• Un voyage de Rose.

     

    Rose Zehner, Usine Citroën, Paris, mars 1938 _ Photo : © Willy Ronis    

     

    En 1938, aux usines Citroën en grève, quai de Javel, Willy Ronis capte ce cliché d'une ouvrière haranguant ses camarades.

    Quarante ans plus tard, en 1978, Rose Zehner se reconnaît sur la photo, enfin publiée après un long oubli. Elle entre en contact et entreprend une relation épistolaire et téléphonique avec Ronis.

    En 1982, le cinéaste, Patrick Barberis rencontre Willy RONIS et lui demande s’il peut faire un reportage sur lui. Au cours de leur entrevue, Willy RONIS lui raconte ses retrouvailles avec Rose, qui, à cet instant précis, téléphone. Transporté par cette histoire, le cinéaste décide d’en faire un film.

    C’est ainsi qu’en 1982, quarante-quatre ans après cette photo, sera organisée et filmée la rencontre entre Willy RONIS et Rose Zehner, dans l’ancien bistrot que Rose a tenu après son licenciement de chez Citroën, et qui s’appelait autrefois "Où va-t-on ? Chez Lulu et Rosette", et devenu alors "Le Petit manoir", rue Saint-Charles (15e), non loin de l’usine Citroën Javel.
    Patrick Barberis en tirera le film émouvant "Un voyage de Rose", où la vieille dame – qui n’a rien perdu de sa verve ni de son humour – déroule son histoire et ses luttes.

    Mais pour ce film, impossible de tourner dans l'usine de Javel, elle a été rasée entre 1976 et 1984, pour laisser place à un vaste programme immobilier et à la création d’un parc de 13 hectares.

    Le réalisateur en est donc réduit à utiliser des images extraites de journaux télévisés tournées chez Citroën à Aulnay-sous-bois (93) opportunément également en grève, en cette année 1982.

    Quelques trente ans plus tard, l'usine d'Aulnay connaitra le même sort que celle de Javel, en mai 2015 les ateliers de montage sont entièrement démolis.

    Mais c'est une autre histoire que ne connaitra pas Rose. Elle nous avait déjà quittés en 1988…

     

    >> Voir le film " Un voyage de Rose", un Long métrage avec Willy Ronis, Guy Le Querrec, sous la direction de Patrick Barbéris (1982)

     

    >> Rose Zehner est sur Wikipédia !

    >> Ronis avait-il en mémoire cette autre image ... ? 

    >> Parisperdu et Willy Ronis

     


    votre commentaire
  •  

    Les crypto-marxistes face à l'immigration

     

    28 mai 2015_Campement de migrants près métro La Chapelle_ Paris 10ème

     

    Jaurès, Jemmapes, Stalingrad, La Chapelle … Le Paris des migrants a sa géographie depuis qu’au printemps 2015 les premiers campements sauvages ont fait leur apparition dans les rues de la capitale. Le nord de la ville est vite devenu le rendez-vous des derniers arrivés, qu’ils soient Afghans ou Africains, qu’ils aient emprunté la route des Balkans ou la Méditerranée.

    Certains s'inquiètent de cette vague de migrants, étalée à même le bitume parisien. D'autres se réjouissent de cette nouvelle opportunité qui pourrait conduire vers une plus large "mixité sociale" et un futur "vivre ensemble" harmonieux.

    La France serait alors le pays rêvé pour de nombreux no-borderistes, nuit-jusqu'au-boutistes, zadistes, cégétistes, frondeurs, mélenchonistes, et autres insoumis ou alter mondialistes …

    Et beaucoup de ceux-là avancent cachés, ce sont les crypto-marxistes. Ils sont les arrière-petits-enfants de Léon Trotski. De lui et de Lénine, ils ont hérité le refus de la démocratie libérale, ainsi que la haine du capitalisme et de son économie de marché.
    Aujourd'hui, emmenés par Jean-Luc Mélenchon, ils rêvent à des lendemains qui chantent … mais le rêve peut aussi virer au cauchemar.

     

    >> Migrants à Paris : la carte des 29 camps démantelés en un an et demi

     

     


    3 commentaires
  •  Station de Métro Jaurès (2013) / Rue d'Allemagne (1913) _Paris (19ème)

     

    C'était avant la guerre mondiale, la première, la Grande, celle de 14-18. Il y a cent ans donc, Paris avaient deux stations de métro faisant référence à notre voisin allemand : La station Rue d'Allemagne et la station Berlin.

    La station Rue d'Allemagne a été ouverte en 1903, soit quelques semaines après l'ouverture de la ligne ; pendant les premiers temps, les trains y passaient sans s'arrêter.
    Mais elle est débaptisée juste avant la déclaration de guerre de l'Allemagne à la France le 3 août 1914. Le début de la Première Guerre mondiale succédant de quelques jours à l'assassinat de Jean Jaurès, un nom de remplacement fut vite trouvé. Ce sera la station Jaurès, un nom idoine pour une station desservant un arrondissement populaire (19e).

    Il en va de même pour la station Berlin, une station de la ligne 13, située à la limite des 8e et 9e arrondissements de Paris. Elle est ouverte en 1911. Au début de la Première Guerre mondiale, elle est fermée ; à sa réouverture en décembre de la même année, elle est, ainsi que la rue éponyme, débaptisée pour prendre le nom de la ville belge de Liège. Ce nom a été donné afin de célébrer la résistance héroïque de cette ville lors de l'attaque allemande en 1914.

    On notera à titre anecdotique que, pour la même raison, et à la même époque, le "café viennois" fut renommé "café liégeois" …


    >> Plan du Métro de Paris (1913)

     

     


    votre commentaire
  • Place des Abbesses

     Place des Abbesses _ Paris 18ème (mars 2017)

     

    Lorsque vous quittez le quai de la station de Métro Abbesses, prenez l'ascenseur … si par chance il n'est pas hors service. Car si vous empruntez l'escalier, vous avez intérêt à être persévérant et en forme tant celui-ci vous semblera interminable …
    Abbesses est en effet la station la plus profonde de Paris, 36 mètres en dessous le niveau du sol, et son escalier en colimaçon compte pas moins de 140 marches … Epuisant !

    Mais une fois à l'air libre, vous serez récompensés car la place des Abbesses est d'un calme provincial et son sol en devers accueille souvent des musiciens ou des artistes de rue.
    Ce matin un accordéoniste solitaire jouait du Yan Tiersen …
    Normal, on est à deux pas du secteur d'Amélie Poulain !


    >> L'escalier en colimaçon de la station Abbesses

    >> Ce que jouait l'accordéoniste …

     

     

     


    1 commentaire
  • Au temps du grand chambardement.

    Angle de la rue de l'Est et du 288 rue des Pyrénées_Paris 20ème (1998)

     

    C'était au temps du grand chambardement, dans le secteur Est de la Capitale. Sur les murs des publicités d'un autre temps, à présent défraîchies, elles semblent rejoindre l'archéologie d'une France disparue. Le quartier disparaît lui aussi, sous l'assaut des bulldozers, faisant place à un immense chantier encore inachevé. Les rues vont demeurer longtemps obstruées par des rangées de palissades.

    A l'Est, d'immenses grues dressées sous les nuages annoncent les prochaines étapes du projet urbain …

     

    >> A l'Est, d'immenses grues dressées sous les nuages …

     


    votre commentaire