• Finkielkraut et "La merveille de la promenade".

    Promeneuse, près du canal Saint-Martin_ Paris 10ème

     

    Finkielkraut nous dit: "L'Occident - dans ce qu'il a de beau - est né de la promenade. Aristote se promenait, les chemins qui ne mènent nulle part de Heidegger. Rimbaud vagabondait. La promenade est une expérience sensible, spirituelle".

    A l'instar de Julien Green, qui rêvait d'écrire "un livre sur Paris qui fût comme une grande promenade sans but, où l'on ne trouve rien de ce qu'on cherche, mais bien des choses qu'on ne cherchait pas"; mes déambulations de "boulevardier de Paris" sont un continuel enrichissement.

    Le boulevardier est un rêveur, il préfère les images aux concepts, car pour prendre forme, ces derniers exigent du travail. Il est seulement occupé à arpenter rues et boulevards, selon un ancien code culturel du parisianisme qui tend à disparaître tout comme le paseo espagnol, la passeggiata italienne ou les promenades en soirées sur les corniches marocaines ou égyptiennes …

    Mais, "Parisperdu" est avant tout une invitation à la flânerie, un apprentissage à porter un certain regard sur la ville. Et, regarder la ville, n'est-ce pas aussi, d'abord, apprendre à regarder ses habitants,... au hasard des rencontres et dans les coins les plus reculés de la capitale.

    Alors, tout comme Finkielkraut qui s'émerveille de la promenade, je vous souhaite de merveilleuses promenades et surtout d'agréables rencontres dans ce Paris dont on devient forcement amoureux ... pour peu qu'on apprenne à le regarder vraiment.


    >> Qu'est-ce qu'un boulevardier ?

    >> Errance dans un Paris intemporel.

     

     

     


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  • Quartier perdu.

    En voiture à Paris (janvier 2017)

     

    Aujourd'hui, je ne résiste pas à vous livrer un extrait de "Quartier perdu", un roman de Patrick Modiano, grand amoureux de Paris:

    "En ce temps-là, Paris était une ville qui correspondait à mes battements de cœur. Ma vie ne pouvait s'inscrire autre part que dans ses rues. Il me suffisait de me promener tout seul, au hasard, dans Paris et j'étais heureux.

    Il était neuf heures du matin. J'ai baissé la vitre. Une bouffée d'air doux au parfum de feuillage et de poussière a pénétré dans la voiture.

    Le chauffeur conduisait d'une manière nonchalante, en tenant le volant d’une seule main. L'autre chauffeur nous suivait de si près que souvent les deux automobiles étaient pare-chocs contre pare-chocs.

    Nous avions pris les quais et longions les grilles du jardin des Plantes. A quelques centaines de mètres, vers l'intérieur, s'élevait le dôme de l'hôpital du Val de Grâce, où, cet automne, on m'avait gardé trois mois avant de me délivrer pour toujours de mes obligations militaires. Sept ans de collèges, six mois de caserne et trois mois de Val de Grâce. Maintenant, personne ne pourrait plus jamais m'enfermer quelque part. Personne. La vie commençait pour moi. J'ai baissé complètement la vitre de la portière et j'ai appuyé mon coude, au rebord. Les platanes étaient déjà verts le long du quai, et nous passions sous la voute de leurs feuillages.

    La circulation était fluide et l'automobile glissait sans que j’entende le bruit du moteur. La radio marchait en sourdine et je me souviens qu'au moment ou nous arrivions au pont de la Concorde, un orchestre jouait la musique d'Avril au Portugal. J'avais envie de siffler l'air. Paris, sous ce soleil de printemps, me semblait une ville neuve où je pénétrais pour la première fois, et le quai d’Orsay, après les Invalides, avait, ce matin-là, un charme de Méditerranée et de vacances. Oui, nous suivions la Croisette ou la Promenade des Anglais".


    >> Quartier perdu, de Patrick Modiano chez Gallimard.

     


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  • A Belleville, une pellicule de sauvée, ce sont des souvenirs de sauvés ….

    Image extraite de "Rue des Cascades", un film de Maurice Delbez

     

    "Rue des Cascades", connu aussi sous le titre ''Un Gosse de la Butte", est un film de Maurice Delbez tourné à Belleville-Ménilmontant en 1964. A sa sortie en salles, le film n'a aucun succès et tombe vite dans l'oubli. Mais, il y a quelques mois, Celluloïd Angels, une plateforme participative, spécialisée dans les films du patrimoine, lance une campagne pour la restauration de la pellicule. Aujourd'hui Celluloïd Angels a réussi son pari, les fonds ont été réunis et le film est en cours de restauration.

    N'hésitez pas à aller découvrir ce film, lors de sa prochaine sortie, car il a un triple intérêt.
    Tout d'abord Maurice Delbez nous livre une photographie qui flirte souvent avec les clichés de Doisneau ou de Ronis. Les enfants de Belleville qui dévalent la rue des Cascades sont si proches de ceux captés par nos deux grands photographes humanistes.

    Ensuite, "Rue des Cascades, est l’un des rares films des années 60 à évoquer la mixité dans un quartier où les vagues migratoires n’ont cessé de se succéder, donnant à Belleville son identité et sa force. Mais ce film était très en avance sur son époque (c'est l'histoire d'une mère blanche qui refait sa vie avec un jeune noir de vingt ans son cadet) et il faut sans doute y voir là une des causes de son insuccès lors de sa sortie en décembre 1964.

    Et enfin, ce film dégage une poésie diffuse qui met en relief le charme unique et fragile de ce monde d’avant les coulées de béton, d'avant le tout automobile, d'avant les médias omniprésents ... un monde où les gens de Belleville étaient spontanément solidaires et bien différents de la foule solitaire du Paris de nos jours.


    >> Celluloïd Angels, site officiel

    >> Extrait du film.

    >> Belleville sur Parisperdu

     

     

     

     


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  • La SNCF prête ses friches aux artistes (3/3): Chapelle Charbon.

    Chapelle Charbon _ Porte de la Chapelle (Paris 18ème)

     

    A la Porte de la Chapelle, entre les immeubles flambant neufs du quartier Rosa-Parks et les terrains vagues de la porte d’Aubervilliers, dans un quartier en pleine reconversion, l'ancien bâtiment Chapelle Charbon de la SNCF est une friche d'un autre âge, du temps où les locomotives à vapeur avaient ici leur stock de "carburant solide".

    Le minerai noir a déserté le lieu depuis longtemps … et ce dernier est désormais occupé par … les petits trains touristiques de Montmartre qui stationnent ici, constamment bichonnés par leurs conducteurs.

    Tout autour, le contraste est saisissant tant la modernité règne désormais dans le secteur: le siège de Veolia affiche ses grandes baies vitrées et le centre commercial Le Millénaire longe l'allée Guy Debord ... Décidément, ici c'est un peu la "Société du spectacle" comme l'a décrit le célèbre situationniste. Les nouveaux habitants cherchent de vieux troquets qui se font de plus en plus rares, seul le Relai d’Aubrac est encore debout avec ses entrecôtes d’un autre-temps.

    Les Roms se déplacent de trottoir en terre-plein au gré des expulsions et d’improbables promenades se dessinent, tel ce sentier qui parcourt une forêt de troncs coupés !

    Mais "Chapelle Charbon" revit de nouveau depuis que le Collectif MU, locataire de l’ancienne Gare des Mines a investi les lieux. Avec le soutien de la réalisatrice sonore Jeanne Robet et de l’artiste Rodolphe Alexis, MU a installé ici un parcours audio, une déambulation sonore de part et d’autre du périphérique avec une trentaine de capsules sonores géo localisées: une expérience originale. A voir et aussi à entendre … avec en bande son arrière le vacarme du périph' qui inonde tout le secteur de ses décibels !


    >> La SNCF prête ses friches aux artistes (2/3)

    > La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)



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  • La SNCF prête ses friches aux artistes (2/3)

    Station – Gare des Mines (Paris 18e)

     

    En lisière du périphérique, la gare des Mines est une ancienne gare à charbon devenue … discothèque Africaine dans les années 2000 ! Mais aujourd'hui, ce bâtiment désaffecté de 400 m2, près de la porte d'Aubervilliers et coincé entre le périphérique et des studios de cinéma, connaît  une nouvelle vie. En effet, dans le cadre des "Sites Artistiques Temporaires", une démarche initiée par SNCF Immobilier, l'ancienne gare est devenue un lieu laboratoire du Collectif MU consacré aux scènes artistiques émergentes.

    L'ancienne gare rebaptisée "Station-Gare des Mines" a déjà ouvert 6 mois l'an dernier et une deuxième saison va débuter très prochainement autour de la musique, d'un jardin et de la mémoire retrouvée. Avec "La Station", lauréat pour 6 nouveaux mois de l'ancienne gare des Mines, le collectif parisien "Garage Mu" d'Olivier Le Gal, installé depuis 10 ans dans le XVIIIe, va de nouveau pouvoir donner libre cours à ses idées.

    Avec ses artistes "multiformes", la friche ferroviaire sera un lieu ouvert à tous les types de publics. En journée il y aura des ateliers de cuisine créative, de jardinage, de création d'instruments, de recyclage design. Et surtout "un projet sur la mémoire des quartiers environnants". Aux Mines, le Garage Mu compte enfin développer "des parcours sonores, avec des outils technologiques innovants", et pour cela va nouer un partenariat avec la radio associative étudiante Radio Campus Paris.

    A suivre …


    >> Concert à la "Station-Gare des Mines"

    >> Le collectif parisien "Garage Mu".

    > La SNCF prête ses friches aux artistes (1/3)

     


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