• Au milieu du terre-plein qui sépare la rue des Trois-couronnes de la rue Jean-Pierre Timbaud, presqu'au niveau de la mosquée de la rue Morand, que l'on ne remarque que par quelques détails: ses quatre ouvertures d'un genre mozarabe et de pauvres paires de souliers quittés par des fidèles, je suis abordé par un jeune homme.

    Il est grand, barbu et sans conteste de type nord-africain. Il se dit intéressé par mon appareil photo, qu'il veut examiner sous toutes les coutures. Serait-il prêt à me l'acheter, qu'il ne s'y prendrait pas autrement ! Je tiens toutefois le reflex fermement par sa courroie car je n'ai aucune confiance en cet inconnu et en ses airs soupçonneux.

    Finalement, il m'avoue pourquoi il m'a abordé. Il ne veut pas que je photographie la sortie des fidèles de la mosquée, en ce vendredi, jour de prières. Je lui dis que je ne suis pas ici pour cela et que mon propos est simplement d'arpenter les quartiers Est de la capitale et de prendre les clichés que le hasard de la balade peut m'offrir.

    - "Ok - me dit-il - mais pas la mosquée".
    - "Pourquoi pas la mosquée ?" 
    C'est la question de trop. Le voilà lancé dans une logorrhée, déversant des flots de paroles, des arguments plus ou moins étayés sur l'impérialisme américain, les martyrs de la Palestine, les juifs qui dominent le monde, les français tous racistes, etc. … et il conclut :
    - "Donc, mon ami, pas la mosquée."

    Mettant fin à cette conversation avec "mon ami", et sans réfuter ses propos, ni accepter sa demande, je passerai devant le lieu de culte en shootant à la volée une rafale de trois images.
    Je vous offre ici la mieux cadrée, au nom de la liberté de circuler dans mon pays: démocratique et laïque!


    >> Voir aussi sur Parisperdu: " Paris-Dakar"

     


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  • 23 rue de la Forge Royale, 75011 Paris

    Avec tous ces rideaux de fer tirés devant les devantures des petits artisans ou commerçants, avec cette multitude de panonceaux "Locaux disponibles", on comprend vite que le quartier est en pleine mutation.

    Au carrefour de la rue Candie, ponctué d'un érable et d'un marronnier, la rue se rétrécit, les immeubles se font plus bas, seuls le restaurant "A la banane ivoirienne" et l'échoppe du  restaurateur de meubles "vernis au tampon"… semblent avoir été toujours là.

    Plus loin, un club distillant de la musique arabe et un "brunch-jazz" commencent à redonner un semblant de vie à la rue, peu évident dans la journée car ces établissements n'ouvrent guère avant 22-23 heures.

    Il faut dire que dans ce secteur, les enseignes commencent à dater: la Sté Morse-Radio avait son atelier de réparation au 23 de la rue et même si sur son fronton, il est précisé que "le Siège social et le Magasin de vente" sont au 173 rue du Temple … il est évident que la précision est obsolète car, aujourd'hui à l'heure du multiplexage satellitaire, l'activité autour du code morse ne fait plus vivre personne …

    Hergé avait écrit "Le Manitoba ne répond plus", ici rue Forge Royale, la "Morse-Radio" ne répond plus non plus …


    >> A la Banane ivoirienne

     

     


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  • Impasse Briare (Paris 11ème)

    On ne sait plus si c'est une impasse ou un passage. Alors, on s'y engage sans avoir la certitude absolue de déboucher quelque part.

    Ayant pénétré par la rue de Rochechouart, vous sortez finalement rue de Maubeuge, après un long parcours dans ce boyau si étroit qu'on ne peut y étendre les deux bras.
    C'était donc bien un passage et non une impasse comme mentionnée sur certains plans de la capitale.

    Mais me direz-vous, quel intérêt de venir ici, où il n'y a rien à voir, rien à faire ?
    C'est toute la fantaisie parisienne des lieux paisibles et discrets, cachés et secrets … qui ne se donnent à voir qu'aux esprits curieux et amoureux d'un Paris insoupçonné.

     

    >> Voir aussi : "Passages du nord … au sud".

    >> "Bref entretien, rue Miguel Hidalgo"

     

     


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  • Cirque d'hiver - rue Amelot Paris 11ème


    Je n'ai pas retrouvé le café "Au rendez-vous des clowns" qui se situait au début de la rue Oberkampf, à deux pas du cirque d'hiver. Aussi, ne saurai-je jamais si les clowns fréquentaient réellement cet établissement ? Quoiqu'il en soit, j'ai toujours trouvé son intitulé drôle et diablement pertinent en termes de marketing, tant il exerçait un fort pouvoir d'attraction sur la clientèle de passage. On avait vraiment envie de rentrer dans ce café pour vérifier si quelques personnages à gros nez rouge n'étaient pas accoudés au bar …

    Mais il faut dire que maintenant les choses ont bien changé ici. Les DJ's ont délogé les clowns et autres enfants de la balle … et désormais l'atmosphère des bobos-bars de ce coin du 11ème, n'est pas toujours à la franche rigolade. Comme aurait dit Pépé le clown: " Le rire c'est encore plus casse-gueule que le trapèze".

    Tout près de là pourtant, dans la rue Amelot, il y a bien un "Bar du Cirque" et même un "Café Clown". Mais ces deux bistrots finalement assez éloignés de l'univers des saltimbanques, se contentent de surfer sur la vague de "l'authen-toc", à grand renfort d'éléments décoratifs en céramiques de Sarreguemines voire pire, de pseudo-vieilles réclames sur des plaques émaillées "made in China".
    Et çà, c'est un tout autre cirque …


    >> Au "Café Clown", 114 rue Amelot, Paris XIe

    >> Le cirque, le vrai … sur Parisperdu.

     

     

     


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  • Marrons chauds, place de la République - Paris 11ème (octobre 1997)

    Tout le monde connaît la monumentale statue de la République, au centre de la place du même nom. Mais l'on connaît moins les deux bassins allongés, avec deux groupes de dauphins en bronze, formant fontaines, des ouvrages remarquables, situés de part et d'autre de la place.

    Ces fontaines viennent d'être détruites. C'est un massacre au bulldozer.
    Est-ce que Londres laisserait l'un de ses squares majeurs être ainsi défiguré ?
    Je pense que non, mais à Paris, c'est possible !
    Et l'on a tout cassé, au centre de la place, pour satisfaire au projet de remodelage du site.

    J'en attends le résultat final. Mais je sens qu'on va nous faire, une fois encore, un espace aseptisé avec parvis bétonné, jeux en "plastoc" pour enfants, arbustes maigrelets dans leurs carrés de béton et mobilier urbain standardisé …

    Et pourtant je suis plutôt pour le réaménagement de cette place, en particulier pour la rendre plus accueillante aux piétons.
    Mais pas en détruisant ce que nous ont laissé nos prédécesseurs. Car la place avait été conçue comme un pendant à celle de la Concorde, la place de la Royauté avec ses fontaines, et ici la place de la République avec aussi ses fontaines …

    C'est donc un pan de notre histoire, de notre patrimoine qui est balayé par une municipalité qui ne respecte guère la pierre. Une équipe municipale qui semble possédée par le démon de la liquidation du Paris qui fait l'admiration du monde entier. Pas un Paris moyenâgeux ou insalubre, mais celui resplendissant de majesté et de grâce, le Paris de Napoléon III et du baron Haussmann.
    Oh bien sûr, ces deux-là ont certes en leur temps, chamboulé une grande partie de l'antique Paris, mais ce fût pour en faire une ville agréable et, encore parfaitement fonctionnelle aujourd'hui.

    Pourquoi alors cette impression d'une volonté de destruction pour détruire ? Et pourquoi démolir, ne serait-il pas plus intelligent, plus subtil d'incorporer l'ancien dans le nouvel aménagement ?
    Mais pour cela, il faudrait avoir la volonté et le courage de voir bien au delà des chapelles et des lubies de nos urbanistes.


    >> Bassin Est avec son groupe de dauphins en bronze, formant fontaine.

    >> 25 janvier 2012: le bassin Est détruit .

    >> Les fontaines de la place de la République (Avant/Après)



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