• Passage National, un rescapé du bétonnage.

    Le passage National vu à partir du 20 rue Nationale Paris 13ème

     

    Le long de la rue Nationale, dans le 13ème arrondissement, impasses et passages conservent le souvenir des derniers jardins ouvriers de Paris. Au cœur de ce curieux quartier qui associe les vestiges des constructions du XIXème siècle et la modernité des tours du secteur "Italie", surgissent de petits coins de campagne tels le passage National et le passage Bourgoin, tous deux préservés au milieu d'un bétonnage vertigineux. Cet étonnant contraste, confrontation de deux héritages, crée des atmosphères singulières.
    Mais comment en est-on arrivé là ?

    Tout d'abord, il faut savoir que les grands travaux des années 1960 avaient comme dessein de raser une grande partie des quartiers les plus dégradés de Paris. Aussi, dans le 13ème arrondissement, le long de la rue Nationale, les petits immeubles n'échappent pas à la politique de la table rase.
    Et, dans le cadre de l'opération dite des "Deux-Moulins", tout le quartier est détruit pour faire place à des ensembles de tours et d'immeubles de grande hauteur répondant aux idées de Le Corbusier. C'est ainsi qu'en 1975, le quartier des Olympiades voit le jour.

    Mais classé - dès 1953 - voie publique, donc indestructible, le passage National est miraculeusement préservé. Et si les habitations que l'on peut voir encore aujourd'hui dans le Passage sont fortement contrastées, cela s'explique par l'amplitude temporelle de ces constructions, les plus anciennes bâtisses datent de 1850 et les plus récentes des années 1980.

    Coincé entre deux opérations récentes de réaménagement urbain, "Paris Rive Gauche" et la ZAC "Château des Rentiers", le passage National va échapper une nouvelle fois aux projets d'urbanisme pharaonique grâce à l'association de quartier "Inter-Nationale Bourgoin" dont l'engagement a permis d'obtenir en 1989 la création d'un secteur protégé en Zone UD, zone urbaine de faible densité et à vocation d’urbanisation modérée. En 1991, la modification du POS abaisse à nouveau les coefficients d'occupation des sols et limite le nombre de niveaux des constructions à trois niveaux.
    Et c'est ainsi que la résistance des riverains a permis de sauvegarder les vestiges, non dénués de charme, d'un temps passé.

     

     

    >> Vue du Passage National, à partir du 25 rue du Château-des-Rentiers.

     

     

     


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  •  Le recyclage des friches parisiennes (13/13) : Station F.

    La "Station F"  55, boulevard Vincent-Auriol (Paris 13ème).

     

    La Halle Freyssinet, rebaptisée Station F, est un bâtiment classé depuis 2012. La halle a été réalisée par l’ingénieur Eugène Freyssinet dans les années 1927-29 selon une technique alors innovante : le béton armé précontraint.
    Constituée de trois nefs parallèles faites de voûtes minces en béton, la Halle est une réalisation imposante : 58 mètres de large, 310 mètres de long (imaginez la Tour Eiffel couchée).

    La halle Freyssinet est, à son origine, une gare de fret connecté au réseau ferré de la gare d’Austerlitz. Désaffectée en 2005, la Halle a connu plusieurs projets de transformation : nouveau palais de justice, parc d'exposition …
    Finalement, la Halle Freyssinet, deviendra la "Station F" : un immense incubateur dans le domaine du numérique. Plus de 34.000 m² sont dévolus aux "start-up" avec plus de 3000 postes de travail, des salles de réunion, des espaces événementiels - dont un auditorium de 360 places -, un "FabLab", un bureau de poste, un "pop-up shop", un café et un restaurant ouvert 24 h/24 et 7 j/7.

    Cet accélérateur géant de start-up situé le cœur du secteur en renouvellement urbain de la ZAC Paris Rive Gauche, en contrebas de la Bibliothèque François Mitterrand, dans le 13ème arrondissement de Paris, est aujourd'hui une véritable réussite.


    >> Station F, site officiel.

    >> La saga de la Halle Freyssinet sur Parisperdu.
     

     

     

     


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    Le recyclage des friches parisiennes (12/13) : Les Grands Voisins.

     Les Grands Voisins, Ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul. 74-82 avenue Denfert-Rochereau 75014 Paris 

     

    Trouver dans le centre de Paris un lieu où l’espace n’est pas occupé et donc pas rentabilisé à 100 %, est devenu chose très rare. Et c'est justement ce qui fait le charme des "Grands Voisins". Les "Grands Voisins" est le nom donné au projet de transition de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul vers un futur quartier de logements qui prendra place ici en 2023, dans le 14ème arrondissement.

    Après sa fermeture en 2011, l'hôpital est devenu un centre d’hébergement d’urgence et a commencé à accueillir des services associatifs, des "start-up", des artisans, des artistes, un café en plein air, des poulaillers… c'est tout cela les "Grands Voisins".

    Aujourd’hui sur le site, les travaux préparatoires au futur quartier ont commencé, mais les "Grands Voisins" s’adaptent et se redéploient sur des espaces qui seront encore disponibles jusqu’à 2020. Là, on vient d'ouvrir, dans la cour de l’Oratoire, un restaurant plutôt "cool" car on a le droit de ne rien consommer !
    Vraiment aux "Grands Voisins" on se croirait dans un autre monde … hors de la capitale.


    >> Les Grands Voisins, site officiel.

    >> L'entrée du 82 avenue Denfert-Rochereau.


     


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    Le recyclage des friches parisiennes (11/13) : Dock B.

    Dock B. (anciens Magasins Généraux) 1, place de la Pointe, Pantin (93).

     

    C'est un peu l'exception de notre recensement des "friches parisiennes recyclées" car là, nous sommes de l'autre côté du périph'. En effet, les anciens Magasins Généraux sont situés à Pantin, au bord du canal de l'Ourcq.

    A l'origine, c'est un entrepôt de grains et de farine construit en 1929 et qui tourne à plein régime jusque dans les années 50. Une lente mais constante décroissance de son activité débutera dans les années 70, elle durera une trentaine d'années. Et, dès le début des années 2000, le bâtiment est ouvert à tous vents, squatté et livré aux graffeurs …

    Mais, à partir de l'automne 2016 les Magasins Généraux connaissent une deuxième vie. En effet l'édifice, véritable cathédrale de béton armé de 20 000m², accueille désormais - en étages - le siège d’une agence de publicité.
    Et tout dernièrement, son rez-de-chaussée vient d'ouvrir au public, avec un nouveau lieu de vie singulier imaginé par l'équipe de la Bellevilloise. Un lieu où l'on peut se cultiver via des expos, des concerts, des événements…, mais aussi se restaurer en tout-bio, en pâtisseries "healthy" et sans gluten, en "food veggie" … c'est dire si le lieu est tendance !

    Ici rien n’est imposé. On entre par le café, on s’installe en mezzanine, on poursuit ses rendez-vous à table…  Car on est dans un lieu connecté où l’on peut agréablement travailler dans une atmosphère cosy, à mi-chemin entre la fonctionnalité du bureau et la convivialité d’un café.
    Dock B s’ouvre donc maintenant à tous les publics : pour y travailler, s'y retrouver, dîner, se cultiver ou simplement flâner au bord de l’eau…
    Alors, on y va ?


    >> Dock B. site officiel.

    >> Les Magasins généraux, centre de création.

    >> Les Magasins généraux en 1962.

     

     


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  • On a retrouvé Victor … !

    "Chez Victor, bistrot guinguette, impasse Compans à Belleville, Paris, 1955 " ©Photo Willy Ronis

     

    C'est grâce à Gilles LE PENGLAOU, éminent généalogiste (qui nous a malheureusement quitté l'an dernier), que nous en savons un peu plus sur la célèbre photo de Willy Ronis, intitulée "Chez Victor, impasse Compans".

    Ses recherches généalogiques sur sa famille l'ont amené à Yvonne-Charlotte MULTINIER. Celle-ci se marie le 15 mai 1926 à Paris 19e avec Victor CARLI.
    Elle est alors domiciliée 18, impasse Compans. Aussi, il y a tout lieu de penser que ce Victor CARLI est le patron de la guinguette "Chez Victor" située également au 18 de l'impasse et que Yvonne-Charlotte dite "Nenette", son épouse serait selon toute vraisemblance la dame que l'on voit derrière le comptoir, sur la photo de Willy Ronis.

    Le généalogiste nous apprend aussi que Yvonne-Charlotte, née en 1903, est la cousine germaine de sa mère. Mais que cette dernière ignorait son existence.
    Mais pour nous, les amoureux de Willy Ronis, on a retrouvé Victor … !

     

    >> Chez Victor, déjà sur Parisperdu.

     

     

     


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