Parisperdu aurait pu s'appeler ParisVolé car si souvent "ce certain regard" sur l'Est de Paris s'est définitivement évanoui, c'est qu'il a été dérobé par les "avancées de la modernité".
Arpenter la ville à la recherche d'espaces promis à la démolition ou de personnes dont le destin va en être bouleversé : ce n'est pas pour regretter le passé. C'est pour montrer, nous montrer, nous rappeler, que la ville n'est pas une entité figée.
La ville vit ... et comme tout être vivant, elle fait parfois des erreurs.
Ainsi va la ville, ainsi va la vie ...
"Ce qui nous incite à revenir en arrière est aussi humain et nécessaire que ce qui nous pousse à aller de l'avant."
Pier Paolo Pasolini
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<< Bienvenue à Boboland ! | Denise, ouvrière en voie de disparition ... | Démolition des murs ... démolition des vies (3/4) >>
Depuis 15 ans, Denise passe ses journées ici, à l'Atelier de petite maroquinerie Fréjac, dans le 20ème. L'atelier est plein des couleurs et des odeurs des peausseries les plus exotiques : crocodile, lézard, python, autruche, buffle, et même ... éléphant, ou kangourou.
Pour réaliser un portefeuille, Denise va mettre environ une heure. Elle en assurera toutes les étapes : de la coupe au parage des bords, du collage à l'assemblage et la couture finale. A part cette dernière étape pour laquelle elle va s'asseoir devant la robuste PFAFF, Denise est constamment debout devant sa table de travail.
Elle ne se plaint pas, mais elle souhaiterait que ce métier - qu'elle exerce avec tant de talents - ait enfin une place reconnue parmi les métiers d'art, car aujourd'hui son travail est souvent galvaudé et assimilé à l'idée plutôt désuète que l'on se fait de l'artisanat.
Toutefois, pour son patron, Denise est une excellente professionnelle. Dotée d'un fin toucher, elle peut reconnaitre d'un geste rapide les diverses textures et ... sa grande dextérité lui permet d'assembler avec précision les cuirs découpés.
Mais les commandes se raréfient et Denise est inquiète pour son travail et pour son avenir. Elle regrette les nombreuses importations asiatiques bon marché et dont la qualité est à des années-lumière de celle qu'elle réalise.
Et par-dessus tout, elle craint que son patron délocalise l'atelier en Chine, au Vietnam ou ... ailleurs...
L'horizon de la fabrique de petite maroquinerie du 20ème ... est plutôt sombre.
>> L'atelier Fréjac en 1997.
Publié par barreteau à 08:49:09 dans Portraits Incertains | Commentaires (5) | Permaliens
13-06-2007 09:26
De Jean-Marie Sujet:
Triste histoire ...
12-06-2007 09:16
De François Sujet:
Tranche de vie
12-06-2007 09:14
De Cédric Sujet:
L'atelier de maroquinerie
12-06-2007 09:10
De Daphné Sujet:
Nostalgie Url: [Liens]
12-06-2007 08:57
De Valérie Sujet:
Merci
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