• Comment parler de l'oeuvre de Willy Ronis ?

     Les amoureux du pont des arts_ 1957 ©Willy Ronis

    "Fixer des vertiges. Les photographies de Willy Ronis"
    est un essai de Michel Onfray publié en 2007 et portant sur 16 photographies de Willy Ronis dont le travail est comparé à la peinture classique et aux toiles de maîtres.

    Parler de l'œuvre de Willy Ronis via une analyse comparative, pourquoi pas ?
    Mais mettre en parallèle des œuvres de peintres aussi différents que Delacroix, Renoir, Léger, Mondrian, David, Seurat, Courbet, Millet, Van Gogh, Magritte … et d'autres, avec des photos de Ronis, cela me semble, comment dire, … un peu "tiré par les cheveux".

    Bien sûr, l'on sait que le regard de Ronis s'est, en partie construit, grâce à des visites au Louvre effectuées dans son enfance. Mais alors s'il faut parler de maîtres, Ronis se réclamait plutôt des peintres flamants et de Breughel en particulier et, à ma connaissance, de personne d'autre !

    "Le vertige prouve l'art", avance Onfray d'entrée de jeu pour reprendre une phrase d'Arthur Rimbaud : "J’écrivais des silences, les nuits, je notais l’inexprimable. Je fixais des vertiges", et pour se lancer sur le terrain de la photographie de Ronis.

    Onfray affirme alors que ce vertige est à même de déboucher "sur une clairière de sens, donc de plaisir". L'œuvre du photographe serait-elle donc, pour l'œil de celui qui la regarde, un simple plaisir qui doit par ailleurs, pour être comprise, se voir constamment rapprochée de l'œuvre de peintres classiques, comme Onfray le suggère sans cesse ?

    Voilà une bien curieuse analyse qui nous est proposée-là, car Willy Ronis a beau avoir été nourri, dès son plus jeune âge, par la fréquentation des musées, ses photographies appartiennent à un art qui est autonome, indépendant de la peinture, et qui n'a pas, en conséquence, à sans cesse se réclamer d'elle pour s'expliquer.

    Ce recours constant d'Onfray à une kyrielle de peintres révèle surtout son incapacité à parler de la photographie en tant que telle. Et les propos du philosophe sur l'œuvre du photographe sonnent bien étrangement à côté de ceux de Ronis lui-même quand il parle de son travail, en des termes humbles qui ressemblent à ses photos.
    Ainsi, dans "Traits et portraits", un regard intime sur certaines de ses photographies, paru au Mercure de France, Ronis nous dit: "Je n’ai jamais poursuivi l’insolite, le jamais vu, l’extraordinaire, mais bien ce qu’il y a de plus typique dans notre existence quotidienne... ”

    Et c'est bien pour cette fastueuse simplicité que l'on vous dit:
    "Merci Monsieur Ronis, votre talent s'exprime de lui-même et ne doit rien à personne".


    >> Michel Onfray : "Fixer des vertiges. Les Photographies de Willy Ronis".

    >> Traits et portraits : "Ce jour-là" de Willy Ronis.

    >> "Les amoureux du pont des arts", décrits par Willy Ronis dans son ouvrage "Ce jour-là".

    >> Parisperdu et Willy Ronis.

     

     


    « " Ça commence toujours comme ça ... "Les paris de Paris. »

    Tags Tags :
  • Commentaires

    1
    Albicott
    Mardi 22 Avril 2014 à 16:15
    Que de poésie !
    Que de poésie dans cette image, effectivement pas besoin de se référer à tel ou tel peintre ...
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :