•  Photographes Humanistes (13/13) : André Papillon


    Reportage sur Paris-plage vers 1936 © André Papillon

     

    André Papillon est né en 1910 à Bordeaux. Ayant, pendant la Première Guerre mondiale, perdu son père, officier de marine, ainsi que son frère aîné, André grandit à Bordeaux auprès de sa mère. Puis il rejoint à Paris sa sœur qui est l'épouse du photographe François Kollar, lequel l'initie au métier.

    En 1936, devenu reporter indépendant, il couvre le Front populaire et la guerre d'Espagne pour Match, et travaille pour plusieurs journaux et des magazines tels que Regards, Vu …

    Photographe engagé, il participe en 1935 à l'Exposition "Documents de la vie sociale" organisée par l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires.

    Après la Seconde Guerre mondiale, durant laquelle il est mobilisé, il reprend son activité de reporter pour Le Monde illustré, La vie du rail, …

    Attiré par la photographie industrielle, il a pour clients Saint-Gobain, Coca-Cola, Oméga, Moulinex, …

    Il est également en relation avec de nombreux artistes et écrivains comme Cocteau, Colette, Matisse, Rouault, …
    En 1948, il participe à l'exposition de la Photo League à New-York aux côtés de Boubat, Brassaï, Doisneau, Kollar, René-Jacques, Ronis et quelques autres photographes humanistes.

    Il cesse toute activité en 1982 et décèdera quatre ans plus tard.

     

    >> Pêcheur corse (vers 1948)

    >> Le dernier allumeur de réverbères, 1950

    >> André Papillon sur Artnet.

    >> Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners

     


    votre commentaire

  • Photographes Humanistes (12/13) : Jean-Louis Swiners
          
    Rue Rambuteau, mai 1968

     

    Jean-Louis Swiners est né en 1935 à Montreuil-sous-Bois. En 1957, après des études secondaires, Swiners accepte un poste, non rétribué, de porteur de valises du photographe Jean-Philippe Charbonnier. Et, dès le début 58, il fait partie de l'équipe des photographes principaux du groupe Réalités, au même titre qu' Édouard Boubat.

    Disposant d'un studio et d'un laboratoire personnel, il se livre - en dehors de son travail salarié - à de multiples recherches personnelles, notamment dans le domaine du portrait.

    Grâce, entre autres, à son reportage "Paris vu par un chien", il reçoit le prix Niépce en 1962. Il utilise alors le chèque et le billet d'avion qui l'accompagne pour effectuer un reportage sur les fêtes de la Pâques orthodoxe à Arachova en Grèce.

    En 1964, il abandonne la prise de vues et reprend ses études interrompues par la guerre d'Algérie. Il étudie à l'EHESS de 1965 à 1980 sous la direction de Roland Barthes. Durant cette période il demeure fortement ancré dans le milieu du journalisme et de la photographie : il est journaliste à Planète, rédacteur en chef de Terre d'Images puis directeur commercial du mensuel Photo, fondé par Roger Thérond en 1967.

    A partir de 1980, il débute une seconde vie. Il invente le marketing de combat et se consacre à l'enseignement de la stratégie d'entreprise et du marketing stratégique à l'European Business School de Paris et à HEC, avec, en parallèle, une activité de consultant en entreprise, sur les sujets de la créativité, de l'innovation et du leadership.

    Mais Jean-Louis Swiners n'a pas complètement quitté le monde de la photo. De 1980 à 2006, il fait partie du jury du Prix Nadar. Aujourd'hui, membre des Gens d'Images, il est l'un des rares photographes vivants (avec Yann Arthus-Bertrand) figurant dans le "Who's Who en France".

     

     

    >> Discussion avec Jean-Louis Swiners.

    >> Photographes Humanistes (11/13) :Éric Schwab

     

     

     


    votre commentaire
  •  

     Et il y a aussi, le chat …

     

    La photo de l'Avenue Simon Bolivar, prise par Willy Ronis en 1950 est une image culte.
    C'est aussi une image très dense qui comprend une multitude de personnages : la dame qui descend l'escalier avec son bébé dans les bras, la charrette à cheval, le monsieur qui remplace l'ampoule du feu tricolore, les passants, le cordonnier sur son pas-de-porte … et il y a aussi l'ombre très présente d'un arbre.
    Ronis pensait connaitre sa photo par cœur, dans ses moindres détails, pourtant cinquante ans après l'avoir prise, dans les années 2000, il découvrait que, sur cette image, il y avait aussi… un chat.

    Cela a dû lui faire bien plaisir, tant il adorait les chats … surtout les noirs qui apportent toujours un excellent contraste sur des images en noir et blanc …

    L'Avenue Simon Bolivar serait donc une photo encore plus riche qu'il n'y parait au premier coup d'œil … n'est-ce pas le chat … ?

     

    >> Vous aussi vous ne l'avez pas vu ? … mais si, il est là !

    >> Les chats par Willy Ronis. 

    >> Le chat à Gordes
     

     


    votre commentaire
  • Photographes Humanistes (11/13) : Éric Schwab

    Rue de Réaumur, 1943_ Éric Schwab © Getty Images

     

    Né en septembre 1910 à Hambourg d’un père français et d’une mère juive allemande, Éric Schwab arrive à Paris au début des années 1930. Il fait ses débuts comme photographe de mode et de plateaux de cinéma. Lorsque la seconde guerre mondiale éclate, il est mobilisé dans le nord de la France. On connaît peu de détails sur cette partie de sa vie. Mais on sait qu’il revient dans la région parisienne et qu'à partir de septembre 1944 Schwab travaille pour l’AFP comme correspondant de guerre et suit la progression des troupes alliées.

    Sa rencontre avec Meyer Levin début 1945 est un moment fort. C’est le début d’une grande amitié et d’un périple qui va les conduire vers la découverte de l’univers concentrationnaire à bord de leur jeep « Spirit of Alpena ». Durant toute l'année 45, ils visitent les camps de Buchenwald, Dachau, Leipzig-Thekla et Terezin.

    A Terezin, dans les baraquements, il trouve une petite femme, âgée de 56 ans, qui a échappé à la mort et s’occupe des enfants survivants. C'est un moment d’intense émotion car il vient de retrouver sa mère …

    En une vingtaine de photos, certaines à la limite de l’insupportable, Schwab nous décrit toute l’horreur des camps d’extermination nazis. Il photographie l’inhumain perpétré par la barbarie et porte l'horreur des camps à la une des journaux.

    Mais Éric Schwab n’a pas connu immédiatement la notoriété d’autres photographes qui ont documenté la libération des camps car la plupart de ses photos sont publiées non signées.

    Il faudra attendre plusieurs années pour que soient reconnus les talents de Schwab, notamment la qualité de ses cadrages, la force de ses portraits. Ses photos deviennent alors des icônes d’une terrible période de l’humanité.

    Après la guerre, Éric Schwab quitte la France et s’établit à New York en 1946. Pendant quelques années, il continue à collaborer à l’AFP, sur des sujets plus légers. Passionné de jazz, il documente les rues de Broadway, les clubs de jazz d’Harlem, les bains de mer à Coney Island.

    Éric Schwab quitte l’AFP au début des années cinquante. Il travaille ensuite dans divers organismes des Nations Unies à New York et Genève, notamment à l’Organisation Mondiale de la Santé. Il voyage et s’intéresse particulièrement au sort des réfugiés. Une de ses photos intitulée « réfugiés au Pendjab » prise en Inde en 1951 sera sélectionnée pour la mythique exposition photo The Family of Man en 1955 à New York.

    Il n’a semble-t-il pas laissé de récit sur la découverte des camps et ses retrouvailles avec sa mère, décédée en 1962.
    Éric Schwab est mort en 1977 à l’âge de 67 ans.

     

     

    >> Éric Schwab, un photographe humaniste qui a photographié l’inhumain.

    >> Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

     

     


    votre commentaire
  • Photographes Humanistes (10/13) : Léon Herschtritt

     Le patin à roulettes _ Paris,1961.

     

    Léon Herschtritt est né à Paris en 1936. Il fait des études classiques, puis un rapide passage à l’Ecole nationale de photographie. Il rapporte de son service militaire la maquette d’un livre "Les gosses d’Algérie" et, pour ce reportage, il sera le plus jeune photographe à recevoir le prix Niepce, en 1960.

    Il fera ensuite ses premières armes de journaliste reporter-photographe dans les salles de rédaction de "France-Observateur", "La vie catholique illustrée" et "Réalités".
    Puis il devient reporter indépendant dès 1962. Herschtritt se consacre alors aux reportages d’actualités politique, sociale et humaine : "Les grèves à Decazeville", "Les Paysans italiens", "La vieillesse". En 1966, il obtient le prix des Gens d’images pour son livre "Au hasard des femmes" et il publie aussi un livre sur la prostitution : "La célébration des putains".

    En 1973, Herschtritt ouvre le premier bistrot de photographe à Paris : un lieu de rencontre qu’il anime et où il organise mensuellement, jusqu'en 1977, des expositions.
    Puis, vivement secondé par sa femme Nicole, il devient jusqu'en 1993, antiquaire spécialisé en photographie ancienne et appareils photographiques de collection dans la première galerie consacrée à la photographie au marché aux puces de Paul Bert (Saint Ouen). C'est aussi à cette époque qu'il publie "Jamais deux fois le même regard" un livre regroupant des photographies de sa collection personnelle.

    En 1998 est créé la Galerie Léon Herschtritt, au cœur de Saint Germain des Prés où les expositions de photos se succèdent. Il y fête ses "50 ans en photographie" en 2006 et participe cette même année à une exposition collective sur "La Photographie humaniste" à la Bibliothèque Nationale qui lui achète 40 photographies pour son fond.

    Avec son regard profondément humaniste, son sens inné de la composition et une vraie éthique du reportage, Léon Herschtritt, c'est 60 ans de photographies …

     

    >> Léon Herschtritt, site officiel

    >> Léon Herschtritt : Autoportrait 1959

    >> L'exposition : « Léon Herschtritt, Photographe à vie ! » à la Galerie Esther Woerdehoff

    >> Léon Herschtritt aux Rencontres d'Arles 2009

    >> Photographes Humanistes (9/13): Ina Bandy

     

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique