• La Butte Bergeyre, nouveau terrain de chasse des architectes.

    28 Rue Philippe Hecht, Photo ©copyright Ajile

    Dans le 19ème arrondissement, à deux pas du prestigieux bâtiment du siège du Parti Communiste, réalisé par un Niemeyer alors au sommet de son art, se niche un havre d'authenticité. Une petite butte où l'air est plus pur, où la vie est plus paisible …
    C'est la butte Bergeyre, un mini-Montmartre qui aurait encore des allures de campagne.
    Sur la butte Bergeyre, la vision de Paris est toute autre : la lumière est partout, on se sent hors du bruit de la ville, l'air n'est plus le même ... le privilège des hauteurs ... peut-être.

    Habiter une telle oasis est une chance. Et les chanceux qui y résident, retranchés sur le plateau de cette petite colline, profitent d’une qualité de vie exceptionnelle, loin du tumulte, loin du vacarme parisien.
    Il n'est alors pas étonnant que cet environnement ait intéressé les architectes pour y dessiner quelques habitations singulières.

    Ainsi, dès 1933, au 70 de la rue Georges-Lardennois, fut érigé un bâtiment d’allure avant-gardiste, conçut par le grand architecte Jean Weiss pour la famille Zilvelli. Cette maison aux façades camouflées par la vigne vierge reste encore aujourd'hui l'un des bijoux de l’ensemble résidentiel de la butte Bergeyre.

    Plus récemment, au 28 de la rue Philippe Hecht, les architectes Virginie Jacquier et David Lovera, fondateurs de l’agence Ajile, ont construit une maison-tube de sept étages, un modèle pour un mode d’habitat vertical en milieu dense. Car en effet, après avoir détruit la bâtisse existante et une fois consolidé le sol instable de la butte, ils ont installé sur cette parcelle, d'à peine 4,80 mètres de large, les fondations sur des micro-pieux de 18 mètres de profondeur, pour y déployer un volume qui offre une superficie de 204 m². La maison se compose de 7 niveaux, où se dispatchent une entrée, un salon, une cuisine, quatre chambres et, cerise sur le gâteau, un "roof top" qui offre un horizon à 360 degrés et des couchers de soleil imprenables sur la butte Montmartre.

    Le montant de l'opération tout compris - achat du terrain, destruction de l'ancienne bâtisse, construction neuve, honoraires des architectes et bureaux de contrôle- s'élève à 2,1 millions d'euros.

    On l'aura compris, la butte Bergeyre est en train de changer de population. Autrefois habitée par une classe aisée mais somme toute relativement modeste parmi laquelle venait "se cacher" quelques artistes, elle voit aujourd'hui de nouveaux arrivants qui viennent y étaler leur richesse.
    Willy Ronis qui dans les années 50 en avait fait l'un de ses terrains de chasse photographique, doit se retourner dans sa tombe !

     

    >> 70 de la rue Georges-Lardennois - Paris 19ème : La Maison Zilvelli (2008)

    >> Willy Ronis sur la butte Bergeyre (1).

    >> Willy Ronis sur la butte Bergeyre (2).

     

     

     

     


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  • Exit 2020, annus horribilis, par la faute d'un satané virus !
    Bienvenue à 2021 que l'on espère meilleure.

    Parisperdu vous souhaite une BONNE ANNEE 2021

    Gardons le contact toute l’année en nous retrouvant régulièrement sur Parisperdu, et aussi en rejoignant le groupe Facebook : "Paris Hier, aujourd'hui … demain" animé par Parisperdu, le photo blog des amoureux de Paris.

    Et prenez bien soin de vous.

     


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  • Liberté, Égalité, Fraternité.

    Rue de l'Égalité vue en direction de la rue de la Liberté _Paris 19ème

     

    La devise de la République française : "Liberté, Égalité, Fraternité" est mise à l'honneur à Paris.
    En effet, trois rues de la Capitale portent chacune l'un de ces vocables : rue de la Liberté, rue de l’Égalité et rue de la Fraternité.

    Ces voies ont été ouvertes sous leur dénomination actuelle en 1889, car l'année 1889 marquait le centenaire de la Révolution française, un hommage en quelque sorte de la ville de Paris à la République.

     Mais j'ai toujours trouvé curieux que l'on relègue ces trois appellations au fond du 19ème, dans le quartier de la Mouzaïa, un quartier où personne jamais ne va, sauf les bobos évidemment qui ont fondé dans ce coin reculé de la capitale, une sorte de colonie.

    N'aurait-il pas été plus judicieux d'attribuer ces noms aux symboles si forts, par exemple aux rues entourant l'Hôtel de ville, en remplacement des rues Lobau, de la Coutellerie ou St Martin ?
    N'y aurait-il pas là nouveau chantier pour Madame Hidalgo ?

     

    >> Au numéro 1 de la rue de l'Égalité


    >> La Mouzaïa sur Parisperdu.

     


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  • Et si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?
    Willy Ronis tenant son Rolleiflex • Crédit : Lily FRANEY/Gamma-Rapho – Getty (1993)

     

    Willy Ronis que j'ai côtoyé sur le tard était un homme absolument merveilleux, un conteur hors pair, quelqu’un d’une humanité prodigieuse et d’une immense sensibilité. Tout cela se lit sur ses photos.

    En 2008, une année avant sa disparition, il disait : " Je ne crois pas du tout qu'une fée spécialement attachée à ma personne ait, tout au long de ma vie, semé des petits miracles sur mon chemin. Je pense plutôt qu'il en éclot tout le temps et partout, mais nous oublions de regarder. Quel bonheur d'avoir eu si souvent les yeux dirigés du bon côté ! "

    Je partage avec lui le sentiment que pour réussir une belle image il faut certes un jeu de circonstances, de hasard, d’instinct et de métier, mais qu’au fond une bonne photo sur le vif c’est avant tout une rencontre imprévue et fugace entre des gens qui ne se parleront pas, et que l’imprévu est le sel de toute chose pour les âmes curieuses. Et Willy Ronis d'ajouter : "Il y a parfois des moments qui sont si forts que j'ai peur de les tuer en faisant une photo".
    Et oui, si la vie, comme la photo, n'était qu'une question de cadrage ?


    >> "Le siècle de Willy Ronis".

     


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  • "Deux ou trois choses que je sais d'elle" : la vraie star c'est Paris …

      Crédit photo : Tamasa Diffusion

    À première vue, on pourrait penser que la star de ce film de Jean-Luc Godard, sorti en 1967, c’est Marina Vlady alias Juliette Janson, une épouse et mère ordinaire, vivant dans un grand ensemble de banlieue parisienne, récemment construit.

    Mais plus que Marina Vlady, la vraie star de "Deux ou trois choses que je sais d’elle", c’est Paris. Ou plutôt sa banlieue qui, en cette période prospère des Trente Glorieuses, est en pleine transformation. Aux portes de la capitale se construisent alors de grandes barres d’immeubles, afin d’accueillir des familles. Jean-Luc Godard observe ce phénomène d’urbanisation de l’Île-de-France avec un regard comparable à celui d’un sociologue. Le tournage du film se fait à la très moderne cité des 4000 à La Courneuve, qui à cette époque, représente une certaine révolution immobilière.

    Jean-Luc Godard signe un film où la fiction rencontre le documentaire et inversement. Mais surtout, le film est un condensé des différentes thématiques (idéologiques et esthétiques) de Jean-Luc Godard. Parmi les plus notables, citons celle sur l’impérialisme américain avec le discours sur la guerre du Viêt-Nam ou bien le jeu si particulier de ses comédiens.
    Mais c'est la bande annonce du film qui nous révèle ce que Godard entend par "ELLE".

     

    >> Voir la bande annonce du film.

    >> L'affiche du film.

    >> Jean-Luc Godard and Marina Vlady sur le tournage de "Deux ou trois choses que je sais d'elle" (1967) photo: © Giancarlo Botti



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