• Lorsque j'ai montré à Willy Ronis une photo du 32 rue de la Mare, dans le 20ème arrondissement, il me fit la réponse suivante :
    "J'ai bien reconnu l'escalier du 32 rue de la Mare. Peut-être s'y trouve-t-il encore (au 2ème palier) une mini-usine de chaussures ..."

    Une recherche dans mes photos me fait trouver la mini-usine en question. On peut en effet lire sur la droite de l'image : "Chaussures JL".


    Et bien, oui Willy, la mini-usine est encore là ! ... Et en 2008, les "Chaussures JL" ont toujours leur siège social au 32 rue de la Mare. Mais la "mini-usine" a diablement fondu ... Car si, dans les années où Willy Ronis parcourait Belleville et Ménilmontant, les "Chaussures JL" ont employé jusqu'à une quinzaine de personnes, aujourd'hui l'effectif n'est plus que de trois personnes ... la mondialisation et l'invasion du marché par les productions "Made in China" sont passés par là ...

    Lorsque je communique la nouvelle à Willy Ronis, sa réponse sera sans détour: "c'est un petit miracle que tout cela n'ait pas disparu ... mais comment font-ils pour en vivre encore ?"

    Il faut dire que tout ce qui gravite autour de Willy, y compris lui-même ..., a une bien belle longévité ! ...



    >> L'escalier du 32 de la rue de la Mare, dans Parisperdu.

    >> L'escalier du 32 rue de la Mare, vu par Willy Ronis - Photo©Willy Ronis

    >> La sarl "Chaussures JL"

     
      


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  • Le regard des Cascades, 75020 Paris

    Au tournant des années 1900, lorsqu'Eugène Atget photographie Paris, il porte un regard très personnel sur la ville. Il nous montre en effet, la capitale sans son architecture monumentale, ne s'intéressant qu'à des quartiers, aux marges de la ville, où sont (déjà) relégués les exclus du développement urbain.
    Il réussit ainsi à traquer - dans une ville en perpétuelle démolition et reconstruction - une mémoire au bord de la disparition.

    Le photoblog Parisperdu se réclame (modestement) de la démarche d'Atget, car aujourd'hui aussi, la ville, en ce début de XXIe siècle, connaît  ses mutations, ses mises à l'écart mais aussi ses évolutions porteuses de sens.

    Un siècle s'est écoulé, mais à Paris, les problématiques d'hier sont toujours d'actualité ... et même à l'époque de l'image numérique, les clichés sur papier albuminé d'Atget sont riches d'enseignements.


    >> Le regard des Cascades, ©Eugène Atget 1901

    >> Atget, un regard sur la ville.

     

     

     


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  • A Montmartre, la place du Calvaire est un lieu singulier : pas de calvaire mais des murets, un seul banc et ... un point de vue unique sur la capitale.

    Cette place minuscule est certainement la plus typique de la butte. Elle serait même presque intemporelle, s'il n'y avait aujourd'hui ... quelques tags.

    C'est ici, loin du tumulte effréné de la Place du Tertre, que vous pouvez retrouver ce qu'était Montmartre, avant qu'il ne soit définitivement envahi par les touristes.
    Assis en ce lieu secret, vous n'aurez plus envie de le quitter. C'est un endroit quasi magique, plein d'une douceur ouatée ... où l'on voudrait prolonger l'instant ... et lorsque vous devrez partir, ce sera en vous promettant de bientôt y revenir.

    A Paris, ne cherchez plus l'introuvable... il est là !


    >> Le regard de Willy Ronis © sur cette place, en 1960 ...
     

    >> Les calvaires de Montmartre vus par Aget ©...
     

    >> Place du calvaire ...la nuit,
     par Hervé Roulben ©

     

     


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  • Sur les pas d'Izis (2) ...

    Pourtant, la palissade qui surmonte le muret en pente est toujours là ... Mais, signe des temps, les graffitis ont radicalement changé d'esprit. Au lieu du doux message tracé à la craie : "Gérard aime Lucette"... c'est, aujourd'hui, un bombage rageur qui crie : "Nique la police".

    Mais surtout, ce qui frappe, c'est que les enfants ne sont plus là. Ils ont déserté la rue et sans eux, aucun son, aucun écho ne s'en échappe ...  elle semble inhabitée.

    Aujourd'hui la rue n'est plus un terrain de jeu naturel pour les enfants. Ils préfèrent maintenant rester confinés dans leur appartement, rivés à leurs consoles de jeux ou à leurs ordinateurs, happés par un monde virtuel ... et surtout loin de la convivialité et de la fraternité de la rue.

    Et cette "Impasse Trainée", où Izis photographiait les gamins de Paris des années 50, n'existe plus ! ... Elle a pris le nom de "Rue Poulbot", mais ... l'ironie de l'histoire est qu'aujourd'hui, les poulbots n'existent plus ...

       

     >> Impasse Traînée, Paris 1950 © Izis

    >> Montmartre, Paris 1949 © Izis

    >> Sur les pas d'Izis (1)

    >> Izis : de Paris et d'ailleurs ....

     


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  • "Quand, de fil en aiguille, ces deux enfants reviendront vers leur point de départ, ils trouveront peut-être, gravés sur le mur, leurs noms enlacés. 
    Beaucoup ne peuvent espérer tant".

    Pierre Mac Orlan

    Post-face de l'ouvrage "Belleville Ménilmontant" de Willy Ronis

    >> En écho à cette photo prise à l'arrêt de bus "Navier" dans le 17ème arrondissement, voyez celle de Willy Ronis dans "Belleville Ménilmontant" Editions Arthaud (Troisième Edition 1989) : Photo N° 65 "Place des Fêtes".

     

     

     


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