• Le site avant Réhabilitation, 37 bis de la rue de Montreuil Paris 11ème (juillet 2011)

    Dans le 11ème arrondissement, un site exceptionnel vient d'échapper à la voracité des promoteurs. C'était l'un des derniers vestiges parisiens de l’architecture industrielle du faubourg Saint-Antoine : les Cours de l'Industrie.

    Au 37 bis de la rue de Montreuil, de lourds travaux de réhabilitation, entrepris dès 2009, vont permettre de livrer, très prochainement, une véritable Cité industrielle et artisanale.

    Ces travaux délicats, ont permis de mettre aux normes cet ensemble de trois cours pavées et de huit bâtiments sans faire partir pour autant la quarantaine d'artistes et d'artisans qui y travaillent, et surtout sans saccager des lieux chargés d'histoire.
    Car ici, pendant des décennies, ces Cours ont constitué une sorte de village dans la ville, avec ses artisans qui se connaissent tous et qui se retrouvent quotidiennement dans le restaurant de la dernière cour pour le repas de midi.

    A partir des années 1970,  alors que la désindustrialisation de Paris se traduit par la disparition de beaucoup d'ateliers, les trois Cours continuent à accueillir des ébénistes, des sculpteurs, des céramistes mais aussi des plasticiens et des musiciens. 
    Mais les Cours, de plus en plus délabrées se retrouvent menacées de démolition. Leurs occupants se mobilisent et créent en 1991 une association: les Ateliers Cours de l’Industrie (ACI) qui se battra jusqu'à ce que les parties extérieures des bâtiments soient inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. En 2004, la Ville de Paris achète les lieux au marchand de biens qui les avait récupérés, et démarre des études en vue d'une réhabilitation totale du site.

    Le résultat est la cité que nous connaissons actuellement : ces cours de l'Industrie, largement consacrées au travail du bois, l'usine de sièges Moreau et Pérault, qui compte à elle seule 300 ouvriers, celle d'encadrements Duponnois et Cie, les ateliers de transformation des métaux Rougier, … 

    Vous avez dit : "Redressement productif" ?


    >> Déjà sur Parisperdu : "La cour de l'Industrie".





    1 commentaire
  • L'une des cinq dalles, face au n°16 de la rue de la Croix-Faubin – Paris 11ème (juin 2010)

     

    Dans le 11ème arrondissement, à l'angle de la rue de la Croix-Faubin et de la rue de la Roquette, vous pourrez découvrir - en étant quelque peu perspicace - cinq dalles de granit, incrustées à même le sol.
    Ces pierres marquent l'endroit exact où la guillotine était dressée, à l'entrée même de la prison de la Grande-Roquette qui jadis se tenait ici.
    En sortant de la prison, les condamnés à mort n’avaient donc que quelques pas à faire pour aller se faire couper la tête …

    Ces blocs avaient une fonction essentielle, ils permettaient de caler précisément l'échafaud, de façon à ce que la lame effectue avec la plus grande précision son macabre ouvrage.
    On comprend mieux ainsi, pourquoi cette prison fut longtemps surnommée "l'Abbaye des Cinq-Pierres".

    Ces dalles, aujourd'hui oubliées, furent un temps si célèbres qu'elles ont été chantées par Aristide Bruant ou mieux encore par l'assassin et poète Pierre François Lacenaire :
    "Oh, je vous connais bien, Dalles qui faites place,
    Aux quatre pieds de l'échafaud"
    .


    >> Les 5 dalles, face au N° 16 de la rue de la Croix Faubin.

    >> Et c’est deux rues plus loin, au 60 rue de la Folie Regnault, que la guillotine était entreposée. (Voir "En marge d'Atget" sur Parisperdu …)

     


    5 commentaires
  • Au 166 rue de Charonne, les Etablissements Le Guel fabriquent le dernier vrai jambon de Paris.

    La gastronomie est vraisemblablement née à Paris. Mais on ignore souvent qu’il existe un vrai terroir parisien avec des produits qui, toutefois, sont  pour la plupart en train de disparaître.

    Bien sûr tout le monde connaît le "champignon de Paris" cultivé dès l'époque de Napoléon Ier, dans les carrières souterraines de Paris, d'où son nom. Mais aujourd'hui le champignon de Paris vient du Val de Loire … quand ce n'est pas de Chine !

    Alors quoi d'autre sur le terroir parisien d'aujourd'hui ? A vrai dire pas grand-chose, tant le vin de Montmartre ou le miel des ruches de l'Opéra tiennent plus du folklore local que d'un terroir véritable.

    Finalement, il faut aller rue de Charonne, au fin fond du 11ème arrondissement pour trouver un véritable produit du terroir parisien. Le dernier vrai "Jambon de Paris" fabriqué à l'ancienne, sans colorant ni conservateur. Ici, neuf salariés travaillent à temps complet pour préparer environ 500 jambons par semaine. Dont le nec plus ultra du jambon : "le Prince de Paris" que l'on reconnait à son tampon qui représente la Tour Eiffel.

    Vendu entre 21 et 29 euros le kilo – soit environ deux fois plus que son cousin industriel –, ce "vrai jambon de Paris" a le goût de l’authenticité, … et le prix de sa rareté.


    >> Le site officiel du véritable jambon de Paris cuit à l'ancienne.

    >> Où trouver le dernier jambon de Paris ?

    >> Le dernier jambon de Paris a-t-il un goût de luxe ?

     

     


    3 commentaires
  • Face au 71 de la rue de la Fontaine-au-roi, une fresque monumentale de l’artiste Ludo.

    Situé au nord-est du 11e arrondissement, le quartier de la Fontaine-au-Roi fait partie du secteur populaire du Grand Belleville. Pour s'en convaincre, une balade dans le quartier suffit car vous allez y rencontrer une population jeune et cosmopolite. Ici la population étrangère est nombreuse, près d’un habitant sur trois est immigré. Et, malgré les traditions anciennes d’accueil et d’ouverture au monde qui font depuis toujours la particularité de Belleville, ce quartier connaît des périodes de tensions entre les différentes communautés d’immigrants.

    La vie ici n'a rien de doré. Les indicateurs de précarité font état de déficits marqués par rapport aux moyennes parisiennes. Le taux de chômage atteint des sommets, le revenu annuel moyen est faible et une majorité de la population est allocataire du RSA et/ou bénéficiaire de la CMU-C. Quant aux indicateurs scolaires, ils témoignent d’importantes difficultés: plus du tiers des habitants sont sans diplôme.


    Faiblement doté en logements sociaux, le quartier est essentiellement constitué de logements privés. Des logements le plus souvent anciens et inconfortables accueillant des familles en grande précarité, primo-arrivantes et pour certaines sans papiers.

    La Fontaine-au-Roi compte aussi beaucoup d'hôtels meublés dotés de logements de petite taille, sans confort. Certains de ces immeubles, inscrits au plan d’éradication de l’habitat indigne, ont été réhabilités par la Ville, mais il reste encore beaucoup à faire…

    "Rue de la Fontaine-au-Roi", le nom est certes joli, mais le quartier l'est beaucoup moins !

     

    >> "A la source de la Fontaine-au-Roi - un foyer de travailleurs maliens à la veille de sa fermeture" _ Emission de France Culture du 29.06.2011

    >> L'habitat indigne est-il vraiment éradiqué à Paris ?

     



    1 commentaire

  • Le 11ème arrondissement est riche en passages, en petites rues plus ou moins larges, elles-mêmes débouchant sur d'autres passages … un réseau qui semble sans fin.

    Venant de l'interminable passage Charles Dallery et, avant son prolongement vers le passage de la Main d'or, vous pouvez - sur votre gauche - vous engager dans le passage Rauch.


    Là, dès l'entrée, c'est toute une ménagerie qui vous accueille. Des animaux surgissent des arcades en trompe-l'œil qui surplombent les portes et fenêtres d'un bâtiment.
    C'est un véritable zoo qui est représenté ici : dromadaire, panthère, gorille, ours ... et durant un instant, l'on pourrait penser que les animaux peints au-dessus des ouvertures sont réellement présents derrière les grilles de celles-ci ... ?

    Cette façade, a été réalisée en 1990, par Léonor Rieti. Il faut dire que cette artiste ne s'adonne pas au trompe-l’œil par hasard car elle travaille de longue date en collaboration avec son père Fabio Rieti, l'un des pionniers du mur peint et qui a réalisé à Paris, en 1975, le célèbre "Piéton des Halles".

    La décoration des murs de la capitale serait donc une affaire de famille …


    >> Site officiel de l'artiste.

    >> Voir aussi : "Piéton de Paris".

     

     



    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique