• L'histoire singulière du 88 rue de Ménilmontant.

     Cour-impasse du 88 rue de Ménilmontant - Paris 20 ème (2012)

    A partir d'octobre 1946, les Ronis déjeunent régulièrement le dimanche chez Monsieur et Madame Pipard, au 88 rue de Ménilmontant. C'est ainsi que Willy va découvrir le quartier de Belleville-Ménilmontant et, ce quartier deviendra l'un des thèmes de prédilection de son œuvre photographique. Il y reviendra régulièrement toute sa vie …  jusqu'à plus de 80 ans !
    Mais qui était donc ce Monsieur Pipard ?

    Daniel  Pipard est alors un artiste peintre, un confrère donc de Marie-Anne, l'épouse de Willy.
    Pipard, plutôt mégalo, se considère comme un grand artiste, et se fait appeler - excusez du peu -  le "Duc de Ménilmuch".

    Outre les Ronis, il compte parmi ses amis Jacques Prévert, Robert Doisneau, Sacha Guitry, Boris Vian, Edith Piaf, Charles Trenet, Maurice Chevalier, et bien d’autres célébrités … qui toutes fréquentent régulièrement l'impasse du 88 rue de Ménilmontant, là où Pipard a son atelier. Le "duc de Ménilmuch"  y donne des réceptions au cours desquelles l'art et la poésie sont à l'honneur.

    De 1945 à 1978, ce lieu sera l'un des cercles artistiques de Paris parmi les plus courus.
    Cette époque s'achève brutalement avec la mort accidentelle de Daniel Pipard, le 24 février 1978, renversé par une voiture. Il repose au cimetière du Père Lachaise. Sa femme et sa fille habiteront l'impasse jusqu'en 1982.

    Quelques années plus tard, l'atelier des Pipard est transformé en une manufacture de miroirs.
    En 1999, l'entreprise déménage en banlieue et, les locaux abandonnés deviennent un lieu alternatif haut en couleur "réquisitionné au nom du peuple pour créer un espace libre" (sic).

    Mais en 2009, le couperet tombe, les squatteurs de la miroiterie doivent partir.
    Les "miroitiers" résisteront trois ans, mais l'argent reprend ses droits, et bientôt nous aurons là un une belle résidence pour bobos chics...
    Fermez le ban, et circulez, … il n'y a plus rien à voir !


    >> Le peintre Pipard vu par Willy Ronis (1948)

    >> Le peintre Pipard vu par Robert Doisneau (1953)

    >> En savoir plus sur Daniel Pipard, le Duc de Ménilmuch'

    >> La lente agonie de "La Miroiterie".

     



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  • Commentaires

    2
    Lucien Maillard
    Jeudi 9 Avril 2015 à 21:05

    Pour Willy, c'était plutôt une étape. Il m'en parlait quand il venait chez nous, en haut de la rue de Belleville, à Jourdain. Mais Marie-Anne (dire' Marianne' comme seul Willy disait le prénom de sa femme qu'il adorait) n'aimait guère fréquenter les peintres. C'était un très bon peintre. J'ai publié ses toiles superbes. Je ne l'ai pas connue, hélas! Je l'ai vue une ou deux fois, à l'époque où elle cachait partout des papiers, dans leur appartement du 12ème, non loin de la gare de Lyon, pour cacher à Willy qu'elle perdait la mémoire. Son Alzheimer fut foudroyant... C'est un terrible souvenir. Willy - très amoureux n'aimait pas remuer le bonheur passé - surtout après la mort de Vincent, le fils de Marie-Anne Lansiaux, sa compagne.

     

    1
    Bri Lac
    Lundi 6 Avril 2015 à 11:54
    Prisme
    Paris est un prisme!
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