• La halle de Freyssinet (Paris 13ème) en 2005, époque où elle accueillait encore le centre de fret de la SERNAM.

    Le combat pour la survie de la Halle Freyssinet que l'on croyait enfin gagné, risque de repartir de plus belle à la suite de nouvelles prises de positions de la mairie de Paris. La ville a en effet récemment demandé que la Halle soit désinscrite de l'inventaire supplémentaire des monuments historiques !

    Dans quel but ? Sans aucun doute pour avoir la libre disposition des terrains, car maintenant que la SNCF a accepté le principe de vendre la Halle à la Mairie de Paris, cette dernière demande rien de moins que la destruction de six des trente travées qui la composent (quatre d’un côté, deux de l’autre). Un peu comme si l’on amputait une église dans le sens de la longueur !

    Pourtant aujourd'hui, il reste peu de chose du patrimoine de Freyssinet, génie du béton dans les années 30. Ses halles de Reims ont été sauvées in extremis en 1992, mais beaucoup d'autres ouvrages ont été détruits. Dernièrement encore, une usine dans le sud de l'Ile de France a purement et simplement été rasée. A Paris, dans le 13ème arrondissement, la Halle Freyssinet était l'un des derniers symboles d'un Paris ouvrier. Mais qu'en reste-t-il aujourd'hui, on ne reconnaît rien …

    La désinscription, relève maintenant de l’État. La décision n’est pour l’instant pas rendue, le pouvoir politique étant partagé entre attentisme et risque de perte de crédibilité car il faut bien dire que la gestion de ce dossier est - comment dire ça poliment ? - un désastre.


    >> "4 d'un côté, 2 de l'autre …" : c'est le projet de double amputation de la halle Freyssinet !

    >> Les halles de Reims.

    >> La Halle Freyssinet devient très tendance ...

    >> Rue Louise Weiss.

     

     

     


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  • La gare du boulevard Massena en mars 2012 (Paris 13ème)

    J'aimais bien la façade ocre rouge de la station Masséna, avec le petit cartouche indiquant tout en haut "Chemin de fer", et à l'intérieur ses volées de marches assez monumentales. Le calme qui régnait aux environs de cette gare était trompeur quant à son avenir. Elle ne tarda pas, en effet, à subir les contrecoups des grands chamboulements qu'ont connus les abords d'Austerlitz.

    Un temps reconverti en station "Boulevard Masséna" du RER C, les trains ont fini par déserter les lieux et, après avoir été abondamment squattée et outrageusement maquillée, la gare est désormais en piteux état.

    Il y a peu de chance qu'elle conserve son caractère unique de terminus de campagne, dans son impasse, sous ses arbres qui autrefois cachaient sa passerelle de correspondance et ses quais un peu aériens.

    La Ville de Paris qui a acheté le bâtiment à la SNCF souhaite désormais le convertir en un lieu dédié aux "Arts de la rue, du cirque et de la marionnette" …, mais le financement n'est pas bouclé et le projet traine.

    Un peu plus loin, c'est une rue que sa nullité même avait fini par rendre célèbre. Il y a encore une vingtaine d'années, dans la rue Watt, au-delà des tabliers des ponts qui  recouvrent et obscurcissent presque la moitié de cette rue, il y avait encore quelques maisons dont les habitants devaient avoir les nerfs solides et de gros chiens.

    Il n'y maintenant ici plus trace de vie entre les blocs vitrés de bureaux neufs et la rampe qui monte sur les voies. C'est interdit, mais c'est ouvert. Je monte. Le plateau ferroviaire est immense, beaucoup plus que ce que j'imaginais. Beaucoup plus que lorsque je l'observais depuis le viaduc de Tolbiac, maintenant détruit. C'est sans doute le fait d'être au niveau des rails. Des rails où rien ne roule.

    Tout près, rescapée de la démolition systématique du secteur, l'usine de la Compagnie Parisienne de l'Air Comprimé a fière allure, avec sa haute cheminée et son hall vitré où vient se refléter le soleil couchant.
    Les restes ferroviaires et industriels du vieux 13ème ont encore de la gueule !


    >> La passerelle du samouraï.

    >> Les "Lieux Retrouvés de Parisperdu" : n°037_Gare Massena

    >> Est-ce encore la rue Watt ... ?

    >> L'usine de la compagnie parisienne de l'Air comprimé, sur Pariperdu.



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  • Bar de la Poste (près du Centre de Tri d'Austerlitz) - rue Bellièvre _Paris 13ème

    Je regrette de ne pouvoir boire un verre au bar de la Poste: il est à présent fermé de telle manière qu'il ne rouvrira certainement jamais.

    Dans ce quartier, les bars traditionnels ont d'ailleurs tous fermé, les uns après les autres. Puis les petits immeubles où étaient logés ces bistrots ont été rasés pour faire place, dans ce secteur de la ZAC Paris Rive Gauche, à l'édification d'énormes parallélépipèdes de verre et de béton.

    Au rez-de-chaussée de ces horreurs, on trouve parfois un établissement censé remplacer le bar disparu. Mais ce ne sont que Fast-food, Lounge-bar avec ou sans DJ, Café chicha ou narghilé, Buddha-bar, Bar à Cocktails, After Work,  Happy Hours et Tapas …

    Bref, c'est la course à l'ultime mode, le surf sur la dernière vague. Tout cela certes dans une atmosphère festive mais aussi très superficielle … et bien loin des vieux rades du quartier où le coudoiement au zinc créait du lien social bien réel.

    Aujourd'hui, le Lounge bar: "The place to see before you die" te fait penser que tu es dans un lieu important, tout comme Twitter te fait croire que tu es une personnalité, Instagram que tu es un photographe et Facebook que tu as des amis …
    Le réveil va être difficile !

     

    >> Voir aussi : 19 rue de Bellièvre

     


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  • La place Pinel aujourd'hui _ Paris13ème (© Google Maps)

    Il a quelques dizaines d'années, lorsque vous empruntiez la ligne 6 du métro, en direction de Nation, juste avant la station Nationale, vous aviez une vue plongeante sur un vaste espace … complètement désert !

    Il y avait là un cercle d'une centaine de mètres de diamètre, dallé de grandes plaques de ciments plus ou moins disjointes, recouvrant tant bien que mal d'anciens pavés. Pas un arbre, pas la moindre végétation, ici il n'y avait que le vide ….  
    Un lieu "vide de centre" et d'une certaine manière "vide de sens". C'est ainsi que vous apparaissait, la minérale Place Pinel, en contrebas, par les vitres du métro aérien.

    Autour de ce néant, bien au large : des immeubles bas où s'étaient installés quelques petits commerces, de rares artisans et des dépanneurs de petit électroménager, dans ces années 70 où Moulinex régnait sans partage sur son marché.

    Longtemps j'ai trouvé cet endroit totalement improbable dans une ville comme Paris.
    Au cœur de la cité, la place Pinel dégageait une curieuse impression d'inachevée, son vide procurait comme une gêne, une sensation dérangeante …

    Mais comme la ville a horreur du vide, on finit par aménager l'ensemble, par combler l'espace, … tout l'espace. On a commencé par la périphérie avec la construction d'immeubles d'une dizaine d'étages.

    La place arrondie, un peu naïve, s'est alors peu à peu retrouvée rétrécie, défigurée par de volumineux immeubles cubiques qui s'inséraient souvent mal dans ses courbes.

    Quelques grossistes asiatiques de  matériels divers ont remplacé les dépanneurs Moulinex, … aujourd'hui, on ne dépanne plus, on jette et on rachète du neuf. Leader Price a chassé les petits commerces, la boucherie chevaline a fermé … mange-t-on encore du cheval de nos jours ?

    Puis, au centre, sur plusieurs cercles concentriques, on a planté des arbres, beaucoup d'arbres et disposé des bancs semblables à des pierres tombales. De grosses boules de verdure occultent désormais le centre de la place, coupent les perspectives et en masquent sa physionomie générale.

    Aussi maintenant, vu du viaduc du métro aérien, on devine la Place plus qu'on ne la voit. On n'image pas qu'il y a quelque temps, la place Pinel était bien différente de ce qu'elle est aujourd'hui. C'était alors un endroit totalement insolite … mais non dénué de caractère.


    >> La Place Pinel, à nouveau en cours de réaménagement.

     


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  • Le passage Vandrezanne - Paris 13e (2006)

    Prévert disait que c'est toujours dans les quartiers les plus pauvres que les noms de rues sont les plus beaux : rue des Cinq-diamants, Passage de la Main d'or, rue de la Goutte d'or, rue du Dessous-des-berges, rue de la Butte-aux-Cailles ...
    La "Butte aux Cailles", voilà en effet un joli nom pour cet endroit un peu retiré du 13ème arrondissement.

    Une butte ? Oui, il y en a bien une ... qu'escaladent quelques rues et escaliers.
    Mais des cailles ? Non il n'y en a pas. D'ailleurs il n'y en a peut-être bien jamais eu, car le nom du lieu ne ferait pas référence aux oiseaux mais à un certain Pierre Caille qui fit l'acquisition, en 1543, de cette modeste éminence, au pied de laquelle coule la Bièvre.

    Dans les années 1900, la ville de Paris mène d'importants travaux pour enterrer la Bièvre, et la butte prend progressivement son apparence actuelle.

    Aujourd'hui encore, le village du siècle dernier a peu changé. Et, en plein cœur de Paris, on peut découvrir un lieu incroyable qui doit sa particularité, aux carrières sous-terraines de calcaire qui empêchent définitivement la construction de bâtiments lourds.

    En 1900, Eugène Atget, en exploration par ici, avait photographié le passage Vandrezanne.
    Ce passage a été depuis métamorphosé. Mais c'est sans doute pour rappeler qu'Atget venait souvent poser sa chambre noire par ici, qu'au bout de la rue, des escaliers portent aujourd'hui son nom.



    >> Entrée du passage Vandrezanne sur la Butte-aux-Cailles en 1900. Photo d'Eugène Atget.



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