• Peintre à Montmartre.

     

    Luka est un peintre montmartrois. Est-ce à dire qu'il a un chevalet sur la place du Tertre ?
    Non, absolument pas, car ce qu'il peint, ce sont les façades des galeries et autres commerces de la Butte !

    Luka est serbe, comme son compatriote Veličković qui - lui aussi - s'est fait une place dans la peinture, mais pour le coup … la vraie, pas celle du bâtiment ! Et il est, en effet, l'un des principaux artistes d'un mouvement apparu à la fin des années 60 : "la figuration narrative".

    Mais quoi qu'il en soit, Luka peut, sans détourner aucunement la vérité, dire qu'il est un peintre de Montmartre.


    >> Vladimir Veličković.


    >> Galerie-Montmartre, à l'intérieur ce n'est pas la même peinture …


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    Pata­chou…


    Henriette Ragon a grandi dans la capitale. Elle y exerce divers métiers : dactylo employée dans une usine pendant la guerre, puis marchande de chaussures, antiquaire, pâtissière …
    En 1948, elle ouvre à Montmartre, au 13, rue du Mont-Cenis,  un salon de thé qu'elle nomme "Chez Patachou",  puis elle y installe un restaurant où elle engage un accordéoniste pour faire de l'animation. Des clients trouvent qu'elle a une jolie voix et elle s'essaye avec succès à la chanson. Les journalistes parisiens la rebaptisent du nom de son cabaret : Patachou.

    Le cabaret devient rapidement un haut lieu de la nuit parisienne avec ces nombreuses cravates coupées qui décoraient l'établissement. Car en effet, Patachou coupait les cravates de ceux qui ne se tenaient pas bien !

    Jacques Brel chante pendant trois ans dans ce cabaret, Georges Brassens y débute, en janvier 1952. De nombreux autres artistes se sont produits chez Patachou, dont Édith Piaf, Charles Aznavour, Hugues Aufray, Michel Sardou, ainsi que Claude Nougaro.

    Au milieu des années 50, elle commence des tournées en France, puis dans le monde entier : au Palladium de Londres, au Waldorf Astoria et au Carnegie Hall de New York, dans toutes les grandes villes des États-Unis, ainsi qu'à Montréal mais aussi au Moyen-Orient et à Hong Kong. Au début des années 1970, elle parcourt le Japon et la Suède, où son registre "parigot gouailleur" fait merveille.

    Le cinéma et le théâtre font appel à elle, notamment Jean Renoir pour "French Cancan", en 1954, et Sacha Guitry. À partir des années 1980, Patachou se fait plus présente sur le petit écran, avec, la série "Orages d'été", ou dans le téléfilm "Pris au piège".

    Elle meurt le 30 avril 2015, à l'âge de 96 ans. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise


    >> Chez Patachou


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  • Finkielkraut et "La merveille de la promenade".

    Promeneuse, près du canal Saint-Martin_ Paris 10ème

     

    Finkielkraut nous dit: "L'Occident - dans ce qu'il a de beau - est né de la promenade. Aristote se promenait, les chemins qui ne mènent nulle part de Heidegger. Rimbaud vagabondait. La promenade est une expérience sensible, spirituelle".

    A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; mes déambulations de "boulevardier de Paris" sont un continuel enrichissement.

    Le boulevardier est un rêveur, il préfère les images aux concepts, car pour prendre forme, ces derniers exigent du travail. Il est seulement occupé à arpenter rues et boulevards, selon un ancien code culturel du parisianisme qui tend à disparaître tout comme le paseo espagnol, la passeggiata italienne ou les promenades en soirées sur les corniches marocaines ou égyptiennes …

    Mais, "Parisperdu" est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville. Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

    Alors, tout comme Finkielkraut qui s'émerveille de la promenade, je vous souhaite de merveilleuses promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on devient forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder vraiment.


    >> Qu'est-ce qu'un boulevardier ?

    >> Errance dans un Paris intemporel.

     

     

     


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  • Quartier perdu.

    En voiture à Paris (janvier 2017)

     

    Aujourd'hui, je ne résiste pas à vous livrer un extrait de "Quartier perdu", un roman de Patrick Modiano, grand amoureux de Paris:

    "En ce temps-là, Paris était une ville qui correspondait à mes battements de cœur. Ma vie ne pouvait s'inscrire autre part que dans ses rues. Il me suffisait de me promener tout seul, au hasard, dans Paris et j'étais heureux.

    Il était neuf heures du matin. J'ai baissé la vitre. Une bouffée d'air doux au parfum de feuillage et de poussière a pénétré dans la voiture.

    Le chauffeur conduisait d'une manière nonchalante, en tenant le volant d’une seule main. L'autre chauffeur nous suivait de si près que souvent les deux automobiles étaient pare-chocs contre pare-chocs.

    Nous avions pris les quais et longions les grilles du jardin des Plantes. A quelques centaines de mètres, vers l'intérieur, s'élevait le dôme de l'hôpital du Val de Grâce, où, cet automne, on m'avait gardé trois mois avant de me délivrer pour toujours de mes obligations militaires. Sept ans de collèges, six mois de caserne et trois mois de Val de Grâce. Maintenant, personne ne pourrait plus jamais m'enfermer quelque part. Personne. La vie commençait pour moi. J'ai baissé complètement la vitre de la portière et j'ai appuyé mon coude, au rebord. Les platanes étaient déjà verts le long du quai, et nous passions sous la voute de leurs feuillages.

    La circulation était fluide et l'automobile glissait sans que j’entende le bruit du moteur. La radio marchait en sourdine et je me souviens qu'au moment ou nous arrivions au pont de la Concorde, un orchestre jouait la musique d'Avril au Portugal. J'avais envie de siffler l'air. Paris, sous ce soleil de printemps, me semblait une ville neuve où je pénétrais pour la première fois, et le quai d’Orsay, après les Invalides, avait, ce matin-là, un charme de Méditerranée et de vacances. Oui, nous suivions la Croisette ou la Promenade des Anglais".


    >> Quartier perdu, de Patrick Modiano chez Gallimard.

     


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  • A Belleville, une pellicule de sauvée, ce sont des souvenirs de sauvés ….

    Image extraite de "Rue des Cascades", un film de Maurice Delbez

     

    "Rue des Cascades", connu aussi sous le titre ''Un Gosse de la Butte", est un film de Maurice Delbez tourné à Belleville-Ménilmontant en 1964. A sa sortie en salles, le film n'a aucun succès et tombe vite dans l'oubli. Mais, il y a quelques mois, Celluloïd Angels, une plateforme participative, spécialisée dans les films du patrimoine, lance une campagne pour la restauration de la pellicule. Aujourd'hui Celluloïd Angels a réussi son pari, les fonds ont été réunis et le film est en cours de restauration.

    N'hésitez pas à aller découvrir ce film, lors de sa prochaine sortie, car il a un triple intérêt.
    Tout d'abord Maurice Delbez nous livre une photographie qui flirte souvent avec les clichés de Doisneau ou de Ronis. Les enfants de Belleville qui dévalent la rue des Cascades sont si proches de ceux captés par nos deux grands photographes humanistes.

    Ensuite, "Rue des Cascades, est l’un des rares films des années 60 à évoquer la mixité dans un quartier où les vagues migratoires n’ont cessé de se succéder, donnant à Belleville son identité et sa force. Mais ce film était très en avance sur son époque (c'est l'histoire d'une mère blanche qui refait sa vie avec un jeune noir de vingt ans son cadet) et il faut sans doute y voir là une des causes de son insuccès lors de sa sortie en décembre 1964.

    Et enfin, ce film dégage une poésie diffuse qui met en relief le charme unique et fragile de ce monde d’avant les coulées de béton, d'avant le tout automobile, d'avant les médias omniprésents ... un monde où les gens de Belleville étaient spontanément solidaires et bien différents de la foule solitaire du Paris de nos jours.


    >> Celluloïd Angels, site officiel

    >> Extrait du film.

    >> Belleville sur Parisperdu

     

     

     

     


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