• La Ville Lumière a beaucoup perdu de son éclat…

     Dans une rue du 19ème arrondissement_ juin 2019


    C’est un constat, celui de mes déambulations dans les rues de Paris. Et ce constat est sans appel : la ville est sale, dangereuse et ghettoïsée...

    Sale car désormais il n'est pas rare de voir des rats qui grouillent au coin des rues ou dans les squares. Et malheureusement cette saleté de la ville est non seulement une nuisance pour ses habitants mais elle atteint aussi très sérieusement l’image de la capitale dans le monde. Mais pour la Mairie, si Paris est sale, ce n’est pas parce que les services de la Ville seraient défaillants, c'est parce que les Parisiens manquent d’hygiène ! C’est sans doute un peu facile.

    La dangerosité de la Ville est patente, et pas seulement à la porte de La Chapelle ou dans le nord-est de Paris. Certains quartiers sont devenus des poudrières, gangrénés par la drogue et le deal qui apportent dégradations, incivilités et insécurité. Là, on est face à des personnes très largement désocialisées et malades de leur addiction. Et, de surcroît, dans ces quartiers est venu s’ajouter le chaos migratoire.

    Alors, au fil des années, la capitale s’est renfermée sur elle-même. Les riches restent entre riches, les familles et les classes moyennes sont repoussées vers la banlieue et les pauvres sont relégués dans des quartiers périphériques déclassés. Pourtant le discours de la Mairie est celui de la "mixité sociale", un mot fourre-tout qui vise à gommer les problèmes de "ghettoïsation", et de "gentrification" !

    Aussi, n'est-il pas surprenant que 60 000 Parisiens aient fui Paris ces cinq dernières années alors que la banlieue et d'autres grandes villes comme Bordeaux, Nantes, Rennes, Toulouse et Montpellier connaissent un regain d’attractivité inédit.
    Paris n’enthousiasme plus les Français tant la pollution, la saleté, la vie chère, l’insécurité, les embouteillages, le stress et la morosité de la ville y sont devenus de véritables repoussoirs.
    Oui, à l'évidence, la Ville Lumière a beaucoup perdu de son éclat…


    >> Les rats dans Paris.

     >> Le crack, place de Stalingrad.

    >> La gentrification est partout …

     

     

     


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  • Dans son extrême Est, Paris a la mémoire longue.

     Avenue de Flandre Paris 19èmearrondissement_Avril 2016

     

    Dans son extrême Est, Paris a la mémoire longue. Ici, rien ne s'efface jamais totalement. Le promeneur oscille perpétuellement entre ce qui est et ce qui fut.
    Dans le 19ème arrondissement, la rue de Flandre, désormais devenue Avenue, est aujourd'hui méconnaissable, tant elle a été laidement remodelée et niaisement aseptisé dans le cadre d'une zone d'aménagement concerté où trônent à grande hauteur des bureaux vides …

    Dans les rues alentour, c'est une sorte de no man's land, où règnent crispation et malaise … car le deal est partout, cent paires d'yeux vous regardent, insistent en espérant vous faire presser le pas. C'est vrai à la fin, "Qu'est-ce que vous foutez là, … et avec un appareil photo en plus : c'est de la provoc' ou quoi" ?
    Un peu plus loin, entre les stations de métro Riquet et Crimée, s'élèvent les Orgues de Flandre. Un avant-gout de la banlieue nord toute proche.
    Où es-tu mon Paris … ?


    >> Flandre, morne plaine de Paris.

    >> 177 avenue de Flandre.



     

     

     

     


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  • Square Forceval _ Paris 19ème

     

    Paris a besoin d'un nouveau crématorium car celui du Père Lachaise ne suffit plus à la tâche … Aussi la Mairie de Paris envisage - à l'horizon 2022 - d'installer ce nouvel équipement près de la Porte de la Villette, à la lisière de Pantin, là où n'habitent guère d'électeurs Parisiens …

    Pour construire ce crématorium qui émettra des fumées, plus ou moins "propres", il faudra détruire le square Forceval et donc abattre environ 70 arbres dont certains sont anciens et vraiment remarquables.

    Mais pourquoi choisir d'implanter un deuxième crématorium à l'Est de Paris ?
    Ne devrait-on pas plutôt l'installer au sud ou à l'ouest de Paris, dans une logique de rééquilibrage car "aucune étude scientifique n'a établi qu'on ne mourrait qu'à l'Est de Paris" ironise François Dagnaud, maire du 19ème arrondissement.

    Bref, le projet n'a pas été bien accueilli dans aucun des 12 sites parisiens qui avaient été envisagés, avant de retenir celui de la porte de la Villette. Il est vrai que dès que l'on prononce le mot crématorium, personne n'en veut …


    >> Page Facebook du Collectif Forceval.

    >> Non au crématorium à La Villette !

    >> Zone Villette, la rue Forceval et la cité Berthier: vidéo

     


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  • Les tarifs du "shit"* et de la "beuh" s'affichent dans la rue.

     13, Rue Barbanègre Paris 19ème arrondissement_ mai 2018

     

    Dans le 19ème arrondissement, près des arches du viaduc de l'Argonne, des dealers ont décidé d’afficher sur des murs ou des portails, le prix de leur marchandise. Et, en fonction de la quantité achetée, les consommateurs auraient même le droit à une remise … Car les dealers n’ont pas attendu les soldes pour écouler leur stock : 10 euros les deux grammes d'herbe, 20 euros les quatre grammes ou encore 50 euros les 11 grammes de cannabis.

    Ces graffitis sont effacés quasiment tous les jours par les équipes "Propreté" de la ville de Paris. Mais aussitôt effacés, aussitôt réécrits. Et, à titre de représailles, les dealers ont complété leur "panneaux publicitaires" en mentionnant, en surplus de leurs tarifs, les numéros de plaques minéralogiques des voitures banalisées de la police …
    Dans ce secteur du 19ème arrondissement, la bataille du shit semble définitivement gagnée par les dealers !

    (*) Le "shit" ou la "beu" sont des noms couramment donnés au cannabis lorsqu'il se présente sous forme "d'herbe",
    mais le cannabis a bien d'autres appellations populaires, comme : marijuana, ganja, zeb, weed, zamal, haschisch, H, teuchi, chichon, chocolate …

     

    >> Les jumeaux de la rue de l'Argonne.

     

    >> Aux marges de la ville.

     

     


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  • La zone, aux portes de Paris.

    Enfants de la Zone, Rue Forceval, Porte de la Villette, Paris 19ème, 1940.
    Photographe anonyme, avec l
    aimable autorisation de la Galerie Lumière des Roses.

     

    Certains mots sont comme des terrains vagues : on en comprend le sens, mais on peine à les définir avec exactitude. L’expression " la zone" est de ceux-là ; elle évoque aujourd’hui le flou de la banlieue, une forme d’ennui ou encore le seuil de la délinquance, mais on ignore souvent qu’elle s’ancre dans une réalité historique précise.
    En effet, la Zone désigne au départ une bande de terre de 250 m de large qui court le long des 34 km de fortifications édifiées autour de Paris en 1844. Cette zone" non aedificandi" devait rester déserte, mais elle est progressivement occupée par une population pauvre qui s’y établit durablement en construisant des habitations précaires, cabanes et baraques en tout genre.

    Cette année, du 1er juillet au 22 septembre les Rencontres Photographiques d'Arles (dont c'est la 50ème édition) mettent à l'honneur la Zone avec une exposition exceptionnelle car, horsmis quelques photographes célèbres comme Eugène Atget ou Germaine Krull, la photographie de l’entre-deux-guerres s’est peu intéressée à ce phénomène urbain et social. Aussi à Arles, la majorité des photographies exposées sont l’œuvre de photographes anonymes.
    Cet ensemble inédit de photographies documentaires réhabilite ainsi une population pauvre, reléguée aux confins de la capitale comme un inconscient de la ville moderne qu’on s’est empressé de refouler.

     

    >> Zone Villette.(Vidéo)

    >> Voir aussi sur parisperdu :

    ° de la zone au périph'.

    ° Intra-muros

    ° L'envers de la ville, la ville à l'envers

     

     

     


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