• Sabine Weiss, pour l'ensemble de son œuvre.

    Sabine Weiss, autoportrait en 1954 et portrait en octobre 2014.

     

    En 2019, Kering s’associe aux Rencontres d’Arles et lancent ensemble le prix Women in Motion qui vise à donner une plus grande visibilité aux femmes photographes.

    Cette année, malgré l'annulation de la 51e édition du festival l'été dernier, les Rencontres ont décidé de maintenir ce prix et de le décerner en novembre, mois traditionnellement dédié à la photographie.
    Et c'est Sabine Weiss, grande figure de la photographie humaniste, qui a remporté le prix Women in Motion 2020, décerné pour l'ensemble de sa carrière.

    C'est donc près de 80 ans de photographie qui sont récompensées. Car Sabine Weiss, 96 ans, toujours en activité, est l'une des plus éminentes représentantes, à côté d'Edouard Boubat, de Willy Ronis ou de Robert Doisneau, de ce que l'on a appelé la photographie humaniste française.
     Humaniste elle l'est à 100% car elle s'intéresse d'abord aux gens et porte toujours sur eux un regard empathique et bienveillant. Elle "shoote" des enfants, des vieillards, des amoureux, des clochards, des gitans, des lieux de culte toutes religions confondues, des familles chez elles, et à Paris, la rue de jour et de nuit, souvent autour de son domicile du 14ème arrondissement.

    "J’ai fait énormément de choses différentes, -dit-elle - des reportages sur des pays, de la mode, des personnalités, des usines, des voitures, des bébés, des morts, des vivants… Et des photographies pour moi, à mes temps perdus, dans la rue. Ce sont celles que je préfère, celles qui me touchent le plus, parce qu’elles représentent une époque qui n’existe plus. Une époque où les gens étaient plus simples et plus gentils qu'aujourd'hui."


    >> Sabine Weiss, déjà sur Parisperdu.

    >> Sabine Weiss et son regard compatissant.

    >> "Prix Women In Motion pour la photographie".

     

     

     

     

     

     


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  • Cyclo-chaos.

     Rue de Tilsitt _ Paris 8ème (2020)

     

    Après dix mois, la pandémie ne cesse de modifier nos vies.

    Ainsi à Paris, la Mairie a décidé, au nom de la santé, la multiplication de pistes cyclables provisoires, les désormais fameuses "coronapistes". Ces aménagements ont accéléré la transformation de la ville et de son espace public. Annoncées comme temporaires, les nouvelles pistes vont être pérennisées. Comme souvent, le provisoire s’installe dans la durée…
    Cela n’a pas manqué de frapper les amoureux de la capitale comme les amateurs d’harmonie et de calme. En premier lieu, l’espace public est devenu le lieu d’une sorte de guerre de tous contre tous, où le piéton de Paris a intérêt à ne pas être distrait par une belle façade ou des pensées vagabondes : une seconde d’inattention peut mettre sa vie en péril. Dans cette nouvelle confusion circulatoire, où voitures, bus, camions, motos, vélos, trottinettes roulent en tous sens…, le code de la route devient parfois secondaire et l'anarchie a vite fait de régner.

    Ce qui faisait l’élégance de la rue parisienne est défait et l’espace public, ce précieux bien commun, sans cesse banalisé dans un effacement progressif des lignes et des repères hérités de l’histoire parisienne.
    Les partisans de la modernité heureuse vont se réjouir de cette vie débordante et de l’effacement des anciens repères, mais, vous l'avez compris ce n'est pas ma tasse de thé …

     

    >> Triste capitale.

     

     


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  • L’Esprit de Paris

     Léon-Paul Fargue, Le Piéton de Paris, par © Brassaï, 1933

     

    Léon-Paul Fargue se qualifiait lui-même de "Piéton de Paris". C'était, il y a bien longtemps, dans un temps où Paris se nommait encore la Ville-Lumière. C'était dans une époque allant de 1934 à 1947.  

    Et aujourd'hui, les Éditions du Sandre publient le tome I de ses œuvres complètes : "L’Esprit de Paris", une immense somme rassemblant l’intégrale de ses chroniques parisiennes : 700 pages de descriptions légères ou détaillées du Paris de cette époque.

    "Je parle, je marche, je me souviens, c’est un tout." disait-il.
     
    Dans Paris, avec son regard furtif, son verbe étincelant mêlé à un jargon précis, Fargue voit tout, et devine le reste..."Il n’est bon spleen que de Paris" ajoutait encore Fargue, paraphrasant Baudelaire et Villon.
    Ce premier volume de l'œuvre de Léon-Paul Fargue est un outil puissant et poétique pour arpenter un Paris disparu. Aussi si, comme moi, vous aimez vous lamenter sur Paris défiguré, Paris pollué, Paris déserté, cet ouvrage monumental va vous régaler.

     

    >> Léon-Paul Fargue : "L'Esprit de Paris", Édition intégrale des chroniques parisiennes.

    >> Léon-Paul Fargue déjà sur Parisperdu.

     

     


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  • Pierre Jahan, un photographe à la marge …

    Petites filles à Montmartre © Pierre Jahan -1938

     

    Photographe à la marge de tous les courants, mais rappelant parfois Brassaï ou Man Ray,
    Pierre Jahan se distingue par une production extrêmement variée qui oscille entre production personnelle et travaux commerciaux parmi lesquels de nombreux reportages sur le Paris des années 40 à 60.

    Il a produit aussi avec succès des photos et des collages publicitaires avec une certaine touche surréaliste. D'ailleurs, à ce sujet, il disait : "Le surréalisme... tire grand parti de l'équivoque et se prête à nombre de transpositions. Aussi je pense que le photographe a aussi le droit d'utiliser ses clichés comme un matériau susceptible d'engendrer le Rêve".

    Au cours de sa longue carrière, il a côtoyé les plus grands photographes de son époque. En 1936, Pierre Jahan rejoint Emmanuel Sougez dans l'aventure du Rectangle, un groupe de praticiens notoires, organisé pour assurer, en même temps que des productions de premier ordre, la défense et la diffusion de la photographie.

    A la même époque, il commence à exposer avec François Kollar, Henri Cartier-Bresson, Man Ray ... Puis en 1950, il rejoint le Groupe des XV aux côtés notamment de Robert Doisneau, Willy Ronis, René-Jacques. Il s'intitulait alors "illustrateur" ce qui impliquait un rapport étroit au texte, au livre, à la commande, et une certaine modestie. Il faisait partie d'une génération de photographes professionnels qui considéraient leur pratique comme un art du plaisir, de la liberté, de la disponibilité.

    Installé à Paris depuis 1933 où il s'est éteint le 21 février 2003, Pierre Jahan avait 93 ans.


    >> Pierre Jahan, un témoin du XXe siècle.

     >> Le Groupe "Rectangle".

    >> Le Groupe des XV.

     

     


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  • Le savoir-faire des bottiers de Belleville est toujours vivant !

    "L'Atelier Maurice Arnoult" Association AMA. Crédit photo : @atelier_ama

     

    Déjà 10 ans que Maurice Arnoult, maître bottier à Belleville, nous a quitté. Il avait alors 102 ans et avait démarré dans ce métier à l'âge de 14 ans. Autant dire qu'il en avait accumulé du savoir-faire !

    Avant son grand départ, Maurice - dans son atelier du 83, rue de Belleville - avait pris soin, pendant vingt ans, de transmettre bénévolement son savoir-faire à une foule d’apprenti(e)s venu(e)s des quatre coins du monde.
    Et, dès 2005, l'association "L’Atelier de Maurice Arnoult" (AMA) va encadrer ce travail de transmission et elle continue encore aujourd'hui à garder vivante la mémoire de l’artisan-maître -bottier .

    Depuis le décès de Maurice, c’est désormais Michel Boudoux, un autre maître-bottier, qui a la responsabilité de former les élèves de l'AMA à la fabrication de la "chaussure femme, sur mesure".
    D'autres artisans-bottiers ont rejoint l'association en tant que maîtres bénévoles, ainsi aujourd'hui Jacques Aslanian et Léon Mesrobian s'attachent eux-aussi à faire perdurer ces savoir-faire artisanaux.

    Là où il est, Maurice Arnoult peut bien être satisfait de la relève ….


    >> L'association AMA « l'Atelier Maurice Arnoult », site officiel

    >> Maurice Arnoult, déjà sur Parisperdu.

    >> Maurice, l'artisan-bottier de Belleville a 100 ans !

    >> Michel Boudoux, maître-bottier.


     


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