• Rue Robineau Paris 20ème

    La pelleteuse a mordue à pleines dents dans ce bâtiment de la rue Robineau. Il ne reste plus maintenant que des pans de murs à la peinture écaillée et aux papiers peints en lambeaux ... Ce sont les derniers témoins des vies successives et désormais révolues des habitants de l'immeuble.
    Seules ces traces, accrochées aux murs, disent qu'il y a encore peu de temps des enfants dormaient, ici, dans cette chambre... ou de joyeuses tablées se réunissaient, là, dans cette salle à manger ...

    Et maintenant, l'on se trouve face à ce mur défraîchi, comme un archéologue sur un chantier de fouilles. Eventré, l'immeuble nous livre son vécu intime ... La vie des anciens occupants peut maintenant se lire à ciel ouvert. Même s'il ne s'agit que de traces, elles en disent beaucoup sur ce passé encore si proche d'un immeuble qui grouillait de vie.

    La rue Robineau a été totalement réhabilitée et un avenir différent l'attend désormais. De nouvelles vies se dérouleront maintenant ici, à tous les étages ... et les dernières traces de vies de l'ancien immeuble seront à jamais rayées de la mémoire collective ...



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  • C'était au temps où le vocable "mobilier urbain" n'avait pas encore été inventé. On appelait alors ce type de construction : un refuge ou un îlot de sécurité ... Bref, il s'agissait d'un espace situé au milieu de la chaussée et où le quidam pouvait se mettre à l'abri de la circulation ... et là, il était en quelque sorte "rangé des voitures" ...

    Ces refuges comportaient toujours le même type de poteau de couleur blanche, éclairé la nuit, mais aucune autre matérialisation. Rien ... ni sur l'édicule, ni au sol et en particulier, pas de "zebra crossing" - comme disent nos voisins britanniques pour désigner les passages piétons - en référence à cet animal à rayures blanches et noires alternées ...

    Mais où sommes-nous exactement ?
    Sommes-nous ici "au milieu de nulle part", ... "in the middle of nowhere", comme le diraient à nouveau les britanniques ?

    Sommes-nous donc ici dans un lieu tout à fait banal ?
    Ou bien cet  étrange carrefour, à la croisée de rues le plus souvent désertes et au point le plus haut d'une petite sommité, n'est-il pas plutôt le point central de quelque chose d'assez extraordinaire, de quelque chose d'assez grandiose ?

    Peut-être même, serrions-nous là précisément - et sans le savoir - au centre du monde ? Tant la morphologie de ce rond-point peut faire penser à cette pierre circulaire près du temple du Ciel à Pékin, autour de laquelle les chinois se bousculent pour grimper ... sur le pivot central de l'univers !

    PHOTO : "Au milieu de nulle part" : Retour à la réalité parisienne ...  c'est-à-dire au croisement des rues : Pelleport, du Borrégo, des Pavillons et de la Duée. Paris 20ème.


     
    >> Tiantan (天坛) et le centre de l'Univers dans la Cosmogonie chinoise traditionnelle.

    >> Le point central de l'univers, au temple du Ciel à Pékin.

    >> Touristes sur le point central de l'univers, au temple du Ciel à Pékin.

     

     

     


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  • Grand Hôtel de Lyon, rue Jouye Rouve Paris 20e

    Vu de la rue, le Grand Hôtel de Lyon fait "bien propre sur lui". A l'entrée, une plaque indique: " Chambres avec cabinet, confort moderne, prix modérés" ... De surcroît la marquise vitrée qui couronne, de son fer forgé, le hall d'entré apporte une note de bon standing.
    Mais à l'intérieur, c'est une toute autre histoire ... les chambres sont dans un état déplorable, la modernité du confort laisse beaucoup à désirer et les prix n'ont rien de modérés ...
     
    Finalement, une grande majorité des 889 hôtels meublés recensés dans la capitale sont dans la même situation, voire pire, que celle du Grand Hôtel de Lyon.
    Alors, ces meublés douteux doivent-ils être fermés et remplacés par des résidences sociales ? Ou doivent-ils recevoir un coup de pouce financier pour se rénover ? La mairie de Paris a finalement choisi la deuxième option, en soulignant que la facilité d'accès est bien plus grande dans un hôtel privé que dans un hôtel social.

    La Ville et l'Agence nationale de l'amélioration de l'habitat (Anah) vont donc subventionner (à hauteur de 1 million d'euros) quelque 80 hôteliers volontaires pour réhabiliter leurs établissements.
    En contrepartie, l'hôtelier s'engage à plafonner le tarif de la moitié de ses chambres à 510 euros par mois, et à en réserver une partie pour une clientèle suivie par les services sociaux.

    A Paris, "Garnis et meublés" vont-ils enfin se refaire une image honorable ?


    >> Voir aussi : Garnis et meublés ... "Une chambre en ville". (2/3)

    >> A lire aussi: "Une chambre en ville" par la sociologue Claire Lévy-Vroelant, éditions Créaphis. 

    >> Localisation des hôtels meublés parisiens. (PDF)

     

     


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  • Hôtel de la Poste, 15 rue Julien Lacroix Paris 20e

    A Paris, la panne actuelle des filières de logement social, aggravée par l'absence d'un secteur privé à bas prix, accessible aux familles à faibles revenus, fait "les choux gras" d'hôteliers aux méthodes peu scrupuleuses qui font monter les enchères vis-à-vis des associations humanitaires ou des pouvoirs publics ayant recours à leurs services ... faute de mieux !

    On peut s'indigner, à juste effet, des sommes versées à des logeurs, parfois qualifiés de "marchands de sommeil", par des services sociaux, contraints aujourd'hui à se rabattre sur ce secteur délabré pour abriter des familles sans toit.
    Certains drames, dont le plus terrible fut l'incendie de l'hôtel Paris-Opéra qui fit 25 morts en avril 2005, ont attiré l'attention sur ces hôtels meublés souvent vétustes et surpeuplés, signe de la pénurie de logements pour les plus démunis.
    Va-t-on enfin prendre des mesures pour améliorer la situation de ce secteur locatif objet de tant d'abus ... ?

    A suivre sur Parisperdu ...

     
    >> Voir aussi : Garnis et meublés ... "Une chambre en ville". (1/3)

    >> Déjà dans Parisperdu: "Marchand de sommeil".

    >> Déjà dans Parisperdu: "Le Grand Hôtel des Vosges, Passage Goix"

     


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  • Grand Hôtel du Lion d'or, rue Houdart Paris 20e


    A Paris, les "garnis", à savoir les hôtels et les maisons meublées destinés à l'origine aux salariés modestes et aux ouvriers débarquant dans la capitale, sont devenus au fil du temps de véritables "bidonvilles en dur". Pourquoi une telle déchéance ?

    Ce secteur des "meublés" a toujours dit la misère, mais il disait aussi l'hospitalité urbaine. C'était un moyen de trouver sa place dans la ville, avec la souplesse du gré à gré, la possibilité d'avoir la clé de sa chambre en cinq minutes.

    Mais aujourd'hui, sous l'effet de la crise du logement, les "meublés" sont occupés par des personnes ou des familles en situation de grandes difficultés: femmes avec enfants en situation de rupture familiale, grandes familles immigrées pas toujours en situation régulière ...
    Bloquées dans une vie au jour le jour, toutes ces personnes ont pour point commun leur précarité sociale et économique, à laquelle s'ajoute celle de leur logement.

    Bref, une voie sans issue, ... mais un parcours à suivre sur Parisperdu.


    >> Le pôle national de
    lutte contre l'habitat indigne.

     


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