• Rue des Terres-au-Curé.

    Enfants prenant de l‘eau à la fontaine, rue des Terres-au-Curé, Paris 13ème, © Sabine Weiss 1954

     

    Il y a fort longtemps, un curé avait donc des terres, ici dans le sud du 13ème arrondissement. Des terres d'une si grande superficie qu'il avait dû autoriser un droit de passage aux riverains : un sentier connu sous le vocable de la "Coupe des Terres au Curé". Ce chemin qui s'étendait alors jusqu'au boulevard Masséna fut divisé en deux tronçons coupés par les voies du Chemin de Fer de Ceinture.
    Le premier tronçon qui aboutissait boulevard Masséna est devenu le square Masséna. Et, lors de l'urbanisation du secteur, le tronçon restant fut logiquement baptisé "rue des Terres-au-Curé".

    A ne pas confondre avec l'impasse du Curé qui est une voie située dans le quartier de la Goutte-d'Or au cœur du 18e arrondissement de Paris.

     

     

    >> La rue des Terres-au-Curé aujourd'hui, vue depuis la rue Regnault.

    >> Sabine Weiss et Parisperdu.

     


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  • Passage National, un rescapé du bétonnage.

    Le passage National vu à partir du 20 rue Nationale Paris 13ème

     

    Le long de la rue Nationale, dans le 13ème arrondissement, impasses et passages conservent le souvenir des derniers jardins ouvriers de Paris. Au cœur de ce curieux quartier qui associe les vestiges des constructions du XIXème siècle et la modernité des tours du secteur "Italie", surgissent de petits coins de campagne tels le passage National et le passage Bourgoin, tous deux préservés au milieu d'un bétonnage vertigineux. Cet étonnant contraste, confrontation de deux héritages, crée des atmosphères singulières.
    Mais comment en est-on arrivé là ?

    Tout d'abord, il faut savoir que les grands travaux des années 1960 avaient comme dessein de raser une grande partie des quartiers les plus dégradés de Paris. Aussi, dans le 13ème arrondissement, le long de la rue Nationale, les petits immeubles n'échappent pas à la politique de la table rase.
    Et, dans le cadre de l'opération dite des "Deux-Moulins", tout le quartier est détruit pour faire place à des ensembles de tours et d'immeubles de grande hauteur répondant aux idées de Le Corbusier. C'est ainsi qu'en 1975, le quartier des Olympiades voit le jour.

    Mais classé - dès 1953 - voie publique, donc indestructible, le passage National est miraculeusement préservé. Et si les habitations que l'on peut voir encore aujourd'hui dans le Passage sont fortement contrastées, cela s'explique par l'amplitude temporelle de ces constructions, les plus anciennes bâtisses datent de 1850 et les plus récentes des années 1980.

    Coincé entre deux opérations récentes de réaménagement urbain, "Paris Rive Gauche" et la ZAC "Château des Rentiers", le passage National va échapper une nouvelle fois aux projets d'urbanisme pharaonique grâce à l'association de quartier "Inter-Nationale Bourgoin" dont l'engagement a permis d'obtenir en 1989 la création d'un secteur protégé en Zone UD, zone urbaine de faible densité et à vocation d’urbanisation modérée. En 1991, la modification du POS abaisse à nouveau les coefficients d'occupation des sols et limite le nombre de niveaux des constructions à trois niveaux.
    Et c'est ainsi que la résistance des riverains a permis de sauvegarder les vestiges, non dénués de charme, d'un temps passé.

     

     

    >> Vue du Passage National, à partir du 25 rue du Château-des-Rentiers.

     

     

     


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  • Les Jardins "Abbé-Pierre - Grands-Moulins".

    Les Jardins "Abbé-Pierre - Grands-Moulins" Paris 13ème.

     

    Les jardins "Abbé-Pierre - Grands-Moulins" sont un ensemble de trois espaces verts situés dans le quartier de la Gare du 13e arrondissement de Paris, en plein cœur de l'opération d'aménagement Paris Rive Gauche.

    Sur plus de 12 000 m2, l'ensemble comprend trois espaces différents : le jardin de l'Avenue-de-France, le jardin Central et le jardin des Écoles.

    Surplombant ces jardins, une passerelle relie l'esplanade des Grands Moulins à la rue Marie-Andrée Lagroua Weill Hallé, une rue ainsi nommée en hommage à la gynécologue, fondatrice du mouvement français pour le planning familial. La passerelle permet de traverser l'ensemble de ce vaste espace, même de nuit lorsque les jardins en contre-bas sont fermés. Les rambardes en acier galvanisé sont équipées de diodes électroluminescentes qui changent de couleur en fonction de la température extérieure. C'est le seul ouvrage d'art à Paris bénéficiant de cette technologie innovante.  

    Les Jardins "Abbé-Pierre - Grands-Moulins" constituent un espace ouvert, aux usages multiples, mais sont aussi une oasis de végétation au cœur du 13e arrondissement, dans une ZAC Paris-Rive-Gauche particulièrement envahie par le béton !

     

    >> Les Grands Moulins sur Parisperdu.

     


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  • Le viaduc de Tolbiac a été "valorisé" !

    “Brouillard au Pont de Tolbiac”, dessin de Jacques Tardi (1982).

     

    C'est une longue histoire qui a connu son épilogue au cours de l'année 2017. Le viaduc de Tolbiac, cher au détective Nestor Burma, décrit par Léo Malet, filmé par Jean-Pierre Melville et dessiné par Jacques Tardi a été "recyclé" en février 2017.

    L'affaire débute en février 96, quand la Semapa, chargée de l'opération "Seine-Rive Gauche", commence le démantèlement du viaduc. A l'époque, explication alors toute poétique de la Semapa, : "Il y avait incompatibilité de l'ouvrage existant avec le parti pris architectural de la ZAC". Un "parti pris" qui consistera à déverser sous forme de dalle un vaste tapis de béton pour recouvrir l'ensemble des voies ferrées surplombées par le viaduc.
    Mais sa condamnation n'a provoqué ni l'émotion ni la mobilisation qui avaient par exemple sauvé de la casse l'hôtel du Nord. Car en effet, les aménageurs, échaudés par la contestation que suscite l'ensemble de leur ZAC, ont pris soin de ménager le "symbole" : le pont ne sera pas détruit, mais démonté. Une nuance qui permet à la Semapa de balayer les critiques et d'assurer que le pont sera un jour remonté. "Sa réinstallation sera d'autant plus emblématique qu'elle se fera à proximité de son implantation première et dans un délai rapide pour que sa mémoire ne s'efface pas", affirme alors sans coup férir la directrice générale de la Semapa.

    La carcasse du viaduc ­est donc démontée, en trois morceaux, ripée en dehors du site ferroviaire­ et entreposée dans la petite gare d'Auneau, dans l'Eure-et-Loir !

    Il faut bien dire que les aménageurs du XIIIe ont démontré une méconnaissance totale du patrimoine populaire de ce secteur. L'histoire du pont colle pourtant à celle de l'arrondissement. Construit en 1895 pour remplacer une passerelle en bois, il a été bâti à l'image du petit peuple de ces quartiers : pas beau, mais solide et utile.

    Bien sûr, le pont ne sera jamais réinstallé. Comme la fameuse rue Watt, sacrifiée elle aussi sur l'autel de la ZAC, c'est encore un lieu identitaire fort du Paris populaire qui passe à la trappe.

    Fin 2016, la Semapa passe un appel d'offre pour un "marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Auneau (28)".
    Courant 2017, les quelques 600 tonnes de l'ouvrage partent pour un site sidérurgique dont la destination exacte a été gardée confidentielle.
    Que voulait-on cacher ? Que craignait-on vraiment ? L'annonce de sa "valorisation" ne pouvait plus alors émouvoir personne … sauf peut-être quelques cheminots à la retraite …

     

    >> La saga du viaduc de Tolbiac sur Parisperdu : 

    -  Le viaduc de Tolbiac.

    - Le viaduc de Tolbiac (Suite) ....

    - Viaduc de Tolbiac, où es-tu ?

    >> "Marché d'enlèvement et de valorisation de l'ancien viaduc de Tolbiac mis en dépôt à Aneau (28)" passé par la Semapa.


    >> La Semapa reconstruira le viaduc !

     


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     Signal éthique …

     

    "Par les chemins antidérapants" dit la signalétique … et l'information est plus qu'utile car les abords de la Très Grande Bibliothèque (TGB) peuvent se révéler, par temps de pluie, aussi glissants que la surface d'une patinoire. Ces terrasses revêtues d’un plancher en ipé ont été, dès leur mise en service, du plus bel effet, tant ce bois exotique apportait une touche de douceur face à tout le béton de la ZAC Paris Rive Gauche. Mais très vite les chutes de piétons sont devenues innombrables et ont provoqué la fermeture provisoire de certaines zones du parvis. Désormais, le platelage a été incrusté de bandes de résine antidérapantes destinées à éviter chutes et glissades, mais le signal éthique ou si l'on préfère la signalétique s'impose toujours et prévient : "Attention aux dérapages"

     

    Autres billets sur la TGB:

    >> Ici s'arrête le monde …

    >> Le jardin interdit.

     


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