• Le jardin du 18 passage des Soupirs - Paris 20ème


    Paris n’est plus ce qu’il était… et c’est peut-être tant mieux !
    En effet, depuis qu’un vent nouveau a dépoussiéré les transports, l’arpenter à pied relèverait presque du romanesque. Enfourcher une "petite reine" pour baguenauder dans Paris n’a plus rien d’exceptionnel, c'est l'effet Vélib’...

    Et parfois, que trouve-t-on au hasard d'une rue, au pied des immeubles, sur des terrains en friche ? Des jardins, et même de plus en plus de jardins car, depuis l’an 2000, de nombreux riverains se sont appropriés une cinquantaine de ces terrains communautaires, que l'on appelle "les jardins partagés".

    Les Parisiens auraient-ils envie de s’octroyer un nouveau type de loisir dans leurs moments de répit ? Peut-être bien car ici, on se réunit pour grattouiller son lopin de terre, pour pique-niquer ou recevoir les enfants des écoles voisines. C'est aussi un formidable catalyseur pour se connaître, un préalable à la solidarité.

    Mais quelle est l’idée finale de ces jardins partagés ?
    Vraisemblablement celle de créer une dynamique qui va favoriser l’entraide de proximité.  Des exemples ? Ils sont légion : acheter la baguette de la voisine, qui gardera votre enfant, … prêter sa perceuse au voisin et utiliser son accès Wifi… : mieux vivre, ça ne coûte rien.

    Plus ouverte, plus conviviale, et s'il faisait enfin bon vivre dans la capitale ?

     

    • Deux "portails" de jardins partagés:

     >> "Jardinons ensemble"

    >> "Jardins partagés"

     

    >> Favoriser l’entraide de proximité.

    >> Aussi sur "Parisperdu": "La belle au Bois Dormoy ..."




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  • Rue Gasnier-Guy, 1997

     

    Le secteur de la rue Gasnier-Guy et de la rue des Partants est un territoire en bout de piste, loin de tout, comme égaré dans la cité.

    Désormais tout est immobile, déchiré, encombré de détritus, pillé de tout ce qui n'est pas pierre ou minéral.
    C'est comme un  village perdu qui dresse encore ses oripeaux au-dessus des pavés usés de la rue en dos d'âne.

    Ici, seul un pan de mur témoigne. Ailleurs, on croise un homme solitaire, rescapé de l'exode et du lent abandon qu'a connu le quartier. Le temps n'est plus le même dans ce coin du 20ème arrondissement  et ce qui était hier un village s'est aujourd'hui endormi et semble doucement s'enfoncer dans un linceul de pierres.
    Chaque village perdu porte les ruines de notre mémoire.

    Mais il suffit d'un regard, un jour de promenade lorsque s'estompent les bruits du quotidien, pour retrouver les images de ces vies oubliées. Un rien, une poupée, une assiette en porcelaine, abandonnés dans un  rayon de soleil, et les souvenirs se redressent …



    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Vers l'infini et même au delà …" 

    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Démolition des murs ... démolition des vies ..."

    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Murs abattus et baignoires rémanentes".

    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Chaos debout !"

    >> Voir aussi sur Parisperdu: "Une rage de destruction".

     

     


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  • Les émigrés chinois se comptent par dizaines de milliers à Belleville. Qu’ils viennent de l'ex-Indochine, de Wenzhou, au sud de Shanghai ou de Dongbei, au nord-est de la Chine, ils restent largement méconnus du reste de la population de ce quartier populaire de Paris car, parmi eux, beaucoup sont "sans papiers" et cherchent à rester discrets.

    Ces "Chinois sans-papiers" n’ont ni nom, ni existence officielle, et pourtant ils sont nombreux à peupler les rues de Belleville. S'ils se mélangent peu avec le reste des habitants du quartier, c'est que la barrière de la langue est bien réelle. Et peu de Wenzhou font en effet l’effort d’apprendre le français, par manque de temps ou par facilité car ils connaissent toujours un parent pour faire la traduction. Soutenus par un groupe extrêmement solidaire, ils demandent très rarement de l’aide à l’extérieur. Pourtant, beaucoup pourraient le faire afin de mener à bien leurs régularisations, mais l’affaire emblématique de l’école Rampal a renforcé la crainte de la police et accentue le repli sur soi. Nombreux sont les Chinois qui ne sortent pas beaucoup de chez eux et ne fréquentent que leur famille.


    Entre eux, l’entraide fonctionne à plein, comme en témoigne la multitude de petites annonces rédigées en mandarin et qui couvrent les vitrines des commerces. On y vend un peu de tout et on y offre divers services, comme la garde d’enfants ou des heures de ménage. On y trouve aussi des cigarettes de contrebande. Des annonces proposent même une quittance EDF, ou une carte vitale à partager … !

    À Belleville, la myriade de restaurants et de magasins d’alimentation laissent entrevoir l’importance du commerce chinois qui s’est mis en place. Mais tout le monde n’a pas aussi bien réussi. Pas loin du boulevard de Belleville, on rencontre fréquemment des prostituées chinoises. Elles marchent très lentement et regardent les hommes "droit dans les yeux". Sur le trottoir d’en face, trois autres femmes attendent en groupe. Ces prostituées sont en général originaires de Dongbei, une province qu'elles ont quittée pour fuir une grande précarité. Les "Dongbei" sont très minoritaires ici, à Belleville, ce qui fait qu'ils ne bénéficient d’aucune entraide, contrairement aux Wenzhou qui représentent 85% de la communauté chinoise de Belleville. Quant aux hommes, ils cherchent à survivre grâce à différents petits boulots. Au coin d’une rue, ils sont deux, accroupis autour d’un sac, à échanger des magazines. Ce sont des revues qu’ils récupèrent dans les poubelles et revendent plus loin sur un marché. Ils font la même chose avec les vêtements …

    Avec la crise actuelle qui, en Chine aussi, ferme les usines et l’exode rural qui malgré tout continue, les vagues de migrants ne sont pas prêtes de s’arrêter. En attendant, se poursuit à Belleville la chasse aux "sans papiers", les isolants toujours un peu plus du reste de la population …


    >> L’affaire de l’école Rampal (mars 2007).

     

     


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  • 47 et 49 rue Vilin 75020 Paris - Photo ©Philippe Hiraga - 1971


    Il y a quelque temps, nous avions posé la question:
    "De quelle couleur est Belleville ?"
    Et, lorsque sur ce sujet, j'ai récemment interrogé Willy Ronis - lui qui, dans les années 50 a beaucoup photographié le quartier- le grandissime photographe m'a répondu très directement :" La couleur ? Je ne m'en souviens pas, car à l'époque où je faisais ces images, ma vision était exclusivement en noir et blanc".
    Puis, lorsque j'insiste pour savoir si toutefois, il "revoit" la couleur du mur du bistrot qui sert de toile de fond à sa photo "Au repos de la Montagne", Willy me rétorque :
    "Ce n'est pas la couleur qui avait fait que je m'étais arrêté-là, mais le type en marcel qui prenait un verre à l'intérieur " !
    Finalement, nous n'en saurons pas plus auprès de Willy Ronis ...

    Mais aujourd'hui, ce sont les photos prises par Philippe lors de la démolition de la rue Vilin, au cours de l'été 1971, qui nous donnent la réponse.
    Belleville était donc dans des camaïeux de rouge, de bordeaux, d'orange, de rose, ... c'est dire si les couleurs étaient gaies, et surtout contrastaient fortement avec un état du bâti ... plutôt triste, tant il était dégradé.

    Mais pourquoi ces immeubles à la dérive, suintant de pauvreté, sont-ils restés aussi longtemps dans cet état ? Parce qu'ils ont une histoire bien à eux ...
    Beaucoup de ces immeubles sont des bâtiments qui ont servi à abriter des gens venus ici pour construire la ville, pour travailler dans ses ateliers et ses usines... Autrement dit, ce sont les HLM d'une autre époque, des édifices construits à la va-vite, avec des murs constitués de matériaux de piètre qualité et, pour leur donner un peu de "standing", ... on les peignait de couleurs chatoyantes.

    Au fil du temps, avec la politique de blocage des loyers de l'après guerre, on assista à l'appauvrissement des propriétaires et le quartier s'est rapidement "ghettoïsé". Tout cela a souvent empêché de faire les indispensables travaux d'entretien et, années après années, ces immeubles sont devenus de véritables ruines ...
    Et lorsque ces bâtiments ont trop coûté en entretien, lorsque la rentabilité des loyers a trop diminuée, on les a démolit !
    Oui, finalement Belleville en a vu ... de toutes les couleurs.


    >> Voir aussi :"Elles tombent l'une après l'autre"
    - Photo © Philippe Hiraga

    >> "Au repos de la Montagne"
    - Photo ©Willy Ronis

    >> Voir aussi : "Mélanges de couleurs"




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  • Entrée du 18, rue des Partants - Paris 20ème

    Nous voilà à nouveau rue des Partants, une rue symbole de Parisperdu, tant elle a vécu, ces dernières années de profonds bouleversements.
    Dans la rue, presque toutes les maisons sont murées, leurs habitants ont déserté les lieux.
    Seule, au n° 18, une porte reste ouverte, grande ouverte, ... sans doute un locataire récalcitrant qui a refusé de partir !

    Au fond de l'entrée, la lumière venue du jardin, irradie l'espace et incite irrésistiblement à pénétrer plus avant. C'est comme un appel vers l'inconnu, vers un souffle de vie dans ce quartier moribond.

    Dans la lumière dense de cette fin d'après-midi de juillet, ce couloir désolé apparaissait alors comme un chemin abstrait, comme le départ vers l'infini et même au-delà, comme un passage aboutissant à d'improbables paradis ...


    >>
    Escalier intérieur du 18, rue des Partants: "Vers l'infini et même au-delà ... "


     


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