre en cause la reconstruction de l’incinérateur, considérant que ceux d’Issy-les-Moulineaux et de Saint-Ouen sont suffisants.
    Le débat devrait être tranché d'ici la fin de l'année … A suivre donc.

     

    >> Image de synthèse du projet du futur centre d’incinération d’Ivry-Paris XIII du Syctom.

     

    >> Le débat s'invite au Sénat.

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique